V. Idiosyngrasie
signification
obscure de ce mol.
On entend beaucoup parler de cet état quelque peu idiosyncrasie mystérieux, qui joue un rôle encore mal déterminé, en pathogénie. Il doit être regardé comme une disposition innée ou acquise, en vertu de laquelle il se produit, sous l'influence de causes légères, des effets qui ne sont, ni par leur nature ni par leur intensité, en rapport avec cette cause ni avec les effets qu'elle provoque habituellement. Voici quelques exemples : l'ingestion des moules occasionne un érythème chez certains sujets ; un autre ne peut entendre certain bruit sans tomber en convulsion ou en syncope; manger des fraises sans être malade; voir une araignée sans vomir. L'héméralopie, la chromatopsie, l'horreur pour certains objets, tiennent à l'idiosyncrasie. Lorsque nous voyons une cause légère, insignifiante , déterminer une maladie autre ou plus grave que celle qui se manifesterait, dans la grande majorité des cas, nous couvrons notre ignorance du mot idiosyncrasie. ïient-elle à l'organe où se montre le symptôme ou à l'état général ? Cette dernière supposition est la plus probable.
On a confondu, à tort, avec l'idiosyncrasie la prédominance statique et dynamique de certains organes ; on a constitué de îa sorte des idiosyncrasies musculaires, génitales, hépatiques, ce sont les tempéraments partiels des auteurs (athlétique, génital, bilieux) . C'est distraire le mot idiosyncrasie de son véritable sens. Il en est de même lorsqu'on l'emploie pour désigner la cause inconnue qui détermine l'espèce nosologique. Si une pneumonie se déclare chez un sujet frappé par le froid, on accuse l'idiosyncrasie de l'avoir provoquée, parce que sans son iiL 55
Autres signiPicalioDS attribuées à ce mot.
834 CAUSES SOMATIQUI-.S.
intervention une pleurésie, une bronchite, un rhumatisme, etc. , se serait manifestée à sa place. Dans ce cas, l'expression dont il s'agit n'a plus rien de scientifique; il serait préférable de l'efTacer entièrement et de ranger l'idiosyncrasie dans les causes inconnues.