‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 176 sur 232 · VI. Races · texte numérisé non relu

VI. Races

De races.

Leur action palhogénique.

Elles peuvent

donner l'immunilé.

La diversité des races crée des aptitudes et des immunités pathologiques. Elle prédispose à certaines maladies et prémunit contre d'autres. Il est souvent dilîicile de dire si les agents météorologiques, le climat, l'habitation, etc. , ne sont pas la cause principale des effets qu'on observe, plutôt que la race elle-même. On a aussi confondu avec les maladies, produites de cette manière, celles qui dépendent d'une cause locale endémique. L'éléphantiasis des Arabes, le bouton d' Alep ou de Biskara, le radesyge, le pian, etc., sont des maladies endémiques et non de race.

L'influence de la race se fait sentir, parfois au milieu d'une épidémie régnante, en préservant des atteintes du mal tous ceux qui appartiennent à un pays déterminé. Degner rapporte que dans la dysenterie de Nimègue, les Français et les juifs n'en furent pas atteints, ou quand ils l'étaient ils couraient peu de danger, tandis qu'elle décimait les habitants. Les juifs échappaient, dit-on, à la fureur des pestes qui sévissaient pendant le moyen âge.

Tous les médecins, qui ont observé dans l' Inde, assurent que les maladies du foie sont beaucoup plus fréquentes et plus violentes chez les blancs que chez les indigènes. Les cipayes en sont presque entièrement exempts, ainsi que les nègres. En Afrique, à Sierra-Leone, et à Ceylan, les Anglais et les indigènes succombent, en très-grand nombre,

PRÉDOMfNANCES ORC.ANIQUES.

aux fièvres intermittentes ; les nègres, au contraire, en sont rarement atteints.

On sait que les nègres périssent de la phthisie en proportion plus grande que les Européens, surtout quand on les transporte en Europe ou dans le nord de l'Amérique septentrionale. Dans l'Algérie on a cru remarquer que l'éléphantiasis s'attaquait de préférence au Kabyle et beaucoup moins à l'Arabe (Boudin) ,

On peut donc dire, d'une manière générale, que la La race change race modifie toujours profondément, lorsqu'elle ne neu- des'maïadfes, tralise pas l'action du climat. C'est également à l'aide des difl'érences individuelles qui en dépendent, qu'on peut expliquer les changements très-marqués qu'on observait dans la forme, l'intensité des maladies et la nature des complications qui se montraient dans la population si hétérogène que renfermaient les hôpitaux militaires, pendant les guerres de l'empire. La même maladie se modifiait d'une façon très-différente, suivant la nationalité du sujet. Les mêmes causes morbifiques produisaient aussi chez eux des maladies très-dissemblables, qui exigeaient un traitement varié, quelquefois même entièrement opposé.

Page 1