‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 18 sur 232 · DU COMA · texte numérisé non relu

DU COMA

Coma. Les anciens ont un peu trop prodigué les distinctions scolastiques dans l'étude des différentes espèces de perte de connaissance. Elles n'ont d'ailleurs qu'un médiocre intérêt pour le praticien et ne peuvent servir à asseoir un diagnostic bien certain.

Si les anciens ont redoublé d'ardeur et parfois de subtilité pour saisir toutes les nuances qu'ils observaient dans

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le coma , c'est parce qu'ils s'efforçaient de parvenir à distinguer les unes des autres les maladies cérébrales dont le diagnostic était pour eux, plus encore que pour nous , environné de difficultés extrêmes. On sait aujourd'hui qu'il faut chercher ailleurs les éléments de la diagnose.

Définition. Le mot coma, (zwua, sommeil de jtot/aaco , y.Qiu.!xoixM^ dormir) sert à désigner un trouble cérébral qu'on a comparé, d'une manière impropre, au sommeil, et qui est caractérise par les symptômes suivants groupés de différentes manières.

Somnolence. i" Somuolcnce ; couia sornnolenlum , assoiipisseîncuL Le malade assoupi ressemble assez bien à un homme qui dort; il sort de l'état somnolent avec facilité, et y retombe de même après avoir répondu convenablement aux questions.

coma vigii. 2° Coma vigil. 11 tient les yeux fermés, mais les rouvre quand on l'appelle ou quand on le touche; il marmotte des paroles à voix basse ou pousse des cris, se remue, s'agite dans son lit, cherche à en sortir, fait mouvoir ses mains; il peut encore répoudre quand on excite fortement son attention.

3" Dans le sopor ou catapliora , il devient plus difficile de faire cesser l'insensibihté et l'espèce de sommeil où il est plongé.

A° Dans la Iclhanjie cette même insensibilité est trèsgrande, et, quoiqu'on ne puisse obtenir une seule parole raisonnable des malades, ils ouvrent encore les yeux et montrent quelque vestige de connaissance, carus. ^° Dans le carus, deux des fonctions principales du système nerveux, l'intelligence et la sensibilité, sont abolies ; les malades conservent la faculté de mouvoir les

Sopor.

Léthargie.

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membres ; ils respirent avec bruit {stertor), ont les yeux fermés, le visage rouge et tuméfié.

6" Résolution. Enfin, dans la mo/i<f<o», que nous rap- uésoiuUon. prochons à dessein des conditions morbides précédentes, et qui nous paraît différer de la paralysie, la perte de connaissance est complète, les membres soulevés retombent sur le lit comme des masses inertes ; il semble que la paralysie a frappé tout le système musculaire, et cependant quand on pince fortement la peau et qu'on stimule les autres appareils de sensations devenus insensibles à leurs agents naturels on parvient à faire remuer les membres, à faire ouvrir les yeux et à accélérer la respiration ; ce qui prouve que le malade a senti.

Si nous voulions donner une description générale des symptômes fournis par les sujets qui sont atteints d'un des états morbides précédemment indiqués, nous ne ferions que réunir des éléments hétérogènes qui formeraient un tableau fort peu en rapport avec les progrès de la séméiologie modej'ne et surtout avec les véritables exigences de la pratique. Au lieu de dire qu'un malade est dans le coma ou le carus, il est préférable d'énumérer les symptômes que présentent la sensibilité, la motilité, l'intelligence et toutes les fonctions des vies de relation et de nutrition.

En résumé, toutes les formes du coma représentent les différentes espèces de perturbation que les fonctions du cerveau, du système musculaire et des sens peuvent subir dans le cours des maladies. La diminution ou l'abolition de l'intelligence, du mouvement et du sentiment en sont les symptômes; il s'y ajoute souvent du délire et des convulsions partielles (soubresauts de tendons) ou générales (typhus, fièvres graves).

SYMPTOMES CÈKÉBnAL'X.

De quelques élals morbides qui simulent le coma.

Coma gymplomalique;

des maladies du cerveau;

des congestions

et des hémorrhagies surtout, -

des maladies du cœur ;

Faut-il consacrer plusieurs pages à distinguer d'avec le coma certains actes pathologiques qui s'en rapprochent plus ou moins ? On a cherché à tracer les caractères distinctifs de l'apoplexie cérébrale; il était facile de prévoir que, malgré les plus grands efforts, on n'y réussirait pas. En effet, de toutes les maladies cérébrales, ce sont précisément les hémorrhagies du cerveau, des méninges et les congestions encéphaliques qui déterminent ordinairement toutes les formes du coma. La syncope et la lipothymie sont des troubles de la circulation qui n'ont aucun rapport avec lui. Nous en dirons autant de l'extase, de la catalepsie et de l'hystérie, dans lesquelles les mouvements sont loin d'être affaiblis. Les symptômes de l'anémie profonde et subite qui suit une perte considérable de sang ne rappellent que très-imparfaitement ceux du coma.

Les causes principales du coma siimptomalique doivent être cherchées dans les maladies aiguës et chroniques du cerveau, du cervelet et de leurs membranes (congestions, hémorrhagie, ramollissement) . Nous rappellerons à ce sujet que la perte rapide et complète de connaissance avec paralysie générale, suspension de la respiration et de la circulation et mort subite est très-rare dans les maladies du cerveau; elle n'a lieu absolument que dans le cas où le bulbe rachidien est déchiré ou coupé en deux par une hémorrhagie qui a son siège au niveau et à la pointe du calamus scriptorius (nœud vital de Flourens). On observe aussi tous les signes du coma et du carus, lorsque l'hémorrhagie est moindre, plus limitée, et lorsqu'elle occupe les méninges (résolution de tous les membres) .

Nous devons encore ranger dans le coma symptomatique celui qui se manifeste si souvent dans les maladies

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