‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 189 sur 232 · FACULTÉS INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

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causes morale».

modifiant d'une manière rapide, comme le font les causes Mode d'acUon occasionnelles, ce n'est pas éclairer beaucoup la question ; fonctionnels^aussi, n'avons-nous pas voulu nous renfermer dans la division systématique des causes en prédisposantes et occasionnelles, nous préférons chercher les effets qui se manifestent, sans nous préoccuper du mode d'action des causes qui est et restera longtemps ignorée.

Souvent, c'esten déprimant ou en exaltant l'innervation cérébraleque cescauses semblent agir ; c'est ce qui adonné lieu à la division des passions en dépressives et en excitantes. On serait bien embarrassé le plus souvent pour dire à laquelle de ces deux actions il faut attribuer les effets produits par l'imitation , la crainte, la lecture des mauvais livres, les révolutions politiques et sociales, etc.

Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur les modi- des ficateurs fonctionnels dont nous venons d'indiquer les effets généraux. L'éducation vicieuse que le? enfants reçoivent dans leurs familles, les mauvais exemples qu'ils ont trop souvent sous les yeux, développent le germe des névroses, de la folie, de la chorée, de l'hystérie, etc. Les pratiques religieuses exagérées et les craintes excessives qu'elles produisent dans les âmes bornées ou privées d'instruction, sont la cause fréquente de toutes les formes de l'aliénation mentale. On a dit que les commotions politiques engendraient souvent la folie et le suicide ; mais combien d'éléments complexes ont été réunis sous ce titre (1) !

On a aussi remarqué que les révolutions sociales, et les passions de tout genre qu'elles traînent avec elles, suspendent le cours des maladies sporadiques et même des

(1) On lira avec un vif intérêt le travail que M. le D' Des Étangs vient de publier sur ce sujet: Du suicide politique en France.^ in-S", Paris, 1860.

épidémies. Quelques auteurs affirment que de 1858 à 1856, le nombre de cas de folie n'a pas augmenté ; ce qui tendrait h faire croire que les événements politiques ne sont pas aussi néfastes qu'on a bien voulu le dire. De l'imitaiion. i>« l'iiMitation. L'influence de l'imitation mérite une mention spéciale. On sait que le suicide se propage parfois, à la manière des affections contagieuses, surtout lorsqu'il a pour cause une de ces perturbations politiques ou religieuses qui surexcitent l'intelligence et dont l'histoire nous offre un grand nombre d'exemples. Il devient plus fréquent lorsqu'il est offert en spectacle à la curiosité du public, qui aime beaucoup ces exhibitions théâtrales. Son influence n faut prendre garde aussi d'accorder les tristes honneurs ur les névroses. la publicité à l'homicide, à l'infanticide ou à des actes de lubricité qui, loin d'exercer sur les intelUgences dépravées une crainte salutaire, leur en inspirent trop souvent la coupable pensée.

Au nombre des maladies que l'imitation cause souvent, se placent toutes les névroses et spécialement les maladies convulsives, telles que l'hystérie, les convulsions, l'extase, la chorée et l'hypnotisme. Personne n'ignore que l'impression morale déterminée sur une femme hystérique, ou prédisposée àle devenir, par la vued'un accès convulsif, suffit pour amener des attaques. On voit, dans les hôpitaux qui renferment un grand nombre de*malades de ce genre, les accès d'hystérie se déclarer chez la plupart lorsque l'une d'elles a été prise d'une attaque. On ne doit pas rendre les femmes nerveuses, ni les hommes qui s'en rapprochent par leur organisation, témoins des phénomènes de somnambubisme naturel ou artificiel, vrai ou simulé, d'extase, d'hypnotisme et encore moins d'hystérie. Nous attribuons également une funeste in-

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