‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 193 sur 232 · FONCTIONS GÉNITALES · texte numérisé non relu

FONCTIONS GÉNITALES

troubles causés par les plus nobles facultés de l'intelli- dos fonctions gence, et même presque sur la môme ligne, viennent ë*^"'^*'^^prendre place les désordres occasionnés par les fonctions génératrices, lorsqu'elles s'établissent, se suractivent, deviennent déréglées ou languissantes. Indiquons d'une manière succincte la nature de ces funestes modifications et le rôle des modificateurs.

Influence de la ninsinrbation. Chez l'homme la De la scène pathologique s'ouvre par les tristes effets que la '"^maladies" masturbation ne manque pas d'exercer sur presque qu'elle cause, toutes les afiections du jeune âge et surtout delà puberté, époque à laquelle les impulsions de la nature se font plus vivement sentir et ont besoin par conséquent d'être réfrénées par une forte éducation et un bon jugement. C'est alors qu'on voit paraître toutes les formes variées des névroses et spécialement l'hébétude plus ou moins complète de l'intelligence, la mélancolie, les tristesses sans motif, les convulsions rhythmiques de la face et la chorée. Si cette funeste habitude persiste, au delà de la puberté, il survient des névroses plus redoutables, l'épilepsie, l'hystérie, la nosomanie surtout. Enfin difl'érentes formes d'aliénation mentale et l'idiotisme ont souvent leur unique source dans cette passion dégradante qui fait des ravages plus nombreux et plus redoutables chez les filles, parce qu'elle est mieux dissimulée que chez les garçons. Les pertes séminales involontaires qui s'ajoutent chez ces derniers h l'excitation du système cérébro-spinal ne manquent pas de provoquer plus sûrement encore les névroses. Combien de jeunes gens et d'adultes tombent dans un état incurable de nosomanie, de mélancolie, ou d'apathie morale pour n'avoir pu vaincre cette funeste habitude I Tous les

Névroses.

Maladies que provoque )a inasturbalion fiiez la femme.

chlorose.

Maladies générales diatliésiques.

Excès vénériens,

aliénistes s'accordent à lui attribuer une part très-grande dans la production de la folie, de la démence, de l'épilepsie, et même du suicide.

Même influence fâcheuse sur le système nerveux du grand sympathique. On peut dire, sans crainte de se tromper, qu'une moitié des gastralgies et dyspepsies, des palpitations , des dyspnées nerveuses qu'on observe chez les jeunes filles , tiennent à la masturbation. Nous croyons aussi qu'elle retarde et, dans tous les cas, trouble la menstruation ; mais elle ne borne pas là son influence pathogénique : elle agit sur la constitution du sang ; elle vicie l'hématose et la nutrition générale. Elle produit, de cette manière, les pâles couleurs qui accroissent encore la névrosthénie, à laquelle la masturbation prédispose déjà si fortement.

On doit aussi lui attribuer une certaine part dans le développement des scrofules, du rachitisme, de la phthisie pulmonaire, des affections du cœur, etc. Elle agit certainement dans toutes ces conditions pathologiques , mais seulement en affaiblissant l'organisme, en le privant de sa résistance à l'action des causes nocives, et en appelant sur le système nerveux une excitation qui doit se répartir sur tous les organes , et qui laisse par conséquent désarmés ceux qui sont menacés par une diathèse héréditaire ou innée , ou par quelque cause accidentelle,

Excès vcncricus. Les excès vénériens exercent une influence morbifique de même nature, quoique moins certaine et moins fréquente. En effet, la nature limite, en quelque sorte elle-même, les excès de ce genre, tandis que les manœuvres manuelles peuvent être portées beaucoup plus loin. Nous croyons même que les plaisirs vénériens seuls, même lorsqu'ils sont excessifs, ne peuvent

MENSTRUATION. ^^Hl

pas produire de graves maladies cliez l'homme et encore moins chez la femme. Tout au plus agissent-ils comme débilitants, ainsi que nous l'avons montré d'abord. Coittiiicucc. On n'a que de rares occasions d'obser- Effet»

^ P ne 1 ^ • • i i)i de la conlinencc.

ver les lunestes etlets de la commence , soit chez 1 homme, soit chez la femme. Quand elle a lieu , et quand elle est portée à l'extrême, elle est suivie d'un accès de manie furieuse, d'autres fois d'érotomanie, de satyriasis ou de nymphomanie. La rétention du sperme et les effets de l'abstention des plaisirs vénériens passaient, dans l'école grecque, pour occasionner un très grand nombre de maladies. Les seuls troubles nerveux que l'on soit en droit de leur rapporter sont, outre les précédents, la migraine opiniâtre, la gastralgie, les pertes d'appétit, l'éruption d'acné, les pollutions nocturnes, etc.

De la incitisitriiation. Avant que la menstruation Établissement s'établisse, et pendant le travail latent qui la prépare, ,^ monsmiation. on voit fréquemment se manifester, outre les phénomènes locaux dont nous n'avons pas à nous occuper, des accidents nerveux hyslériforraes, tels que des étouffements, des pleurs, un serrement à la gorge ou une véritable attaque d'hystérie ; souvent aussi des palpitations, la lipothymie, la syncope, la paralysie nerveuse, la chorée, la catalepsie.

Tous ces désordres cessent parfois à la première ou à la seconde éruption menstruelle. Chez les hommes, des phénomènes à peu près semblables se manifestent, quoiqu'il un moindre degré. Il n'est pas rare d'observer de jeunes pubères qui s'évanouissent, sans cause, par relïèt de la chaleur, d'une émotion morale. Ils sont sujets à des céphalalgies , des rêves érotiques et des pollutions nocturnes, etc.

nr.

884 CAUSES SOMA'J'IQUKS.

Les modifications statiques et dynamiques qui se font à l'époque de la puberté sont trop essentielles pour qu'il n'en résulte pas des influences sympathiques excessivement nombreuses et en même temps d'une intensité extrême, qui s'exercent sur les viscères les plus importants. La gastralgie, la dyspepsie, la toux et la dyspnée nerveuse n'ont pas d'autre origine. Souvent, chez l'homme aussi bien que chez la femme, le squelette se développe avec une promptitude extrême, les forces générales faiblissent; de la fièvre, de la courbature, des douleurs de tête, de l'anorexie, de l'anémie, en un mot, tous les signes d'une maladie dite de croissance se manifestent, sans dépasser une certaine limite physiologique. Quelquefois cependant l'organisme ne peut résister à ce travail excessif de la nutrition , surtout lorsqu'il existe une de ces diathèses innées ou acquises qui n'attendent qu'une occasion pour paraître. La phthisie, la scrofule, le rachitisme, se manifestent alors par des signes non douteux et commencent à faire de sourds ravages.

Dérangemeiii Suppression des rèqles. Les affections précédentes relies règles. . ^

connaissent, à plus forte raison, pour cause le dérangement des menstrues. Hippocrate, et toute l'école grecque, lui attribuent la folie, et tous les traités modernes renferment de nombreux exemples de troubles psychiques uniquement dus à cette influence. Le retour de l'écoulement mensuel fait souvent disparaître la maladie. La mélancolie, la catalepsie et l'hystérie sont aussi l'effet ordinaire d'un trouble survenu dans le flux périodique. Effeis des troubles La phthisic pulmouaire, et surtout la funeste diathèse

menstruels • i • i •

suriesaiTcctions lui douiic uaissauce, agisseut de très-bonne heure organiques, su^. menstruatiou ; elles l'empêchent, la suspendent et la suppriment, à une époque où l'on est encore loin de

MENSTKUATION. 883

reconnaître le mal, à des symptômes certains. En pareil cas, on a été, bien souvent, tenté de mettre sur le compte de l'aménorrhée l'évolution ultérieure de laplithisie. Nous avons choisi cet exemple paruiiun grand nombre d'autres ; il nous serait facile d'en trouver également parmi les affections aiguës. La pneumonie, la pleurésie, une violente angine, qui se montrent peu de temps après la suppression des règles, ne doivent pas être attribuées, le plus ordinairement à l'intervention de cette cause.

Les maladies sur la génération desquelles les troubles sur de la menstruation paraissent agir, d'une manière cer- '^^ei^ç^fiux""*' laine sont : les congestions, les liémorrhagies, les flux, qui se font par les fosses nasales, les bronches, l'estomac ou l'intestin. Rappelons que l'épistaxis, l'hémoptysie, l'hématémèse, sont même parfois supplémentaires des règles ; que l'hyperémie cérébrale peut se montrer immédiatement après que celles-ci sont supprimées; qu'il en est de môme du flux dysentérique, de certaines diarrhées, de quelques congestions hépatiques accompagnées d'ictère, etc. On conçoit les modifications rapides que l'innervation, et consécutivement la circulation générale, doivent éprouver lorsqu'une fonction aussi influente que celle de l'utérus vient à être troublée. On comprendrait moins facilement la part que prend le modificateur dynamique dans le développement du tubercule, du cancer, ou de toute autre maladie diathésique ; seulement nous lui concédons, en pareille occurrence, le pouvoii" d'être cause occasionnelle, non pas de la maladie, mais d'un accident prédominant tel que l'hémoptysie, la congestion bronchique ou pulmonaire. Nous ne croyons pas non plus qu'il puisse agi'i-, dans ce cas, à titre de cause })rédisposante.

CAUSES SOiMATIOUES.

liifluence palhogénique

De la couecption. On a cité quelques exemples de deTa''gro"sme. ^0^^^ développée cliGz des femmes pendant la première nuit de leurs noces ; ce qu'on a attribué à des émotions morales et à un sentiment de pudeur excessif, mais facile à comprendre. Nous avons observé deux cas de ce genre, sans qu'il nous ait été possible de lever le voile qui couvrait cette mystérieuse étiologie.

L'imprégnation détermine immédiatement, dans les conditions statiques et dynamiques de la femme, une modification profonde qui se fait sentir, chaque jour davantage, et qui ne cesse qu'après que le retour des menstrues a eu lieu, ou quand la lactation est terminée. Nous avons traité, avec tous les développements nécessaires, de l'état puerpéral qui comprend la gestation, la parturition et la lactation ; nous avons insisté fortement sur son inlluence pathogénique. (Voyez t. II, p. 131.) L'état puerpéral est une véritable dialhèse acquise; nous en avons déjà parlé en nous plaçant à ce point de vue. (Voyez Dialhèse.) Ajoutons que comme cause de maladie il exerce deux sortes d'action différente : 1° il suspend ou active la marche des maladies antérieures ; 2° il détermine le développement de quelques autres.

On a cru qu'il pouvait arrêter la marche de certaines névroses, telles que l'épilepsie et la folie : de là le conseil coupable d'essayer le mariage. Nous n'avons pas besoin de rappeler que, dans des cas très-rares, la grossesse ue fait que suspendre la marche de la folie ; qu'ordinairement elle l'accélère, lui donne plus d'intensité, et qu'elle provoque parfois des accès éclamptiques, suivis de manie furieuse, de tentative d'homicide et souvent d'infanticide.

Si nous reportons notre pensée sur les maladies dites

Elle exerce une influence

fâcheuse sur les maladies antérieures.

LACTATIOiX. 885

organiques, nous trouvons que la grossesse n'exerce pas sur elles une influence moins désastreuse. En vertu d'un antagonisme .heureux que nous avons eu occasion de signaler, il arrive que l'état puerpéral parcourt toute sses périodes malgré une phthisie pulmonaire, une affection cardiaque, ou toute autre maladie chronique qui reste alors stationnaire ; mais, bientôt après, le mal reprend sa marche, et presque toujours acquiert alors une intensité qu'il n'avait pas auparavant. C'est ce qu'on observe chez un très-grand nombre de femmes qui meurent rapidement après leur couche, soit de phthisie, soit de maladie du cœur. Nous avons vu la grossesse enrayei- la marche de ces affections, mais nullement les arrêter, si ce n'est temporairement.

On ne peut refuser à l'état puerpéral une influence Action très-grande sur le développement de toutes les névroses, fur piiisieurs sur la gastralgie simple et hypocondriaque, sur la chloro- maladies, anémie, la contracture, les spasmes laryngiens et œsophagiens, etc. (Voyez Ëtat puerpéral) .

De la laetatiou. Influence de la lactation. De nos innuence jours on a refusé à la lactation toute espèce départ dans ^^^'^ lactation, la production des maladies ; anciennement on la lui faisait trop gi'ande. On a attribué au sevrage, la folie, les convulsions, les névroses, la chloro-anémie, les hémoptysies et toutes les affections locales observées dans les organes génitaux. Il faut restreindre de beaucoup cette pathologie puerpérale. L'appauvrissement du sang, les gastralgies, les névralgies, les diarrhées sans lésions utérines, sont évidemment provoqués par l'allaitement, lorsque la femme, en proie à la misère ou d'une constitution délabrée, s' opiniâtre à nourrir ou à prolonger la lactation, outre mesure.

8SG CAU8ES SOMATIOUES.

inHuence Méiiopaiflse (de [XTjv mois, et de Tcàufft<;, cessation), ntn' sumsaTmeni Q^el rÔle la ccssation morbide des règles joue-t-elle dans la

spécifiée. production des maladies? Si l'on en croit certains auteurs , il est peu de cause aussi active , aussi incessante d'affection interne ; mais en examinant les preuves apportées à l'appui de leur opinion, on trouve qu'elles sont loin d'avoir toute la rigueur désirable. On 'ne sait pas encore exactement quel est le degré d'influence de cette période critique de la vie. La ménopause, prématurée et morbide, loin de produire la maladie, comme on l'en a souvent accusée, n'a lieu précisément que par l'effet de la maladie elle-même, du moins dans une foule de cas. Il n'est pas d'affection interne qui ne puisse déranger les On a souvent règles et les Supprimer même, pendant longtemps. On

considéré . • i • - - j

comme cause Commettrait donc une erreur grave si 1 on attribuait a cette '^^effei ^^^^ suppression les maladies qu'on voit alors se manifester.

Les accidents qui se montrent à l'époque du retour d'âge, chez la femme, ont plus d'une analogie avec ceux de l'état puerpéral : même disposition aux névroses, même tendance à la mélancolie, au délire, à la folie, quelquefois accès de nymphomanie et excitation des organes génitaux. Il faut prendre garde de voir dans cette période critique la cause de maladies qui deviennent seulement plus fréquentes à cet âge; cependant on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'à la cessation du flux sanguin, se rattachent souvent les symptômes de la pléthore, des congestions, des hémorrhagies par le cerveau et par d'autres voies, dont l'origine ne laisse aucun doute. La goutte fait souvent sa première irruption au retour d'âge, lorsque, pour nous servir d'une expression ancienne, la femme devient semblable à l'homme. Alors cesse cette influence pathogénique que nous avons vue commencer au moment

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