III. fio
Maladies soumises A l'influence épilémique.
Maladies locales Lésion locale et circonscrite, maladie générale, état H générales. ^^^Q^-j^j^jg {(.[)y[\Q ou non fébrile, tout lui est soumis. Une
affection même insignitlante suflit pour faire paraître son action morbifique. Tous les chirurgiens savent qu'une opération, quelque minime qu'elle soit, peut être suivie d'un érysipèle, d'une gangrène, de fièvre ataxo-adynamique souvent mortels.
Rien n'échappe à ses coups; on peut s'en convaincre en lisant la relation si vraie que Stoll nous a laissée des maladies bilieuses. Cependant il faut remarquer que les maladies générales qui sont toujours formées de plusieurs éléments morbides revêtent, plus facilement et à un plus haut degré que les autres, les caractères de la constitution médicale régnante. Elles rendent l'organisme plus accessible à l'action de l'épipémie. Souvent même ce sont les exanthèmes, la rougeole, la variole, la scarlatine, c'est-àdire des maladies contagieuses et générales, qui en offrent les premiers symptômes, «urée La durée de l'épidémie fixe est variable, quoique en
des épidémie?. / ^ i i n- . i ,
général assez longue. Hippocrate en a observé une qui a duré près de trois ans; Galien vit la constitution inflammatoire dominer très-longtemps à Rome. Ozanam l'a vue pendant plus de dix années à Milan. La catarrhale et la rhumatismale ont marqué la plupart des affections qui régnaient en Normandie, et que Lepecq de la Clôture observait (1763, Qh, 65, etc.). Ces épidémies ne sont pas influencées par les variations atmosphériques ni par les saisons.
Nature toujours Enfin, et c'estlà leur meilleur caractère, leur nature
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du reste la même quelle que soit celle de la maladie à lagénioépidcmi^uo, quelle clles se surajoutent; elles s'imposent de force. Si la maladie consiste en une inflammation du poumon, de la
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plèvre ou un rhumatisme, la couslitulion gastrique bilieuse qui surviendra changera entièrement les conditions pathologiques, et presque toujours, le nouvel élément morbide rejettera l'ancien sur le second plan.
Causes des épidémies ûxes. On peut s'assurer d'abord causes
,1, . • 1 , 1 . T . , . 1 • de la conslilulioii
qu elles ne viennent m du chaud, m du Iroid, m du sec, ni médicale, de l'humide, ainsi que le fait remarquer Sydenhain. Les changements survenus dans la température, le degré d humidité, les hauteursbaromélriques. l'ozonomètre, ne peuvent, en aucune manière, expli([uer le développement des constitutions stationnaires, tandis qu'elles sont la cause des épidémies saisonnières et annuelles. On ne sait à quoi attribuer les épidémies fixes. Comme elles sont changeantes, et s'étendent souvent à des lieux de configuration etde nature très-diirérentes, il semble plus probable qu'elles tiennent à des qualités ignorées de l'air atmosphérique. Les anciens avaient désigné sous le nom de génie rpidé- opioion antique. miqnes, de xo Oiïov, divimun aliquid^lâ cause mystérieuse dont ils voyaient seulement les eiïets. Ils ne voulaient pas dire que cette cause avait quelque chose de divin, et que les maladies étaient envoyées par Dieu; Ilippocrate se défend souvent contre cette interprétation, qu'il considère, avec juste raison, comme une impiété.
La constitution médicale ne saurait être confondue nifrcronce omre avec l'épidémie proprement dite. La première n'a pas de ',V''rando durée déterminée, elle sévit sur un nombre peu considé- épidémie, rable de malades; elle ne fait qu'imprimer son cachet propre aux maladies intercurrentes; elle n'a aucune période distincte; elle ne s'attaque aux maladies qu'après qu'elles se sont déclarées, avec leurs symptômes ordinaires. La seconde, au contraire, se montre inopinément, dans un lieu, dans une ville, en frappe un très-
948 CAUSES COSMIQUKS.
grand nombre d'habitants ; fait cesser les autres maladies, se compose d'une entité morbide avec tous ses symptômes ; se montre pendant un temps fort heureusement assez court; elle a enfin des périodes d'invasion, d'augment et de déclin très-nettement accusées.
La constitution médicale ou fixe n'en est pas moins disla consiiiuiionnxe , T 1, , • -, , • • • •) 11
et la temporaire, tuicte de 1 épidémie temporaire, saisonnière ou annuelle.
La première peut durer pendant plusieurs années-, elle est indépendante par conséquent des saisons, des changements annuels, de la température, de l'humidité, des vents, etc. ; elle reste identique à elle-même ; sa nature ne se modifie pas, elle est bilieuse, rhumatismale, inflammatoire, et reste telle; enfin elle ne constitue que des éléments morbides qui se surajoutent aux maladies et non des espèces nosologiques distinctes. La constitution temporaire ne dépasse pas la durée d'une saison ou de l'année ; elle correspond assez exactement aux modifications de l'atmosphère ; elle change comme les saisons; elle engendre des maladies distinctes qui empruntent leur caractère de la saison ; ce qui ne les empêche pas de recevoir l'influence de la constitution médicale.
DE l'épidémie.
De rôpidémie. L'épidémie a reçu les noms à'accidenteUe^ d'éventuelle, oénniiion. (\e passugèrc, de grande èpidêmie{de èm, sur; S-^(ji.o<;, peuple, maladie répandue sur le peuple). On désigne ainsi l'apparition sans cause appréciable, d'une maladie accidentelle, souvent inconnue dans la contrée qu'elle ravage, et qui a pour caractère essentiel de présenter des périodes distinctes d'invasion, d'état et de déclin, de s'étendre de proche en proche, de sévir en même temps sur un grand
EinDElMlE.
Caractères dislincliTs.
Idcnlilé
nombre d'individus, et de disparaitre pour un temps souvent très-long, sans laisser aucune trace de son passage. Cette trop longue définition aura peut-être, du moins, le mérite d'être claire.
Caraclères distincUfs. L'épidémie a pour propriété d'affecter, dès le début, des caractères distinctifs qui la font reconnaître, et qui persistent en subissant des modifications essentielles pendant toute la durée de la maladie. Ses symptômes ne sont pas les mêmes, à toutes les époques. Dans la dysenterie observée par Sydenham, à »3''^P'<^'nes
^ ^ i j ' pour tous les
Londres en 1669, des coliques violentes sans évacuations cas panicuiiers; alvines existaient au début ; plus tard elles devinrent copieuses, et les coliques avaient disparu. Or tous les malades examinés, à l'une ou à l'autre de ces périodes, offraient exactement les mêmes symptômes. Le choléra nous a offert de pareilles variations, à ses différentes phases; tantôt la cyanose était courte et faible, et la réaction se faisait bien ; tantôt, au contraire, l'algidité se continuait jusqu'à la fin, la réaction ne pouvait s'établir; les sujets s'éteignaient dans l'adynamie. Tous les cas qu'on observait à un moment donné reproduisaient exactement la forme générale de l'épidémie, de telle sorte qu'il suffisait de \oïr un seul malade pour avoir une idée exacte de l'état dans lequel se trouvaient tous les autres. Ainsi, les périodes d'une épidémie peuvent modifier les symptômes, mais tous les cas particuliers seront modelés sur le même type pathologique. Scluiurrer a très-bien saisi ce caractère lorsqu'il dit que chaque feuille d'un arbre représente l'arbre entier, comme une individualité morbide prise au hasard représente l'état actuel de l'épidémie. Les malades qui sont atteints au milieu de son cours, n'olfrent plus les symptômes qu'on voyait chez
A un moment
donné de r^'pidd-mio.
950 CAUSES COSMfQUES.
ceux qui étaient frappés dans la période d'invasion. En un mot, l'épidémie considérée, en général, présente dans sa marche, observée chez tous les individus, les mêmes symptômes, la même marche, la même gravité; le traitement doit être aussi le même. Réciproquement, chaque cas particulier donne une idée complète de l'épidémie au moment où a lieu l'observation, larchc ei période Une maladie épidémique se montre avec des caractères de répidcmio. tlilTérents suivant la période. On doit en distinguer une de début, d'état, de déclin. Est-ce toujours brusquement, sans aucun symptôme prémonitoire, que le mal se déclare? il faut reconnaître que ce cas est le plus fréquent de tous; cette invasion subite, sans aucune cause connue, et sans modification préalable des organismes vivants, est un des principaux attributs de l'épidémie, et qui en atteste toute la puissance. Cependant, dans quelques cas, on a noté des ])hénomènes précurseurs : la cholérine, par exemple, dans le choléra, etc. La gravité de la maladie est ordinairement plus grande pendant la période d'état et d'augment que de déclin: on a vu toutefois des épidémies rester très-meurtrières jusqu'à la disparition du dernier cas.
Durée ei rcioi r. Ea durée de l'épidémie est indépendante de toutes les causes cosmiques et somatiques, c'est-à-dire de la température, des saisons, des climats, et même des pays et des races. Elle résiste à ces influences si nombreuses et si puissantes; ordinairement elle ne sévit pas plus de trois à quatre mois dans la même localité. Toutefois, on ne peut établir rien de général à ce sujet. Quelques épidémies ont à peu près la même durée dans chaque pays qu'elles parcourent ; la peste et la fièvre jaune sont dans ce cas. Elles peuvent aussi, après avoir disparu complé-