TELLURIQUES
Divisions. Nous comprenons dans cette classe de mo- 4^ ordre, dificateiirs la configiiration, la hauteur, la constitution leuuriqiies géologique des lieux. L'influence des eaux, des effluves géologiques marécageux, des émanations du sol, de la culture, du défrichement, du déboisement, du drainage, etc. , des éruptions volcaniques, doit être étudiée dans cette classe de causes cosmiques. Nous y rattachons l'histoire de de l'endémie et des maladies endémiques.
Nous n'avons qu'à marquer la place de chacun de ces modificateurs qui sont plus particulièrement étudiés dans les traités d'hygiène. Nous indiquerons seulement les principaux effets morbides qu'on leur attribue généralement.
La configui'atîon des lieux détermine certaines influences nuisibles ou salutaires dues à l'humidité, à la sécheresse, à l'intensité de la lumière, à la direction des vents, à la qualité des eaux, à l'altitude. C'est précisément l'action complexe de tant de causes réunies qui rend si difficile la détermination exacte de chacune d'elles. On les a réunies sous le titre commun de causes endémiques ou d'endémies.
a. Altilude. La fièvre paludéenne diminue de fréquence et d'intensité cà mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer. Quelquefois il suffit de quelques mètres d'élévation au-dessus du sol pour qu'on soit à l'abri des effluves marécageux. On a aussi remarqué que les pyrexies les plus graves, que les fièvres pseudo-contijiues et rémittentes sont plus communes près du sol ([ah
Iiilluencc des lieux.
Influeiicc de Tallilude.
97^2 CAUSES GOS.VllQLES.
une certaine hauteur. L'intermittence devient aussi plus tranchée et plus brusque dans les lieux élevés. Sur les fièvres H en serait de la fièvre jaune comme des fièvres pajaunc ludéennes. La première cesse au Mexique à la hauteur
et inlermillciUe, ^
de 924 mètres. On dit aussi que la phthisie est très-rare sur les montagnes, inconnue même sur les plateaux du Mexique et des Gordillières.
Le crétinisme ne dépasse pas Zi,000 mètres dans l'Amérique du Sud, 2,000 mètres en Piémont, 1,000 en Suisse. Il est beaucoup plus commun dans les gorges profondes des montagnes que dans les plaines (35 : 16) (1). On ignore pourquoi certaines maladies, comme le verugas du Pérou, n'existe qu'à une altitude déterminée (600 et 1,600 mètres).
Des eaux. b. Eaux. On a attribué un très-grand nombre de maladies à la qualité des eaux, sans que l'analyse chimique ait démontré des différences bien sensibles dans leur composition. Dans ces derniers temps, on a prétendu que f usage d'eau privée d'iode ou de ses sels est la cause la plus certaine du goitre ; un autre observateur le fait provenir des eaux chargées de sels magnésiens. On a cru également que les eaux séléniteuses et inscrustantes devaient favoriser le développement des calculs vésicaux; or on a prouvé que les pays où l'on se sert de ces eaux ne comptent pas plus de calcule ux que les autres.
On observe, dans quelques contrées, des maladies qui sont inconnues partout ailleurs, telles que le bouton de Biskara, en Afrique, et le bouton d'Alep. On a considéré comme cause du premier, les eaux chargées de chlorure
(1) Voyez sur tous ces sujets un livre plein de faits intéressants qu'on doit à M. Boudin : Traité de géographie, de slatislique médicale et des maladies endémiques, 2 vol. iii-8", Paris, 1357.
INFLUENCE DKS EAUX. 973
(le sodium et de sels de chaux ou de potasse, d'une petite rivière (l'Oued el Kantara); comme cause du second, une eau qui parcourt également la ville. Une maladie sur le développement de laquelle on croit que la nature des eaux exerce une remarquable influence, est la scrofule, qu'on voit sévir dans des lieux humides et souvent par courus par des eaux chargées de sel calcaire; mais tant d'autres causes agissent en même temps qu'il est difficile de s'en prendre à celle que nous venons d'indiquer.
Eaux marécageuses. L'action nuisible de ces eaux est Eaux connue depuis la plus haute antiquité. Hippocrate, dans '""^«'^eeuses. son Traité des airs, des eaux et des lieux, a tracé les traits principaux des accidents auxquels sont exposés ceux qui vivent dans les contrées marécageuses. Nous devons rappeler que la pathologie des maladies palu- Pathologie déennes comprend non-seulement les fièvres intermit- p^'"*^^^""®tentes, continues, rémittentes, mais encore les engorgements du foie, de la rate, les névroses, les névralgies, les dégénérescences variées qui finissent par amoindrir et faire disparaître un grand nombre d'hommes.
Le mélange de l'eau de mer avec l'eau douce rend en- Mélange de l'cau
(le nier cl (io
core plus funeste l'influence des miasmes paludéens. rivière. C'est à l'embouchure des grands fleuves, qui entraînent avec eux des quantités considérables de détritus végétal et viennent se mêler à l'eau de la mer, qu'on voit se développer les maladies les plus redoutables; la fièvre jaune, les fièvres intermittentes, la dysenterie, sont endémiques à l'embouchure du Mississipi ; la peste avec les mêmes maladies sur les bords du Nil ; le choléra, enfin, avec son triste cortège de fièvres bilieuses, d'hépatites, de dysenteries sur les bords du Gange.
On peut dire que partout où le sol est bas, baigné sans
974 CAUSES COSMfQUKS.
cesse par des eaux stagnantes et l'air cliargé de vapeurs qui s'en dégagent continuellement, on trouve réunies les causes d'un grand nombre de maladies, non pas seulement des fièvres paludéennes avec leurs altérations diverses, mais des dysenteries, des fièvres bilieuses, des hydropisies, des afiections scorbutiques, etc. L'assainissement de semblables localités, par des canaux de drainage et le dessèchement, réduit au minimum et fait disparaître les maladies dont nous venons de parler, consiituiion ConstiliUiou géologique. On a commencé, depuis peu
géologique. i. ii. n ni • • t
Son action de temps, à étudier 1 influence de la composition des tersur les maladies ; j-^ij^g sur le développement des maladies. Linné avait remarqué que les fièvres paludéennes sont fréquentes sur les sols argileux.
sur les fièvres C'est sur le goître et le crétinisme surtout que la compaiud6ennes; pQgj^jQj^ p|jjg d'influence suivaut quelques
observateurs ; mais les assertions les plus contradictoires sur le gotiro règiient à ce sujet. Bornons-nous à les enregistrer. Les
el le crélinisme. .. « -, i it .lii
principaux loyers de ces deux maladies sont : les Alpes, les Pyrénées et les Vosges; les départements de l'ouest de la France en sont au contraire exempts. On les trouve encore fréquemment sur les terrains magnésiens des Alpes ; dans les Pyrénées, sur les calcaires dolomitiques, lias et magnésiens-, en Savoie, sur les argileux et les gypseux. Cependant, comme on en trouve aussi sur les marnes grises et sur les terrains formés de lias, de trias, de muschelkalk et sur le zechstein, on voit qu'un grand nombre de pays possèdent la funeste constitution tellurique qui favorise la production du goître. D'autres disent que ces maladies sont rares sur les terres perméables et poreuses, communes sur les schisteux, les tufeux et les terres d'alluvion qui emprisonnent des couches d'eau.
ENDÉMIE. 975
Voici encore un certain nombre d'assertions ;\ vérifiei" : suette. la snette se montre sur les terrains tourbeux (Seine- et- c"'*^"'*' Oise) ou crayeux (Dordogne) ; les calculs urinaires sur les calcaires modernes et la craie (Angleterre, Allemagne), sur le calcaire jurassique (Danube) ; rare sur le muschelkalk, le zechstein, les terrains keupriques.
Il est facile aussi d'attribuer à la composition du sol ciioicra. une certaine influence sur le développement du choléra, tant il a parcouru de contrées dillérentes. iNous ne ferons que rappeler les observations suivantes, qui peuvent tout au plus passer pour des documents à consulter. Il a surtout régné sur les terrains tertiaires et d'alluvion, sur les terres friables, meubles et absorbantes ; rarement sur les terrains primitifs, sur les roches dures. Il a sévi avec fureur dans les premiers lieux ; il a été plus rare et moins meurtrier dans les seconds.
On ne saurait s'expliquer la prédilection d'un assez grand nombre de maladies pour certains pays et même pour certaines localités restreintes. On a désigné la cause inconnue de ces alïections loc les sous le nom d'endémie.