ANESTHÉSIE CUTANÉE
dynie. Ce symptôme a été observé aux mains, aux pieds, sur le tronc, dans la myélite et dans le ramollissement cérébral.
De ranestbésic entanéc. Nous nous sommes déjà déclaré contre les distinctions subtiles qu'on a introduites dans les sensations tactiles normales et pathologiques. Nous avons prouvé que ce qu'on a présenté comme un chef-d'œuvre d'analyse et de séméiotique n'est fondé ni en physiologie, ni en clinique, et que la séméiologie n'y a absolument rien gagné.
Quand l'anesthésie est complète , c'est inutilement Anesihésie qu'on touche, qu'on pince, qu'on pique, qu'on cha- J^nç^jjpjète touille la peau, qu'on y applique la chaleur et même l'électricité, aucune espèce de sensation n'est produite. Dans Vanesthésie incomplète, une ou plusieurs de ces ma- oistinciion fausse nœuvres peuvent être senties : mais, dans tous les cas, la ^"""^ ^'anesihésie
^ et ranalgésie.
sensation de contact est toujours altérée à différents degrés. On a prétendu distinguer de l'anesthésie, l'analgésie ou, en d'autres termes, on a supposé que la sensation de contact étant abolie, la faculté de sentir la douleur pouvait être conservée. Nous ne nions pas l'existence des modifications de la sensibilité cutanée ; nous disons seulement qu'on n'est pas fondé à établir autant de sensibilités spéciales que de modifications morbides. L'observation clinique et l'analogie nous apprennent que la douleur cutanée n'est autre chose que la perversion de la faculté spéciale, qu'on appelle la faculté de sentir le contact. Cette douleur peut être : 1° spontanée, non provoquée par le contact d'un corps, comme dans le rhumatisme, la myélite, l'encéphalite; 2° dépendre de la perversion de la faculté tactile par suife d'une lésion matérielle de la peau, telle que la lèpre ou toute autre affection cutanée ; 3° simple III. 8
lU SYMPrOMES SENSORIELS.
trouble idiopathique, sans que, dans aucun de ces cas, on puisse admettre qu'il se développe, de toutes pièces, une sensibilité à la douleur qu'on appellerait une algie, ou une insensibilité qu'on nommerait une analgésie. Singulière physiologie qui admet, comme nous l'avons dit ailleurs, qu'il y a une propriété du système nerveux qui sommeille, reste latente, et ne sert que dans les occasions pathologiques; singulière anatomie qui suppose l'existence de nerfs spéciaux que personne n'a vus. Répétons donc que l'analgésie est une anesthésie cutanée, et rien de plus. On n'est pas plus autorisé à en faire une faculté à part qu'on ne le serait à en créer une semblable pour l'utéralgie, pour la douleur hépatique, pleurale, pulmonaire, ou la myodinie. Entrons dans l'analyse des faits.
Disons d'abord que l' anesthésie complète entraîne l'analgésie, qu'elle précède toujours (Briquet) ; que quand on constate l'existence d'une douleur sur les parties frappées d' anesthésie, c'est que celle-ci est incomplète ou qu'on emploie pour provoquer la sensation des agents plus violents que ne le sont ceux qui la produisent d'ordinaire, comme la piqûre ou la brûlure. Nous avons sous les yeux, en ce moment, trois jeunes hystériques dont la peau des membres inférieurs est atteinte d' anesthésie. Si on la pince, si on la pique, si on l'électrise avec modération, on n'excite aucune sensation de tact ni aucune douleur : mais il n'en est plus de même si l'on agit plus fortement : on détermine alors une sensation qui a encore de la peine à devenir une vraie douleur. 11 en est de même quand on emploie le calorique : la peau anesthésiée ne sent pas la chaleur de la main ni un froid peu intense, tandis qu'elle accuse des températures beaucoup plus hautes ou trèsbasses. Même remarque pour le chatouillement, qui peut