‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 29 sur 232 · ANESTHÉSIE CUTANÉE, .J · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE CUTANÉE, .J

breiises de la peau qui, en altérant sa texture et ses fonctions , provoquent une anesthésie partielle , incomplète ou complète. Le retour fréquent d'un érysipèle ou d'un eczéma, l'érytlième, l'éléphantiasis des Arabes, le vitiligo, etc., éteignent la sensibilité cutanée dans les régions qu'ils ont occupées longtemps ou sur lesquelles ils siègent encore. Dans la pellagre , les mains que couvre un éry thème si caractéristique, perdent leur sensibilité.

Après des pertes copieuses de sang, il n'est pas rare d'observer l'anesthésie partielle de la peau. Il en est de même dans la chlorose, maladie qui est liée aux troubles menstruels, et détermine des accidents nerveux dont l'intensité s'accroît encore par l'efTet de la lésion du sang.

L'existence dans le sang d'un agent spécifique est g. mioxicaiion une des causes les plus fréquentes d' anesthésie partielle de la peau. L'intoxication saturnine s'accompagne souvent de la perte du sentiment sur plusieurs parties du corps ; sur la face dorsale des mains, sur l' avant-bras, la poitrine et le ventre; la paralysie concomitante du mouvement la fait reconnaître. Le bromure de potassium, donné à haute dose, agit de la même manière ainsi que le sulfure de carbone, l'arsenic et l'ergot de seigle. Il est vrai que ce dernier agent produit en outre une lésion profonde de la circulation (gangrène) .

Anesthésie sympathique. Nous n'avons examiné jusqu'à AneiUiésie présent que les anesthésies symptomatiques ; il nous reste sympaiiuque. à parler des sympathiques. Les plus fréquentes de toutes sont celles qu'on observe chez les femmes atteintes d'affections utérines (engorgement, déviations, flexions, cancers, ulcérations) ou arrivées à l'époque critique. Dans ce cas rhystérie n'est pas étrangère à la production de l'anesthésie. On l'a aussi observée sur les parois de la poi-

trine dans la pneumonie, la pleurésie, la phthisie pulmonaire. Dans le choléra morbus asiatique, la peau des membres supérieurs et inférieurs perd sa sensibilité normale; il en est de même dans quelques cas de dysenterie violente, dans les maladies chroniques des voies urinaires chez l'homme, enfin dans des affections générales telles que les fièvres exanthématiques, la fièvre typhoïde, la diphthérie, la fièvre puerpérale. La peau des mains, d'un ou de plusieurs doigts, d'un membre, devient insensible, et ce symptôme coïncide souvent avec la paralysie du mouvement. L'attention des auteurs est fixée depuis un très-petit nombre d'années sur ces paralysies qui ont fait le sujet de travaux recommandables (Landry, Leroy-d'p]tiolles , Maingault, Gubier, etc.). Dans toutes ces maladies, plusieurs conditions morbides dont il faut tenir grand compte interviennent : en première ligne , l'altération profonde du système nerveux , du sang et de la nutrition ; en seconde ligne, les causes épidémiques, l'âge, le sexe, le traitement débilitant. Ces anesthésies, n'ont rien de spécial et qui puisse en faire reconnaître l'origine. La recherche des causes antérieures peut seule conduire au diagnostic.

Anesihésie Le nombre des anesthésies cutanées idiopalhiques est csseniieiie. aujourd'hui peu considérable. Presque toutes celles que l'on connaît se rattachent à l'hystérie, au rhumatisme ou à une maladie du système nerveux et du sang dont nous avons déjà parlé (sympathiques et symptomatiques).

Nous ne devons envisager l'anesthésie que d'une manière générale ; nous rappellerons donc seulement que, dans certaines parties du corps, des nerfs exclusivement sensitifs animent la peau, et que si ces nerfs viennent à être lésés dans leur fonction ou dans leur texture, la

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