‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 30 sur 232 · SENSATION D'AURA · texte numérisé non relu

SENSATION D'AURA

peau perd sa sensibilité. C'est ce qui a lieu au visage où la cinquième paire est affectée, comme on le sait , à la sensibilité des téguments. L'anesthésie d'un côté du visage indique très-nettement la paralysie de cette paire de nerfs, surtout s'il s'y ajoute l'insensibilité de la conjonctive, la diminution de la faculté visuelle et de la contractilité de l'iris, des altérations de nutrition telles que l'opacité et la perforation de la cornée ; du côté de l'olfaction, des troubles de sensibilité tactile et de sécrétion propres à la membrane muqueuse, etc. Quant à la sensibilité spéciale, elle ne subit aucun changement ; les sens olfactifs, auditifs et de la gustation conservent toute leur acuité. On doit noter seulement les troubles de sécrétion lacrymale, muqueuse et salivaire, auxquelles président certaines branches de ce même nerf.

Sensations diverses de chalnuilJement, de piqîire, de sensations prurit, etc. La peau est le siège d'une démangeaison plus *^*'n!en'i'°"de*'~ ou moins intense, dans un grand nombre de maladies qui piqûre, etc. affectent cet organe, et dont le prurit est le symptôme (lichen, prurigo, psoriasis). La sensation de fourmillement, qui a pour siège habituel les doigts des pieds et des mains, est le symptôme de la congevStion cérébrale, de l'encéphalite partielle primitive ou consécutive, de la paralysie générale commençante, de la pellagre, de l'intoxication saturnine, arsenicale ou par le sulfure de carbone. Si c'est aux deux pieds ou aux deux membres simultanément que la formication a lieu, ou si elle persiste en augQientant d'intensité, on doit craindre une lésion de la moelle ou du cerveau. Elle est très-fréquente dans la névropathie de retour d'âge, et précède souvent l'anesthésie et la paralysie du mouvement.

Sensalion d'aura. On appelle ainsi une sensation pure- sensaiion d-aura.

ment subjective qui ressemble, suivant le récit des malades, à une vapeur, un frémissement, un fourmillement, une douleur obtuse qui, partisd' un pointvariableducorps, suivraient une marche centripète et viendraient aboutir au cerveau. Cette sensation est du nombre de celles qui ont évidemment leur siège et leur point de départ dans le cerveau : c'est une hallucination dans le sens propre de ce mot, ainsi que nous l'avons dit ailleurs. Comme dans celle-ci, le malade rapporte au petit doigt, à la plante du pied, à l'épigastre, à l'utérus, au cœur, en un mot à un organe quelconque, une sensation qui est créée de toutes pièces par le centre de perception malade. Elle ne part point d'un organe malade comme dans l'illusion. Elle est si peu en rapport avec son point de départ que celui-ci, n'est ])as le même, à chaque accès d'aura, et qu'on doit considérer comme autant de fables les récits de guérison d'épilepsie obtenue par l'ablation du doigt et de la peau aflèctée, ou par l'application d un vésicatoire, d'une ligature, etc. Dans l'épilepsie. L'aura se manifeste dans plusieurs maladies : dans l'épilepsie comme symptôme immédiat de l'attaque convulsive, où elle est beaucoup plus rare que l'ont dit quelques auteurs; dans l'hystérie, où sa fréquence n'est ni plus ni moins grande que dans l'épilepsie (trente et une fois sur deux cent vingt et un cas. Briquet) . La valeur diagnostique de l'aura est donc assez faible; on ne peut i-iea fonder sur elle, lors môme qu'elle existe. On l'observe chez les nosomanes , les gastralgiques, les fous hallucinés ou illusionnés, dans les névrosthénies de retour d'âge ou de la puberté et chez les chlorotiques. On a donné, dans ces derniers temps, le nom d' aura aux sensations douloureuses, aux névralgies dont le siège est dans

et

trisplanchnique.

DE LA CÉPIIALAUilE. -127

les viscères qui reçoivent leur innervation du trisplanchnique. En détournant ainsi ce mot de son acception primitive, on lui a donné plus de vague et d'incertitude encore. Nous proposons de désigner sous le nom d'awra Aura cérébrale cérébrale les hallucinations qui sont rapportées à des organes animés par les nerfs cérébro-spinaux, et sous le nom d'awra trisplanchnique , les sensations vagues qui proviennent des viscères; quant aux autres, lorsqu'elles prennent la forme de douleur plus ou moins intense, ce sont de véritables viscéralgies de l'estomac, de l'intestin, du cœur, du poumon, de l'utérus, qui doivent être confondues avec la névralgie viscérale. On sait combien elles sont fréquentes chez les hystériques, les cataleptiques, les chloroanémiques, les hypocondriaques, etc.

De la douleur étudiée daiiis diverses» rég:ioiis Des sensations , . • , i I douloureuses.

du corpjii. Nous devons exammer maintenant les sensations douloureuses qui ont pour siège principal soit la peau, soit les tissus situés dans son voisinage. Nous verrons que les douleurs qui ont reçu le nom de cévhalalqie, de rachialaie, de pleuralqie, sont des sensa-

^ ' , . ont des sièges

tions douloureuses complexes qui ont leur siège à la peau, et des causes dans les nerfs sous-jacents , les muscles, les parties ifès -différents, fibreuses et les ligaments. Si donc nous nous conformons on les a à l'usage qui veut qu'on décrive une céphalalgie, une 'îïî.perdani épigastralgie, c'est parce qu'il y a quelque avantage en sous des titres seméiotique à partir d'un symptôme , en apparence commun, pour remonter jusqu'à la maladie dont il est le signe; mais en réalité il n'y a pas de ces sortes de groupes hétérogènes : à mesure que la science se perfectionne on doit les réduire, par l'analyse, à leur juste proportion. La céphalalgie devient alors une dermatalgie rhumatismale, une névralgie des branches de la cinquième

communs.

paire, une douleur périostale syphilitique ou goutteuse, une carie osseuse, un rhumatisme musculaire, etc., etc., et ainsi des autres douleurs rassemblées, sous des titres dilTérents, dans diverses régions du corps.

De la céphalalgin. I. De LA CÉPHALALGIE. La CCp/«ai!a7g'«C (dérive de xscpaXrj,

tète, et de douleur) est la douleur qui occupe en totalité ou en partie la voûte du crâne. Nous nous bornerons à faire un rapide exposé de la partie séméiotique.

Le malade rapporte au crâne, et souvent à la peau, des douleurs qui ont leur siège dans le cerveau, les enveloppes fibreuses et osseuses. Nous avons dit qu'il était préférable de rapporter la céphalalgie à ses vraies causes, et surtout aux organes qui en sont le siège, et de ne pas traiter, d'une manière générale, de sensations aussi disparates que le sont celles ci. Nous nous conformerons à ce précepte.

Divisions. Divisions. Nous diviserons la céphalalgie de la manière suivante :

L Céphalalgie symptomatique : 1° d'une maladie de l'encéphale et de ses enveloppes ; 2° de la paroi osseuse ; 3° des muscles péricrâniens ; li° des branches nerveuses ; 5° de la peau; 6" d'une altération du sang; 7° des névroses.

IL Sympathique : !• des fièvres ; 2° de toutes les maladies locales fébriles; 3" des maladies gastro- intestinales ; à" des organes génito-urinaires ; 5° de toutes les affections locales aiguës ou chroniques.

111. Idiopathique. La céphalalgie constitue alors ces migraines, ces céphalalgies nerveuses qu'on ne sait à quelle cause rapporter.

1° Céphalalgie Ccplialalglc syiiiptoiiiatiqnc. 1° céphalalgie en-

Mmptomaiique céphalique. Une douleur profonde gravative, dans toute

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