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DE LA CÉPHALALGIE

la tête ou dans une de ses régions, annonce très-souvent a. d'une maladie la congestion cérébrale, soit aiguë, soit chronique. Elle /^ucewa"

° ' o ' 1 (céphalalgie

peut aussi dépendre d'une encéphalite aiguë ou chronique, encéphalique), diffuse ou locaHsée. On l'observe presque constamment, à différents degrés, d'une façon passagère ou persistante, au début de la paralysie générale et dans tout son cours. Il faut, pour que la céphalalgie serve au diagnostic, ses caractères, tenir compte du siège, de l'intensité, de la durée, de la marche, de la forme de la douleur et des symptômes qui s'y rattachent , comme le vertige , le délire et le trouble des facultés intellectuelles. Ainsi une forte douleur frontale , avec délire et fièvre , est le meilleur signe de la méningite ; avec convulsion clonique ou tonique , de la cérébrite partielle ou diffuse. Dans l'hémorrhagie cérébrale, la céphalalgie précède, d'un ou de plusieurs jours, la paralysie ou la perte de connaissance, lorsqu'elle se rattache à une congestion encéphalique, soit continue, soit passagère qui l'a précédée, ou à une cérébrite.

Le siège de la céphalalgie ne correspond pas ordinairement à la lésion; elle est générale ou frontale, lors même que la maladie occupe un seul hémisphère. Cependant, quand elle persiste, pendant plusieurs mois, en un seul point, elle indique souvent une lésion chronique, le tubercule, une tumeur fibreuse ou cancéreuse. Elle est générale dans les névroses (l'hystérie) , ou circonscrite comme dans le clou hystérique. Une douleur violente, locale ou générale, doit faire craindre une méningo-encéphalite aiguë ; elle est aussi le signe des phlegmasies commençantes des méninges et du cerveau. Si elle est persistante, elle se rattache à l'existence d'un ramollissement ou d'une tumeur intra-crânienne. Quand elle débute subitement ou d'une d'une manière intermittente et qu'elle prend, en III. 9

D'une maladie des parois osseuses (céphalalgie osseuse).

Maladie des muscles (ccphalalgio musculaire).

quelques heures, une grande intensité, on reconnaît immédiatement une fièvre intermittente, pernicieuse délirante, convulsive ou comateuse, qui cède alors proraptement au sulfate de quinine. Il faut séparer les céphalalgies en pyrétiques, et apyrétiques; celles-ci excluent, jusqu'à un certain point, l'idée d'une maladie inflammatoire.

2" Maladie des os. La céphalalgie ou céphalée se développe souvent dans la carie des os du rocher, des cellules mastoïdiennes ou de quelque autre partie du crâne ; elle est continue et sourde pendant longtemps, et finit par devenir lancinante, et si vive qu'elle arrache des cris au malade. Elle est exacerbante, nocturne surtout, et rapidement améliorée ou guérie par les mercuriaux, lorsqu'elle est produite par une altération syphilitique des os du crâne ou de la dure-mère, ou par une exostose intra ou extra-crânienne,

3° Douleur musculaire. C'est dans le muscle occipitofrontal ou dans son aponévrose que réside la douleur rhumatismale, presque toujours chronique ou apyrétique, qu'on observe chez les sujets qui ont déjà subi plusieurs atteintes de cette maladie, soit dans les muscles, soit dans les jointures. On la reconnaît, entre toutes les autres, à sa durée très-longue, à ses intermittences, à sa disparition sous l'influence de la chaleur, à ses exacerbations sous l'empire du froid et des variations de température, à ce qu'elle est accompagnée d'une sensation de froid dans la tête, à ce qu'elle augmente par le mouvement des parties malades. Elle est fixée parfois opiniâtrément sur le muscle frontal, temporal ou derrière la tête. Nous croyons que les aponévroses en sont, au moins, aussi souvent le siège que les muscles.

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à° Affection des nerfs (névralgie). La douleur de tête Céphalalgie se localise dans des points circonscrits et suit exactement a-unrrvniigip. le trajet des branches nerveuses. Elle est le signe univoque de la névralgie d'une des branches de la cinquième paire ou de la première branche spinale. Dans d'autres circonstances elle se lie à la maladie des nerfs, à l'existence d'un névrôme, d'une tumeur fibreuse, d'une exostose, d'une carie des os, etc.

5* Maladie de la peau. Toutes les aflections aiguës Maladie de la peau ou chroniques du cuir chevelu, telles que l'érysipèle, ^"J^ànél^)'^ l'eczéma, l'impétigo, le favus, etc., s'accompagnent de maux de tête. Ils persistent souvent d'une manière intense, lors même que la maladie a disparu.

6° Maladies du sang. 11 est très-rare que la composi- céphalalgie tion du sang change sans qu'aussitôt une céphalalgie des Xr^maTadie^ plus opiniâtres se manifeste. N'est-elle pas en effet le du sang, symptôme le plus constant de la pléthore, et surtout de céphalalgie -, l'état opposé, de la chloro-anémie ? Dans la première, VAnémique!* elle est marquée par de la pesanteur générale ou frontale, avec engourdissement et vertige; dans la seconde, elle est sourde, et plus souvent lancinante, frontale ou temporale ; elle suit le trajet des branches nerveuses et revient aux époques menstruelles avec plus d'intensité^ s'exaspère pour la moindre cause, diminue par le repos et la situation horizontale. Sa durée est, en général, trèslongue ; elle ne cède qu'au traitement tonique et corroborant. Après les pertes de sang copieuses ou répétées, cette douleur céphalique s'exaspère ou se manifeste avec une violence extrême.

On l'observe dans le scorbut et chez les malades qui Empoisonneperdent un des principes essentiels de leur sang (albumi- ""^ms. nurie, hydropisie, glucosurie) ; dans toutes les inanitions,

lorsque le sang s'appauvrit à un degré quelconque ; dans toutes les intoxications : la plombique, l'arsenicale et la raercurielle nous en ofl'rent de fréquents exemples. Céphalalgie 7° Ncvroses. Il n'cst pas un praticien qui ne sache que

'J^/„'évTosrr les plus persistantes et les plus pénibles de toutes les migraines sont celles qui afiligent les hystériques, les hypocondriaques et les mélancoliques.

Hjslcric. Dans l'hystérie, la céphalalgie est presque constante (1) .

Tantôt, et c'est le cas le plus ordinaire, elle siège dans les muscles occipitaux , frontaux et temporaux : tantôt dans les aponévroses, dans les nerfs, et descend de là dans les muscles de la nuque , dans les paupières, etc. La douleur, qui est lancinante, accompagnée d'un sentiment de pulsations très-mai'quées, revient pour la moindre cause, surtout sous l'influence de tout ce qui peut agiter le système nerveux, et ne manque presque jamais, soit avant, soit après les attaques. Il faut distinguer de cette céphalalgie celle qui a reçu le nom de

Clou hystérique, clou hystèrique. Il affecte surtout le souimet de la tête, ou la tempe, et il n'y occupe qu'un espace restreint; telle est sa violence dans la plupart des cas , que les malades comparent la sensation qu'ils éprouvent à celle que provoquerait un clou ou un coin enfoncé dans le cerveau. Quelquefois cependant la douleur est sourde et gravative. Le clou hystérique donne lieu à de l'agitation, de l'insomnie, des vomissements et même à de la fièvre.

La céphalalgie n'est pas moins fréquente dans l'épilepsie, pendant la période prodromique et après l'accès; dans l'hypocondrie, la mélancholie, dans toutes les né-

(1) Sur trois cent cinquante-six hystériques, M. Briquet en a trouvé trois cents qui avaient constamment mal à la této (ouvr. cité, p. 213).

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