II. Symptômes fournis par les troubles de la sen- symptômes
1 • • 1 • fournis
SATION DE LUMIÈRE. En explorant la conjonctive oculaire par rappareii et palpébrale on remarque que sa sensibilité est par- ''"^ ''"^ fois diminuée ou même éteinte complètement; on peut la toucher avec une épingle ou un corps dur sans provoquer de sensation ni de clignotement. L'hystérie et quelques névroses par intoxication produisent ce singulier phénomène morbide qui peut , à lui seul , faire reconnaître la première affection.
Les troubles de la vision, qui ne seront étudiés ici que Division», dans leurs relations avec les maladies internes autres que celles de l'œil, peuvent être rapportés aux divisions suivantes : 1"> la faculté visuelle est exaltée comme dans la photophobie ; 2" pervertie dans la myodésopsie, la photopsie, l'acromatopsie; 3' diminuée ou abolie dans l'amaurose, la presbytie, la myopie, la nyctalopie et l'héméralopie.
Accroissemeni 1° Accroissement de la sensihUilé de la réline. Sous
de la sensibilité i, • i , . , t • • „^4. l'^.,„or^£i
rétinienne 1 empire de plusieurs maladies qui agissent sur 1 oigane et des nerfs Je la visiou, la Sensibilité de la rétine peut être excitée, optiques. manière toute pathologique, et alors loin de s'exé-
cuter avec plus d'intensité, la vision est toujours plus ou 1° Sjmploniali- lUOiuS altérée. Il se mêle toujours à l'hyperesthésie réti-
^ , nienne une altération notable de la faculté visuelle, ex-
dans les névroses,
le cepté dans quelques névroses et spécialement dans 1 hyssomnambuiisme ; ^^^^.^^ somuambulisme pathologique ou non provoqué et dans certaines formes de délire avec excitation des sens. Dans le somnambulisme les malades n'ont besoin, pour se conduire ou travailler pendant la nuit, que d'une trèsfaible lumière, qui leur serait insuffisante dans les conditions physiologiques ordinaires; il en est de même des hystériques et de quelques cataleptiques. Dans le somnambulisme déterminé par les manœuvres magnétiques, les paupières étant écartées d'une manière imperceptible, la vision peut encore se faire, ainsi qu'on s'en est assuré un grand nombre de fois, rhysiérie; Daus l'hystérie, dans les douleurs névralgiques, la migraine, la folie, la rage et la névropathie, quelle qu'en soit la cause, les malades supportent avec peine la lumière (photophobie, de cpw?, lumière ettçoêoc;, crainte) ; quelquesuns même sont repris d'accidents lorsqu'ils viennent à apercevoir le jour. Ils se renferment dans l'obscurité la plus complète et refusent d'en sortir jusqu'à ce que les phénomènes morbides se soient dissipés, les maladies L'hyperesthésie rétinienne se lie, dans un grand nomdu cerveau. ^^g^ ^ affection du cerveau et de ses men-
branes; elle a été signalée dans la méningite, l'encéphalite diffuse, les tubercules et les tumeurs de diverse nature qui siègent dans le cerveau et ses enveloppes ;
enfin dans la congestion encéphalique. Cette sensation pathologique est donc un symptôme fréquent des maladies du cerveau, des nerfs optiques et des névroses cérébrales. Elle est sympathique dans quelques maladies locales, 2° Sjmpalliique. dans celles de l'utérus, dans la grossesse, la gastralgie, et s'accompagne souvent de céphalalgie, de névralgies fronto-occipitales. Quelquefois elle est idiopatique et sur- 3» idiopathique. vient après quelque émotion morale vive, une forte contention d'esprit, etc.
2° Perversion de la sensation de lumière. Presque tous Perversion les troubles de la faculté visuelle s'accompagnent de per- ° "^"^^ version de cette même faculté. Celles qui méritent de nous arrêter senties suivantes : tantôt l'œil voit les objets colorés autrement qu'ils ne le sont en réalité; on appelle cet état morbide chroopsie ('/pôa, couleur, et o4;i;, vision); tantôt il aperçoit un nuage, un insecte ou des corpuscules noirs semblables à des mouches qui volent ou se déplacent dans le champ de la vision ; on a donné le nom de berlue, de mouches volantes, de myodesopsie ou myio- Myiodopsie. dopsie (|xuiu)07i;, semblable aux mouches, et vue), à ces troubles de la vision. Ces deux symptômes se présentent dans les mêmes conditions morbides que l'amaurose et les anesthésies du sens de la lumière ; il en est de même de la. photopsie (dérivé de cpôx;, lumière, et o^/iç, vision), l'iioiopsie, ou sensation de lumière qui a lieu sans le concours de ce fluide. Elle se développe spontanément, ou à la suite d'une pression modérée et volontaire, ou traumatiqne opérée sur l'œil. M. Serre, d'Uzès, les a appelées phosphèncs (dérivé de «ptoc, lumière, et cpaîveiv, faire briller). Lorsqu'ils sont provoqués par la pression, ils peuvent servir au diagnostic de l'amaurose. Les malades atteints de ce trouble de la sensation visuelle voient paraître
phospliùne.
des anneaux diversement colorés, des traînées, des globes de feu.
Des biueiies. On donne le nom d'èblouissement , de bluelte , à la vision de corps brillants, colorés en rouge ou en vert, d'étincelles, de flammes éclatantes que l'œil aperçoit tout d'un coup et qui empêchent de voir distinctement les objets environnants; quelquefois cette sensation est accompagnée de vertiges, de bourdonnements d'oreille. Elle annonce plus souvent l'anémie et la chlorose que la congestion céphalique et la pléthore. Dans ce cas les effets produits par le décubitus horizontal servent de moyen de diagnostic. L'éblouissement est un trouble nerveux fréquent dans les fièvres, dans la typhoïde par exemple.
Les symptômes précédents annoncent tantôt une congestion encéphalique simple ou consécutive à quelques lésions chroniques du cerveau (encéphalite, ramollissement, paralysie générale, hémorrhagie) , tantôt une névrose comme l'hystérie, l'épilepsie, ou enfin l'intoxication plombique, paludéenne, l'infection syphilitique, ou l'action du rhumatisme et de la goutte. Souvent aussi les grandes cachexies, les maladies organiques qui altèrent la nutrition générale, et qui amènent Tanémie, ont pour symptômes les accidents dont nous venons de parler (cancer de l'utérus, de l'estomac, cachexie paludéenne, hémorrhagie).
Ancsthésie 3° AneslJmie de l'organe de la vision. Cette anesthésie ''vis'uene"' ^^^^ ^^^^ symptômes très-distincts les uns des
autres, et sur lesquels nous devons donner quelques
courtes indications.
Mjopie Deux états morbides très-rapprochés du tvpe phvsiolo-
tu presbytie. • „ ^ > a, i ^ r i <j
gique sont ceux qu on connaît sous les noms de presbijUei et de myopie. Dans le premier cas, la vision distincte, quli
est à 0"\25 de l'œil, ne peut plus se faire qu'cà 0'",50 ou 0",70; clans le second, à 0'",10 et même 0'",0/i. La presbytie, lorqu'elle n'est pas le résultat d'une conformation congénitale de l'œil ou des progrès de l'âge, se présente dans les mêmes cas que l'alfaiblissement de la vue et l'amaurose, c'est-à-dire dans la convalescence, après les pertes de sang, la diète et les maladies graves.
L'asthénie de l'organe de la vision est générale ou par- Amaurose. tielle, suivant qu'elle entraîne un alTaiblissement général ou partiel de la vision. Dans l'amblyopie ou faiblesse, hébétude de la vue {amblyopie de à[jLgAù;, terne, et ot|/iç, vision) , les objets de petite dimension ne sont pas perçus distinctement; bientôt la vue se fatigue, se brouille et ne peut même plus distinguer les objets ; puis après que l'œil s'est reposé ils redeviennent plus distincts. L'amaurose est l'afluiblissement ou la perte complète de la vue. On observe ces troubles visuels dans les névroses, l'hystérie, l'épilepsie, la nosomanie, à la suite de fièvres graves, des grossesses pénibles, d'une longue lactation, dans la convalescence des aflections fébriles, chez les vieillards et à la suite de l'inanition provoquée ou involontaire.
Ces troubles sont dus à des lésions de la rétine, des nerfs optiques ou de la partie de l'encéphale chargée de la perception visuelle. Il importe de distinguer l'amaurose double de la simple , ou unioculaire : celle-ci a nécessairement son siège dans la rétine ou le nerf optique d'un côté; l'autre tient à une maladie du cerveau ou à une affection générale.
L'amaurose est le symptôme brusque d'une hémorrhagie de la rétine, des tubercules quadrijameaux ou \^ des corps genouillés, d'une forte congestion générale^
d'un ramollissement (amaurose congestive). Les tumeurs situées à la base du crâne, sur le trajet du nerf optique, provoquent les mêmes effets.
On les voit survenir chez des sujets dont le sang est appauvri par quelque déperdition continuelle : ainsi chez les albuminuriques : dans ce cas l'ophthalmoscope révèle l'existence d'une lésion de la rétine; chez les diabétiques, les anémiques; dans l'hystérie, l'épilepsie, la chorée, la cachexie plombique, mercurielle ou paludéenne. Il est permis, malgré la diversité de ces causes, de supposer qu'une action commune, exercée par le sang sur le cerveau ou sur la rétine, trouble la faculté de recevoir l'impression lumineuse, et aussi de percevoir, d'avoir conscience de l'impression. La syphilis est une cause assez fréquente d' amaurose qui tient souvent à une pérîostose, à une gomme intra-oi'bitaire ou à une maladie du névrilème des nerfs optiques.
Amaurofe L'amaurose sympalhique s'observe dans le cours de la mpdtiiique. gç^rlatinc albumineuse, principalement de la fièvre typhoïde, des maladies chroniques de l'estomac, de la spermatorrhée, des maladies du cœur et des affections vermineuses. Les mouches volantes, les étoiles scintillantes, les nubécules, etc., se rencontrent aussi dans l'amaurose sympathique, qui est alors rarement incurable. Les gastralgiques et les hypocondriaques en sont souvent affectés.
Amaurose L'amaurosc cssenlidîe se voit à la suite de douleurs îsscni.eiie. névralgiques violentes, des travaux fatigants et assidus
qui exigent une vive luraiè.re et une grande tension de
l'esprit, à la suite d'excès vénériens ou de masturbation.
Elle se rapproche beaucoup des amauroses chloro-ané-
miques et par épuisement.
La diplopie (onrXôo;, double, et œil) est caractérisée Dipiopie par la sensation de deux objets placés devant les yeux, hemiopie, tandis qu'il n'en existe réellement qu'un seul. Au contraire, dsiXisY hémiopie (de T)[jL'.auç, moitié, et o^^n;, vision) , l'œil n'aperçoit que la moitié des objets, comme si la partie correspondante de la rétine était paralysée ; tantôt l'hémiopie est verticale, tantôt horizontale; d'autres fois le centre ou une autre portion de l'objet est invivisible. Comme l'amaurose, dont ces troubles ne sont souvent qu'une variété, la diplopie et surtout l'hémiopie se manifestent chez les hystériques, les malades anémiés ou épuisés par des affections morales ou des souffrances physiques violentes et de longue durée; dans ce cas, elle cède au traitement tonique. La diplopie est un symptôme du strabisme et de toutes les paralysies des muscles moteurs de l'œil. Elle dépend de ce que les deux yeux ne pouvant se diriger exactement vers le même objet, il en résulte une double image (paralysie du moteur oculaire commun et externe). Dans la paralysie de la quatrième paire , les deux images sont superposées. Ces désordres annoncent aussi très-souvent l'existence d'un ramollissement cérébral chronique, d'une paralysie générale commençante et d'une hémorrhagie encépalique.
V achromatopsie (de à privatif, xp'j^l^»» couleur; oi}/tc, naiionismo. vision) , ou perte de la faculté de voir certaines couleurs, a aussi reçu le nom de daltonisme, à cause du célèbre physicien anglais qui en était allécté et l'a étiidiée avec soin. Presque toujours congénital et héréditaire, ce trouble empêche quelques malades de distinguer autre chose que le noir et le blanc (daltonisme dicromatique). Les uns reconnaissent plusieurs couleurs, mais en confondent d'autres tout à fait opposées; les autres voient