DOULEURS MUSCULAIRE
fait nous-même un grand nombre d'expériences de es genre, et nous n'avons jamais rien trouvé de semblable^ La forme la mieux caractérisée de toutes les douleurs musculaires est la myosalgie rhumatismale; il n'est pas certain qu'elle ait son siège unique dans le tissu musculaire ; les tissu fibreux et aponévrotique peuvent en être affectés. On reconnaît facilement cette douleur à ce qu'elle se montre chez des rhumatisants, à ce qu'elle ne s'accompagne d'aucune tuméfaction des tissus, d'aucune douleur à la pression, tandis que la moindre contraction musculaire la fait paraître et lui donne une intensité extrême. La goutte, en se portant sur les muscles, produit exactement les mêmes effets.
La douleur rhumatismale peut occuper toutes les parties du corps pourvues d'un appareil musculaire; cependant celles qui en sont plus particulièrement affectées sont les muscles de la tête, du cou, des épaules, des lombes, des membres inférieurs, de la poitrine, de l'abdomen. Les caractères constants qu'elle présente dans toutes ces régions sont tellement manifestes que le diagnostic repose presque exclusivement sur le siège et la nature de la myosalgie (lumbago, pleurodynie, torticolis rhumatismal).
L'inflammation des muscles et les déchirures de quelques-unes de leurs fibres, à la suite d'un effort plus ou moins violent, se révèle également par une douleur vive, circonscrite en un point et ne se montrant qu'au moment où la contraction musculaire a lieu. La compression des muscles suffit pour provoquer de la douleur.
L'endolorissement des masses musculaires est si constant chez les hystériques qu'on peut, avec leur secours seulement, diagnostiquer la maladie. Sur quatre cent
Myosalgie rhumatismale ;
goulleuse
Inflammation.
Rupture librillaire.
Myosalgie hystérique.
158 SYMPTOMES SENSOTUELS.
trente malades observées par M. Briquet, une vingtaine au plus en avaient été exemptes (ouvr. cité, p. 207). La répétition des attaques hystériques, l'inlluence synipatique que les muscles reçoivent sans cesse de toutes les causes qui troublent le système nerveux, et l'altération chloro-anémique du sang, nous paraissent être les trois causes de cette myosalgie.
Ses symptômes. En voici les principaux caractères : elle siège dans les muscles qui avoisinent la peau. On peut, à l'aide de la pression ou de l'électrisation la plus faible y produire de la douleur; les mouvements y ramènent la douleur, qui se calme et cesse par le repos. La violence avec laquelle se montre la douleur, sa brusque disparition, sa mobilité excessive, son siège dans le tissu musculaire, et non sur des points limités comme la névralgie, sa forme aiguë, lancinante, pulsative, le développement simultané de l'hyperesthésie ou de l'anesthésie cutanée, achèvent de caractériser la myosalgie hystérique. Son siège. On l'obsorvc plus spécialement à la tête, dans les muscles du front, des tempes et de l'occiput, où elle constitue la céphalalgie dont nous avons déjà parlé ; dans les muscles qui font mouvoir la colonne vertébrale (voyez Rachialgie) ; dans ceux qui constituent la paroi abdominale, la poitrine, enfin dans les jointures (arthralgie hystérique) .
Ëpigasiralgic La douleur si vive et si constante que les hystériques iiysiérique. éprouveut daus la région de l'estomac, et surtout dans la partie gauche de l'épigastre, a, suivant quelques auteurs, son siège exclusif dans les muscles abdominaux. INous croyons, pour notre part, qu'il y a quelque exagération dans cette idée. Tantôt elle est due à cette cause, tantôt à l'hyperesthésie cutanée, plus communément encore à
DOULEUKS MUSCULAIRES.
la gastralgie et à tous les accidents qui en sont l'eflet ordinaire (tympanite, douleur, dyspepsie). Ses symptômes sont la sensibilité excessive de l'épigastre, qui ne peut supporter la moindre pression, la fréquence des mouvements respiratoires et l'anxiété.
L'épigastralgie s'observe encore dans toutes les névroses, la catalepsie, la nosomanie, l'hypocondrie, la gastralgie, la chlorose, la grossesse, dans les intoxications par le plomb, enfin dans un grand nombre d'affections organiques de l'estomac, du foie et de la rate. Quand elle est obscure ou nulle à la pression, la percussion suffît pour la faire paraître, et offre ainsi un moyen diagnostique précieux dans quelques circonstances. Le rhumatisme et la goutte se fixent souvent, lorsque la maladie est très-ancienne , dans les muscles de l'abdomen.
L'hyperesthésie des muscles de la poitrine donne lieu à des douleurs qui suivent assez bien le trajet des muscles intercostaux pour faire croire à l'existence d'une névralgie. Cependant elle n'est point aussi exactement circonscrite en deux ou trois points principaux. La myosalgie pectorale est le symptôme fréquent de toutes les maladies aiguës et surtout chroniques des poumons et de la plèvre. Une hypothèse purement gratuite a fait admettre à quelque fantaisiste l'existence d'une névrite intercostale. On observe la myodynie thoracique dans la plupart des névroses, dans la gastralgie et dans toutes les affections que nous avons signalées en parlant de la myodynie épigastrique.
La miélosalgie (de jxtîXo^, membre, et ^cXyo;, douleur) , ou douleur des membres, réside dans les tissus musculairesqui présentent alors de la sensibilité et de la gène dans les
Dans d'autres maladies.
Myosalgie Ihoracique.
Miclosalgle,
mouvements, qui sont quelquefois impossibles. Il y a de l'engourdissement, des fourmillements, des crampes, de la contraction, de l'hyperesthésie ou de l'anesthésie cutanée, de la fièvre et de l'agitation. Cet état peut dépendre d'une inflammation du tissu musculaire, plus souvent d'un rhumatisme, de la goutte, de la syphilis, de l'hystérie, ou bien être le phénomène sympathique d'une chlorose, d'une affection plombique. La connaissance seule de la cause peut conduire au diagnostic. Souvent ces douleurs sont le prodrome d'une myélite ou d'un ramollissement cérébral commençants : elles se montrent dans un point limité, puis disparaissent, s'étendent à tout un membre; la paralysie ne tarde pas alors à s'y déclarer. Perte Lésion du sentiment d'activité musculaire. Les individus
lu seniiment çjjgj, lesnucls la scusation d'activité est diminuée ou
d'activité ^
musculaire, abolic pcuvent cncorc se servir du membre affecté, mais maladroitement, lorsqu'on les prive du secours de la vision, parce qu'alors ils n'ont plus conscience de l'intensité ni de la direction exacte des mouvements qu'ils impriment à leur membre. Les muscles se contractent chacun isolément, avec énergie, car ils n'ont pas perdu leur motilité; mais lorsqu'il s'agit de coordonner l'action de plusieurs muscles pour produire des mouvements, le but est dépassé ou n'est pas atteint ; il y a désordre des mouvements ou ataxie locomotrice^ comme on l'a dit. Lorsque le malade tient un objet à la main ou au bras, il le laisse tomber, à moins qu'il ne le perde pas de vue ; s'il marche, il exécute d'une manière saccadée les mouvements de flexion et d'extension, s'accroche au sol, vacille et tombe. En examinant la force d'un muscle qu'on fait agir isolément, on peut s'assurer qu'elle n'est pas diminuée, que la contraction est énergique, mais que le malade n'a pas