DES SENSATIONS DE BESOIN
conscience de l'effort qu'il fait (1) . On voit donc qu'en définitive il n'y a pas paralysie musculaire, mais seulement paralysie d'un sens et abolition complète ou incomplète de la sensation d'activité; aussi les malades n'ont- ils plus conscience du poids , de la résistance , de la forme ni du volume des corps. La peau des membres affectés est souvent frappée d'anesthésie.
L'ensemble des symptômes que nous venons de retracer caractérise une entité morbide que M. Landry sépare des paralysies du mouvement. Leur histoire n'est qu'ébauchée : on ne possède que des documents fort imparfaits sur les causes et les lésions anatomiques de la maladie.
Un fait curieux qu'il importe de connaître est le suivant : un membre dont la peau est entièrement frappée d'anesthésie et qui est complètement paralysée du mouvement par une maladie de la moelle, peut offrir des mouvements réflexes fort énergiques , quand on pince la peau : et au moment où les mouvements ont lieu, le malade en a parfaitement conscience. Le sens d'activité musculaire n'est donc pas aboli; il peut donc se manifester en dehors de la volonté même du sujet. Ce fait donne lieu à de sérieuses réflexions sur la nature de ces mouvements réflexes et sur le sens d'activité musculaire.
§ III. Symptômes fournis par les sensations de RE- Dcs sensations , T .• de besoin.
SOIN ET D AUTRES SENSATIONS INTERNES. LcS SeUSatlOnS
qui ont leur siège dans les viscères, comme les besoins Divisions, de boire, de manger, de dormir, de respirer, de se mou-
(1) C'est à M. Landry, habile et sagace observateur, qui a enrichi la pathologie du système nerveux d'études importantes, qu'on doit la connaissance et la description de cette forme curieuse de paralysie du sentiment (Archives générales de médecine, juillet 1852).