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DE LA PARALYSIE

De la paralysie. On dolt réserver le nom de paralysie à la diminution i ou à l'abolition du mouvement ou, ce qui revient au i même, de la contraction musculaire. Ce trouble est ca- raelérisé par la didiGuUé ou l'impossibilité où se trouve

l'AUALYSlE. \()\)

le malade de remuer volontairement les parties musculaires qui sont dans un état de relâchement plus ou moins complet (cum musculi fïacciditate, Boerliaave). Ce caractère sufiît pour séparer la paralysie de la contracture et des autres lésions qui peuvent gêner le mouvement.

Divisions. Nous avons retracé dans une autre partie de Divisions, ce livre (t. I, p. hSS) les caractères généraux de la paralysie et les causes qui la produisent ; nous devons donc l'envisager exclusivement au point de vue de la séméiologie. Nous commencerons d'abord par étudier les phénomènes morbides qui accompagnent les paralysies, parce qu'ils fournissent des données importantes au diagnostic. Nous décrirons ensuite les trois grandes classes de paralysies qu'il nous paraît utile de maintenir (paralysies idiopathiques, symptomatiques, sympathiques).

Caractères communs à toutes les paralysies. Toutes les cnracicres fois qu'une partie du corps ne peut plus effectuer un communs, ou plusieurs des mouvements qui lui sont naturels, on dit qu'il y a paralysie. Les tissus qui ont ainsi la propriété de se contracter sont ceux de la vie de relation à fibres striées , et ceux de la vie animale , ou à fibres lisses. De là deux ordres de paralysies qui peuvent tenir à des causes communes ou spéciales qu'il convient de rechercher (paralysies externes, internes ou viscérales).

Les muscles de la vie de relation ont la propriété, lors- Lésion du pouvoir qu'ils sont exempts d'altération, d'obéir à la volonté; on

i A 'du cerveau.

a considéré tour à tour comme organes du mouvement les couches optiques, les corps striés, la protubérance annulaire et le cervelet. Quoi qu'il en soit, un des signes les plus essentiels de la paralysie est la perte de la faculté que possède le système musculaire de se contractcn* BOUS l'empire de la volontés

Les muscles paralysés sont soustraits au pouvoir excito moteur du cerveau; on conçoit dès lors que toute maladie qui altère la volonté porte une atteinte profonde aux mouvements et détermine la paralysie. 11 est inutile d'ajouter que dans ce dernier cas les facultés intellectuelles sont toujours troublées à différents degrés. Dans d'autres leur intégrité n'empêche pas la paralysie, parce que des causes non cérébrales peuvent empêcher les muscles d'obéir à la volition.

Lésion La moelle par ses cordons antéro-latéraux est un véri- ""dans rmoriic'"^ tablecentrc d'innervation. L'intégritédes raouvementschez les anencéphales , les vivisections et surtout les mouvements réflexes le prouvent suffisamment. A la lésion de la moelle spinale et allongée se rattachent un grand nombre de paralysies.

Lésion La faculté que possède et que conserve le nerf moteur,

de la moiricité; \ ^ \

lors même qu il est séparé du centre dmnervation, de produire des mouvements sous l'empire d'une excitation quelconque, cette faculté excito-motrice ou motricité peut être lésée, a son tour, par la maladie, de l'irritabilité. Enfin l'irritabilité musculaire seule peut être altérée, et la paralysie en dépendre.

Il faut donc s'attacher, dans l'étude des paralysies, à constater la diminution ou l'abolition de ces diverses propriétés dynamiques dévolues au cerveau, à la moelle, aux nerfs et aux muscles.

Soustraction L'impuissauce du muscle à se contracter par la vo-

des muscles i / i i i

i la volonté, wi^te du malade est un premier signe facde à recueillir quand l'intelligence est conservée. Mais quand celle-ci fait défaut, on s'assure très difficilement de l'existence de la paralysie ; en effet la perte de la sensibilité cutanée ou des sens spéciaux empêche que l'action des divers sti-

PAllALYSlE.

simulation do la paralysie.

Insensibilité aux irritants externes.

Ululants externes mis enjeu soit sentie par le malade. La perte du mouvement est simulée par tous ceux qui ont intérêt à faire croire qu'ils sont atteints de paralysie. 11 n'est pas toujours aisé de les convaincre d'imposture ; les violentes excitations auxquelles on les soumet ne parviennent pas à déterminer des mouvements. Toutefois nous avons pu nous assurer dans plus d'un cas qu'il se développait des contractions que le malade n'avait pu réprimer. Ce signe n'est pas décisif; car des mouvements réflexes peuvent se produire dans les membres frappés de paralysie véritable.

Il ne faut jamais négliger, quand on veut s'assurer qu'une partie est paralysée, de soumettre la peau qui la couvre à l'action de divers irritants dont on gradue l'intensité (frottement, contact, pincement, piqûre, rubéfiants, brûlure) . On doit ensuite porter l'irritation sur les muscles en traversant la peau à l'aide d'une aiguille ou en pratiquant l'acupuncture. Ordinairement les muscles qui n'obéissent plus à la volonté ne se contractent pas sous l'empire de ces irritants externes, le dernier excepté. Il peut s'y développer des mouvements réflexes sur lesquels nous reviendrons plus loin.

La sensation que nous éprouvons dans les muscles iroubics

, ^ . 1 1 du sens d'activité

lorsque nous les contractons, et qui a recule nom de*'en- musculaire. salion d'activité musculaire (voyez Sensations), est entièrement abolie ou seulement diminuée dans les paralysies. Il en résulte une forme particulière de paralysie dont nous donnons plus loin les caractères essentiels (voyez Paralysie idiopalhique). Nous devons seulement noter qu'au début et à la fin des paralysies qui ont une marche lente et progressive, les malades conservent eucore la sensation d'activité, mais incompléteiiient ; ils

202 SYiMl'TOMES .MUSCLM, \lllliS.

sentent leurs muscles se contracter, mais d'une manière imparfaite; ils font des efforts considérables et en partie inutiles pour arriver à produire un mouvement très-minime. L'abolition du sens d'activité est complet dans les paralysies complètes. Cependant il faut bien admettre que la feculté de sentir n'est pas éteinte, puisqu'elle se réveille dans un membre paralysé depuislongtemps, et qu'il peut s'y développer des mouvements réflexes, soit spontanés, soit provoqués à l'aide de l'électricité ou de tout autre irritant externe.

Lésions Des muscles qui seront ultérieurement paralysés desensibiiiié. parfois le siège de sensations diverses, tantôt

de formication, de frissonnement, de chaleur, d'engourdissements passagers, plus rarement continus, tantôt de picotements, d'élancements et môme de douleurs assez violentes pour arracher des cris aux malades. Presque toujours, en pareille circonstance, la douleur s'accompagne de convulsions toniques ou cloniques, comme dans la paralysie qui suit la contraction idiopathique des membres, dans celle des femmes en couche, ou dans la paralysie des céréales (ergotisme). Dans quelques cas, par exemple chez les enfants, les muscles sont tellement douloureux que les moindres mouvements imprimés aux membres font pousser des cris. Des douleurs plus ou moins vives se développent souvent dans les muscles paralysés; elles présagent le développement de la contracture et indiquent un certain degré d'irritation inflammatoire du cerveau, de la moelle, ou le rétablissement prochain de la contractilité musculaire. Quelquefois les douleurs sont dues à un trouble de la sensation qui a lieu lorsque les membres anciennement paralysés iiï'atrophientj se déforment et se convulseni;

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