‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 52 sur 232 · PARALYSIE · texte numérisé non relu

PARALYSIE

Sensibitité éleclrique. Depuis longtemps les physiolo- scnsibiiiiè gistes se servent de l'électricité comme d'un agent qui mulcuiaTre. est, après l'innervation cérébro-spinale, le mieux approprié à la motricité des nerfs et à l'irritabilité musculaire. 11 a été choisi par les expérimentateurs pour rendre plus sensibles, soit à l'état noraial. soit à l'état morbide, les divers changements qui peuvent survenir dans ces deux facultés. Lorsqu'on fait passer un courant électrique dans la substance des muscles, à travers la peau, avec des conducteurs humides, on produit la contraction et une douleur plus ou moins vive suivant l'intensité et la rapidité du courant interrompu. Elle est beaucoup plus grande lorsqu'on place les réophores sur le trajet des nerfs. Cette sensibilité èlectro-miisculaire n'est pas autre chose que celle qui est propre aux muscles ; seulement elle est provoquée par un agent spécial; elle ne dilfère, en aucune manière, de la sensibilité qu'on provoque en irritant, en excitant, en cautérisantle muscle. Elle ne représente donc pas, comme on l'a supposé, une propriété spéciale différente de celles qui ont reçu les noms de lonicilé, d'exlensibilité^ d'irrilaOililô et (ïaclicilè musculaire, avec lesquelles elle se confond.

Rappelons d'abord que les résultats obtenus à l'aide La sensibililô de l'électricité sont assez différents les uns des autres ^"''''^

un grand uombr

chez le môme sujet, d'un jour à autre, et dans la môme de causes, heure. Quand on commence à électriser, la sensibilité est nulle , puis elle devient plus distincte à mesure qu'on continue l'opération ou qu'on augmente l'intensité, la rapidité et l'intermJttence du courant; elle finit par provoquer des douleurs assez vives. Chez d'autres atteints de la même maladie un peu plus intense, PU parvenue à une période plus avancée, la scnsibilit«

est faible ou nulle. Nous supposons qu'à l'aide de bons aj)pareils et de bons conducteurs on arrive à produire toujoui's les mêmes eilets. Dans ce cas encore ils sont différents lorsqu'on renverse les courants ou qu'on les dirige sur les muscles ou sur les branches nerveuses. Valeur A l'état pathologique, la sensibilité électro-musculaire de'i?s7nlibiiiié normale, diminuée ou exaltée dans les membres éieciro- paralysés. On aurait tort de fonder sur les différences musculaire. sensibilité le diagnostic des paralysies. De trop grandes variations se manifestent dans la même aftVction et chez le même sujet, aux différentes époques de la maladie , pour qu'on puisse en tirer quelques signes importants. On la trouve, il est vrai , assez souvent conservée, augmentée môme dans la paralysie cérébrale, diminuée ou nulle dans la paralysie hystérique, saturnine, rhumatismale ; mais combien de fois n'avons-nous pas rencontré un état différent ou contraire de la sensibilité ! On ne peut donc formuler rien de général, à cet égard. La sensibilité électro-musculaire ne se modifie pas dans le même sens ni de la même manière que la contraction électro- musculaire. On trouve la sensibilité nulle ou très-faible et la contraction très-intense. Dans d'autres cas assez communs, la sensibilité et la contraction électriques sont faibles (maladies de la moelle, saturnines). 11 ne serait pas exact de croire qu'elle est éteinte dans des muscles qui ne se contractent plus volontairement comme dans l'atrophie musculaire déjà très -avancée et dans laquelle tout mouvement volontaire est aboli. On trouve la sensibilité électro-musculaire augmentée et la contraction faible. Nous avons encore en ce moment sous les yeux un malade qui nous présente ces phénomènes morbides. Nous verrons d'ailleurs, en parlant des paralysies

PAFIALVSIK.

partielles, qu'il ne tant pas faire grand fond snr ce moyen de diagnostic.

Coniractilité èlcclro - musculaire. — Le même agent coniraciiiiiô qui met si facilement en jeu la sensibilité des muscles musculaireest également plus apte que tout autre à exciter l'irritabilité musculaire. Sous l'influence du moindre courant électrique , les muscles se contractent avec énergie, absolument comme s'ils avaient reçu la décharge nerveuse de la volonté à laquelle on ne peut cependant comparer, que de très-loin, l'action du Iluide électrique.

Du reste, elle agit à la manière de l'innervation et des nVsipasdisiincie autres agents pliysifrues ou chimiques qu'on applique sur «^eiacomracuiiie

"^•'^ iii musculaire.

les muscles et les nerfs. Elle provoque les mouvements en excitant la motricité et l'irritabilité ; si cette dernière n'existait pas , l'électricité serait un agent inerte qu'on pourrait diriger sur un muscle sans y rien produire. C'est ce qui a lieu dans quelques paralysies musculaires rhumatismales et hystériques.

Lorsqu'on veut mettre à profit l'emploi de l'électricité précautions

• • 3 prendre

pour le diagnostic des paralysies, il faut remplir cer- pour la constater, taines conditions qu'il nous serait impossible d'examiner avec tous les développements nécessaires. Outre le choix de l'appareil électrique , qui n'a cependant pas l'importance qu'on a cherché à lui attribuer dans ces derniers temps, il faut avoir soin de faire parvenir dans les muscles le fluide électrique, en quantité suffisante au moyen de conducteurs humides appliqués sur la peau. On doit aussi les placer tantôt sur les muscles, tantôt sur le trajet des principales branches de nerfs, s'assurer avec un doigt placé près des réophores que la contraction l'^llcfro- * a lieu ; enfin, avant de déclarer positivement qu'un mus- puncture. clene se contracte plus par l'électricité, il est absolument

SYMPTOAIRS MUSCULAfUES.

nécessaire de l'essayer au raoyen de l'électro-puiicture.

(i'est seulement alors qu'on peut avoir la certitude qu'il

ne se contracte plus.

La contractiiiié ^Jous rappelons toutes ces conditions rigoureuses et la volontaire d'uue bounc expérimentation, parce qu'il faut être sûr soni-eiies qu'elles ont été remplies lorsqu'il s'agit de décider si la

toujours altérées a x <->

de la même coutractilité normale, c'est-à-dire la faculté qu'a le muscle manière. contracter volontairement et celle de réagir sous

le courant électrique, ne marchent pas concurremment.

11 existe à ce sujet de nombreux dissentiments ; les uns soutiennent que le degré de la contractilité électromusculaire est en raison directe du degré de conservation du mouvement volontaire (1), et ils ont en leur faveur, outre des observations cliniques , l'analogie qui montre une identité complète entre ces deux actes. D'autres pensent avec M. Duchenne que la volonté peut faire contracter, même très-énergiquement , des muscles dans lesquels l'électricité est impuissante à produire le mouvement, ou n'en déterminer que de très-faibles, et réciproquement (2). Commençons d'abord par rappeler que M. Landry, qui a discuté ce point avec une sagacité extrême, s'est assuré qu'à une modification appréciable delà contractilité correspond une modification de la faculté de se mouvoir, portant tout au moins sur l'énergie et la durée du mouvement (3). Ajoutons qu'en effet le mouvement volontaire peut reparaître dans une partie avant que l'électricité y cause des mouvements appréciables,

(1) Becquerel, Traité des applications de l'électricité à la thérapeutique viédicale et chirurgicale, p. 184, in'8% Paris, 1850.

(2) De l'électrisation localisée, p. 402, in-8', l'aris, 1855.

Landry, Traité complet des paralysies, partie, p. 231, in-8", Paris, 185;).

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parce que la volition est un acte dynamique bien autrement approprié à la contraction que l'électricité. Nous ne sommes pas aussi sûrs que M. Ducheune que les mouvements puissent revenir à leur type physiologique, dans une partie dont la contraclilité électro-musculaire reste affaiblie ou abolie, comme cet auteur a pu le constater chez des sujets atteints de paralysie saturnine ou d'alFection rhumatismale. Cependant, nous voulons bien l'admettre 5 et, loin d'en conclure a que l'irritabilité musculaire n'est pas nécessaire à la motilité, » nous en déduirons une autre proposition qui nous semble plus physiologique , à savoir que des maladies capables d'altérer l'irritablité peuvent très-bien enlever aux muscles la propriété d'être excitables par l'électricité, tandis qu'ils conservent la faculté de sentir l'influence bien autrement subtile de la volonté. Du reste, nous devons faire remarquer que dans le plus grand nombre desmaladies, les contractilités volontaires et électriques disparaissent ou reparaissent presque en môme temps. Souvent on croit que la contraction volontaire est abolie, parce qu'il est difficile de sentir les contractions volontaires lorsqu'elles sont très-faibles.

Peut-on reconnaître la cause d'une paralysie, au moyen valeur de l'électricité, et prononcer à coup sûr : 1° qu'elle dépend ^e'^i^rnSion du cerveau parce que la contraction électro-musculaire éieciroest conservée ; 2" qu'elle tient à une lésion de la moelle ou des nerfs , parce qu'elle est abolie ou diminuée ; 3" qu'elle est rhumatismale, atrophique, parce que les muscles continuent à se contracter, etc., etc. Nous dirons plus loin eu faisant l'étude de chaque paralysie en particulier, de quelle manière les contractions électro-musculaires sont altérées ; mais nous devons établir, avant d'aller plus loin, que les contradictions les plus complètes

^08 SYMPTOMES MUSCULAinKS.

existent entre levS divers auteurs, au sujet des altérations que subit cette contraction ; que l'un déclare qu'elle est nulle dans telle paralysie, tandis qu'un autre l'y a trouvée conservée. On conçoit très-bien qu'il en soit ainsi suivant le degré d'atrophie des muscles, suivant l'intensité de l'innervation et de la nutrition, l'action des causes et l'ancienneté de la maladie.

On a prétendu que la contraction électrique est éteinte dans la paralysie saturnine tandis que nous et beaucoup d'autres avons constaté qu'elle est conservée ou seulement plus faible. 11 en est de même dans la paralysie rhumatismale. Nous avons la certitude qu'elle peut rester abolie pendant longtemps dans des muscles paralysés et, dans ce cas, la sensibihté électrique , loin d'être accrue, est au contraire faible ou nulle.

Lésion L'hypcrestésic cutanée est rare dans la paralysie, si de la sensibilité ce u'cst daus l'hystérique. Il n'en est plus de même de

cutanée. i> i •

1 anesthésie cutanée : elle est fréquente et marque presque toujours un état plus grave ou une période avancée de la paralysie, comme dans les cas où la nutrition des parties malades s'est altérée profondément. Quant aux autres phénomènes qui accompagnent et suivent la para- Tempcraiure, lysie, tels que Ics troubles de température, Ics lésioHS atrophie, œdème. circulation, l'atrophie, l'œdème, les douleurs consécutives, nous en avons déjà parlé avec tous les développements nécessaires (t. I, p. Zi92).

Mouvements Mouvemenls réflexes. Il se produit souvent, dans les réflexes; niugclcs de la vie de relation paralysés, des mouvements perçus ou non perçus qu'on ï\omme mouvements réflexes. Ils succèdent à des impressions sensitives évidentes comme lorsqu'on pince la peau sensible d'un membre qui se met aussitôt ;\ remuer, ou bien à des sensations mor-

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