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CHAPITRE lY

SYMPTOMES FOURNIS PAR l' APPAREIL VASCULAIRE.

Considérations g^cnérales sur les troubles vas< enlaires. Les recherches physiologiques et anatomiqucs modernes ont donné à l'étude des symptômes fournis par l'appareil circulatoire une certitude qu'elle ne pouvait avoir avant la découverte de l'illustre Harvey. C'est seulement à partir de cette époque qu'on trouve nettement déterminée l'action pathogénique des diverses parties du système circulatoire. Grâce à l'impulsion donnée par ce grand physiologiste, on ne tarde pas à suivre la voie qu'il avait ouverte. On doit citer parmi les travaux les plus importants le Traité de Senac sur la structure du cœur.

Toutefois, cette partie de la médecine fit peu de progrès. Le Trailé de Bordeu sur le pouls (175Zi), bien in-

r.lùNÉa ALITÉS. 239

férieur à ceux que Galien a publiés sur le même sujet , suffirait au besoin pour prouver que la découverte de Harvey n'avait pas encore eu toute l'influence qu'on devait en attendre.

A la fm du dernier siècle, et surtout au commencement de celui-ci, parurent quelques travaux qui ont eu sur les progrès de la séméiologie une action certaine. Les recherches de Lavoisier sur la chaleur, celles de Bichat sur l'hématose, présentées avec une clarté et une rigueur que l'élégance du style rendait encore plus convaincantes, furent immédiatement suivies des monographies de Hunter, de Gorvisart, de Laennec , de Bertin et de Scarpa, etc. , toutes marquées au coin de la plus sévère observation. Les discussions doctrinales que Broussais avait mises à l'ordre du jour, et dont l'irritation, l'inflammation , la dissémination sympathique des phénomènes morbides faisaient le sujet principal, ont contribué, pour une bonne part, à appeler l'attention sur les troubles circulatoires et leur rôle dans les maladies. Enfin dans ces derniers temps, les études micrographiques ont jeté une vive lumière sur les changements intimes qui se passent dans la circulation capillaire. Il n'est pas une découverte en physiologie et en anatomie qui n'ait exercé quelque influence heureuse sur l'étude des maladies des organes circulatoires. Cependant aucune d'elles ne peut être comparée à celle d'Avenbrugger et de Laennec. La percussion et l'auscultation ont à elles seules fait faire plus de progrès à la séméiologie que toutes les autres méthodes réunies, il faut enfin rendre hommage aux travaux de Gorvisart, de Bertin , de MM. Piorry et Bouillaud, qui ont achevé de combler les lacunes essentielles qui existaient encore dans cette partie de la médecine.

connexion Idées générales sur les symptômes fournis par la circu^ cTpM^gZo ff^^ion. L'appareil vasculaire se compose de quatre organes des diverses distincts qui, réuiiis par les connexions les plus étroites, ''"vascu'iaire^™'' dans l'état physiologique, les conservent encore quand l'un d'eux vient à être frappé par la maladie. Ces quatre parties sont: i° le cœur, organe musculaire placé sur le trajet des vaisseaux et destiné à faire parcourir au sang un cercle complet , et à lui imprimer un mouvement continu; 2° les artères, chargées de conduire le sang à tous les tissus; 3" un second ordre de vaisseaux centripètes qui le ramènent au cœur (veines). h° Entre ces deux ordres de canaux se trouve le système capillaire , dans lequel se passent les phénomènes les plus importants de la circulation, dans l'ordre pathologique et physiologique. 5° Enfin comme il est impossible de séparer ce que la nature a rapproché d'une manière indissoluble, il est juste déplacer à côté de l'étude séméiotique des vaisseaux celle du sang-, en d'autres termes, le contenu à côté du contenant.

Etablissons d'abord qu'en raison même de l'existence d'une circulation complète dans tous les tissus du corps, les maladies locales ne lardent pas à troubler, à différents degrés, il est vrai, mais d'une manière constante, un ou plusieurs actes de l'appareil vasculaire. Telle est même la vigilance sympathique des vaisseaux sanguins que leurs troubles fonctionnels nous avertissent, longtemps à l'avance, et avant même que nous puissions en découvrir le siège , qu'il s'est développé quelque part une lésion locale ou une maladie générale. C'est alors que le cœur accélère ses battements et que nous voyons paraître Tétat morbide connu sous le nom de fièvre, auquel se rattachent également, par des liens indissolubles, le trouble

Troubles de la circulation dans toutes Jes maladies locales.

de la calorification. Les inflammations aiguës, les congestions actives, un grand nombre d'iiypercrinies, de produits hétérologues , déterminent •constamment , à une période quelconque de leur évolution , des symptômes vasculaires très-marqués. Cependant il faut reconnaître que les troubles sympathiques du système nerveux sont encore plus faciles à éveiller que ceux de la circulation.

De tous les symptômes auxquels donnent lieu les ma- -° Dansioutos

1 1 /> maladies

ladies générales, il n en est pas de plus fréquents que générale?; l'accélération de la circulation, que les contestions ca- i>y"xies, pillaires , le trouble de la température , et les hydropisies. Les lièvres continues et intermittentes, les exanthèmes et un grand nombre de maladies virulentes pyrétiques n'ont pas de meilleur signe que ces mêmes altérations fonctionnelles.

Si le système vasculaire participe ainsi aux moindres 3° i^ana

, , . . IIP- 1 'es maladies

troubles qui surviennent dans les ionctions et la texture sang, des organes, il les ressent plus prompteinent, et les accuse plus vivement encore quand le sang vient à s'altérer dans ses propriétés physiques ou chimiques, Que cette altération soit primitive, comme dans toutes les maladies essentielles du sang, ou consécutive à la maladie du solide, à la pénétration d'un agent spécifique ou à toute autre cause, le système vasculaire en éprouve aussitôt la funeste influence, dans quelques-unes de ses parties ou dans sa totalité.

Parmi les symptômes vasculaires, les uns sont locaux sympiômo^ et alTectent le siège môme de la maladie. La dilatation, l'oblitération des vaisseaux, le ralentissement ou la suspension du cours du sang, les hémorrhagies , les hydropisies partielles sont des phénomènes morbides liés à un grand nombre de maladies, et qu'il suftit de citer pour III. iti

vasculiiircs :

1" LOCJUX

2° Généraux.

2i2 SYMPTOMES VASCULAIHES.

faire voir jusqu'à quel point les troubles vasculaires se rattachent aux maladies locales. Souvent aussi l'on ne Troubles peut découvHr leur cause , et alors on fait des troubles idioprîh^ques. vasculaires des maladies à part. On a formé ainsi le groupe

si important des fièvres essentielles, les troubles voit qu'il Serait difficile de trouver, si l'on en

vasculaires exccpte le svstème nerveux , un appareil plus prompt à

marquent , , .. , ^ ^ -,,

h début et la fin S aliecter et a manifester les souiïrances de 1 organisme d'un très-grand pj^j, svmptômes plus vaiiés et plus intenses : c'est

nombre ^ j i i i

de maladies, daos cct appareil qu'éclatent les premiers signes des maladies ; c'est là qu'ils persistent , lors même que les autres se sont entièrement dissipés.

Divisions. Divisiou. Lcs syiïiptômes dont l'appareil vasculaire est le siège doivent être étudiés dans les quatre départements dont il se compose : I, cœur; II, artères; m, veines ; lY, capillaires 5 Y, l'étude du sang doit ensuite occuper une place considérable après celle du solide.

§ I. Symptômes fournis par la circulation cardiaque.

Le cœur est un muscle qui renferme dans ses cavités Divisions pi'opres unc certaine quantité de sang qu'il projette dans dans l'éiihic une direction constante. Des valvules y sont disposées de

des symplômrs . , , .

cardiaques, manière a intercepter complètement, a des mtervalles réguliers, la communication qui existe entre les quatre cavités dont est formé le cœur. Il s'y passe des phénomènes d'ordre dynamique et d'ordre physique. La maladie imprime à ces deux catégories de symptômes des modifications qui doivent être étudiées séparément. 1" Symplùjnes dynamiques ou troubles fonclionneh. Les s"ympiôr..cs t' oublcs dout le CŒur est le siège dépendent en définitive dynamiques. (1o la contraclioii musculairc. Le mouvement imprimé au

SYMPTOMES CAItDlAQUES.

sang , les vibrations sonores des valvules et toiiftj^ signes physiques sont subordonnés à la partie essentielle et fondamentale des fonctions cardiaques, qui consiste dans la locomotion du sang à l'aide d'un appareil musculaire puissant.

C'est donc renverser l'ordre naturel des phénomènes et intervertir les rôles que de placer, comme on le fait généralement dans les livres, les symptômes physiques avant les dynamiques ou, en d'autres termes, l'effet avant la cause. Nous décrirons les symptômes fournis par les troubles de la locomotion cardiaque et de son innervation avant de passer à l'étude des bruits.

Le cœur est animé pendant sa contraction ventriculaire, d'un mouvement de translation qui le porte en avant et que l'on sent à travers la paroi pectorale. Le mouvement systolique ou le pouls cardiaque peut être altéré dans son siège, son étendue, son intensité, son rhyihme. L'innervation cardiaque peut l'être aussi de plusieurs manières.

Symptômes physiques. Il se passe dans les valvules symptômes et dans le cours du sang des phénomènes d'ordre phy- physiques, sique. Les membranes valvulaires ne peuvent s'étendre brusquement sans produire des vibrations sonores qui ont reçu le nom de premier et de second bruit du cœur. Il faut étudier dans ces bruits, modifiés par la maladie : 1» les causes qui les provoquent ; 2° leur tonalité et leur timbre ; 3" leur siège ; Ii° leur intensité, leur étendue ; 5" leur rhythme. Les altérations du cours du sang causées par la maladie des orifices du cœur, engendrent les bruits anormaux ou hydrauliques.

Les méthodes à l'aide desquelles nous recueillons les Des méihodes

, i-ii,! ^ 1 -i i d'exploralion

phénomènes morbides dont le cœur est le siège sont ,.mpioyte?.

l'inspection, la palpalion, la percussion plessi métrique de la paroi pectorale et l'auscultation. Elles nous permettent de constater avec précision les troubles physiques et dynamiques que la maladie provoque dans la fonction cardiaque. Il faut accorder à ces deux ordres de phénomènes pathologiques une égale attention, et ne pas s'attacher exclusivement à l'étude des signes physiques. coJpl*i-aiive ï^^puis quelqucs années, il semble qu'en dehors de ceuxdes phénomènes ci il n'y a pas de diagnostic possible ; que si l'on ne tu'^del lîorbiir parvient pas à dire exactement quel est le siège, quelle dynamiquef. est la nature d'une lésion valvulaire, on ne peut ni connaître ni traiter la maladie du cœur, encore moins en établir le pronostic. En un mot, l'auscultation et

du diagnostic , . . , • • i , n

local. la percussion ont pris des proportions si grandes qu elles ont fait négliger l'étude bien autrement importante des troubles fonctionnels. Cependant nous dirons plus loin, en faisant une critique plus approfondie de cette fausse direction donnée à la seméiotique, qu'on ne peut avoir ime idée exacte de la symptomatologie des organes circulatoires qu'en observant leurs troubles fonctionnels. Supériorité Est-ce que l'étude du pouls, des congestions capillaires des troubles peau, dcs poumous, des bronches, du foie, le dé-

lonclionnels '

sur les signes veloppement des flux , des hydropisies, des héinorrhaphjsiques. gjgg^ j^çj^^g apprennent pas plus que les bruits de souflle, de râpe, de lime au premier, au second temps ? Sans doute les phénomènes hydrauliques qui se passent dans la circulation troublée par la maladie ont leur importance, mais les troubles dynamiques en ont encore bien davantage. Dans un rétrécissement de l'aorte, par exemple, si la contraction cardiaque se fait d'une manière assez puissante pour lutter victorieusement contre l'obstacle matériel qui s'oppose au cours du sang, les

SYMPTOMES G \ nnrAQUES.

symptômes physiques pourront manquer; mais qu'il arrive un jour une perturbation du système nerveux, une bronchite généralisée, ou quelque chose qui altère l'innervation et la contraction cardiaque , alors on verra paraître des troubles hydrauliques et des bruits anormaux.

Qu'on réfléchisse aux conséquences fâcheuses que peut

* ^ ^ Ils peuvent

avou" l'étude prédominante et exagérée des symptômes seuls expliquer la physiques. En quoi une maladie de l'orifice aor tique dont ,

^ 1 '■ des accidents,

les signes physiques, tels que les bruits de souille aux deux temps, existent depuis plusieurs années, et sans produire aucun trouble fâcheux, diffère-t-elle de cette même affection qui vient tout à coup à déterminer chez le même sujet une forte congestion pulmonaire, hépatique, bronchique, une anasarque, une albuminurie, etc., auxquelles il finit par succomber ? Les symptômes locaux et physiques sont les mêmes; les conditions dynamiques seules ont changé, et les troubles de la circulation cardiaque et capillaire s'en sont immédiatement suivis.

Les données pronostiques et thérapeutiques qu'on peut et fournir déduire des symptômes physiques sont encore plus sté- p^r*(!no5tîqucs'ci riles s'il est possible. Que nous apprendra, sous ce double iiierapeuiiques , rapport, la constatation d'un bruit au premier temps produit par un rétrécissement de l'orifice aortique? Rien absolument. Nous trouveronsau contraire des indications précieuses pour le pronostic et le traitement dans l'affaiblissement de la contraction cardiaque et de tous les capillaires généraux, dans les congestions sanguines etséreuses, qui s'accroissent d'heure en heure jusqu'à ce que, l'hématose cessant, la mort arrive. Ces remarques, qui nous ont été suggérées bien des fois au lit du malade lorsque nous cherchions la lumière dans les signes phy-

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