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30 Troubles dynamiques, idiopalhiques du cœur.
Altération de la contraction cardiaque.
État normal.
n'était pas encore parvenue à découvrir la cause de l'innervation cardiaque, cette influence sympathique des lésions viscérales n'en avait pas moins été reconnue parles médecins et les philosophes anciens. Ils en avaient même exagéré l'importance au point de placer dans le cœur le siège et la cause d'un très-grand nombre de passions, de mouvements impétueux de l'âme, etc. Ils avaient vu, comme nous, que lespalpitations, les douleurs cardiaques, la dyspnée, la syncope même mortelle, toutes les sensations si variées que la sympathie morbide fait naître avec tant de promptitude et de violence dans la région précordiale, n'ont pas d'autre origine qu'une maladie d'un viscère éloigné.
3° Phénomcncs cardiaques idiopalhiques. Les phénomènes morbides que nous avons cités précédemment peuvent exister à titre de maladies lorsqu'on ne parvient pas à en trouver la cause dans la lésion du cœur ou d'un autre organe. Tous les signes physiques, depuis l'impulsion du cœur jusqu'aux bruits anormaux, peuvent dépendre d'un simple trouble vital de la circulation cardiaque. Il n'est . pas un praticien qui n'ait eu occasion de rencontrer des palpitations nerveuses, des bruits de souffle intermittents et des douleurs cardiaques très- vives uniquement déterminés par un simple trouble de la contractilité et de la sensibilité.
SyESiip^ÔEïâes iîii'és C.vi siège des Imtteinents car- (liafgnes Le cœur appendu dans le médiastin, à la colonne vertébrale, au moyeu des gros vaisseaux, se meut pendant la systole, uniquement par le fait de la contraction des muscles ventriculaires. A ce moment la cavité musculaire s'efface; le cœur se porte d'arrière en avant, de bas en haut, de gauche à droite, par un léger
F'ouiiS cAuniAoun;.
mouvement de torsion-, sa pointe se relève et l'organe vient s'appliquer en se durcissant contre la paroi thoracique dans le cinquième espace intercostal (cinquième et sixième côte), à trois centimètres en dedans et un peu au-dessous du mamelon gauche. Sa base est au niveau de la jonction de la troisième côte avec son cartilage.
L'impulsion cardiaque donne lieu au soulèvement des muscles intercostaux dans une étendue très-minime (1 à 2 centimètres au plus). Les doigts placés sur ce point y sentent un choc, ou plutôt la pression et la résistance d'un corps dur qui vient se placer rapidement contre la paroi pectorale pour s'en écarter ensuite. Faisons remarquer que l'expression de choc dti cœur est impropre en tant qu'elle implique l'idée d'une percussion contre les côtes. Dans l'état normal rien de pareil n'a lieu. Le cœur s'applique fortement contre les parties solides de la région précordiale, qui jouent le rôle de corps conducteur du mouvement et ne font que le transmettre absolument comme elles conduisent les bruits valvulaires. Le soulèvement de Ja paroi pectorale est suivi immédiatement d'une dépression isochrone cà la diastole, au moment où le cœur se retire en arrière, dans la loge pratiquée au milieu du médiastin. Le pouls cardiaque est tout à fait identique au pouls de l'artère radiale; dans le premier l'impulsion systolique est transmise par les parois flexibles du thorax absolument comme la pulsation diastolique artérielle l'est par les téguments qui recouvrent le vaisseau.
L'impulsion cardiaque n'est pas seulement produite parla systole ventriculaire; elle l'est aussi par la tension extrême, par la vibration des deux valvules auriculoventriculaires arrêtées par le sang. Le mouvement brusque ({uien résulte arrive à la paroi pectorale, et s' ajoutant au
Transmission du mouvement
cardiaque à la paroi
pectorale.
Le mouvement e>t dit aussi à la tension vaivulaire.
des alléraiions du clioc
SYMPTOMES CARDrAOUES.
mouvement musculaire, contribueà l'impulsion pectorale. Rien n'est perdu dans les forces vives pas plus que dans les ondulations sonores des corps.
Les phénomènes physiques qui se passent sur la paroi thoracique représentent assez bien les modifications qui ont lieu dans l'impulsion cardiaque. Celle-ci peut se faire sentir dans le sixième et môme le septième espace intercostal, dans la région épigastrique ou bien au contraire dans des parties situées au-dessus de la ligne sterno-mamelonnaire gauche, enfin à droite de la ligne médiane dans la région sterno-mammaire correspondante, causes Les modifications de siège de la systole tiennent au déplacement du cœur. Les causes morbides qui peuvent cardiaque, les déterminer résident : 1° dans le cœur et ses annexes ;
2° dans les organes thoraciques ; 3" dans les organes abdominaux; elles agissent, soit en éloignant ou en rapprochant le cœur du thorax, soit en augmentant ou en diminuant la propriété conductrice des corps interposés entre le cœur, d'une part, la main, l'œil ou l'oreille, de l'autre. Maladies du cœur Causes plttcces daiis le cŒur et ses annexes. Nous ne
et des gros . i i .
vaisseaux.
lerons que mentionner: A, les vices de conformation dans lesquels le sternum absent ou divisé laisse apercevoir les battements du cœur, sous la peau ; la transposition congénitale des viscères, auquel cas les pulsations occupent la région sterno-mammaire droite et d'autres points encore de la poitrine.
B. L'hypertrophie de la substance musculaire et l'agrandissement des cavités cardiaques sont les lésions qui altèrent le plus souvent le siège de l'impulsion, en abaissant la pointe du cœur, en la portant du côté gauche et en bas. La dilatation avec amincissement des parois est suivie du même effet. Dans tous les cas. l'impulsion se voit, tantôt
dans le sixième ou septième espace intercostal, tantôt en dehors et à gauche du mamelon ou dans le creux épigastrique, sans qu'on puisse conclure que l'hypertrophie siège plus spécialement sur les cavités gauches ou droites.
G. Les maladies de la portion ascendante de l'aorte, la dilatation surtout, en allongeant ce vaisseau, permet au cœur de s'abaisser au-dessous de ses limites naturelles.
D. Si l'organe central de la circulation est repoussé p^''^^'"''^»' vers la partie supérieure du péricarde par l'épanchement d'un liquide (péricardite, hydro^éricarde) qui gagne nécessairement les parties déclives du sac fibro-séreux, alors la systole thoracique a lieu beaucoup plus haut que dans l'état normal. Les adhérences anciennes des deux feuillets du péricarde peuvent-elles amener une dépression isochrone à la systole, soit dans la région précordiale, soit à l'épigastre? Ce phénomène, affirmé par quelques auteurs, ne s'est jamais montré dans ces circonstances.
2° Causes placées dans les organes thoraciqiies. Le poumon gauche fortement hyperémié ou dilaté par un emphysème intra ou extravésiculaire , l'épanchement d'une grande quantité d'eau ou de pus dans la plèvre gauche, déplacent le péricarde et le cœur. On entend et l'on sent alors ses battements derrière le sternum, dans la région sterno-mammaire droite et plus haut encore. Il en est de même de l'hydro-pneumo-thorax : il refoule le cœur du côté opposé. Dans le cas où les maladies que nous venons de signaler occupent le côté droit , l'organe dévie fortement à gauche.
3° Causes placées dans les organes abdominaux. Le diaphragme est souvent repoussé dans la poitrine par les viscères abdominaux tuméfiés et déplacés. Nous avons
Maladies des organes thoraciqiies ;
abdominaux.
VU le lobe gauche du foie, converti en une vaste poche par une acéphalocyste, repousser le cœur jusque sous la clavicule gauche. L'hypertrophie considérable du foie, la distension de l'estomac ou de l'intestin par des gaz, les kystes séreux de l'ovaire ou de tout autre organe, l'ascite enfin, peuvent porter le cœur loin de son siège naturel. Dans l'écrasement du thorax, celui-ci peut pénétrer dans le ventre, à travers la déchirure du diaphragme.
B. f^yiiiptômes» (ires de rinteiisité et de l'éten-
Inlensilé
ei étendue du filnipwSsioiî cardiaque. Dans toutes les ma-
pouis cardiaque, i^dies que nous veuons de passer en revue le battement cardiaque n'a fait que changer de siège ; nous allons voir maintenant son intensité et son étendue s'accroître ou diminuer en même temps et presque toujours sous l'influence des mômes causes.
Si l'on veut bien se rappeler que la vibration thoracique n'est en définitive que le mouvement du cœur luimôme que nous transmet la paroi pectorale et que nous apercevons ou sentons, en quelque sorte, à l'extérieur, il s'ensuit que la force et l'étendue de cette vibration représentent tout à la fois : 1° l'état dynamique ou la force de contraction du cœur; 2° le degré de conductibilité des parois thoraciques saines ou altérées. Toute la physiologie des signes cardiaques est là.
Accroissemeni 1" Accwissement de la force du pouls cardiaque. Une ^'''cardiaque!''" conditiou physique qui rend plus sensible la vibration thoracique dans l'état normal est la minceur des parois pectorales qu'on observe chez les sujets maigres, nerveux et à poitrine grôle. La région précordiale est mise en rapport à chaque battement avec le cœur, dans une étendue de II centimètres carrés. Cette étendue est moindre chez les personnes chargées de graisse, ou dont les muscles
pectoraux sont épais, et chez les femmes dont la glande mammaire est développée. Les causes physiologiques qui augmentent l'intensité de la vibration sont : l'étatnerveux, les émotions morales, les excès vénériens, certaines dispositions congénitales, la faiblesse, la convalescence, la digestion, la marche. La lenteur de toutes les fonctions , l'adynamie, produisent un effet contraire.
Dans l'ordre pathologique, nous trouvons un très-grand Maladies qui le nombre de causes capables de modifier l'impulsion du p"""*^"'^^"^cœur. Tantôt ce sont des maladies de l'oi-gane et de ses annexes (phénomènes symptomatiques) , tantôt des maladies locales ou générales (phénomènes sympathiques).
1° L'augmentation de l'impulsion se voit surtout dans les hypertrophies du cœur avec accroissement ou conservation des cavités, dans la dilatation anévrismale, dans l'endocardite, et dans toutes les altérations valvulaii es qui contraignent l'organe à redoubler d'énergie, etc. C'est alors que la paroi pectorale est soulevée dans une symptômes qui étendue considérable qui comprend le sternum, la région précordiale, les côtes gauches et l'épigastre. La main placée dans les mêmes lieux reçoit un coup sec et violent, et si Ton vient à appuyer la tête sur la poitrine, elle est fortement soulevée ainsi que le stéthoscope ou tout autre corps qu'on vient à y appliquer. La voussure et l'agrandissement des espaces intercostaux peuvent être le résultat des battements du cœur lorsque celui-ci acquiert des dimensions considérables (cœur de bœuf). L'organe alors ne frappe plus seulement par sa pointe, il repousse par toute sa masse la poitrine qui l'emprisonne. Quelquefois le choc est sourd , profond et môme nul dans tous les points de la poitrine.
On sent un second choc au niveau de la troisième côte
et pendant le diastole. Laennec connaissait ce signe, et l'attribuait à la contraction auriculaire ; ce qui est vrai dans un petit nombre de cas. Dans d'autres, le cœur très-hypertrophié frappe alternativement par sa pointe et sa base, par un mouvement de bascule, deux points différents de la paroi pectorale. Cette impulsion diastolique n'est pas détachée comme la systolique.
Êtai fébrile. On doit s'attendre encore à rencontrer des vibrations cardiaques plus intenses toutes les fois que la fièvre s'allume, par conséquent dans les inflammations et dans toutes les maladies générales fébriles, ou lorsque le stimulant naturel des vaisseaux, le sang, est modifié dans ses quantités et ses qualités. Le cœur bat avec force chez les pléthoriques aussi bien que chez les anémiques, les chloro tiques et les femmes enceintes, après les hémorrhagies, enfin toutes les fois que le système nerveux est fortement excité (palpitations nerveuses). Il faut être prévenu de ce fait pour ne pas attribuer à des lésions organiques du cœur les battements énergiques et pénibles qu'on observe en pareil cas.
AlTaiblissemenl 2° Affaiblissement de la force du pouls cardiaque. La contraction du cœur peut être diminuée par les lésions qui portent sur son tissu propre. Le cœur très-volumineux, mais gêné par les organes ambiants, ne donne qu'une impulsion faible ou nulle. Il en est de même dans l'atrophie, la dégénérescence graisseuse, le ramollissement jaunâtre, la dilatation avec amincissement, les concrétions sanguines et quelques maladies du système nerveux, telles que le ramollissement du cerveau, la paralysie générale, etc. Le ralentissement de la circulation peut déterminer le même symptôme.
La vibration diminue on cesse lorsque les parois thora-
de l'impulsion cardiaque