‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 61 sur 232 · UT · texte numérisé non relu

UT

oriS SYMPTOMES CARDIAQUES.

plus loin des paliDitations nous dispense d'en parler avec détail.

Syncopes A. Sipicopes sijmplomatiques. Une longue étude des '"P'""'"''''"''' affections du cœur nous a convaincu qu'en dernière analyse elles s'accompagnent plus rarement de syncope qu'on serait en droit de le supposer d'après la nature et le siège des obstacles à la circulation. C'est qu'en effet l'hypertrophie et l'excès de nutrition qui s'emparent alors des muscles cardiaques leur apportent une énergie plus grande, accroissent leur contractilité et remédient, jusjes maladies qu'à un Certain point, à la syncope. Cependant, dans du cuur, période avancée des lésions des valvules et de l'aorte, dans la péricardite, dans les accidents causés par la pénétration de l'air dans les veines, il n'est pas rare de voir la suspension de la circulation cardiaque produire instantanément la mort, et du sang. L' asthénie cardiaque se rencontre souvent lorsque le sang altéré et privé en partie de ses globules (anémie) perd ses propriétés stimulantes normales. Aussi peu de maladies exposent-elles plus à la lipothymie et à la syncope que les hémorrhagies l'épétées, le scorbut et toutes les maladies qui diminuent la quantité des globules et de la fibrine. Viennent ensuite les maladies du poumon, surtout les épanchements de la plèvre, le pneumo-liydrothorax, etc. , en un mot toutes les affections qui gênent la circulation cardiaque et pulmonaire. Telle est encore la cause des syncopes qu'on observe à la suite de la thoraccntèse, de la ponction abdominale, d'une parturition rai)ide. Dans tous ces cas la perturbation qu'excite dans la circulation l'agrandissement ou la diminution rapide du champ respiratoire, explique les troubles de la molilité cardiaque.

B. Syncopes synij^atliiques. Nous désignons ainsi celles syncopes qu'on observe dans les maladies d'un grand nombre d'or- sjmpaihiques. ganes animés, soit par les nerfs cérébro-i'achidiens, soit par le grand sympathique. Une vive douleur causée par la lésion traumatique d'un membre, ou par une affection de l'ovaire, de l'utérus, par la grossesse ou par d'autres maladies douloureuses, peuvent amener la syncope. L'hystérie, l'hypocondrie, les névroses de l'âge critique, la dysménorrhée, les troubles de la menstruation , doivent être rangés parmi ses causes les plus fréquentes. C'est par le grand sympathique que s'effectue, dans ce cas, l'irradiation pathologi([ue.

G. Syncopes idiopalhiques. Si la syncope est toujours syncopes cardiaque en ce sens qu'il faut nécessairement que la idiopaiiuques. contractilité de cet organe soit altérée, elle n'en est pas moins souvent provoquée par une cause qui a son siège dans le système nerveux cérébro-spinal. Parmi celles qui agissent ahisi, nous citerons toutes les émotions morales, le sentiment d'une grande douleur, d'un plaisir trop vif, la crainte, etc. Il est inutile d'insister sur ce sujet, connu de tous les médecins et des philosophes anciens qui avaient placé dans le cœur la source de ces émotions.

Rappelons aussi qu'à l'époque de la puberté chez uiosyncrasies, l'homme et la femme, sous l'empire d'une idiosyncrasie inexplicable, d'impressionsproduites par certaines odeurs, par la vue d'objets repoussants, la syncope arrive, et qu'elle constitue alors, en pareille circonstance, le symptôme de la maladie et la maladie même, qu'on doit alors considérer comme une névrose, c'est-à-dire comme un trouble d'innervation portant sur la motilité du tissu cardiaque et la diminuant tout à coup, à un degré extrême.

Alléralion du rhylhme cardiaque.

Phénomènes successifs et isochrones.

C. Symptômes tirés des altérations du rhy tlime des mouvements du cœur. La succession périodique des contractions et des dilatations cardiaques, ainsi que de celles des bruits qui leur correspondent et des intervalles qui les séparent, constitue le rhythme du pouls cardiaque.

On sait que dans l'état normal , 1° la systole des ventricules , la vibration sourde des valvules auriculo-ventriculaires transmise au thorax et le premier bruit sont isochrones et marquent le premier temps; 2° qu'un silence très-court lui succède ; 3° que la dilatation ventriculaire et le second bruit forment le second temps; A" qu'un silence beaucoup plus grand que le premier, ou pause du cœur, se trouve entre le second et le premier temps. Qu'on fasse delà révolution totale des mouvements du cœur une espèce de mesure musicale à trois ou à quatre temps, ce qui nous paraît d'une faible importance pour la séméiologie, on doit se rappeler que la dilatation ventriculaire, le second bruit et le grand silence réunis, ont une durée à peu près double de la durée de la contraction ventriculaire et du petit silence, et que si le bruit systolique est plus prolongé que le diastolique, le petit silence est infiniment moins long que le grand silence, dont la plus grande partie représente le repos du cœur avec la dilatation ventriculaire. On peut encore figurer la révolution cardiaque comme s' effectuant en trois temps égaux : le premier correspond au bruit sourd et au petit silence ; le deuxième au bruit clair avec quelque chose du grand silence ; le troisième au grand silence. Le nombre des battements ou des révolutions cardiaques est de soixante à soixante-douze par minute chez l'adulte.

La maladie peut faire varier : 1° le nombre des batte-

des battcmenlç.

POULS CAIIDIAQUE. -261

ments ; 2° la durée réciproque des contractions et du relâchement du muscle cardiaque.

1° Altération du nombre des battemènts. A. La plus fré- Fréquence quente des altérations porte sur l'accroissement du nombre ou sur le degré de fréquence des pulsations cardiaques , comme dans la fièvre. On a remarqué que l'accélération des mouvements diminuait la durée des silences et surtout du second, ou grand silence, qui représente, en partie, le repos du cœur. En d'autres termes, cet organe se repose moins longtemps lorsqu'il bat plus vite. Nous croyons cependant que la contraction ventriculaire s'accomplit aussi avec plus de promptitude et d'une manière convulsive. On a parlé d'un bruit de souffle léger au premier temps qui serait dû à la rapidité avec laquelle le sang est projeté par le ventricule ; mais ce fait est douteux.

Quand on ausculte le cœur pendant la fièvre , le petit silence n'est plus appréciable , et les deux bruits se succèdent avec une telle rapidité qu'on les distingue à peine l'un de l'autre. Toutes les fièvres symptomatiques et essentielles , quelques névroses , l'endocardite et la péricardite, les concrétions fibrineuses intracardiaques, donnent lieu à l'altération fonctionnelle que nous venons d'étudier. (Voyez Circulation artèrieUc.)

B. Des phénomènes tout à fait contraires accompagnent naiemissemoni. le ralentissement des mouvements cardiaques, qui peuvent tomber à quarante et même vingt-cinq par minute. C'est alors qu'on peut étudier avec une facilité extrême la durée des bruits et des silences. Tous se prolongent d'une manière marquée, mais surtout le second bruit et le grand silence, pendant lesquels l'organe se repose. Le premier bruit a aussi une durée plus grande qu'à l'état normal. On a rencontré le ralentissement des batte-

des ballemcnls.

SYMPTOMES CARPIAOUES.

Pluralité des ballemcnls cl du bruil.

Leur cause mal connue.

lueiits dans l'angine de poitrine, dans riiémorrhagie et le ramollissement cérébral, dans quelques maladies de la moelle épinière, dans la manie, l'hypocondrie, la catalepoie, l'extase, dans l'ictère, très-rarement dans les atrections des valvules du cœur, après l'usage de la digitale, etc.

G. Quelquefois au lieu d'un simple bruit on en perçoit trois. Le troisième est supplémentaire. On l'appelle bruit de rappel (Bouillaud), parce qu'il ressemble assez bien à trois coups de baguette de tambour, ou mieux encore au triple choc du marteau qui retombe sur l'enclume. Plus rarement on en compte quatre, dont deux alors supplémentaires. On les a attribués tantôt à la contraction séparée et non isochrone du cœur droit et gauche ou des deux valvules auriculo-ventriculaires ( hypothèse qui compte peu d'adhérents) , tantôt à la double ou triple contraction du ventricule ou même d'une des oreillettes. En effet , il est plus probable qu'ils dépendent d'un double ou d'un triple mouvement du ventricule et de la vibration correspondante des valvules auriculo-ventriculaires, qui, au lieu de se fermer en une fois, opèrent cette occlusion en deux ou trois temps. Aussi observe-t-on ce phénomène morbide surtout dans la lésion valvulaire mitrale, plus rarement dans les maladies des valvules sygmoïdes. On a prétendu que c'est le second bruit qui le détermine, mais le l'edoublement du premier bruit n'en est pas une cause moins fréquente. Dans ce cas, les deux premiers sont systoliques, le troisième est diastolique.

Les triples ou quadruples bruits n'ont pas le timbre normal des bruits naturels : souvent ils sont clairs et et comme métalliques , ou bien , ce qui est le cas le plus ordinaire, l'un deux systolique ou diastolique est souf-

des ballemenis et des bruits.

fiant, râpeux, prolongé. Quelquefois le premier est sourd, et l'on entend très-distinctement les deux autres. Le dédoublement du second bruit du cœur est le symptôme d'une maladie des valvules avec hypertrophie ou avec péricardite aiguë ou chronique. Ordinairement ce bruit anormal est temporaire et n'a lieu que quand la circulation vient à se troubler plus fortement : puis tout rentre dans l'ordre. Quelquefois ces bruits affectent une sorte de régularité et reviennent, par exemple, après quatre ou cinq battements, comme l'intermittence des battements cardiaques.

D. Les deux bruits cardiaques se confondent parfois unité en un seul bruit, soit parce que l'un d'eux, et c'est presque toujours le second, est nul ou très-alîaibli, soit parce qu'un, bruit sanguin systolique ou plus rarement diastolique a une durée et une intensité telles qu'il couvre et masque entièrement l'autre. On observe un bruit unique, surtout lorsque les battements du cœur sont précipités. Si l'un des bruits n'est qu'affaibli, ou bien remplacé par un bruit de courant, on trouve, en plaçant le stéthoscope sur divers points de la poitrine, un endroit où les deux bruits sont distincts. On peut en déterminant le temps avec lequel coïncide ce bruit unique, souftlant ou râpeux, reconnaître une lésion de rorifice auriculo-ventriculaire ou aortique. Un bruit unique se manifeste aussi dans les cas où la circulation cardiaque est très-précipitée, irrégulière, tumulteuse, et dans le cas où elle est l'effet d'une lésion de l'aorte, d'une communication congénitale ou accidentelle entre le cœur droit et . gauche, ou d'une affection du sang et du solide qui a (liins le mode

, .1 ' • i A de surcession

provoqué une asthénie extieme. battements 2" Altération portant sur le mode de succi ssiondt-s batte- et du bruii.

SYMPTOMES CAUDIAQUES.

ments et des bruits. Une révolution complète de la circulation cardiaque se compose de la contraction et du relâchement des muscles, séparés par un temps de rejDOs et toujours disposés dans le même ordre. La maladie seule peut troubler ce cycle harmonique en modifiant spécialement un ou plusieurs des phénomènes normaux. L'unité et la pluralité des bruits appartiennent en réalité aux troubles que nous étudions.

Une première altération du rhythme qu'il convient d'indiquer d'abord est celle qui résulte de ce que les contractions des ventricules se font, à des intervalles irréguliers, avec une force variable, tantôt avec énergie et tantôt avec une mollesse qui ressemble plutôt à une faible ondulation qu'à une systole distincte. On désigne sous le nom d'irrégularités des battements cet état pathologique. Un autre consiste dans la suspension momentanée d'une révolution cardiaque d'où résulte ce qu'on appelle l'intermittence du cœur, irrégularité, L'irrégularité de la contraction cardiaque ou l'ataxie caîdbques. mouvemeuts du cœur peut être reconnue par l'auscultation ou la palpation , c'est-à-dire par les vibrations et les bruits. On s'assure ainsi que les battements sont faibles , incomplets ; qu'ils se suivent au nombre de trois, quatre ou cinq sans interruption , les uns forts, les autres faibles. L'accroissement des contractions est quelquefois régulier, soit ascendant, soit descendant; plus ordinairement irrégulier. L'inégalité dynamique des contractions, et l'allongement ou le raccourcissement des repos qui les séparent, produisent un tumulte extrême dans les mouvements et dans les bi'uits du cœur, surtout quand ceux-ci sont remplacés par des bruits anormaux. 11 est alors impossible de déterminer

avec quel temps ils coïncident-, dans ce cas il faut explorer la circulation artérielle afin d'y trouver des points de repère, pour établir l'isochronisme du bruit anormal avec tel ou tel mouvement du cœur.

Dans l'intermittence vraie on ne sent pas la pulsation intermiiience; thoracique-, on n'entend pas le bruit correspondant ; enfin la pulsation artérielle manque. Dans la fausse le bruit vraie ou fausse, existe, mais on ne sent pas le pouls radial, ni l'impulsion cardiaque parce que la contraction est seulement affaiblie. L'intermittence offre parfois une certaine régularité; c'est-à-dire qu'elle revient après quatre, cinq ou vingt battements-, mais ordinairement elle est irrégulière. Les intermittences sont souvent perçues par le malade qui en a conscience, et qui sent, chaque fois qu'elles arrivent, un peu de gêne, d'anxiété à la région précordiale, et un état pénible qui peut conduire à l'hypocondrie.

Les irrégularités et les intermittences modifient la durée relative des deux silences : souvent même le grand diminue à un degré extrême ; il en résulte alors une sorte de mouvement d'ondulation et de bruit de va-et-vient qui changent tout à fait le le caractère de la circulation.

Les conditions morbides locales que nous avons signa- Maladies lées en parlant de la fréquence des battements, sont les produisent, les mêmes qui produisent les irrégularités et les intermittences (lésion des valvules, concrétions). On doit les regarder, avec Gorvisart, Laennec et l'école française, comme d'excellents signes de toutes les lésions de l'aorte et surtout du rétrécissement de ce vaisseau, de la péricardite aiguë et chronique, de l'endocardite simple ou rhumatismale. Il faut' que le praticien se rappelle sans cesse que de pareils troubles se remarquent sous l'in fluence des causes physiques et morales qui agissent pas-

sagèrement sur la circulation ; que les sujets hypocondriaques, gastralgiques, hystériques, chloro-anémiques, rhumatisants et goutteux , les présentent souvent.

Dans ce cas ces troubles purement fonctionnels n'ont rien de durable, et s'ils se reproduisent facilement ils se dissipent aussi avec une grande promptitude. Ils ne sont pas accompagnés de bnjits anormaux, comme dans les lésions matérielles du cœur, de l'aorte et du péricarde. Des palpitations. PalpUatioîis. Dans les palpitations, c'est surtout le rhythme des contractions qui est troublé en même temps que la sensibilité de l'organe. Les palpitations sont des contractions cardiaques, en général, plus fortes, plus fréquentes qu'à l'état normal, mais toujours irrégulières, inégales , et qui s'accompagnent d'un sentiment de malaise perçu à la région préeordiale ; cette sensation anormale se passe évidemment dans le tissu cardiaque. Ainsi, trois éléments morbides se trouvent réunis dans la palcaractère propre; pitation: 1° une sensibilité insolite qui se développe penleurs clant la contraction cardiaque; à l'état normal, celle-

symptômes. • t , . i

Cl a heu sans qu on en ait conscience ; 2° le caractère convulsif et ataxique de la contraction ; 8° enfin le trouble du rhythme des battements. L'expression de chorée du cœur dont s'est servi M. Bouillaud représente exactement le véritable caractère des palpitations qui sont en effet des convulsions cloniques, intermittentes et passagères des muscles cardiaques Les palpitations ne se montrent qu'à des intervalles plus ou moins rapprochés, par accès ou paroxysme, comme tous les phénomènes convulsifs. Nous nous étonnons qu'on n'ait pas insisté sur ces caractères qui les différencient des palpitations chroniques, dans lesquelles les battements du cœur restent toujours irréguliers, inégaux et intermittents.

PALPITATIONS. çîG7

Les battements du cœur soulèvent souvent avec force la région précordlale, l'épigastre ou toute la poitrine ; on entend quelquefois, à distance, la vibration thoracique causée par le choc du cœur, et à l'auscultation un bruit clair, métallique, dû à l'altération de timbre du premier bruit ou à la consonnance thoracique dont nous indiquerons les causes. (Voyez Bruits anormaux.) Le passage plus rapide du sang sur l'orifice aortique est accompagné d'un bruit de courant sanguin lointain et doux.

Les malades éprouvent de la dyspnée, de la pesanteur, et un serrement dans les régions précordiale et épigastrique. Ils sont en proie à une grande agitation, à un sentiment de tristesse, de crainte, qui augmente encore l'intensité et la durée des palpitations. Lorsqu'elles sont violentes et répétées, la face pâlit et s'altère; le corps se refroidit aux extrémités , se couvre d'une sueur abondante, puis se réchauffe pour se refroidir de nouveau. L'anxiété et le malaise sont portés au point qu'il survient de la défaillance ou une syncope. La mort survient ainsi ehez un grand nombre de malades atteints d'affections du cœur, et qui perdent la vie en quelques minutes sans qu'on ait parfois soupçonné la gravité de leur affection.

Les palpitations sont le symptôme : i° de toutes les ma- palpitations

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