PALPITATIONS
du cœur, mais velétudinaires, nerveux, faciles à émouvoir, portés à concevoir des craintes sur leur santé ou adonnés habituellement à des travaux de l'esprit ou à des plaisirs qui surexcitent fortement le système nerveux (excès vénériens, onanisme, usage du tabac, du café, des alcools). On les observe aussi comme symptômes prédominants chez les étudiants en médecine atteints de cette singulière nosomanie qui leur fait croire qu'ils sont atteints de maladies du cœur. Une fois les palpitations entièrement passées, les malades sont rendus à la santé ou conservent à peine un peu de dyspnée, de tristesse. Ils ne sont pas plus exposés que d'autres aux affections cardiaques. Rarement les palpitations se terminent par une syncope mortelle.
Remplacement de la pulsation thoracique normale vibration par un frémissement vibratoire. Lorsqu'on explore la hydraulique
. ou frémissement
région précordiale avec la mam, on trouve que dans 1 état cataire, normal la paroi pectorale est repoussée par une sorte d'ondulation plutôt qu'elle n'est percutée ou choquée, comme on le dit généralement. Il n'en est plus de même quand il se produit un courant sanguin sur un des orifices malades du cœur qui transmet alors à la paroi thoracique un frémissement vibratoire et un bruit de râpe, de lime ou de soufflet. On ne peut mieux comparer la sensation qu'on éprouve qu'à celle qui est produite par la vibration d'un courant d'eau qui passerait sur un orifice rétréci. La vibration est isochrone tantôt à la systole, tantôt à la diastole, mais dans tous les cas constamment intermittente pour des motifs que nous ferons connaître plus loin. (Voyez Bruits veineux.) Ce frémissement indique une lésion d'un ou des deux orifices cardiaques.
Un autre frémissement vibratoire distinct du précédent
de la scnsibiiilé du cœur
se passe dans le péricarde. (Voyez Symptômes tirés du péricarde) .
Alléralion D. j^ymptomes UrùH de l'altération de la seu-
ii»li»ilité cardiaque. Nous avoiîs déjà VU les contractions du cœur s'effectuer en excitant des sensations pénibles Douleur chez les malades (palpitations). Elles deviennent parfois cardiaque; irès-douloureuscs , s'accompaguent d'une vive anxiété, de jactitation, d'une dyspnée extrême lorsque le principe morbide de la goutte ou du rhumatisme se fixe primitivement sur le cœur ou y vient par métastase. Les émotions morales longues , concentrées ou subites , produisent des douleurs violentes. Les traités de médecine renferment des exemples de mort survenue dans ces circonstances. L'innervation cardiaque exaltée d'abord à un degré extrême se suspend et une syncope mortelle peut avoir lieu.
fréquente La doulcur cardiaquc est fréquente dans les affections *^^"dù^cœm'^^'^^ du cœur, dans l'hypertrophie, les lésions valvulaires, dans l'inflammation aiguë ou chronique du péricarde et dans l'anévrisme de l'aorte. En interrogeant des malades éclairés et capables de se bien observer eux-mêmes, nous nous sommes assuré que la plupart avaient éprouvé, à différentes reprises, et au début surtout, des douleurs sourdes, continues ou intermittentes, dont le siège était évidemment l'organe central de la circulation. Nous attachons une valeur séméiologique très-grande à ces troubles de la sensibilité. Dans quelques cas la percussion les développe pour la première fois ou les rend plus distincts chez le plus grand nombre des malades. Ces douleurs sont quelquefois aiguës, déchirantes, accompagnées de la suspension des mouvements respiratoires (cardialgie rhumatismale, goutteuse) ; ordinairement elles sont obscures
DOULEUliS CAnDfAOUES.
et il faut appeler fortement sur elles l'attenlion des malades pour qu'ils s'en rendent compte.
Il n'est pas rare de les rencontrer chez les chloro- dans les névroses, anémiques et chez les sujets atteints de névroses telles que l'hystérie, l'hypocondrie. Elle est un des signes les mieux caractérisés de l'angine de poitrine. Nous l'avons vue d'abord localisée pendant quelque temps dans la région précordiale chez un homme qui olfrait les signes les plus évidents de cette maladie, et chez lequel un effort violent et longtemps soutenu avait causé la déchirure des valvules aortiques et les avait rendues insuflisantes.
Ordinairement la douleur part de la région précordiale et s'irradie dans le côté gauche de la poitrine, le bras, l'avant-bras et la main du même côté. C'est une véritable névralgie ascendante ayant son point de départ dans le cœur. Elle est si violente que les malades poussent des cris déchirants et appellent la mort de tous leurs vœux.
En résumé l'accroissement de la sensibilité constitue la douleur cardiaque ou une véritable névralgie des filets du ganglion cardiaque. Cette douleur est symptomatique des maladies du cœur ou sympathique d'une maladie générale, d'une soulfrance placée dans le système nerveux céphalo-rachidien ; plus rarement idiopathique.
A-t-elle son siège dans le cœur, dans les nerfs phré- son siège? niques et intercostaux, ou enfin dans les muscles des parois pectorales? 11 n'est pas facile de distinguer les unes des autres ces différentes espèces de douleurs; cependant on est porté à admettre qu'elles viennent du cœur lorsque ni la pression opérée sur la paroi pectorale ni les mouvements respiratoires ne les provoquent. Elles correspondent aux contractions cardia-
qnes et s'accompagnent d'anxiété , de palpitations , d'inégalités, d'intermittences dans les battements du cœur.
Symptômes tirés des phénomènes physiques dont le COEUR EST LE SIÈGE. Les coutractions successives et ondulatoires qui se passent dans les muscles auriculo-ventriculaires produisent dans leurs membranes d'attache des vibrations sonores qu'on appelle les bruits du cœur. La pulsation de l'organe peut à son tour en déterminer un d'une autre nature. A l'état m.orbide le cours du sang qui est silencieux peut également devenir la cause de bruits. Tous ces phénomènes purement physiques exigent une élude approfondie.
Des bruits I>cs l»rHi<s «lu cœur à l'état pliyslologiquc NouS du cœur. nous gardcrous bien de reproduire une fois de plus les physiologique, dissertations interminables auxquelles l'étude des bruits du cœur a donné lieu. Aux ouvrages de physique médicale, de physiologie ou consacrés à l'auscultation, revient, de plein droit, l'examen de toutes les théories proposées tour à tour pour en expliquer le mode de production. Ces théories ont une influence très-grande sur la manière de comprendre les phénomènes pathologiques; cependant il ne faut pas s'en exagérer l'importance en séméiotique. Comme nous n'avons pas à faire prévaloir une théorie spéciale, et que celle que nous avons adoptée appartient à tout le monde, nous insisterons sur les faits qui sont au-dessus de toute discussion et qui peuvent conduire à Tin diagnostic probable. Il nous serait facile de consigner dans ce travail le résultat des expériences physiques et des vivisections nombreuses que nous avons poursuivies avec le plus grand soin, pendant trois années, dans le but de nous former une opinion sur la cause de ces
DUUITS DU COEUR. 273
bruits, mais ce serait rentrer dans des études physiologiques qui nous semblent inopportunes (1).
La théorie qui nous paraît conforme à ce qu'enseignent l'acoustique et l'étude des maladies du cœur est celle qui fait dépendre, 1° le premier bruit, de la vibration sonore des valvules auiiculo-ventriculaires droite et gauche; 2° le second de la vibration des valvules sygmoïdes percutés par le sang et tendus par les muscles du cœur. Les bruits anormaux tiennent ou à une modification de tonalité de ces vibrations ou une cause toute différente, à la vibration des molécules sanguines. Expliquons-nous d'abord sur ce point fondamental.
Nous montrerons ailleurs (voyez Appareil respiratoire) que les bruits qui se forment dans le corps humain proviennent de trois causes différentes :
1" De ce qu'un tissu solide, excité d'une certaine ma- , ,
T- ' Trois espèces
nière, devient le siège de mouvements vibratoires sonores ; de bruUs telles sont les cordes vocales dans le larynx et les val- ''^7° s^oudlen']'^ vules du cœur. Nous appellerons, avec les physiciens, 2° aérien,
. . s» hydraulique.
bruits solidiens ceux qui reconnaissent pour cause cette vibration sonore des corps solides.
2° Il y a d'autres sons qui proviennent de la vibration de l'air ou des gaz. Dans la voix humaine, la vibration . de la colonne d'air sus-laryngienne a lieu par l'elfet du rétrécissement et de l'agrandissement alternatif de la glotte. Cette vibration concourt, avec le mouvement des cordes vocales, à la production de la voix. Le larynx
(1) Éludes sur lés bruits cardiaques et vasculaires dans l'état physiologique : —In. Revue médico-chirurgicale, p. J29et 193, 1850. On trouve un résumé complet et lucide de toutes les théories^ dans rcxcelient Traité pratique d'auscultation de MM. Bartii et Roger.