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BRUITS DE COURANT SANGUIN

exactement limitée , marchant de la périphérie au centre et accompagnée d'empâtement, de doulem'S vives, quand il se déclare une inflammation spontanée ou consécutive dans un de ces vaisseaux.

Frémissement vibratoire des veines. On donne ce nom au mouvement vibratoire continu rémittent qu'on sent sur le trajet des veines du cou. 11 nous est impossible d'en séparer l'étude de celle des bruits veineux.

Bruits veineux. A l'état normal, le sang coule silen- BruUs veineuï. cieusement dans toutes les parties du système veineux. Il n'en est plus de même lorsque la maladie détermine une altération notable dans la composition du sang. On sent alors, avec le doigt placé sur le trajet des vaisseaux du cou, un frémissement vibratoire, et l'on entend en même temps un bruit qu'on a désigné sous le nom de bruit de souffle, de diable, de bruit musical, etc. Commençons par bien établir la cause de ce bruit anormal, à l'aide d'une expérience que nous avons souvent reproduite dans des leçons publiques.

On ouvre sur un cadavre la veine jugulaire interne ou Bruits de externe, ou bien encore la carotide, à leur partie supé- courant commu rieure ^ on y adapte un tube de môme calibre qui com- Expérience qui en

, . 1, ,. fait connaître

munique avec un vase plem d eau. On pratique une le mode ouverture d'écoulement , soit sur la veine cave supé- production, rieure, soit même pour éviter toute cause d'erreur, sur la veine cave inférieure, l'aorte ventrale ou même sur les vaisseaux du creux poplité. Il faut avoir seulement la précaution de s'assurer que le liquide passe dans les vaisseaux et ne s'égare pas dans les organes altérés par la maladie. L'expérience ainsi disposée, dès que le courant d'eau est établi, si l'on vient à ausculter sur le trajet des vaisseaux du cou, on entend un bruit de cou- Hi. ;v.».

S Y.M PTOM ES VE I N FX' X .

Conlinuité et modulation du son;

rant continu et renforcé, à des intervalles égaux, par des vibrations sonores dont le timbre est clair et musical. Ce bruit hydraulique, tantôt modulé et en quelque sorte chantant, tantôt plus sourd et semblable au murmure des eaux, est tellement identique au bruit musical et au souffle de la chloro-anémie, qu'il est impossible de trouver la moindre différence entre le bruit artificiel et le brait morbide.

En faisant varier la vitesse d'écoulement, on augmente ou diminue l'intensité et le timbre du bruit. On détermine les mêmes effets en pressant avec le stéthoscope , en tournant la tête du cadavre, en tendant l'aponévrose cervicale , en éloignant ou en rapprochant le larynx, en un mot en reproduisant les conditions physiques qui changent aussi l'intensité et le timbre des bruits de souffle chez les malades. On sait, d'après Savart, que pour les liquides circulant dans des vaisseaux encore plus que pour les veines liquides lancées par des orifices circulaires en minces parois, la vitesse de l'écoulement, au lieu d'être uniforme, est périodiquement variable, et que dès lors les bruits sont aussi périodiquement variables. Or dans les bruits de courants continus , il est facile de distinguer une série de renforcements du son qui reviendraient à des temps égaux, si mille conditions physiques, physiologiques et morbides qui modifient la vitesse du courant sanguin, ne venaient pas changer l'intensité et le timbre des bruits.

Les bruits Leur cause doit donc être cherchée dans les veines , de sourne continu ^^s sculs vaisscaux où la circulation soit continue, et non sont des bruits ^aus Ics artèrcs où elle est rémittente, et où cependant

hydrauliques , i, .

et veineux,

beaucoup d auteurs persistent encore à placer le siège de ces bruits. Les expériences que nous avons instituées et

comme dans

{les bruits hydrauliques.

Loi de Savart.

BnUlTS DE COURANT SANGUIN. 339

rapportées plus haut, bien différentes de celles qu'on a pratiquées avec des tubes et des instruments grossiers, nous semblent prouver, de la manière plus péremptoire, que les bruits de souffle vasculaires sont des bruits hydrauliques et veineux.

Un autre phénomène qui accompagne le bruit anor- Frémissement mal prouve également qu'il se passe dans le courant sacluse''idcn*iiquc sanguin veineux. Les doigts, placés sur le trajet de la ^ œiie du bruit

. de courant.

veme que 1 eau parcourt, y sentent très-distinctement une série non interrompue de vibrations semblables à celles qu'on perçoit quand on touche avec les doigts une corde de violon qui accomplit ses vibrations sonores. Ainsi la même cause, l'écoulement continu du liquide, produit un son continu avec renforcement et un frémissement vibratoire qui se transmet jusqu'à la main. Les phénomènes se passent exactement de la même manière dans les veines sur lesquelles on entend le 'bruit de courant sanc:uin. Celui-ci s'accompagne constamment d'un frémissement vibraton-e. Mous ne 1 avons jamais vu manquer frémissement depuis un errand nombre d'années que nous nous ^"'^'^"^ toujours

' " ^ en mCme temps,

livrons à ce genre de recherche. Chaque fois que le bruit existe, le frémissement existe aussi, et réciproquement. Comment pourrait-il en être autrement, puisque c'est le même phénomène perçu seulement par deux sens différents, par l'oreille et par le toucher? Le frémissement, comme le bruit, se montre exclusivement à droite, à la jonction de la veine jugulaire interne et sous-clavière, auprès de l'insertion claviculaire du sterno-mastoïdien. Quand on s'est exercé, on le trouve aussi facilement que le bruit de souffle. Il faut, pour arriver à le constater, quelques études préliminaires, et observer les mêmes précautions que pour l'étude du bruit. Ce

;UU SYMPTOMES VEIiNEUX.

que nous dii-ons de l'un de ces phénomènes s'applique donc très- exactement à l'autre.

Le bruit de courant sanguin a presque exclusivement son siège dans la jugulaire interne droite, à son confluent dans la sous-clavière, plus rarement dans la jugulaire externe. On l'entend quelquefois à gauche ; presque jamais dans les \eines des membres supérieurs et inférieurs.

Il faut placer le doigt ou le stéthoscope immédiatement au-dessus de l'extrémité interne de la clavicule droite pour bien sentir le frémissement et pour trouver le bruit morbide avec toute son intensité et tous ses caractères. Il faut aussi tourner la tête du malade du côté gauche en la redressant assez pour allonger les muscles Tension du COU. On ne peut leur faire prendre cette situation sans de raponevrose q^' aussitôt l'aponévrose omo-claviculaire ne soit égale-

cervicale propre ^

à accélérer ment tendue. Les anatomistes ont montré que les veines la vitesse du sang " i^jj^gg interne, sous-clavière et le tronc brachio-

veineux. "

céphalique veineux sont maintenus béants, pendant l'inspiration , par l'aponévrose cervicale profonde ou omo-hyoïdienne et par l'effet de la contraction du muscle omo-hyoïdien etde quelques autres muscles (1) . Les veines ainsi ouvertes ressemblent aux sinus veineux de la duremère. Il est bien certain que cette condition anatomo-physiologique favorise la production du courant sanguin et qu'elle le rend plus rapide, surtout lorsqu'il s'y joint quelques-unes des causes que nous allons énumérer. causes physiques j)^ nombre sont : 1° la diminution de la quantité

qui produisent

lebruilde do saug conimc dans la chloro-anémie où elle est ad- T'oiLinufion' ^^^^ par plus d'un auteur. La pléthore, au contraire, en

de la quantité du sang.

(0 Ph. Bérnvd, Archives ycnér. de m('dec.,T. 23, l'= série; — Richet, Traité ■pratiqua d'anatomie medicn-chirurgicale. 2« part., p. 483, in-8».

MKUITS UË COURAiNT SAIS(jUlN. 341

ralentissant le cours du sang, empêche la production de ce bruit et du frémissement. L'ignorance des lois physiques les plus élémentaires a pu seule conduire à émettre une opinion opposée.

2° La seconde condition physique est que le liquide i lui'iiié plus qui parcourt la veine possède une Iluidité plus grande et ^'''^ " ^ ' ' mouille les parois des vaisseaux. Le sang, privé de ses quantités normales de globules et plus riche en eau, remplit cette condition. Aussi les bruits de souffle sont-ils constants dans la chloro-anémie même légère. La viscosité du liquide empêche la formation des vibrations sonores, ainsi que nous avons pu nous en assurer par un grand nombre d'expériences. Le sang des pléthoriques se rapproche sous quelques rapports des liquides visqueux.

3° La flaccidité des parois membraneuses facilite sin- 3° Fiaccidiiô des

, . , , -i . • parois veincuEOs.

gulièrement leur consonnance avec le corps vibrant qui est le liquide sanguin ainsi que l'ont démontré Savart, Muller, Gori'igan, Laharpe, J. Roux et d'autres. Les membranes détendues passent facilement d'un mode de vibration à un autre, s'accommodent aux ondes sonores les plus faibles, et en font baisser le ton. Ces propriétés acoustiques se rencontrent précisément dans les parois un peu flasques des veines des chloro-anémiques (1).

Les bruits de courant sanguin qu'on a désignés impro- "aia^^'cs Jo'>i le

^ •-'1 murmure sanguin

prement sous les noms de bruits de soufflet à double cou- est le symptôme. rant, ou encore de bruit de diable^ musical, de chant niodidé des artères, offrent des variétés nombreuses qui n'ont par elles-mêmes aucune valeur séméiotique. Et en effet, nous avons dit que les causes physiques et dynamiques

(1) Tous ces faits sont appuyés sur de nombreuses expériences que renferme mon mémoire: Etudes sur les bruits cardiaques et vasculaires dans l'étal physiologique, Reiuemédico-chirurgicale,]^. 192 et suiv., t8oO.

timbre du bruit.

342 bYMPTOMES VEIJNEUA.

„ , . qin modifient la vitesse du courant sanguin (exercices,

Variétés du ton ^ .

et du eflbrts, marche, digestion, émotions morales, conti^action d'un muscle , mouvement de la tête, etc.) , changeaient l'intensité, la tonalité du son , et la force du frémissement vibratoire qui en est inséparable. Tantôt le son est sourd, grave, lointain comme le murmure de l'eau qui coule doucement : tantôt bruyant, aigu, sibilant, avec des ronflements ou des mugissements , comme dans le bruit de diable, ou. bien encore semblable au bourdonnement d'une mouche ou d'une ruche, au sifflement plaintif du vent qui traverse une étroite ouverture, au son d'un instrument, etc.

Le bruit veineux varie d'intensité et de ton, chez le même sujet, de jour à auti'e ; disparaît et reparaît quelquefois sans cause appréciable, souvent aussi, sous l'empire des conditions physiques et dynamiques que nous avons indiquées. On ne peut l'entendre qu'avec le stéthoscope dont il faut savoir varier le degré de pression. Il suffit dans quelques cas de mettre l'instrument à un ou à deux centimètres du cou pour que le son parvienne à l'oreille. iNous l'avons même perçu trois ou quatre fois à l'oreille nue placée à la même distance. Le bruit possède alors une grande force, et la vibration des tissus est également trèsmarquée.

Maladies Le murmurc sanguin n'annonce pas toujours un état dont le murmure jjjorbide bien pronoucé. 'Ou l'observe chez presque tous est le signe, les cufauts jusqu'à douze OU quatorze ans„ même sans qu'ils soient malades. Cependant l'état anémique du sang en est la cause ordinaire , et on le rencontre dans Aiiôraiions toutes les maladies où existe une altération du sang caractérisée par la diminution des globules et l'hydroémie. Voici les causes ordinaires des bruits de courant : la

BKCITS UE COUItAiM" SAtSdUlN. ^13

grossesse, la convalescence, toutes les maladies capables, 1° de déterminer des hémorrhagies plus ou moins répétées (scorbut, mélrorrhagie, hémoptysie) ; 2° d'empêcher le travail d'assimilation (maladie de l'estomac, de l'intestin, du foie, du pancréas, etc.); 3° de porter obstacle à l'hématose (phthisie) ; h" de soustraire au sang des éléments essentiels comme l'albumine (maladies de Bright) , le sucre (diabète) , l'urée et l'acide urique en trop grande proportion (goutte, rhumatisme) ; 5° d'y jeter certains agents toxiques (cachexies saturnine, mercurielle, paludéenne). En un mot toutes les adéctions qui soutirent au sang ses principes normaux, qui s'opposent à l'assimilation de ceux qui sont nécessaires à la nutrition, qui portent obstacle à l'élimination de quelques-uns d'entre eux ou qui en introduisent de nuisibles, provoquent la formation des bruits de courant continu.

En regard et sur la même ligne que les maladies pré- Troubles du cédentes, doivent figui'er toutes celles qui troublent, à dif- ^^^^^""^ férents degrés, les fonctions du système nerveux céphalorachidien et même trisplanchnique. Nous placerons en tête les névroses qui, toutes sans exception, depuis la névralgie jusqu'à l'hystérie, la chorée et l'hypocondrie, s'accompagnent de bruits de souffle. Les gastralgies, l'hystéralgie, toutes les viscéralgies donnent lieu à ce même symptôme. Est-ce en altérant le sang? On peut répondre par l'affirmative pour un grand nombre de ces maladies. Cependant la contraction convulsive des parois veineuses participe aux troubles dont les tissus sensibles et contractiles sont également le siège, et prend certainement une part importante à la production des bruits anoi maux. Il est difiicile de croire qu'il en soit autrement dans l'éré thysme nerveux et dans quelques-uns de ces troubles

3U SYMPTOMES FOURMS

éphémères où l'altération du sang est nulle et fort contestable.

On peut mettre en opposition avec les affections précédentes la classe desphlegmasies,des exanthèmes et des pyrexies dans le cours desquels on ne voit jamais paraître les bruits de souffle, comme si l'accélération de la circulation, l'élévation de la température et l'intégrité du sang ou sa plasticité plus grande, étaient des conditions dynamiques contraires à la production de ce bruit, nouieurs Douleur des veines. La pression opérée sur le trajet des veines profondes et superficielles y excite une douleur assez vive lorsqu'il s'y fait un travail plegmasique, ou lorsqu'il s'y forme un coagulum. Cette douleur est souvent spontanée, elle s'accroît par les mouvements du membre ou pendant l'exercice de la fonction dont l'organe est chargé. La douleur veineuse acquiert, en général, une intensité extrême. L'oblitération par un caillot est moins douloureuse que la phlébite qui est d'emblée suppurative. Elle réagit sympathiquement sur le système nerveux cérébral et provoque souvent le délire.

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