‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 74 sur 232 · SYMPTÔMES FOURNIS PAR LA CIRCULATION CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES FOURNIS PAR LA CIRCULATION CAPILLAIRE

De la circulation Le systèmc vasculairc sanguin forme un ensemble de Physiologie canaux entièrement fermés. Les vaisseaux capillaires paiiioiogique. ne communiquent ni avec les lymphatiques ni avec l'origine des conduits excréteurs. Ils constituent un ordre à

PAU LA CIRCULATION CAPILLAIRE. 3i.5

part de canalicules très-fms intermédiaires aux artères et aux veines, et empruntent ou perdent quelque chose de la conteiture propre à ces deux ordres de vaisseaux, suivant qu'ils sont plus ou moins rapprochés des uns ou des autres. L'anatomie microscopique ne laisse aujourd'hui aucun doute sur l'existence parfaitement distincte de cet ordre spécial de vaisseaux caractérisés par leur structure et par leurs fonctions propres. Réduits à une membrane homogène dans laquelle on aperçoit des noyaux de cellules, les vaisseaux capillaires affectent des formes différentes, suivant les organes, et ont pour support une substance intermédiaire plus ou moins abondante. Le sang avec ses corpuscules y circule librement, d'une manière continue, uniforme, et non plus saccadée comme dans les artères. La propulsion cardiaque est la cause qui le fait avancer -, les faits pathologiques confirment cette vérité fondamentale admise par tous les physiologistes. Aussi, quand la stase du sang vient à se produire dans les capillaires, devons- nous rechercher d'abord si l'alïaiblissement de la contraction cardiaque n'est pas la cause des troubles circulatoires. L'étude des affections du cœur nous montre tous les jours les stases capillaires les plus nombreuses et les plus intenses uniquement provoquées par ces maladies. Toutefois on ne pourrait comprendre qu'une partie très-restreinte des faits pathologiques si l'on s'en tenait à cette cause unique des troubles de la circulation capillaire. Croire avec quelques physio- r.ôie important

, . , , . T joué par

légistes que la contraction cardiaque sumt pourexpli- la contraction ouer le mouvement du sang dans les capillaires, c'est p^^prc

^ 1 1 /• • ''''^ capillaires

supprimer systématiquement tout un ordre de laits dansiacircuiaiion physiologiques et morbides qui ne peuvent être expliqués '"'"6. autrement que par la contraction propre des capillaires.

346 SÏMPTOMES FOUlilMS

Sans parler de l'afllux du sang dans les mamelles et l'utérus pendant la menstruation, de la congestion sanguine des os du front pendant la pousse du bois chez les cerfs, des rougeurs partielles par émotion morale , et des expériences qui prouvent qu'après la section des nerfs il survient des congestions , des modifications de température , des gangrènes , si nous étudions les désordres dont la circulation capillaire peut devenir le siège , nous trouvons immédiatement une série considérable de faits qui montrent combien est puissante l'action des capillaires et du médium organique sur le mouvement du sang. En effet, comment se rendre compte, d'une autre manière, des phénomènes qui se passent dans les capillaires pendant l'inflammation, l'hydropisie, l'hémorrhagie , la gangrène et un grand nombre de congestions uniquement dues à l'altération du sang comme dans le scorbut , la fièvre typhoïde, la pyoémie, dans la morve, etc. ? N'insistons pas sur la nature et le mode de génération de ces troubles de la circulation capillaire, dont nous aurons à nous occuper plus loin ; mais faisons remarquer que leur caractère distinctif est précisément de créer un obstacle à la circulation, et de s'opposer plus ou moins complètement à ce que le sang obéisse à la contraction du cœur, à cette force puissante qui fait avancer le sang, d'une manière uniforme dans tous les capillaires. On conçoit combien doivent être grands les changements que subit ce liquide lorsqu'il est ralenti ou arrêté dans sa marche. Delà stase L'épanchemeut de sérosité , de plasma et des principaux

ilu sang dans les , in . , r i

capillaires; éléments du sang, la formation de pus, le ramollisseeffets funestes, u^ent et la gangrène des molécules organisées, sont autant d'altérations morbides, qui se développent parce que le liquide circulatoire n'est plus en libre communication

PAK LA CIRCULATION CAPILLAIUlî. 347

dans les capillaires avec les autres parties de la grande circulation. Nous ne disons pas que toute la pathologie se résume dans ce fait très-général, l'arrêt de la circulation, puisque nous avons chej-ché à établir que la composition du sang et l'innervation jouent un rôle essentiel dans les maladie; mais nous reconnaissons, avec les physiologistes, qu'il domine tous les autres, et qu'il faut le placer en première ligne.

On a lieu d'être étonné du silence cpie gardent les l'iiénomèneg

, ^ . 1 morbides qui onl

traités de seméiologie sur les symptômes lournis par la leur siège dans circulation capillaire, et cependant on peut dire qu'il capillaires, n'en est pas de plus essentiel ni de plus grande valeur. Parmi ces symptômes, ou plutôt parmi les actes pathologiques qui servent de symptômes à des maladies bien caractérisées, nous placerons : J"les congestions de différente nature avec leurs symptômes spéciaux, tels que le changement de volume, de couleur (rougeur, anémie , cyanose); 2" l'inflammation; 3" la gangrène et le ramollissement; A° les hômorrhagies; 5" l'hydropisie. Les phéiiomènes d'absorption, d'exhalation et de calorification pourraient même être étudiés après ces troubles de la circulation capillaire, puisqu'ils ont leur siège dans cet ordre de vaisseaux et leur cause dans les actions moléculaires qui s'y passent. Nous en renvoyons l'étude après celle de la respiration pour des motifs faciles à comprendre.

Causes des (roubles de la circulation capillaire. Ce que , ^f"*^^

■* ^ des troubles

nous avons dit précédemment nous permet d'exposer, en de la circulation peu de mots, le mode de développement et la cause des phénomènes morbides.

1° Les maladies nombreuses dont les orifices du cœur "^l •^'^''^^'^

du cœur;

et leurs valvules d'occlusion peuvent être aftectéSj met-

348 bïMPTOMES FOUKNiS

tent obstacle à la circulation du sang dans les capillaires: i" en empêchant le libre écoulement de ce liquide par les orifices d'émission, et par conséquent en diminuant la vitesse et la quantité du sang (rétrécissement et insuffisance du cœur aortique) , en diminuant la contraction cardiaque , ce qui produit le même eflfet (anévrisme passif, atrophie, lipothymie, syncope) . B. du cœur 2» L'obstacle peut être situé sur l'orifice d'écoulement vdneux et lésion ^ ^^-^^ c'est-à-dire dans la cavité veineuse du

de la circulation o ?

pulmonaire cœur OU, 06 qui roviout au même, sur le trajet que suit et cardiaque, ^^^^^ ^^^^^ poumon au cœur gauche (lésions

valvulaires, maladies aiguës ou chroniques du poumon, emphysème, asphyxie), c. Maladie 3° Les cauaux chargés de condu>re le sang dans les des artères; capillaires pcuvcut devenir imperméables, et alors le ramollissement ou la gangrène s'y développent (artérite, caillots, compression, anévrisme).

D. des veines; ^° Cette même circulation est profondément altérée quand le sang cesse de pouvoir traverser librement les veines. Les capillaires ne peuvent plus se vider par leur force contractile, et alors le sang stagne et laisse échapper sa sérosité. L'hydropisie, dans ce cas, annonce la retardation du sang dans la portion veineuse du système circulatoire. Le développement d'une circulation supplémentaire peut seul y apporter quelque remède et faire cesser l'hydropisie.

K.des capillaires; 5° A CCS quatre ordres de causes se joignent les maladies propres aux capillaires, telles que les byperémies dynamiques ou vitales, l'inflammation, la suppuration, le ramollissement et la gangrène, que des symptômes spéciaux permettent de facilement caractériser. F. du sang. 6" 11 est certain que le sang dont les quantités de

PAR LA C(RCL1|,/VTI0.\' CAPIIJ-AIIW-:. ;U9

fibrine sont moindres ou les qualités plastiques diminuées, comme dans le scorbut, les fièvres graves, le typhus, la fièvre jaune, ou altérées par du pus (phlébite simple, puerpérale), par des matières septiqnes (syphilis, charbon, morve), par des miasmes spéciaux (fièvres paludéennes, simples et pernicieuses, etc.), que le sang ainsi altéré ne peut circuler dans le capillaire sans qu'il s'y produise bientôt des stases, des bémorrhagies, des gangrènes; preuve certaine que l'intégrité du sang est indispensable à l'accomplissement régulier de tous les actes normaux qui se passent dans les capillaires. Veuton une preuve bien décisive de l'action qu'exerce sur la circulation capillaire la composition du sang, on la trouvera dans l'hydropisie symptomatique de la dégénérescence des reins. Les vaisseaux laissent transsuder dans le tissu cellulaire ambiant le sérum du sang privé d'une proportion notable de son albumine. Il en est de même dans les congestions des fièvres, la cyanose, les bémorl'hagies et les gangrènes.

7" La propriété dynamique des capillaires, c'est-à-dire 4° Trouble la faculté qu'ils ont de se contracter activement et de fa- '^^^'^ *^dnn"^^'''' ciliter la progression du sang, se trouve momentanément 'es capillaires, lésée dans un grand nombre de maladies du système nerveux, surtout du trisplanchnique. Presque toutes agissent d'une manière complexe; 1° elles altèrent le sang; 2° elles frappent d'adynamie le système nerveux céphalorachidien; 3" elles vicient l'hématose pulmonaire d'où résulte une asphyxie lente. Le choléra nous présente réunies presque toutes les altérations de ce genre; la faiblesse de la circulation cardiaque, la suspension de l'hématose et de toutes les absorptions, la stase du sang dans les capillaires frappés d'inertie, sont autant d'actes mor-

350 SYMI^TOMKS FOURNIS

bides qui prouvent jusqu'à quel point la circulation capillaire est solidaire de tout ce qui se passe dans le cœur, dans le poumon, dans le sang et dans le système nernerveux trisplanchni({ue.

Le praticien qui n'aurait pas sans cesse présentes à l'esprit les conditions patliogéniques dont nous venons de parler, ne comprendrait rien aux manifestations morbides dont le système capillaire est le siège. Au contraire, s'il sait remonter par une judicieuse analyse des symptômes aux causes qui peuvent les produire, il saura en pénétrer sûrement la nature et le siège et asseoir le pronostic et le traitement des maladies.

Signes tirés 1° Symptômes tirèa de la circulation capillaire dea or-

de la circulation f ^ i i i • ^ . , ,i ■,,

capillaire. goncs. Le troublc de cette circulation se révèle, dunemanière générale, par le changement de volume, de tem- ■ pérature et de couleur, si l'organe est accessible à nos ; sens et par des lésions de l'absorption et de l'exhalation. Nous n'avons pas à présenter l'histoire de diverses espèces de congestions, elle a été faite ailleurs (voyez Hj!perémic, t. II). Nous allons seulement indiquer la signi-fication que peut avoir en séméiologie la congestion d'un i tissu.

Détermination morbide très-fréquente dans les maladies générales, la congestion doit être toujours recherchée' parles méthodes ordinaires d'investigation, dans les différents organes que renferment les cavités splanchniques. Il faut, à l'aide de la percussion plessimétrique, apprécier ■ les dimensions des organes vasculaires, surtout du foie • et de la rate.

L'accroissement rapide que prend tout à coup un de ce.^viscères, les variations qu'il subit en un temps très-court, . sans que les troubles fonctionnels soient toujours pro--

Page 1