PAU LE SYSTEME CAPILLAIRE
Cyanose cholérique.
ses qualités chimiques et par conséquent ses propriétés stimulantes ; li° enfin l'excitabilité des nerfs qui est atteinte à son tour. Aussi, l'afTaiblissement de la circulation capillaire et la cyanose se présentent-ils presque constamment dans la dernière période des maladies aiguës et chroniques.
3° Cyanose par lésion complexe de la circulation el de 3° cyanose Vinnervation des capillaires. La clinique nous apprend i'ac™on"compiexe tous les jours que la cyanose ne saurait être attribuée <ies trois ordres toujours à une seule des causes que nous venons d'étudier, et qu'il faut faire la part de leur action combinée. Telle est la nature de la cyanose dans le choléra, si terrible dans ses effets, si fécond en enseignements divers. L'altération du sang, sa stase dans les capillaires frappés d'inertie et paralysés, le ralentissement de toute la circulation, l'affaiblissement extrême des contractions cardiaques, la suspension du pouvoir absorbant des vaisseaux, le froid de la mort et une déperdition très-grande des liquides par l'intestin et la peau : voilà les caractères de cette cyanose qui résume à elle seule tous les troubles de la circulation capillaire et générale. Ajoutons que la sidération qui s'empare du système nerveux cérébral et splanchnique, qu'elle soit primitive ou consécutive à l'altération du sang, doit arrêter les mouvements qui s'effectuent dans tous les vaisseaux capillaires.
D'autres maladies dont le mode d'action nous échappe et qui portent soit sur le sang, soit sur le système nerveux, ont pour symptôme la cyanose. On l'observe dans les formes graves des exanthèmes, de la rougeole , de la scarlatine , de la variole , lorsque l'éruption se fait mal ou dans la période de desquammation. Cette teinte livide due à une forte hyperémie des capillaires à l'altération
Cyanose des maladiei générales.
du sang est , en général , d'un mauvais augure. Elle se voit sur les membres et à la face , dans le typhus grave, dans la fièvre typhoïde à forme pectorale ou adynamique vers son déclin , dans la fièvre puerpérale et dans l'ictère grave.
Cyanose ^Ale est encore le symptôme de quelques maladies lo-
(lyns quelques . . p • t
maladies locales, cales , de la péritonite puerpérale ou par perforation de l'intestin, de la phlébite avec pyohémie, de la phlébite oblitérante et de la suppression menstruelle. On l'observe partiellement sur la peau des membres, dans les points où l'érythème noueux est en voie de résolution et sur les jointures qui sont le siège de la goutte. La cyanose des membres et du visage se montre plusieurs jours avant la mort chez ceux qui meurent par le cœur et le poumon (affection cardiaque, pneumonie, phthisie, catarrhe chronique , emphysème , vaste épanchement thoracique) , ou quand le système nerveux a perdu son empire sur l'hématose pulmonaire , et qu'alors le sang chargé d'acide carbonique arrive dans cet état dans les capillaires généraux.
Symptômes de la Caractères de la cyanose. La teinte bleue et violacée cyanose. ^^^^ ^ ^.^^^ manifeste dans le réseau capil-
laire du derme gorgé de sang, ainsi que dans les vaisseaux sous-cutanés. Elle s'accompagne souvent de congestions viscérales du môme genre. Elle ne s'efface que pendant quelques secondes, lorsqu'on vient à presser fortement sur la peau; souvent même il est impossible de la faire disparaître quand elle existe depuis quelque temps. On pourrait la confondre avec la couleur noire des héraorrhagies sous-épidermiques ; mais outre que la cyanose ne présente jamais ces dégradations de couleur qui viennent autour des ecchymoses et des tache>^
PAR LA ClPiCliLATlOiX CAPILLAIP.E. 3G3
hémorrhagiqnes, elle n'est jamais bornée comme ces dernières a une partie circonscrite, mais au conti'airediiruse, et occupant presque toujours à la fois le visage, les ODvertures naturelles et les extrémités. La position élevée du membre fait disparaître ou diminue l'intensité de la couleur; au contraire le froid, la position déclive, en attirant le sang vers les points cyanosés, augmente la congestion et la teinte livide qui en dépend.
Hémorrliai^âes. De même que l'iiyperémie des capil- Des laires, au point de vue de la séméiotique, se rattache à ''^'""'"^^sies. l'étude des maladies locales et générales, de même la sortie du sang hors de ses vaisseaux est souvent liée aux mômes causes pathogéniques. Quand le praticien se trouve en présence d'une hémorrhagie , il doit chercher : 1" si elle est sipuploma tique d'une maladie des organes circulatoires ou du sang; 2° si elle dépend d'un simple trouble dynamique (hémorrhagie sympathique et idiopathique). Chacune de ceshémorrhagies, quel que soit son siège, est caractérisée par des symptômes que nous avons décrits dans une autre partie de ce livre, avec les plus grands-détails (t. II, p. 353). D'ailleurs, elles ne sauraient être envisagées comme symptômes, si ce n'est quand la peau ou les fosses nasales en sont le siège ; nous avons donc à étudier les hémorrhagies cutanées et l'épistaxis comme signes de maladie.
/)f.s hémorrhagies cutanées. De V ecchymose el de la pété' De recchymose. ihie. Si l'arbitraire le plus complet existe au sujet des définitions qu'on a données des mots ecchymose et pétéchie, on doit s'en prendre à ce qu'on s'est arrêté à des différences fugaces et variables de couleur, de forme, d'étendue , tandis qu'il fallait ne tenir compte que du siège et surtout des causes qui sont les mêmes pour tous
les épanchements sanguins. Le nom générique d'ecchymose (dérivé de iy.ypiJ.6oi, extravaser), doit servir à désigner toute espèce d'épancliement de sang dans le derme ou à sa surface , quelle que soit la forme de la coloration pathologique. L'expression d'hémorrhagie culanée lui serait préférable.
De la péiéchie. On a désigné plus spécialement par pètèchies les petites taches circulaires, rouges ou bleuâtres, semblables à des piqûres de puce, qui sont dues à l'extravasation du sang à la surface du derme. Souvent on trouve, en même temps que ces taches hémorrhagiques, des stries, des plaques irrégulières, des croix, des vergetures, en un mot des ecchymoses de forme très-différente. Quelquefois enfin le sang s'épanche dans le tissu cellulaire sous-cutané, puis s'endosmose dans la peau et la colore en noir, en bleu, en jaune; autre cause de coloration sanglante du tégument externe.
Des taches bleues II est une autre ecchymose qui se présente sous forme de taches, tantôt séparées les unes des autres, tantôt réunies en groupe, au nombre de quatre ou cinq. Ces taches sont arrondies, un peu déprimées au-dessous de la peau ambiante, d'un bleu ardoisé si clair qu'on a souvent quelque peine à les apercevoir. Elles ne s'effacent pas sous la pression du doigt, et en enlevant l'épiderme à l'aide des vésicatoires, ainsi que nous l'avons fait plusieurs fois, on ne découvre aucune hémorrhagie à la surface du derme. On peut donc conserver quelque doute sur la cause de cette coloration morbide. Elle occupe la paroi antérieure de la poitrine , du ventre et plus rarerement la partie interne et antérieure des cuisses , les lombes et les membres supérieurs.
Les caractères communs à toute les hémorrhagies de la
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peau consistent dans les dimensions variables des taches sanglantes, la persistance de la coloration lorsqu'on cherche avec le doigt à expulser le sang combiné avec les tissus , dans les variations de la couleur qui passe du rouge au bleu et au jaune, à mesure que la matière colorante du sang se dissout et s'étend davantage entraîné, au loin , par l'absorption ; enfin , dans l'absence de toute desquammation ou d'autre lésion de texture de la peau et de r épidémie.
Grâce aux progrès de la science, on peut aujourd'hui causes mettre quelque méthode dans l'étude des causes qui pro- cuuné?/^'*^^ duisent les hémorrhagies cutanées et les rapporter à un nombre bien déterminé de maladies. Elles sont :
1" Le symptôme ordinaire d'une altération du sang -i" Altération qui consiste surtout dans une diminution de la quantité " normale de fibrine. On l'observe dans les affections scorbutiques, le purpura et toutes les maladies dont l'altération du sang est l'élément essentiel, telles que la fièvre jaune , les maladies du foie , la peste , la fièvre puerpérale, la diphthérie, les diathèses et les cachexies.
Quelefuefois les pétéchies constituent le symptôme oespétéchies
. .111 , T • 1 1 T -V dans les typhus.
principal de la maladie, sinon la maladie même , comme dans le purpura simplex exempt de fièvre ; et encore fautil le rattacher à une altération du sang, quoique la proportion normale de la fibrine ne soit pas changée. Il n'en est plus de même dans la maladie tachetée de Wherloff, qui appartient à la classe des typhus. L'altération du sang a été positivement établie par l'analyse, et la clinique le prouverait au besoin. On sait que l'ecchymose est très-
Xflclics bleues
rare dans la fièvre typhoïde et fréquente dans le typhus ^^^^ ^^^^^^ contagieux. La tache bleuâtre dont nous avons parlé pré- gastriques
lin, • • 1 épidémiques
cédemment se montre dans les fièvres gastriques simples sporadiques.
36G SYMPTOMES FOUHMS
OU continues et dans Jes rémittentes bilieuses. Nous les avons constatées un assez grand nombre de fois dans ces fièvres, qui ont été très-fréquentes, depuis quelques années, dans les hôpitaux de Paris. Ces taches sont rares dans la fièvre typhoïde, qu'elles ne peuvent servir à caractériser. 2» Maladie 2° Certaines maladies localcs du solide et des capillaires qui s'y distribuent, s'accompagnent d'hémorrhagie cutanée. On sait que l'hémorrhagie est un acte pathologi- Les ecchymoses très -rapproché de l'inflammation et qui lui succède rarement liées daus Certains tissus très fragiles, par exemple, le cerveau à la phiegraasie (ramolUssement hémorrhagique), la rate, le poumon,
franche. ^ . .
A la peau il se montre dans 1 urticaire [purpura iirticans), dans l'éry thème noueux, plus rarement dans les exanthèmes, et alors il annonce une altération concomitante du sang (scarlatine, variole, rougeole, érysipèle, etc.). Ils sont On le retrouve dans les points de la peau qui se morti- '^^fréquems"^^ ficut par l'effet d'une artérite, dans les cas de gangrène des gangrènes p^i^ cause générale, comme à la suite de la pénétration du
de la peau. i «-^ i
venin de la vipère, ou enfin de quelques agents chimiques appliqués sur la peau. Nous citerons parmi ces agents le sulfate et l'arséniate de cuivre et le tartre stibié, que nous avons plus spécialement expérimentés.
On ne peut se refuser à admettre que l'apparition de pétéchies se rattache, dans quelques cas rares, à une violente perturbation du système nerveux cérébro-spinal. Nous avons observé ce phénomène sur deux hystériques. La suppression des règles et les fréquentes hématémèses qui existaient chez ces malades ont eu certainement une grande part au développement des pétéchies.
En résumé, la manifestation d'une hémorrhagie cutanée doit porter le praticien à croire qu'il existe une maladie générale du solide ou du sang, et ce n'est que lorsqu'il
PAR LA CIKGULATION CAPILLAIKE.
parlielles;
s'est assuré que cette cause ne peut expliquer l'hémorrhagie qu'il doit la chercher dans une lésion de la peau et de son système capillaire sanguin.
nyilvopisles. Un autre acte pathologique essentiel qui Des hydropisiep a également son siège dans le système capillaire consiste dans l'extravasation de la sérosité du sang et l'épanchement de ce liquide dans le tissu cellulaire des organes ou dans les cavités séreuses (hydropisie). La sérosité qui s'écoule ainsi difl'ère par sa composition chimique de celle qui fait partie intégrante du sang.
Le siège de la suflusion séreuse offre un moyen pré- Leur siège cieux de reconnaître la nature et la cause de la maladie f^^'J '"^<=°""a'i''e
la maladie
dont elle est le symi)tôme ; si elle est bornée à une cavité qu' 'es provoque splanchnique, à un membre ou à une partie limitée d'un membre, ouest sûr que la cause est locale. Laphlegmasie, l'irritation sècrétoire, la compression déterminée par le développement d'un produit morbide homologue ou hétérologue, dans le voisinage d'une membrane séreuse, sulïlsent pour causer un flux séreux. Telle est même la cause la plus fréquente de l'hydropisie, de la plèvre, des méninges et du ventre (tubercule de la plèvre, de la pie-mère, du péritoine, etc.), et de l'infiltration du tissu cellulaire sous-cutané (érysipèle, éry thème, brûlure), etc.
Viennent ensuite les hydropisies produites par une maladie des veines ou par toute autre affection capable de ralentir ou d'empêcher la circulation du sang noir dans ses vaisseaux propres. Cette cause d'hydropisie est si fréquente que c'est à elle qu'il faut songer d'abord quand on rencontre une suffusion séreuse. Nous avons indiqué dans une autre partie de cet ouvrage toutes les maladies dont elle est le symptôme (t. II, p. A87); nous devons y renvoyer le lecteur afin de ne pas nous répéter.
dues à une maladie des veines.
:m SYMPTOMES FOUilNiS
La tumeur séreuse limitée a reçu le nom d'œtZ^me lorsqu'elle occupe les membres, celui d'ascite, d' hydrolhorax, d'hydrorachis, d'hydrocéphale, d' hydarthrose, lorsqu'elle siège dans la poitrine , les cavités rachidienne, cérébrale et articulaire.
Hydropisie L'anasarque est l'hydropisie générale du tissu cellugénéraie; ^ . soyg.cutané. Lcs dcux maladies qui la produisent
syitiptomalique ^ ^
, d'une maladie soul cclles du cœur et de Briglit, ou plutôt la déperdition locale. symptomatique et idiopathique de l'albumine du sang.
La lésion rénale ne cause l'anasarque qu'en enlevant au sang une portion de son albumine ; c'est donc en réalité la maladie du sang qui est la cause de l'hydropisie. On peut en citer pour preuve l'anasarque qui se développe sous l'influence de la destruction spontanée ou de la nonformation de l'albumine du sérum, sans lésion appréciable du solide. Les maladies du cœur, en troublant profondément la circulation générale et surtout celle des capillaires, forcent le sérum à transsuder à travers les parois vasculaires.
, d'une maladie L'anasarque et les collections séreuses splanchniques,
du sang. • r . ^ .
qui se lorment en même temps ou successivement , se rencontrent dans les maladies du sang produites par l'inanition, dans la leucémie, la cachexie paludéenne et toutes les causes qui paraissent s'attaquer à l'albumine du sang. Elles agiraient, suivant les auteurs, d'une manière toute physique; mais nous avons lieu de croire que leur action ne se borne pas là et que la composition du sang est altérée dans les capillaires. Nous avons dit que la sérosité hydropique n'a pas la même composition chimique que le sérum du sang^ il faut donc qu'il se passe dans les capillaires une action spéciale qui modifie la composition du sérum et trouble les fonctions de sécré-