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CHAPITRE VI

SYMPTOMES TIRÉS DE l' ÉTUDE DU SANG.

L'étude clinique du sang ne doit pas comprendre l'histoire particulière des altérations que subit ce liquide dans la pléthore, la chloro-anémie, la leucémie ou l'urémie. Les auteurs qui ont renfermé dans leur livre de pareilles descriptions, n'ont pas remarqué qu'ils faisaient ainsi de la pathologie spéciale, ou tout au moins qu'ils étudiaient le sang comme élément de maladie; or le sang ne doit pas être envisagé sous ce point de vue dans une séméiotique. Nous avons indiqué ailleurs son rôle dans la production des maladies; nous supposerons également connus l'état physiologique du sang et les altérations complexes qui appartiennent à chaque maladie pour ne nous occuper que de ce qui a trait à la séméiotique (voyez t. I, p. 531).

Divisions. Il faut adopter un ordre qui soit d'une appli- Divisions, cation facile à la clinique; or la première étude qu'il convient de faire porte : i" sur les propriétés physiques du sang, telles que A, sa quantité ; B, sa couleur ; C, sa température; D, sa coagulabilité ; 2" sur ses propriétés chimiques. Celles-ci comprennent les proportions diverses de cliaque élément constitutif: 1° globules; 2° fibrine; S" eau; /i" albumine; 5° quantité de sels. 3° Une autre altération du sang consiste dans la présence d'un principe qui ne s'y trouve pas normalement et qui peut être homologue ou hétérologue (caséine, cholestérine , pus, cancer, entozoaire) .

Symptômes ^° Symptômes tirés «le l'examen des propriétés

fournis par les piiyiiji(|ues du saiig'. Les plus grands observateurs ont physiquefdu été frappés du rapport intime qui existe entre le sang et les diverses maladies. Avant même que sa composition chimique fût connue ils étaient convaincus qu'un liquide qui va se mettre en conflit avec la substance d'un organe malade, doit subir des modifications qui révéleront le siège et la nature de la maladie. Telle est l'idée fondamentale qui a excité l'ardeur légitime de tous ceux qui se sont occupés d'hématologie jusque dans ces dernières années. Le plus ordinairement ils se contentaient d'étudier les changements physiques qui surviennent dans la couleur, la densité du sang et du caillot de la saignée. S'ils n'en ont pas tiré toute la lumière désirable, c'est qu'ils ignoraient la composition chimique de ce liquide, la nature de chacun de ses éléments et le rôle qu'ils jouent dans l'état normal et morbide. L'étude clinique des propriétés physiques du sang sur lesquelles nos prédécesseurs se sont souvent trompés, tire toute sa valeur de la connaissance approfondie des propriétés chimiques de ce liquide. Si nous commençons par l'examen des propriétés physiques, c'est uniquement parce qu'il est plus facile de les constater sur le sang de la saignée que de recourir à une analyse chimique toujours fort longue, mais répétons que, pour bien comprendre ces changements physiques, il faut connaître les altérations des propriétés chimiques de ce liquide, .uaniiiédesang. A. Quantités du sang. On ignore si les quantités de sang varient dans l'état de santé; on a supposé qu'elles sont plus grandes pendant la digestion. On a également admis qu'elles sont accrues dans la pléthore, et que la réplétion apparente du système vasculaire (ar-

COULEUR DU SANd. 373

tères et veines) l'indique suffisamment. Il est difficile, en effet, de ne pas croire que les maladies avec consomption lente ou rapide ne diminuent pas la proportion du sang contenu dans le corps humain. La vacuité des vaisseaux, l'effacement des capillaires et la décoloration de tous les tissus caractérisent cette diminution (anémie, inanition dans les maladies).

B. Couleur. On a donné généralement comme carac- couleur du sang, tère des sangs veineux et artériel, la coloration noire du premier, rutilante ou vermeille du second. Le sang de retour, le sang chargé d'acide carbonique, le sang veineux en un mot sort noir des organes. Burdach a écrit depuis • longtemps que le sang est vermeil lorsque la sécrétion et la nutrition sont augmentées. M. Cl. Bernard a confirmé cette opinion du physiologiste allemand. Il a montré, à l'aide d'expériences, que le sang offre une couleur vermeille , artérielle , en sortant des glandes lorsqu'elles Artériel

. . . , cl veineux

fonctionnent activement et qu il reste noir pendant que suivant que l'organe est ad repos : il n'en est plus de même dans les '^^ organes sont

^ ^ en aclivile

muscles d'où il s'échappe avec une couleur foncée peu- ou en repos, dant la contraction (1). Quoi qu'il en soit, la couleur que présente le sang au sortir d'un tissu ou d'un vaisseau indique assez exactement sa source : s'il provient d'une artère ou des capillaires, il est vermeil ; noir lorsqu'il est fourni par les veines.

On ne peut apprécier les divers degrés de coloration du sang que par l'inspection de ce liquide au moment où il sort de la veine, pendant la saignée , des capillaires pendant l'application des ventouses , ou par l'examen du sang menstruel qui offre aussi de précieuses indica-

(l) Leçons sur les propriétés physiologiques et sur les altérations pathologiques des liquides de l'organisme, t. i, p. 330, In-S". Paris, 1859.

lions séméiotiques. Les hémorrhagies nous fournissent un moyen facile d'apprécier la couleur et la plasticité du sang qui s'échappe par les ouvertures naturelles (épistaxis, liématémèse, hémoptysie).

Cause Les honmies vigoureux, sanguins, pléthoriques ont un '^r' pilï's^o'iogil" ' «^"ë "oii'» épais, poisseux, tandis qu'il est rose, clair et fluide chez les sujets débiles, nerveux, convalescents ou affaiblis par une cause quelconque : ce qui tient à la quantité j^lus grande de globules chez les premiers, moindre chez les seconds. La quantité de fibrine ou de tout autre élément est étrangère à cette coloration. S'il est bien établi que la principale différence entre les deux sangs tient à la présence d'une quantité plus grande d'acide carbonique dans le sang veineux, ou plutôt à la pi'oportion plus forte de ce gaz par rapport à la quantité d'oxygène, on sera porté à croire que la nutrition se fait rcal quand on trouvera le sang veineux, en quelque sorte artérialisé. On connaît l'expérience qui consiste à couper la branche nerveuse du grand sympathique qui se rend à un tissu. Le sang en sort vermeil et redevient noir quand on électrise le nerf coupé, c'est-à-dire quand on rend à l'organe l'excitation qui lui est indispensable pour accomplir sa fonction. Voici quelques applications de ces principes généraux à la séniéiotique.

i" Causes Le sang sort rutilant de la veine au point qu'on peut

palho'.ogiques -31111 i i» , , » -, ^ . .

coloration claire, ^^'^u'e à la blcssure de 1 artère : 1° chez des sujets qui vermeille, tom^cnt OU syucope par frayeur ou par toute autre cause (Hun ter) ; à la fin d'une saignée trop copieuse ; 3° chez les individus qui ont été saignés un grand nombre de fois; li° dans toutes les maladies où l'innervation est diminuée ou momentanément suspendue; 5° dans tous les cas où le sang est altéré dans son élément globulaire sur-

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