ACCROISSEMENT DES QUANTITÉS DE FIBRINE
Dans l'inflammation.
9* — Altération «le proportion de l'élément fibrineux «lu i^an^.
La fibrine , qui est représentée dans le sang normal aiiéraiions
1 1 - , . I . 1 1. , ^'^ fibrine
par le cnilire 5 ou 4 pour looo parties, subit dans 1 état comme éièmcms de maladie, trois modifications essentielles : ses quantités '^•^^ maladies, augmentent, diminuent, ses propriétés physiques s'altèrent. Étudions sépa;*ément chacune de ces trois altérations.
1° Augmentai ion (U la fibrine. Nous ne connaissons Accroissement
, ' , , T . . , des quanlilés de
qu une seule maladie qui puisse augmenter la quantité de fibrine, la fibrine et la faire monter à 8 et 9 parties sur 1000 de sang ; cette maladie est l'inflammation (voj'ez Inflammation). Ce que nous avons surtout à mettre en évidence, pour le moment, c'est la corrélation qui existe entre l'augmentation de la fibrine et le travail local qui constitue la phlegmasie. Toutes les fois que cette augmentation a lieu, on peut être sûr qu'il existe quelque part une inflammation parvenue à la période d'hyperémie, de suppuration ou de ramollissement. L'altération du sang est-elle consécutive à la maladie du solide? C'est ce que nous chercherons ailleurs. (Voyez Inflammation.)
Nous montrerons aussi que l'accroissement de la fibrine peut appartenir à l'état physiologique, et exercer une influence considérable sur l'organisme à l'état sain et morbide. (Voyez Èiat puerpéral.)
Étudions maintenant la part que prend l'altération du sang avec le développement des phénomènes morbides qui accompagnent et suivent l'inflammation. Il faut établir plusieurs catégories de cas sur lesquels nous jetterons un coup d'œil rapide, parce que nous en présenterons
ALTÉRATIONS DU SAiNG.
une étude plus approfondie dans une autre partie de ce Diaihèse livre. L'altération du sang, une fois produite par le trainnammatoire. ^^^.^ phlogistlqiie local , se traduit par un état général ou diatlièse qui a été signalé, sous différents noms et à différents titres, par tous les auteurs. Si elle rencontre la pléthore , ou se montre chez un sujet jeune ou doué du tempérament sanguin, il en résulte un ensemble de symptômes généraux avec prédominance de la réaction vasculaire , et un état sthénique à son maximum qu'on a appelé aussi état inflammatoire. Tous les symptômes , toutes les maladies intercurrentes se ressentent de cet état qui sera décrit plus loin (voyez Iiiflammalion). Remarquons qu'à mesure que le travail phlegmasique poursuit son cours, la diète, les saignées ou le traitement débilitant enlèvent au sang ses globules, l'anémie se prononce; de là des changements dans l'expression symptomatique du mal, et surtout dans la composition du sang, qui fournit encore amplement au travail phlegmasique. (Voy. Anémie.) Toutes Toutes les inflammations ne modifient pas le sang de
les inflammations i -i i . , r-i • i
n'augmentent même manière; les unes augmentent sa fibrine, les pas les quantités autres u'exerceut aucune influence sur cet élément
de fibrine. • i i i • • , i . •
quoique la phlegmasie soit exsudative ou suppurative. Le ramollissement des plaques de Peyer et les milliers de phlegmasies du derme qu'on trouve dans la variole n'ont pas le pouvoir d'élever la fibrine, et cependant tous les caractères Iqpaux les plus tranchés de la phlegmasie existent. Cette particularité conduit à une réflexion que ne peut manquer de faire le médecin qui envisage les altérations du sang comme le résultat de la maladie du solide. La spécificité peut à elle seule dominer tellement l'altération du solide, qu'elle l'empêche de se traduire par ses effets ordinaires sur le sang. Ainsi le travail
DÉFIBRINATION.
phlegmasique, tout en conservant ses caractères locaux, perd son influence sur le sang.
Dans les fièvres, les exanthèmes, et les maladies dans L'accroissement le cours desquelles on observe des ramollissements, des quantues do
'■ ' fibrine peut être
gangrènes et môme des liémorrliagies, ainsi que nous le remplace par un dirons plus loin, le travail phlegmasique peut prendre o'^rpa'Td'aulrcs naissance. Ainsi se développent des stomatites, les la- lésions du sang, ryngites pseudo - membraneuses , les suppurations du tissu cellulaire qui doivent être suivies de l'altération du sang propre aux phlegmasies, c'est-à-dire de l'accroisenient de la fibrine ; en elFet les choses se passent ainsi. Tous les praticiens ont observé de ces phlegmasies, dites spécifiques, dans le cours des maladies ataxoadynamiques, septiques, putrides. Faut-il refuser d'y voir l'inflammation parce que celle-ci naît au milieu de conditions morbides toutes spéciales? En aucune manière, et nous verrons plus loin que la diminution de la fibrine qui fait Thémorrhagie peut être rapidement remplacée par un état opposé du même élément. Attendonsnous donc à voir une altération du sang en rem])lacer une autre, comme dans le solide une maladie se substitue à une autre, nous ne disons pas se transforme en une autre.
1° Diminulion de la fibrine; dèfihrination. Lorsque l'élé- Dcfibriuaiion. ment plastique du sang diminue de quantité , et qu'il s'abaisse de 5 à i et même moins de i/iooo, il en résulte un état morbide que l'on a appelé état scorbuliqve on de dissolulion du sang. Observé et décrit dès la plus haute antiquité, cet état entraîne des accidents graves parmi lesquels les hémorrhagies multiples occupent la première place. Huxham en a fait une étude approfondie; nous ne pouvons passer sous silence ses remarquables travaux,
558 ALTÉRATIONS DU SANG
qui ont été corroborés par ceux de MM. Andral et Ga- V arrêt (i).
causes de celle Parmi les causes qui agissent, soit en empêchant la alléralion. formation de la fil:)iine, soit en la soutirant au sang, il faut signaler i° les expériences faites sur les animaux, l'injection de sels alcalins, et dans l'état morbide , la pénétration encore douteuse des mêmes sels, de l'urée et de l'acide urique, comme dans quelques cas de mort rapide survenue à la suite de résorptions urineuses ou de l'albuminurie; 2° l'injection dans le sang d'un autre sang défibriné; 5" de matières septiques et de cai'bonate d'ammoniaque (Magendie , Gaspard, Leuret , Hamon) ; 4° tle l'acide prussique, hydrosulfurique, de l'arsenic; 5° une nourriture exclusivement composée de viandes salées , fumées ou altérées par la putréfaction, et en même temps la privation de plantes herbacées fraîches , comme dans le cas de scorbut ; 6" une nourriture insuflisante, comme chez les afl'amés et ceux qui meurent d'inanition; 7° une fatigue extrême dont les animaux surmenés nous offrent de Iréquents exemples. Galien avait fait la même remarque chez les cerls tués à lâchasse; 8° un trouble consitlérable de l'innervation , une douleur physique vive de longue durée, un chagrin profond qui finissent par causer également la défibriiialion (2).
Maladie dont Nous he ferous qu'énumérer les maladies dont la déla dcfibrinaiion fijjj.jnation du saug est l'élément essentiel, parce qu'elles
csl un clément '-' 7 r ^
esseuliei. doiveut être le sujet de nos études spéciales. (Voyez Hè-
(1) Huxham, Essai sur les fièvres, chap. iv, v el viii. — Andral et Gavarrct, mém cil., et Eii.sar dliemalologie déjà cité.
(2 M. Cléini'iit a moiitié, clans un mémoire intéressant, que la douleur lail dmunucr la fibrine et l'albumine chez les animaux, Comptes rendus de l'Académie des sciences, 16 juillet 1850.
DEFIBRINATION.
morrhagies, Pyrexies). Ces maladies doivent être partagées en deux groupes naturels.
Nous trouvons dans le premier le scorbut et les affections qui n'en sont qu'une forme plus affaiblie, tel que le pourpre hémorrhagique. L'élément essentiel priujaire, dans ce cas, est la diminution de la fibrine, à différents degrés.
Le second, beaucoup plus nombreux, contient des ma- pyrexies ladies dans le cours desquelles apparaît une hémorrhagie ''^'"«"hagies. scorbutique forte ou faible, mais dans tous les cas secondaire, consécutive à une affection générale ou locale ; ainsi se développent les hémorrhagies si communes dans le typhus, la fièvre typhoïde, la fièvre jaune, les formes graves et surtout épidéiniques de la variole, de la rougeole et de la scarlatine, et dans toutes les maladies à déterminations morbides gangréneuses, la fièvre puerpérale, le charbon, la pustule maligne, la morve, le farcin, et dans les empoisonnements du sang par le pus ou les matières septiques.
Qu'on veuille bien remarquer que la diminution de la fibrine peut avoir lieu par le seul fait d'un trouble survenu dans la nutrition générale , et qui reconnaît pour cause , soit une mauvaise hygiène , soit une maladie qui lèse profondément l'innervation ou la fonction d'hématose , quel qu'en soit le siège. Dans le premier cas, l'altération du sang est éléraeut primaire de maladie ; il joue le rôle d'élément secondaire dans toutes les affections graves que nous avons énumérées , et qui ont pour effet de léser le solide et souvent le liquide. Les hémorrhagies L'aiiiration
111 \T II I ■ \ t'es (I nanti lés
se manifestent dans les deux cas. Voyez hcmorrhayies.) normales Les causes que nous venons de passer en revue, après d'aibumine? peut
^ . j accompagner
avoir agi sur la fibrine du sang , finissent par s attaquer la dèfibrinaiion.
ALTÉHATfONS DU SAN(;.
à l'albumine, dont les quantités ])bysiologiques ne sont pas moins nécessaires que celles de la fibrine pour que les fonctions s'exécutent régulièrement. C'est ce qui explique pourquoi les hydropisies s'observent si souvent, en même temps que les hémorrhagies, dans le cours de toutes les maladies graves qui s'attaquent à tout l'organisme.
Lésionsphysiques Cciraclères pMjsiques et chimiques du sang défibriné. et chimiques L'^i^^ient fibrineux s'abaisse de 3 à i , et même à moins
du sang. '
de 1 sur looo parties du sang ; quelquefois même l'élément plastique fait entièrement défaut, ou du moins on ne peut plus le découvrir par l'analyse i . Nous avons nous-même rencontré deux cas oii l'examen microscropique du sang ne nous a point permis de découvrir la plus minime quantité de fibrine dans la sérosité que contenaient les gros vaisseaux et le cœur.
Quant aux autres éléments du sang, ils varient à un degré extrême, du moins si l'on s'en rapporte aux diverses analyses chimiques. Les globules rouges restent à l'état normal, quelquefois diminuent, et même augmentent. La quantité d'eau du sérum augmente 8o5 ou reste physiologique. L'albumine s'est abaissée dans quelques cas : on l'a trouvée en quantité normale dans d'autres. On voit donc que la seule lésion constante est la diminution de la fibrine. On a supposé aussi qu'elle perd ses qualités plastiques et devient plus molle , plus difficilement coagulable. On ne peut s'expliquer les différences offertes par les analyses chimiques qu'en admettant qu'elles ont été faites dans des cas complexes : l'anémie, la congestion , la plilegmasie même, peuvent accompa-
(1) Comme dans le cas cité par M. Hérard, Comptes rendus de l'Académie des sciences, 28 décembre 1852.
DÉFIBRINATION.
gner l'état de dissolution du sang ou lui succéder. (Voyez Hémorrhagies par altération du sayig. On se rend compte ainsi des variations qu'on observe dans la quantité des globules, de l'eau et de l'albumine. Quant à la pioportibn augmentée des sels du sérum, et spécialement des sels de soude, aucune analyse n'en a démontré bien positivement l'existence.
Dans un degré extrême, qui mérite le nom d'état de f'ia.i dissolution du sang que lui a donné Iluxham, ce liquide , *^%^u sang."'" tiré de la veine, ne se coagule pas, reste fluide, noirâtre, d'un rougo sale ou d'un rouge clair, semblable à de l'eau qui contiendrait une petite quantité de vin. Ces altérations s'expliquent par l'absence ou la diminution de la fibrine, qui, dans l'état normal, lorsqu'elle passe de l'état liquide à l'état solide , détermine , comme on le sait, la formation du caillot. (Voyez Altération des propriétés physiques du sang.) Celle-ci ne peut donc plus avoir lieu ou, du moins, ne s'opère qu'imparfaitement. Les globules sanguins et la fibrine se retrouvent dans le sérum à l'état de dissolution. Le sang que renferment Isj cœur et les gros vaisseaux présente les mêmes caractères physiques.
Lorsque le sang est moins défibriné, il se forme alors intensité moindre un caillot large comme le vase, noirâtre , présentant une .'^^ raiiération teinte grise ou verdàtre , tellement mou et diflluent , qu il du caiiiot. se brise sous le doigt ; ou bien il est sous forme de grumeaux mêlés au sérum. Celui-ci se trouve infiltré en totalité dans le caillot, parce qu'il n'a pu en être expulsé par la fibrine presque absente.
Dans d'autres cas, le caillot est formé; il nage dans couenne une sérosité forteuient rougie par les globules. Il est volu- ï'»iP'""fJiie;
° ^ ° . ^ riidiiiienluire,
mineux, mou. Il se couvre à sa surface d'une matière glai-
562 ALTÉRATIONS bU SANG.
reuse, semblable à l'albumine de Tœuf, ou à une pellicule verdâtre, bleuâtre, qui doit prendre le nom de fausse couenne. A la partie inférieure du sérum , sur les parois du vase qui renferme le sang , se dépose une matière rouge, de couleur plus ou moins foncée, qui est constituée par les globules sanguins, précipités pendant la coagulation imparfaite et lente du sang.
On peut imaginer toutes les formes intermédiaires entre celles que venons de signaler. Elles rappellent tidèlement les caractères physiques du sang dans les fièvres et les maladies hémorriiagiques. Si parfois on trouve un caillot petit, fortement couenneux à sa surface, c'est qu'alors il existe une autre altération du sang. La diminution des globules propre à l'anémie ou l'accroissement de la iibrine dû à une pblegmasie intercurrente qui fait remonter l'élément plastique, servent à expliquer toutes ces variations. Tel est l'ensemble des notions liématologiques que l'on possède aujourd'hui , et dont on doit la découverte à MM. Andral et Gavarret. Examen L'cxameu microscropiquc du sang scorbutique ne nous Tn'riïrelucun '^^PP^'^"^ ^'^^n de précis. On retrouve, il est vrai, la fiiniérêt. brine sous les foj mes granulaire et fibrillaire ; mais cette notion n'a pas la moindre importance, puisque cette forme existe à l'état normal. Tout ce qu'on a écrit sur les altérations des globules rouges, sur leur forme crénelée, déchiquetée, appartient à une époque où l'on connaissait imparlaitement fétude microscopique des liquides. Signes de Symplôiites de la drfiLrmaiwn. Quelle que soit la na-
la dufibrinalion. . ■ i , , ,
ture de la maladie dans le cours de laquelle se développe la déhb] ination, deux sortes de lésions eu révèlent principalement l'existence : i° les héniorrhagies; 2° les congestions avec leur cortège obligé de symptômes.
13ÉFIBRINATI0N.
Les hémorrhagiëis ont liéli ^ar dilTérehtes voies : par les vaisseaux du derme, parles membraiies muqueuses et parles capillaires des parenchymes. Elles àfl'eclent slrtiultauénient ou d'une manière plus spéciale chacune de ces parties, suivant Tehlité morbide. Dans les pyrexies, îJn les observe surtout à la peau soiis forme de pétéchié et d'ecchymose, ou ?ur la membrane nuiquelise (vomissement noir de la fièvt-e jaune, épistaxis des typhus, fièvre rémittente de l'Inde. (Voyez Hèmorrhciïjies.)
Les congestions constituent un autre effet non tnoins fréquent dë la dinlinuiion de fibrine, soit qu'elles persistent à fétat de congestions, soit qu'elles aboutissent à î'hémorrhagie qu'elles préparent et amèrient presque toujours. Aussi trouve-l-on à la fois pendant la Vie et après la mort disséminées, soit dans les mêmes organes, soit dans des lieux tlilférents, I'hémorrhagie et la congestion, (Voyez Congestions.)
Il nous reste, pour coinpléter le tableau des éffets hiorbides provoqués par la diminution de l'élément coagulable du sang, à parler d'un fait qui , suivant nous , a été souvent mal interprété : nous voulons parler de la coïncidence de la défibrination du èang avec d'autres états morbides locaux oU généraux, d'une nature tout opposée. On trouve, par exemple, dans une épidémie de scarlatine ou de rougeole, des phlegmasies pseudomembraneuses, des hémorrhagies, des gangrènes qui souvent se compliquent ou se succèdent. Dans tous ces bas, il n'y a pas, il ne saurait y avoir transformation d'une phlegmasie en une hémorrhagie ou réciproquement; la constitution du sang s'y oppose. Mais l'altération de ce liquide peut très-bien changer complètement de nature, c'est-à-dire qu'après avoir subi l'action de causes spéci-
Hémorrhagies.
Congestions.
Différenles altérations du sang peuvent se
succéder dans les maladies.
Elles traduisenl
alors plusieurs gcniT.s de lésions du solide.
ALTÉRATIONS DU SANG
Indications Itaërapculiques.
Indirations générales, souvent iaceriaiiies.
tiques, le sang d'abord fibrineux peut perdre cette fibrine, et alors aux caractères anatomiques et à la lésion locale de la plilegmasie qui persiste s'ajoutent des hémorrhagies et des gangrènes. 11 nous paraît probable que sous l'influence des causes épidémiques, endémiques ou contagieuses, le sang peut s'altérer de ces diverses manières. C'est alors qu'à la plilegmasie se substitue une hémorrhagie ou une gangrène. 11 faut se familiai iser avec ces métamorphoses , et se rappeler que les altérations du sang ne sont pas plus invariables ni plus persistantes que les maladies du solide dont elles sont, d'ailleurs, lareprésentation fidèle, en pareil cas.
Un dernier ordre de symptômes qu'on retrouve dans presque tous les cas de délibrination est constitué par l'état morbide qu'on désignait anciennement sous le nom d'état putride, et que l'état typhoïde a détrôné. Presque tous les sujets chez lesquels le sang est fluidilié tombent dans l'adynamie et finissent même par oiïrir les fuliginosités, la teinte spéciale de la peau, et la stupeur qu'on observe dans les maladies typhoïdes.
Lidicalions thérapeutiques. Toutes les maladies dans lesquelles le sang perd de sa fibrine présentent un certain nombre d'indications thérapeutiques qui leur sont communes. Rendre au sang sa plasticité, en y introduisant des substances capables de stimuler généralement le solide, telle est la plus pressante de toutes les indications.
On cherche à obtenir cet elTet à l'aide des toniques fixes et des excitants qui vont agir sur le système nerveux et directement aussi par l'intermédiaire du sang sur les capillaires généraux. On parvient ainsi , dans quelques cas, à combattre l'adynamie et à rendre aux propriétés vitales, telles que l'irritabilité, la sensibilité et la moti-
DÉFIBRINATION.
lité , la force qui leur manque. Cependant nous devons signaler au praticien les dillicultés sans nombre qui souvent rendent ineffîcace la médication la mieux dirigée. Il ignore le plus ordinairement la cause réelle de la défibrination du sang ; il ne sait donc pas sur quel appareil il doit faire porter plus particulièrement la stimulation. Les maladies qui s'accompagnent de cette maladie du sang diffèrent tellement entre elles par leurs symptômes, leur nature, leurs causes probables, qu'il est impossible de diriger la thérapeutique avec quelque certitude. En prodiguant le quinquina, les acoolats chargés d'huiles essentielles ou de substances amères résinoïdes, il peut réussir; mais le succès est loin d'être certain. Rien de plus difficile que de reconstituer le sang et que de lui rendre sa fibrine.
Il n'en est plus de même si l'on parvient à découvrir indication» la cause expérimentale à laquelle est liée la maladie du de^aconlaiflance sang. Quelquefois elle dépend d'une alimentation mau- de la cause, vaise ou insuffisante, d'une asthénie du système nerveux, d'une douleur excessive, de la suractivité des organes de l'innervation ou de la locomotion; l'indication thérapeutique et le remède sont faciles à trouver : l'hygiène en fait tous les frais. Le traitement du scorbut est presque toujours efficace , parce que nous connaissons les causes hygiéniques de la défibrinalion.
A côté de l'indication générale qui consiste dans la stimulation, s'en trouvent d'autres qui dépendent de la nature de chaque maladie dont la défibrination n'est qu'un élément. Ainsi, dans les fièvres hémorrhagiques, l'altération septique du sang prend une part très-grande à la production des accidents. 11 en est de même de l'infection purulente dans un grand nombre de maladies du solide.
ALTÉRATIONS DU SANG
Faisons remarquer toutefois que les indications particulières concordent très-bien avec celles que nous avons posées d'abord.
Si la défibrination aboutit plus spécialement à la congestion ou à l'hémorrhagie dans un oi'gane, ^1 est à peine nécessaire de dire qu'il faut agir aussi sur le siège particulier des lésions, mais en subordonnant toujours le traitement local au traitement général. (Voyez Hémorrhagies, congestions.)
3. — Des altérations do quantité des globule» \ du san^ , considérées comme éléments <le maladie.
Les globules représentés par les chiffres 127 à 1 32 sur 1,000 parties de sang, constituent un des éléments les plus essentiels du liquide sanguin. Regardés par les uns comme l'élément stimulant, par excellence, et comme la seule partie animée et vivante du sang, par d'autres comme des cellules destinées à subir ultérieurement de nombreuses métamorphoses, les globules s'altèrent souvent dans le cours des maladies. Leurs quantités augmentent ou diminuent; cette altération de proportion est la seule qu'on connaisse. On a supposé qu'ils pouvaient s'altérer dans leur constitution propre, renfermer plus ou moins de matière colorante, d'eau, de fer ; mais comme on est réduit sur ce sujet à de simples conjectures, nous ne parlerons que des maladies dans lesquelles les globules sont augmentés ou diminués. Le premier état morbide a reçu le nom de plèLkore, le second celui d'anémie.
De la pléthore. T De l' AUGMENTATION DE QUANTITÉ DES GLOBULES
ROUGES. Pléthore. La pléthore a été considérée par les
PLÉTHORE