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médecins de toutes les écoles comme un état général de l'organisme qu'ils ont rapporté, tantôt à une altération du sang, tantôt à une lésion vitale du solide ; tous se sont accordés à reconnaître qu'elle joue un rôle essentiel dans un grand nombre de maladies. On attribue généralement aujourd'hui la pléthore à un changement primitif de composition du sang.
Nous donnerons le nom de pléthore à une diathèse or- Définiiion. dinairement congénitale, produite par l'augmentation des globules rouges du sang.
Caractères de VaHèralion du sang. Un seul élément. Altération
, 1 1 1 • 1 , , T • , chimique
le globulaire, est altéré. Les quantités s élèvent au- du sang, dessus du chiiïre normal. Sur 3i saignées, MM. Andral et Gavarret ont trouvé pour moyenne i4i ; maximum, i54; minimum, i3i (le chiiïre normal est .127) (1). La proportion d'eau diminue et les autres éléments ne subissent pas de changement appréciable. Le sang tiré de la veine se prend plus lentement en caillot que le sang des plegmasies; ce caillot est volumineux, souvent large comme le vase, peu rétracté, par conséquent infiltré d'une grande quantité de sérosité, médiocrement résistant, à surface plane, oxygénée, rutilante, jamais çouenneuse; tout au plus s'il existe une couche molle, verte ou grisâtre à la partie supérieure du caillot.
On a prétendu que le sang est en quantité plus AccToissement
, . , . -x- ' c de la quantité
grande, mais aucune expérience positive n a pu lour- du sang? nir la démonstration de ce fait (2). Dans l'état actuel
(1) Andral, Essai d'hématologie, p. 44, in-S", Paris, 1843.
(2) MM. Becquerel et Rodier ont soutenu cette opinion, mais sans en administrer la preuve convaincante ; Traité de chimie pathologique, p. 96, iu-8^ Paris, 1864.
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de nos connaissances, nous sommes habitués à nous représenter le sang comme un liquide dont les q'iantités générales necliangentpas, môme chez les individus qui en ont perdu une quantité énorme, l'eau venant sur-le-champ prendre, dans le système vasculaire, la place de celui qui s'est écoulé au dehors. Nous ferons remarquer à ceux qui nient l'augmentation des globules dans la pléthore, qu'ils admettent cependant la diminution de cet élément dans l'anémie ; or, presque toujours, chaque maladie correspond à une autre maladie de nature entièrement opposée. La pléthore et l'anémie sont précisément ces états morbides contraires.
sympiAmes Signeu de la plHhore. Rappelons seulement que l'excie la pieihoie. ^g^^jQjj produite par un sang plus riche en globules se traduit par la suractivité fonctionnelle de l'appareil vascu- * laire plus spécialement. Nul corps, dans le sang, ne jouit à un plus haut degré que le globule rouge du pouvoir de mettre en jeu l'excitabilité. Il faut rapporter à cette stimulation les symptômes suivants : prédominance d'action et développement des appareils respiratoire et circulatoire; vive et facile pénétration du sang dans les capillaires généraux, coloration louge des tissus, plénitude des artères et des veines , calorifi cation plus grande et résistance au froid, sécrétions abondantes, nature plus animalisée des produits excrétés, appétit vif, digestion prompte, selles rares.
Accidenis de la pléthore. Portés à un degré morbide , les phénomènes précédents sont remplacés par d'autres symptômes : céphalalgie, vertige, bourdonnements dans les oreilles, battements incomm.odes des artères et du cœur, coloration rouge du visage , quelques congestions
PLETHORE.
plus OU moins habituelles (i). Arrivée à ce point, la pléthore constitue l'imminence morbide, la prédisposition à la maladie ou enfin la maladie même : trois ordres d'accidents peuvent être rattachés à la pléthore : ria congestion ; 2° V hémorrhagie ; 3° la fiècre.
Congestion. Si ia pléthore va toujours en augmentant, congesiion. soit en raison de la diathèse congénitale qui la crée, soit surtout à cause de l'action incessante des agents hygiéniques qui l'entretiennent et l'exagèrent, il en résulte, à un moment donné, une congestion dite active, sthénique, qui représente \npleihora ad vires des anciens. Les symp- symptômes tômes locaux , diflerent suivant l'organe vers lequel se
" ' suivant l organe
fait l'hyperémie. Ils consistent , d'une manière générale , congestionné, en une pesanteur plus ou moins incommode, en un sentiment de plénitude, de chaleur, de douleur même, en pulsations des artères, en une chaleur et une coloration plus grandes des tissus, en un trouble conslant de la fonction. Celle-ci est toujours déprimée ou pervertie. La congestion pléthorique du cerveau produit les vertiges, la céphalalgie l'assoupissement, le fourmillement des membres, et va même, par des degrés divers et toujours rapides, jusqu'à la perte de l'intelligence, du sentiment et du mouvement. La congestion du foie détermine l'ictère; celle du rein, la sécrétion de l'albumine; de l'utérus, des douleurs vives, de la chaleur, de la pesanteur, etc. , vers cet organe.
Les symptômes généraux de la congestion pléthorique instruisent plus encore que les symptômes locaux. L'âge du sujet, le caractère propre de sa constitution, lacomposition chimique du sang, les propriétés physiques du caillot, le développement d'une fièvre intense sans loca-
(i) M. Piorry a donné de la pléthore une description très-exacte; Traite des altérations du sang {folyhyperémie], in-S", Paris, 1840.
ALTÉRATIONS DU SANG
Ilémorrhagie pléthorique.
La congestion pléthorique ne produit pas la phligmasie.
Elle subsiste avec ses caractères propres et originaires.
Hémorrhagies pléthoriques.
lisation d'abord-, plus tard les phénomènes d'une congestion aiguë vers un viscère, sans aucun signe de pblegmasie : tel estl'ensemble des phénomènes qui caractérisent la congestion pléthorique,
Elle peut aboutir à une hémorrhagie ou à une hyperémie copieuse qui jugent la maladie. 11 est fort douteux qu'elle finisse par une inflammation locale. Cette opinion, fortement accréditée dans les anciennes écoles et parmi un grand nombre de médecins de notre époque, ne nous paraît pas fondée. En effet, on sait que la fibrine n'est nullement augmentée dans la pléthore ; l'analyse chimique du sang nous a rendu sous ce rapport un service signalé, en nous montrant que dans la pléthore, la constitution du sang est toute différente de ce qu'elle est dans l'indaramation , et que presque toujours les hyperémies resient fidèles à leur première origine. Elles sont dues primitivement à l'augmentation des globules ou à l'augmentation de la fibrine; dans le premier cas, elles conservent leur caractère d'hyperémie pléthorique, celui de phlegmasique dans le second cas.
La prédilection de la pléthore pour tel ou tel organe s'explique par des causes que nous étudierons plus loin , et qui sont les mêmes pour les hémorrhagies de môme nature.
Arrivée à un certain degré, la congestion suit une marche rétrograde. Tous les symptômes de l'afllux sanguin se dissipent et le malade est rendu à la santé , mais pour un temps , en général, assez court, parce que l'altération du sang ne tarde pas à ramener les mômes effets. Elle se termine souvent par des hémorrhagies.
Hémorrhagies. Elles sont toujours précédées des symptômes locaux et généraux de la congestion, c'est-à-dire
PLÉTHORE
qu'oTi voit paraître tous les signes de la fièvre inflainma- Symptômes taire et du molimen hémorrhasique. Ces derniers con- ., '"'"^"'^ ,
o 1 ils se composent
sistent dans les symptômes que nous avons indiqués en de ceux qui parlant de la congestion. Toutefois , lorsque celle-ci doit à i-hyperèm^^ se terminer par un flux sanguin , la tuméfaction , la rou- «ortie