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chimie, surmontant ces difiicultés, finira par découvrir la nature des altérations qui sont restées inconnues jusqu'à ce jour. Il faut savoir attendre dans les sciences expérimentales, et ne pas se hâter de construire des hypothèses qui, plausibles aujourd'hui, seront renversées demain par un fait imprévu ou nouveau. Elles nuisent à la médecine, en légitimant, jusqu'à un certain point, les attaques incessantes dirigées contre les applications de la chimie.
La physique est venue aussi nous prêter son utile concours, tantôt en nous apprenant à expliquer, par les lois connues qui régissent la matière inorganique, un certain nombre de phénomèmes normaux et anormaux qui se passent dans le corps de l'homme, tantôt en mettant entre nos mains des instruments précis à l'aide desquels nous découvrons, avec une certitude merveilleuse, le siège, les symptômes et la cause des maladies. On peut dire que la médecine vit d'emprunts continuels faits aux sciences physiques et chimiques. La micrographie elle-même n'en est qu'une application à l'anatomie normale et pathologique.
Des hommes impatients ou peu initiés à la marche naturelle des sciences, s'étonnent de ce que la médecine n'a pas fait des progrès plus rapides et n'est pas encore en possession de lois générales semblables
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à celles qui régissent les phénomènes physico-chimiques. Qu'ils veuillent bien remarquer d'abord que l'étude des sciences naturelles a fait tomber un grand nombre d'erreurs, rendu impossible le triomphe même momentané des systèmes et frayé la vraie route dans laquelle la médecine est engagée. De pareils résultats répondent victorieusement à toutes les attaques. Qu'on songe d'ailleurs qu'il n'existe aucune parité entre la médecine et les autres sciences. Chez l'homme sain ou malade les moindres phénomènes se compliquent d'éléments divers , et l'intervention des propriétés vitales vient sinon troubler, du moins compliquer tous les problèmes que nous sommes appelés à résoudre. L'observateur le plus sagace se trouve arrêté à l'instant même lorsqu'il veut appliquer à la physiologie ou à la pathologie un raisonnement ou une loi qui s'adapte parfaitement à la matière inorganique. Rappelons-nous, en outre, que s'il a fallu plusieurs siècles pour conduire les sciences naturelles, au point où elles sont arrivées aujourd'hui et pour établir un petit nombre de lois fondamentales, il faudra une série presque incalculable d'années pour faire sortir, de l'application bien autrement difficile de ces mêmes sciences à la médecine , des lois générales ou un système. Cessons donc de nous plaindre; ne nous décourageons pas en pré-
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sence des obstacles qui surgissent et qui ne sauraient arrêter un seul instant le médecin. Il en est d'autres, non moins grands, dont nous devons signaler l'existence.
Il faut aujourd'hui des études si profondes et si multipliées, des notions si étendues de chimie, de physique, d'anatomie et de physiologie, qu'il est presque impossible à un seul homme, quelque bien organisé qu'il soit, de tout embrasser avec un égal succès. De là la nécessité pour chacun de porter son investigation plus spécialement sur quelqu'une deces parties et de se confiner, en quelque sorte, dans une région limitée de la médecine, pour la mieux explorer. Le morcellement des études , la division du travail ont conduit les observateurs à perfectionner les méthodes, à relever des erreurs, à découvrir des faits entièrement inconnus et à reconstituer ainsi peu à peu certaines parties de la science.
Dans ce monceau énorme de détails qui va grossissant chaque jour, tous les faits n'ont pas la même importance; on trouve le métal précieux au milieu du sable, d'où il faut apprendre à l'extraire si l'on veut en faire profiter tout le monde. En effet, il ne suffit pas de rassembler des descriptions particulières ni de faire des collections de faits ; ce travail serait stérile si l'on ne cherchait pas à les mettre en œuvre,