XXII AVANT- PROPOS
d'idée générale et de raisonnement. Il en est un antre que nous appellerions volontiers l'exagération du positivisme. En effet, il y a aujourd'hui bien peu d'esprits qui consentent à accorder quelque attention et quelque valeur à un travail, s'il n'a pour résultat nécessaire , immédiat ce qu'on est convenu d'appeler une application. Celui qui se livre à une recherche quelconque veut avant tout qu'elle soit utile. L'utile, voilà le grand mot qui pèse de tout son poids sur la médecine comme sur toutes les connaissances humaines. Cherchons la cause de cette fausse direction.
On la trouvera d'abord dans la situation actuelle des hommes et des choses. Occupés sans cesse d'intérêts et non d'idées , du fait matériel et non de la pensée qui vivifie, les médecins, comme les autres, veulent absolument tirer parti de leurs travaux intellectuels, et les escompter à beaux deniers comptants. Dans ce siècle besogneux où chacun se sent pressé par la dure loi de la nécessité, on ne travaille plus pour l'art en lui-même, on commence par grossir l'importance d'un fait, quelque minime ou connu qu'il soit; on s'efforce ensuite de le bien présenter, de lui donner une forme saisissante; on parle beaucoup de ses nombreuses applications , surtout au soulagement de l'humanité; on finit toujours par faire croire qu'il