AVANT-PROPOS. XXV
pas pour résultat immédiat la découverte d'un remède, d'un symptôme ou d'une cause, il s'ensuivrait que le champ de nos investigations serait bien limité, car dans plus de la moitié des maladies, nous sommes réduits au simple rôle d'historien ou de témoin désarmé de leurs ravages. Cette manière étroite , vulgaire d'envisager les études scientifiques condamnerait aussi le botaniste, le minéralogiste et le zoologiste à s'abstenir toutes les fois qu'ils ne pourraient saisir une application; ce qui arrive dans la plupart des cas. Pourquoi, en attendant un avenir meilleur, ne pas élever notre esprit à la contemplation de la science pure? C'est bien peu connaître l'esprit des sciences que de vouloir en bannir les études générales. Une spéculation pure, abstraite, sans portée aujourd'hui, peut en avoir une immense demain. Combien d'exemples, empruntés à la pbysiqueet à la chimie, prouveraient sans réplique qu'il n'est jamais permis de négliger l'élude des sciences dans ce qu'elles ont de purement théorique. Modérons donc un peu notre ardeur pour les applications, pour la piatique prise dans son sens restreint ; élevons par le travail et par la méditation la médecine au-dessus des basses régions de l'intérêt au niveau desquelles on voudrait la rabaisser. Agir autrement serait méconnaître les lois de cet éternel mouvement , qu'on appelle le pro-