AVANT-PROPOS. XXIX
der les qualités précieuses du cœur et de l'esprit dont il a tant besoin pour pénétrer les secrets de la nature.
Le génie des sciences résulte d'une étroite urnon entre les diverses facultés de notre intelligence. Le sentiment du vrai et du beau qui en émane, a toujours présidé aux destinées de la médecine. Aujourd'hui plus que jamais nous avons besoin de restituer à ce sentiment toute sa puissance. Les convictions médicales sont ébranlées, on s'étonne devant les succès audacieux remportés par des doctrines puériles et presque ridicules, ou devant le laisser-faire des hommes qui devraient le plus s'indigner et employer l'autorité de leur position à flétrir ces doctrines et à en arrêter la propagation. Enfin, l'anarchie scientifique, l'absence complète de toute forte direction dans les études médicales, jettent partout l'insouciance et le découragement, lorsqu'elles ne produisent pas encore de plus funestes résultats.
L'ami dévoué de la science médicale, qui gémit en secret de cette triste situation , n'en poursuit pas moins sa carrière avec une ferme indépendance. Homme de labeur, possédé du désir incessant de connaître, livré à la méditation et aux pensées sérieuses, il conserve jusqu'à la fin de sa carrière les convictions et la liberté d'esprit que donne le culte exclusif des sciences.