‹ Traité de pathologie généraleChapitre 21 sur 112 · XXX AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

XXX AVANT- PROPOS

Il est vrai qu'il faut avoir une confiance bien grande dans le progrès, des principes philosophiques arrêtés, une raison forte, pour conserver jusque dans les dernières années de la vie la même foi dans la science et pour empêcher le scepticisme de pénétrer dans l'esprit. Gardons-nous de le confondre avec le doute philosophique, ce sentiment noble et respectable d'où sortent la vérité et la modération en toutes choses. Lorsqu'il porte sur des points difficiles et litigieux, il devient une condition essentielle du véritable esprit scientifique. Le médecin, plus que les autres hommes , doit se modifier en présence des vicissitudes et des changements qui s'accomplissent autour de lui. S'il a rempli dignement sa tâche, s'il a consacré son temps à étudier les faits , à les méditer, à chercher la vérité, il a conquis le droit d'avoir, après de longues années de méditations, des idées autres que celles qu'il avait à son entrée dans la carrière. Quand il s'éloigne de cette époque de la vie où tout est lutte personnelle ou le désir légitime de connaître, de trouver la vérité devient en lui une sorte d'impatience qui lui fait croire qu'il l'a conquise; quand il s'est détaché de tout ce qui met en jeu les passions, Tamour-propre, l'intérêt, il entre dans une appréciation plus calme et plus vraie des opinions qu'il avait le plus fortement ou embrassées ou re-

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