AVANT-PROPOS. BB
faits particuliers, ne peut ni les retenir ni les l'aire fructifier faute d'une méthode. L'élève nouvellement entré dans la carrière médicale, comme celui qui l'a déjà parcourue avec dislinclion, celui qui sait comme celui qui ignore, tous demandent qu'on choisisse les faits prmcipaux, qu'on les mette en évidence, qu'on leur assigne leur valeur réelle, qu'on distingue ce qui est essentiel de ce qui est accessoire, ce qui est vrai de ce qui est faux ou contestable, ce qui est identique de ce qui est dissemblable, ce qui est possible de ce qui ne l'est pas; qu'on tire des rapprochements utiles de ce travail ; qu'on offre enfin à leur esprit ces idées d'ensemble , sortes de signes de ralliement sans lesquels la pensée erre à la recherche des choses mal définies ou purement chimériques.
J'ai surtout compris l'utilité de la pathologie générale, soit lorsque je m'etlbiçais, par de longues et patientes recherches, de rassembler dans un livre (1) les productions importantes et souvent oubliées des médecins de tous les temps et de tous les pays; soit lorsque, livré à l'enseignement, je voulais faire passer dans la mémoire de ceux qui m'honoraient de leur attention un résumé succinct de tous ces travaux ; soit enfin lorsque, observant sur le malade lui-même
(1) Compendium de médecine pratique, etc.
rv AVANT- PROPOS.
les ravages de la maladie, je me rappelais que d'autres, avant moi et mieux que moi, avaient su en trouver la cause, la nature, le remède. Alors la science s'offrait à moi sous un autre jour : je voyais surgir des vérités de premier ordre, autour desquelles venaient se grouper des faits secondaires et l'harmonie naître au sein du désordre et de la confusion,
Hippocrate, avec cette admirable intuition du génie qui brille dans toutes ses œuvres, me semble avoir clairement indiqué la véritable fonction delà pathologie générale lorsqu'il dit « que la médecine se compose de trois termes : la maladie, le malade, le médecin (1). »
L'histoire de la maladie doit comprendre tout ce que nous savons de général sur sa constitution propre, sur ses éléments, sa cause, ses lésions, ses symptômes et les indications thérapeutiques.
Dans l'étude du malade, on doit retrouver tout ce qui concerne la diathèse, la constitution, l'âge, le sexe, le tempérament, l'étude clinique, l'interrogation du malade, en un mot le support de la maladie. « Le médecin est le desservant de l'art et le malade l'aide à combattre la maladie (2). »
(1) Épidémies, liv. I, sect. 1, p. 637 ; 1. 1 , OEuvres complètes d'Hippocrate, traduction de LiUré.
(2) Épidémie, loc. cit.