AVANT- PROPOS. V
C'est encore à la pathologie générale qu'est réservé le soin de nous faire savoir par quelles études littéraires et scientifiques il faut se préparer à l'étude de la médecine ; de quelle manière doivent être dirigés l'enseignement oral, les études sur la tradition écrite, sur les doctrines médicales qui ont régné tour à tour, enfin tout ce qui a trait à la pratique de la médecine.
On ne peut envisager sans crainte un plan aussi étendu, et cependant comment ne pas l'adopter sans restriction quand il est proposé par un des hommes qui, avec Galien, ont le mieux compris l'art médical et s'en sont formé l'idée la plus haute et la plus philosophique? Sans prétendre explorer toutes les parties d'un domaine aussi vaste, il est permis du moins d'en examiner quelques régions. J'y suis encouragé d'ailleurs par l'enseignement si approfondi de M. Andral, qui n'a pas craint de donner à son Cours de Pathologie générale un pareil développement^ en consacrant plusieurs années à l'étude synlhétiqne de la maladie et de ses éléments, à l'exposition des principes philosophiques qui doivent guider le médecin dans la recherche de la vérité, enfin à l'examen des doctrines et des principales écoles de l'antiquité: Si, dans le cours de ce livre, je reproduis quelques unes des idées qui lui appartiennent, je lui en rapporte volontiers tout l'honneur.
VI A Vy\NT- propos;
Je me propose de renfermer dans les denx premiers volumes l'histoire générale de la maladie et de tous les éléments des maladies. J'aborderai plus tard, et à mesure que mes travaux me le permettront, les autres parties de la pathologie générale, de manière à en former une œuvre complète. J'ai dû m'écarter des errements qu'on a suivis jusqu'à ce jour dans les traités de pathologie générale et y comprendre précisément ce qu'on n'y trouve pas, l'étude synthétique des éléments et des principaux groupes nosologiques.
Le livre que je publie n'est point un travail de fantaisie ou de l'heure présente ; il doit renfermer ce qui a été fait de beau , de bon , de vrai , de durable dans la science. Je n'ai pas la prétention d'avoir créé les matériaux dont je me suis servi, ils existent dans les livres les plus anciens, et chacun peut les mettre en œuvre à sa guise. Je les ai élaborés et adaptés de mon mieux au but que je désirais alleindre. Je fais peu de citations parce que je me suis appuyé sur des documents qui appartiennent maintenant à tout le monde. Il n'v existe pas de place pour la critique ; ce livre ne doit contenir que des faits marqués au coin de l'évidence et de la vérité : de ces faits môme vulgaires que Bacon regarde comme les véritables contingents des sciences. Ils fournissent ces axiomes moyens d'où nous lirons