DES DÉFINITIONS
physique médicale continueront à fournir des définitions dont le moindre inconvénient est d'être obscure ou inintelligible. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à comparer les définitions de la fièvre, de l'inllammation ou de la maladie qu'on doit à Stahl, Boerhaave et Reil avec celles qu'on trouve dans les ouvrages plus récents. Les premières ne brillent ni par la clarté ni par l'exactitude. « La fièvre, dit Stahl, est une opération destinée à chasser la matière morbifique au moyen de sécrétions et d'excrétions réglées et tendant à une fin salutaire. » Pour Boerhaave, l'inflammation consiste dans la pression et l'attrition du sang artériel fortement refoulé dans les petits vaisseaux par la fièvre. Enfin Reil appelle la maladie une réaction accidentelle de l'organisme contre une cause de trouble. Souvent on trouve dans les définitions fondées sur la nature une indication plus ou moins dissimulée des phénomènes morbides les plus importants, et alors elles ont presque les qualités des définitions par les symptômes.
Les médecins les plus illustres de l'antiquité, parmi lesquels il faut mettre Hippocrate, Héraclide de Tarente, Cœlius Aurelianus, Galien et les empiriques, n'ont imprimé une si forte impulsion à l'art de guérir que parce qu'ils se sont attachés à caractériser les maladies par leurs symptômes prédominants. Aujourd'hui encore les maladies les plus faciles à définir sont celles dont on peut indiquer les phénomènes distinctifs (exemple : diabète, goutte, choléra, chorée, etc.); tandis qu'on échouerait sûrement si l'on prétendait en indiquer la nature dans une définition.
2° Définition par la lésion. Quoique très-importante en nosologie, la lésion ne vient qu'après le symptôme, parce
Manière judicieuse de procéder des anciens.
Dcfinilion par la lésion.
100 NOSOLOGIE
qu'elle peut manquer ou parce que la maladie est générale. Cependant une définition, pour être bonne , doit indiquer le tissu, l'organe ou l'appareil dans lesquels se passe l'acte morbide. L'anatomie pathologique a donc rendu à la nosologie les services les plus signalés en lui permettant de rapprocher les maladies qui ont le même siège histologique, et de les éloigner quand elles occupent des tissus différents. 11 suffit de rappeler l'incertitude où étaient les anciens lorsqu'ils voulaient définir des maladies du cerveau, telles que l'hémorrhagie, la congestion , le ramollissement.
Souvent les caractères tirés du siège et de la nature de la lésion doivent occuper la première place dans la définition de la maladie (exemple toutes les maladies locales sans exception) . D'autres fois, la maladie étant générale, on ne peut plus faire mention du siège de l'altération (exemple : diabète , rage , épilepsie) .
nèfiniiion 3° DêfiniUon par la cause expérimentale. La causalité par la cause, j^ièritc daus la définition la troisième place et vient après le symptôme et la lésion. Nous citerons comme exemples les définitions du délire alcoolique, du tremblement mercuriel, de la paralysie saturnine, du vomissement nautique, de la colique des pays chauds. La définition est alors appelée Hiologique, telle est, par exemple, celle des fièvres paludéennes , des maladies virulentes , venimeuses, des empoisonnements, de l'ergotisme , des différentes espèces d'asphyxie.
n^finiiion 4" Tfi'finilion par les effets d'une médication. La mau^nJmédic!uon. "^^^^ ^'''^S^^' médicament dans une maladie peut
devenir un élément précieux de la définition nosologique. Les fièvres à quinquina nous en offrent un exemple. En résumé, la définition scientifique d'une maladie