NOMENCLATURE
Conditions d'une bonnu nomenclature.
phus d'Amérique (fièvre jaune), maladie des Scythes, Hippocrate (impuissance? pertes séminales?), maladie des Barbades , mal de Hongrie , colique du Poitou , de Devonshire. 11 est inutile de montrer combien de pareils termes sont vicieux. Il en est à plus forte raison de même des dénominations basées sur la considération B. de l'àye : tremblement sénile, convulsion de l'enfance ; G. du sexe: maladies des jeunes filles, éclampsie des femmes en couches, fièvre puerpérale; D. du nom des auteurs qui ont décrit les premiers la maladie : mal de Pott, de Bright, etc.
CondUions d'une bonne nomenclature. Rien de plus facile à retracer que les règles qui doivent guider le médecin dans la formation des termes ; mais des difficultés sans nombre l'arrêtent dès qu'il veut s'y conformer rigoureusement.
Les mots doivent être : i" courts; 2° faciles à prononcer et agréables à entendre; 0" empruntés à la langue française ou bien aux langues grecque et latine qui sont depuis longtemps en possession de fournir aux sciences leurs meilleures dénominations. Le médecin qui veut puiser à cette source pour remplacer des expressions mauvaises ou pour rendre des idées nouvelles doit connaître le génie des langues qu'il met à contribution , ne pas former de ces mots hybrides composés de français, de grec et quelquefois de latin , qui blessent le bon sens , la piiilologie, et n'en sont pas pour cela plus conformes aux saines doctrines médicales.
Frappés de ces inconvénients, plusieurs médecins ont Difficultés que voulu, à différentes époques, corriger la nomenclature présentent les
, ,,1 i, -p -./Il nomenclatures.
médicale et surtout y porter 1 ordre , i umlormite de langage , que les progrès de la science ou plutôt que leurs
NOSOLOGIE
idées particulières leur suggéraient. Leurs efforts n'ont pas été généi-alement couronnés de succès. M. Piorry , qui a fait sur cette branche ,de la nosologie des études très-approfondies , a opéré d'utiles réformes et rencontré souvent des termes qui ont mérité de prendre rang dans la nomenclature médicale. Cependant il n'est pas encore parvenu à les faire accepter tous.
La science médicale n'est pas assez avancée pour qu'on puisse créer une nomenclature semblable à celle qui est justement adoptée en chimie. Il faudrait, pour faire réussir une tentative de ce genre , que la lésion élémentaire de texture et de fonction fût connue pour chaque maladie , ou que l'on s'accordât à tirer les termes uniquement de la phénoménologie.
En admettant que ces premières difficultés fussent vaincues , il resterait à trouver des mots courts , significatifs, euphoniques, et à les faire accepter de tout le f monde. Galien qui, en raison de ses vastes connais-
sances en philosophie, en philologie, en médecine, a dû saisir mieux que personne les défauts de la langue médicale, et qui était par cela même en état d'y porter remède , déclare qu'il préfère employer les mots reçus plutôt que d'en composer d'autres, et il va même jusqu'à désirer qu'ils n'aient aucune signification (i). Les mots rage, morve, charbon, diabèle, scrofule, cirrhose et tant d'autres remplissent précisément cette condition (2).
Synonymie. SYNONYMIE. Le désir immodéré de réformer la termi-
(1) Galion, dans le Methodus viedendi, lib. II, s'est exprimé avec une bagacitc extraordinaire sur la terminologie.
(2) La désinence Ue a été adoptée généralement pour les inflammations (pleurite); rhée pour les llux. On désigne aussi par la terminaison ic
ËTYMOLOGIE.
nologie ou de lui faire exprimer des idées systénuiti(|ues, a poussé les auteurs à inventer des mots nouveaux pour désigner une maladie déjà dénommée ; il en est résulté une synonymie très-nombreuse dont l'imagination, les doctrines et les prétentions de chacun ont fait tous les frais. Il faut cependant consulter cette synonymie, parce qu'elle nous montre les différents sens attribués au même mot par les hommes qui sont venus à des époques souvent éloignées de nous; et, ce qui est plus indispensable encore, elle nous apprend que le même mot a changé d'acception suivant les temps 5 qu'il a fini quelquefois par désigner toute autre chose que ce qu'il indiquait primitivement. Telle est, par exemple, la synonymie des mots soufre , mercure , pneuma , esprits , phrénitis, lethargus, coma, peste noire, qui ont eu des sens très-différents parmi les anciens et les modernes. Un médecin instruit doit donc posséder à fond la synonymie médicale s'il veut retracer l'histoire d'une maladie ou lire avec fruit les anciens ouvrages.
Étymologie. Destinée à faire connaître la racine des Étvmologie. mots à l'aide desquels on a composé la terminologie médicale, l'étymologie mérite par cela même toute l'attention du médecin. Elle rappelle souvent l'idée preuiière qui a présidé chez les Grecs et les Latins à la formation de la langue nosoiogique. Elle nous enseigne ainsi les doctrines accréditées, les systèmes philosophiques, l'état des sciences naturelles, et souvent aussi les préjugés régnants qui ont influé sur la composition des mots. Les étymologles, choisies avec discernement, avec goût dans les lan-
certaines classes de maladies (hydropisies , hémorrhagies , phlegmasies;. Ce sont là ic5 seuls signes eonvenlionnels qui ont été acceptés généralement.
NOSOLOGIE
De l'espèce pathologique.
Dérmition.
Elle est un archétype abstrait.
De l'individu pathologique; ses propriétés.
gues grecque et latine , ont fourni les expressions les plus exactes et les plus vraies de notre vocabulaire médical. Il faut donc que le médecin soit initié à l'étude de ces langues s'il veut enrichir la science médicale de quelques nouvelles dénominations ou réformer celles qui sont défectueuses.
De l'espèce pathologique. On donne le nom d'espèce, en nosologie , à un état morbide identique à lui-même , irréductible en un autre état morbide , et représentant la collection d'individus pathologiques qui existent dans la nature, ou plutôt des malades chez lesquels nous l'observons , avec nos sens , à l'état concret.
Notre intelligence crée ainsi des archétypes qui reproduisent d'une manière abstraite et purement subjective les espèces qui existent réellement dans la nature. Ce sont des unités pathologiques, abstraites si l'on veut, mais qui correspondent très-exactement à l'unité matérielle et concrète, que nous appelons le malade. La pneumonie, la pleurésie, sont des espèces nosologiques abstraites que l'esprit a formées au moyen de signes représentatifs. Le pneumonique et le pleurétique sont les malades sur lesquels nous retrouvons plus ou moins complètement ces mêmes signes spécifiques.
Telle est la vraie manière de comprendre la maladie , ce type abstrait qui rappelle à notre mémoire les malades, et nous permet de nous élever des faits particuliers aux faits généraux. C'est en ce sens qu'on dit qu'il n'y avait pas de maladies, mais des malades. Ne revenons plus sur les discussions que ces mots mal interprétés soulèvent encore parmi ceux qui ne sont pas familiarisés avec les doctrines philosophiques. A une époque célèbre de notre histoire, la querelle des nominalistes et des