‹ Traité de pathologie généraleChapitre 36 sur 112 · GÉOGRAPHIE MÉDICALE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE MÉDICALE

générale qui traite de la répartition des espèces morbides dans les diverses contrées du globe, de leur degré de fréquence, de leur corrélation avec le climat, les mœurs, les races, et des différences qu'elles offrent suivant les lieux.

On a cru pendant longtemps que l'homme a la faculté Maladies de se plier, après un temps variable , aux exigences des '"^""^"umar climats qu'il vient habiter. Cette opinion est loin d'être vraie, et la pathologie comparée le prouve, d'une façon irrécusable, en nous montrant l'effrayante mortalité produite par les maladies endémiques ou par l'action plus lente , mais non moins sûre du climat qui finit par empêcher la reproduction de l'espèce ou par l'éteindre après un petit nombre de générations.

L'étude de la géographie médicale est trop intimement liée à l'étiologie pour que nous puissions en traiter plus longuement. Établissons seulement que parmi les espèces pathologiques les unes suivent l'homme partout où il va, en se modifiant toutefois dans leurs formes , leur intensité, leur durée, s' atténuant dans un pays, se compliquant, s' aggravant dans un autre. De là, les formes variées des fièvres d'accès, des dysenteries, des hépatites comparées à celles que nous observons dans notre Europe. D'autres fois, l'homme trouve, en arrivant dans certaines contrées , une nouvelle série d'affections, comme il y rencontre aussi des espèces botaniques et zoologiques différentes : le radesyge, le pian en Norwége, le filaire de Médine en Arabie , la chique en Amérique {pulex penelrans), la peste dans le delta du Nil, la fièvre

terre et de mer, in-S", 1846 ; — Études de physiolnqie et de pathologie comparées des races humaines ; — Études de pathologie comparée, I8'i9, et d'autres encore

(JJÎOGKAPHIE MÉDIGALK.

jaune à l'embouchure du Mississipi , le choléra dans l'iiide. Les maladies endémiques sont des affections circonscrites dans des localités souvent restreintes; tels sont le goitre, le crétinisme, l'hématurie de l'île de France et de l'Egypte, la calenture et la colique sèche si fréquentes dans les mers de l'Indo-Chine. La zone que parcourt la fièvre jaune est assez considérable, puisqu'elle s'étend de Baïa jusqu'au nord de l'Amérique septentrionale.

Ahisi quelques affections offrent une prédilection mar- <{uée pour certains climats ; d'autres, au contraire, s'en éloignent et y sont rares. L'hépatite suppurée, la dysenterie , la fièvre bifieuse, si communes dans l'Inde et l'Afrique, sont peu fréquentes en Europe. L'antagonisme entre deux maladies est une autre condition créée par le climat et qui doit être étudiée dans l'étiologie. Ces courtes citations suffisent pour mettre en lumière les nombreuses modifications que les espèces pathologiques peuvent subir quand l'homme vient à se transporter d'un lieu dans un autre. C'est alors qu'on voit se développer toute une série nouvelle de maladies. Celles qu'il apporte avec lui se modifient et changent à tel point qu'on éprouve quelque peine à les reconnaître dans leur nouvelle patrie.

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