DES PÉRIODES
sente elle-même très-exactement les changements survenus dans la maladie.
Les principaux éléments sur lesquels on doit fonder la Manière distinction des périodes sont : i ° la lésion de texture ; 2° de '^^ fonction; 3° le symptôme. La manière la plus exacte de déterminer la période est de lui donner pour caractère ces trois éléments réunis. C'est ce qu'on a fait pour l'inflammation dans laquelle les périodes de congestion , d'exsudation plastique , de suppuration , de ramollissement , ont chacune leur lésion et leurs symptômes correspondants. L'hypérémie pulmonaire , l'hépatisation rouge , l'induration grise , avec leurs symptômes spéciaux , marquent également les trois périodes de la pneumonie. Même corrélation exacte entre la lésion et les symptômes dans les phases de la phthisie pulmonaire et de la variole. Les époques connues sous le nom de périodes de crudité et de ramollissement sont devenues célèbres , à juste titre.
L'anatomie pathologique est un point d'appui néces- sur ranatomie saire, mais, très-souvent, insuffisant pour asseoir la P*"^°'°8'q"^division des maladies en périodes , surtout dans les maladies chroniques où la délimitation est plus difficile. Cependant nous devons dire qu'avec les caractères tirés de la lésion et des symptômes , on est beaucoup plus sûr de marquer ainsi les étapes que fait le mal à mesure qu'il s'avance vers la guérison ou vers une terminaison funeste. Nous avons besoin , pour l'étude clinique des maladies et pour leur traitement, de consulter les troubles d'actes et les symptômes qui nous indiquent les mutations les plus importantes de la maladie.
Le trouble des actes est certainement l'élément qui sert sur les troubles le mieux à indiquer la période ; exemple : hypérémie avec f"n'='ion"eis.
OU sans flux ; spasme ou relâchement dans les convulsions; délire et coma dans les maladies aiguës du cerveau ; algidité et réaction dans le choléra. Sur les Quelquefois c'est à l'aide des symptômes seuls, à symptômes, ^^if^^^t lésion de Structure et d'actes, que les différentes époques de la maladie doivent être distinguées. Le froid, la chaleur et la sueur marquent , comme on le sait, les trois stades de la fièvre intermittente; à l'existence et à la cessation de la fièvre correspondent le paroxysme fébrile et l'apyrexie. C'est encore sur cette même considération que sont fondées les périodes de rémission et d'exacerhation , de pyrexie , de convulsion , etc.
Il faut s'attacher à donner aux périodes des noms significatifs qui rappellent la lésion , le trouble d'actes ou enfin les symptômes les plus essentiels. Telle est la source des dénominations suivantes : crudité et ramollissement dans les productions hétérologues; congestion, suppuration , exsudation plastique dans les phlegmasies ; frisson , chaleur et sueur dans les fièvres intermittentes ; éruption , suppuration , dessiccation , dans les exanthèmes.
La division en Toutcs Ics maladies ne s'accommodent pas également périodes difficile (Je la divisiou en périodes, et alors celles que l'on établit
dans qiinli|ues i • • i
maladies. sout arbitraires. Il est difficile d en trouver de distinctes dans la fièvre typhoïde , dans les névroses , telles que l'hystérie, la gastralgie, la nosologie, dans un grand nombre de lésions traumatiques , et surtout de maladies chroniques, telles que le cancer de l'estomac , l'atrophie progressive, la chlorose, etc. Pour vaincre cet obstacle , on a proposé dans ces derniers temps de partager les fièvres typhoïdes et d'autres en plusieurs septénaires. Aucune raison plausible ne légitime cette distinction , à
DES l'KRlonKS.
moins que ce ne soit , comme l'a dit plaisamment Bordeu, parce qu'il y a sept jours par semaine, sept branches au candélabre sacré, sept portes au ciel, etc. Qu'on vienne ensuite se moquer des nombres pythagoriciens !
Les anciennes écoles admettaient dans les malad leS Division générale quatre périodes : celles d'invasion, d'accroissement, d'état . . ,
quatre périodes.
et de déclin. Cette division est digne de nos respects. Elle est fondée sur l'observation de tous les phénomènes de la nature et de ceux de la maladie en particulier : mais elle a l'inconvénient d'indiquer le degré d'intensité du mal plutôt que les événements pathologiques; d'être trop générale; de s'appliquer à toutes les maladies sans désigner aucun phénomène propre. Ces époques manquent d'ailleurs dans les maladies chroniques; aucune limite exacte ne sépare les intensités différentes d'un même mal, et il serait souvent impossible de dire si l'affection est à sa période d'accroissement ou d'état. .On comprend mieux ce qu'on veut dire lorsqu'en parlant du choléra on annonce qu'il est à sa période prémonitoire, d'algidité , de réaction, d'adynamie. Au contraire, on aurait sous les yeux un tableau moins fidèle et moins expressif si l'on subsiituait aux périodes précédentes celles d'invasion , d'état ou de déclin.
On a souvent confondu le degré avec la période. Ces i.a période dénominations expriment deux idées différentes : la pre- ju^^degrë mière désigne l'intensité du symptôme plutôt que la nature des changements survenus dans la maladie. On est parvenu à en altérer le sens et à la faire synonyme de période lorsqu'on dit : premier, second degré de la phthisie, de la pneumonie. On a même été jusqu'à l'employer pour rendre des lésions dont le siège est
très-différenl , comme lorsqu'on appelle degrés de la brûlure les altérations plus ou moins profondes des divers éléments de la peau et des parties sous-jacentes. Répétons donc que la période ne doit servir qu'à désigner les conditions morbides qui se succèdent depuis le commencement jusqu'à la terminaison de la maladie.
On doit comprendre sous le nom d'époque^ de phase , de période, de stade de la maladie : i° l'incubation, 2° l'invasion, 3" la période d'augment et d'état, 4° de déclin, 5° la terminaison. Elles feront chacune l'objet d'une étude spéciale.
Symptômes Lcs symptômes qui servent à caractériser une période des périodes. Qf^-^-gj^^ ^ noter Ics particularités suivantes. i° Ils se développent et apparaissent pour la première fois à un moment donné et cessent ensuite. 2° Ils persistent durant tout le cours de la maladie , mais varient en intensité. Comme exemples des symptômes du premier genre, nous citerons les diverses formes de l'éruption cutanée dans la variole , la rougeole et d'autres exanthèmes; le vomissement dans la méningite; les crachats rouillés dans la première période de la pneumonie ; le froid , la chaleur, la sueur dans l'accès de fièvre intermittente.
La régularité des périodes dans la maladie sera étudiée plus loin, lorsque nous examinei'ons les types nosographiques Disons seulement que les complications, la réaction trop forte ou insuffisante de l organisme, l'intervention inopportune du traitement, viennent souvent troubler la marche de la maladie et par conséquent ses périodes naturelles.
De l'incubation. S De l'incubation. Il est rare que les maladies se manifestent immédiatement après la cause productrice. Souvent il se passe entre celle-ci et ses effets un temps