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PÉRIODE D'ACCROISSEMENT

bonds jusqu'à ce qu'elle ait atteint un maximum d'inten- Manière sité. En général, c'est par l'ensemble des phénomènes plutôt que par un seul, quelque important qu'on le suppose, qu'il convient de caractériser la période d'accroissement. On doit tenir grand compte de l'élément fondamental de la maladie ; à lui seul appartient le droit de représenter l'affection et d'en marquer la période. Si c'est une fièvre, par exemple, l'augment correspond très-exactement au temps durant lequel la chaleur et la fréquence du pouls s'élèvent à leur maximum. Si c'est une phlegmasie, on dira qu'elle est dans sa période d'accroissement tant que la fibrine n'aura pas atteint son chiffre le plus élevé, ou bien encore on lui assignera pour caractères les divers changements que l'état morbide local peut offrir. Dans l'hémorrhagie, l'hydropisie, le flux et l'intensité croissante de l'acte morbide essentiel suffisent pour faire admettre que la maladie n'est pas parvenue à son apogée. Dans une lésion organique , dans le cancer, les tubercules, il est encore facile de trouver l'augment. En un mot, il faut toujours mesurer la période de la maladie aux progrès de lalésion matérielle d'abord, et, en son absence, à l'intensité de l'acte ou enfin des symptômes si ce sont eux qui constituent la maladie.

Cesdonnées si simplesaujouid'huiétaientinconnuesdes anciens, du moins pour un grand nombre de maladies. L'étude des lésions anatomiques et un diagnostic local précis nous permettent d'établir une ligne de démarcation entre les divers états pathologiques, et de les considérer comme des périodes différentes du même mal. L'induration rouge dans la pneumonie est la période d'augment par rapport à l'engouement, et l'induration grise ou suppuration par rapport à l'hépatisation rouge.

L'accroissement d'une maladie se manifeste d'une autre manière encore. Limitée d'abord à un point de l'organe, elle s'étend à sa totalité et va même jusqu'à envahir les tissus similaires. La phlegmasie rhumatismale se propage à l'endocarde, au péricarde, à la plèvre et même aux membranes du cerveau. Les anciens faisaient intervenir, comme moyen de découvrir les périodes, les signes de coction, la fièvre, les tendances naturelles vers les crises. Sans négliger les symptômes généraux , nous préférons aujourd'hui fonder sur l'étude anatomopathologique et le diagnostic local les périodes des maladies. En effet, nous ne pourrions pas les calculer autrement pour les maladies chroniques (tubercule, cancer). Cependant, il s'en faut de beaucoup que ces divisions soient applicables à tous les cas.

rériode d'étal. 2° Période d'état, status, àxixri. La limite entre la période précédente et celle-ci est souvent établie, d'une façon arbitraire , dans les maladies violentes , de courte durée et qui tuent en un petit nombre de jours. L'état stationnaire est surtout manifeste dans les maladies chroniques; il persiste pendant longtemps, plusieurs mois, même plusieurs années. Il finit par faire croire aux médecins inattentifs que la maladie est guérie. Il se retrouve dans la phthisie, le cancer et d'autres affections internes. Les anciens attendaient avec anxiété la période d'état, parce qu'ils y voyaient se préparer les efforts de la nature, et les événements heureux et malheureux qui devaient juger la maladie.

Période de déclin. 3° Période dc décvoissatice , de déclin; dccrementum .

Les symptômes suivent une marche inverse à celle qu'ils affectaient pendant l'augment : i° Ceux qui existaient perdent de leur violence. 2° Quelques-uns cessent

MARCHE NATURELLE DES MALADIES

complètement, et cette disparition est un des meilleurs signes de la décroissance du mal. Le souffle tubaire disparaît dans la résolution de la pneumonie. 3" Il n'est pas rare enfin d'observer des symptômes tout à fait nouveaux ou qui n'existaient point dans la période d'augment et d'état : tels sont les râles crépitants dans la résolution de la pneumonie , le souffle tubaire qui remplace le silence respiratoire lorsque l'épanchement pleural diminue. Les symptômes généraux et les locaux ne vont pas toujours du même pas; en sorte qu'il faut les consulter tous si l'on veut fixer l'âge et l'intensité de la maladie.

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