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souvent

dne. Alors 1 anatomie , soigneusement cultivée , en nn- déplorable, primant une forte impulsion à la pathologie , aurait dû faire naître une thérapeutique plus éclairée, plus physiologique, en même temps qu'elle aurait dû confirmer la sage expectation de l'école de Cos, en rectifiant ce qu'elle avait parfois d'exagéré. Il n'en fut pas ainsi : une polypharmacie confuse, barbare, sans direction, fut mise en vogue par les disciples d'Hérophile et d'Érasistrate. A Kome , les méthodistes renouvelèrent les mêmes excès et les mêmes erreurs. Pourquoi faut-il que nous retombions à notre tour dans des fautes pareilles? L'anaiomie pathologique, dont personne ne songe à contester les services , nous a précipités dans une exagération qui est devenue funeste à un grand nombre de médecins. Persuadés que tout est dans la lésion, ils inventent et prodiguent toute espèce de drogue. S'ils ne réussissent pas , ils tombent dans le découragement, attendant la mort pour se confirmer dans leur désolante doctrine de l'incurabilité du mal. C'est à eux plutôt qu'à Hippocrate qu'il faut adresser le reproche d' Asclépiade , « que leurs écrits sont une méditation sui' la mort. » Il est temps de revenir à de plus saines doctrines.

'1) Bordeii , OEuvres complètes, t. Il, p. 599.

Guérisoii spontanée de la pluparl (les maladies.

Affections incurables.

Établissons d'abord une vérité que les médecins réellement dignes de ce nom savent reconnaître , et qui est aussi consolante pour le malade que pour eux, a c'est qu'il est incontestable que sur dix maladies il y en a les deux tiers au moins qui guérissent d'elles-mêmes. En pareil cas, les médecins doivent se contenter de surveiller la marche du mal lorsqu'il parcourt ses périodes et ses degrés avec précision , et essayer de le ramener à sa marche naturelle lorsqu'il paraît s'en écarter (i). » Ajoutons à ces sages paroles de Bordeu, qu'aujourd'hui mieux encore qu'à l'époque où il les prononçait, l'art du diagnostic conduit à admettre qu'il existe un nombre assez grand de maladies graves, à marche aiguë ou chronique, sur lesquelles nous avons peu de prise , et que nous pouvons seulement retarder, atténuer ou rendre moins pénibles et moins rapidement mortelles. Il est curieux d'en dresser la liste approximative, afin de ne pas disserter dans le vague et de mettre cette vérité essentielle dans tout son jour.

Parmi les affections incurables , où sur lesquelles le médecin exerce peu d'empire, il faut citer l'inflammation aiguë ou chronique des méninges du cerveau , de la moelle; les hémorrhagies des mêmes parties, les névroses cérébro-spinales, telles que la folie, la démence, l'idiotie, l'épilepsie; quelques maladies contagieuses, infectieuses ou épidémiques, telles que la fièvre jaune, la peste, le choléra, le typhus, la rage, la morve; presque toutes les affections chroniques des viscères, comme celles du cœur, des gros vaisseaux, l'emphysème, la cirrhose, la maladie de Bright, la goutte, la gravelle; toutes les altérations des viscères, et enfin l'innombrable

(1) Bordeu, OEnvres complètes, t. H, p. 5%.

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catégorie des cancers de tous les tissus possibles , sans excepter non plus la tuberculisation des poumons , de la plèvre et de presque tous les tissus; les hypertrophies, les atrophies, les gangrènes d'un grand nombre d'organes, la goutte , la scrofule , etc. , etc. A côté de ces maladies incurables viennent se placer celles qui, légères ou graves, se terminent heureusement, à la condition que la main du médecin, chargée de drogues, ne s'appesantira point lourdement sur le malade et ne viendra pas troubler le mouvement naturel des fonctions, en changer l'heureuse direction.

Nature médicalrice. Dans l'état physiologique, le con- Nature sensus que l'on remarque entre tous les organes porte à. '"s'*''^^'"*^^admettre qu'il existe un principe d'action qui empêche les fonctions d'empiéter les unes sur les autres, d'excéder certaines limites; d'où une harmonie générale, un équilibre dont personne ne peut mettre en doute la réalité. On peut construii^e, à ce sujet, les plus séduisantes hypothèses, et donner carrière à la sentimentalité médicale, qui n'est pas inférieure à toutes les autres rêveries du même genre. On ne parlera jamais plus sagement idée qu'il faut que Galien du principe vital et de son unité d'action. Quand on voit, dit-il, tous les organes et toutes les petites pièces d'un appareil agir toujours de la même manière et dans un sens déterminé, on ne peut s'empêcher de croire à l'existence d'un principe inné qui a un but final, bien arrêté, et y pousse toutes les forces comme toutes les parties de la matière organisée. 11 compare tous les organes du corps à ces machines que l'on voyait dans les forges de Vulcain se mouvoir dans des sens différents , façonner la matière de mille façons , et qui , en définitive, recevaient leur impulsion de la main même

Rôle (le la nature

du divin ouvrier. De même une force inconnue pousse, gouverne , harmonise toutes les forces et le jeu de toutes les pièces de la machine humaine. On l'appellera intelligence supérieure ou nature , peu importe ; ses efiets sont incontestables.

J'entends par nature , dit Galien , une certaine force qui réside dans le corps vivant qu'elle anime et qu'elle dirige, et dont il est inutile de rechercher l'essence autant que de s'efforcer de connaître celle de l'âme (i). Imitons cette sage réserve.

Dans la maladie , nous pouvons suivre le trouble de médicatrice ces mouvcmeuts consensuols qui appartiennent à l'état 'lans les maladies. g^nté. A travcrs Ics fonctious troublées, on aperçoit encore au début les actes normaux de plusieurs fonctions. Plus tard, lorsque le mal est général, il se manifeste un grand désordre auquel échappent à peine quelques actes partiels; mais bientôt l'ordre tend à se rétablir, et l'on peut, à l'aide d'une observation attentive , deviner sur quels organes la maladie exerce le plus d'action. Ce n'est point au hasard, mais au contraire après une série d'actes pathologiques, qui restent à peu près les mêmes pour chaque maladie, que s'effectuent les terminaisons heureuses , les seules dont nous nous occupons en ce moment. On les a placés sous l'empire d'un principe que l'on a appelé de différents noms : nature médicatrice , principe réparateur, conservateur. On a donné à la force , en vertu de laquelle ils agissent, les dénominations de naturisme et à'antocratisme. Il est nécessaire de s'entendre sur ces mots, afin de ne pas tomber dans les personnages allégoriques, dans les puissances invisibles

(1) Galicn , ilctlwdus medeiidi, lib. V, 10, et lib.VIl, 2.

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dont on a tant abusé. On fait trop souvent de la nature doctrine médicatrice le dieu qui vient, à F improviste et fort à pro- à ce sujet, pos, dénouer la situation critique dans laquelle se trouve engagé le praticien, et d'où il ne croit pouvoir sortir sans cette puissante intervention : c'était le Deus ex machinà à l'époque où le diagnostic n'était pas encore éclairé suffisamment par l'anatomie physiologique et les applications physico-chimiques à k médecine. On croyait alors l'organisme toujours en lutte avec le cosmos et les causes morbifiques. La vie était sans cesse harcelée par un principe de destruction qu'elle devait expulser au dehors lorsqu'elle était victorieuse. Aujourd'hui nous nous bornons à dire que l'on ne saurait méconnaître , dans le cours des maladies aiguës principalement , des efforts sympathiques, conservateurs et réparateurs qui vont dans une direction déterminée, dont le siège est évidemment le système nerveux et la cause le principe vital; qu'il n'y a aucun inconvénient à faire intervenir dans ce cas la nature médicatrice. Ses effets sont visibles dans les maladies ; le médecin doit s'attacher à les connaître de bonne heure, afin de les respecter, de laisser la nature agir toute seule. S'il est sûr qu'elle a besoin d'être aidée, il lui prêtera son concours, en se rappelant qu'elle fait toujours bien et souvent mieux que lui.

On appelle expectaleurs ou naturistes ceux qui professent l'cxpeoiation. un respect éclairé pour les mouvements naturels. » Ils ont toujours fait le petit nombre parmi les médecins, surtout chez les peuples naturellement vifs, impatients et craintifs. Ils en conviennent et s'en glorifient môme ; ils aiment à être les médecins des gens qui pensent , ceux de cette partie de l'humanité distinguée par sa fermeté, sa

Acceptée patience , son sens droit (i). » Nous n'avons pas à recherseuiement par cher si Cette médecine est destinée à faire fortune parmi

les esprits tages , , i • i , t • • i

et éclairés, les gcus du monde , SI le médecin qui la pratique ne sera pas accablé par la concurrence redoutable des gens à globules homœopatlîiques, à passes magnétiques, àamulette, à la démarche inspirée : nous parlons science et art, et non spéculation mercenaire. Nous allons voir que les maladies ont une marche naturelle qui mène souvent à la guérison sans l'intercession de drogues et seulement sous l'habile direction du médecin.

Élude Partons d'abord d'un fait incontesté, savoir qu'une mïad'ii'fiivrées i^^aladie aiguë, légère, une inflammation, une congesà elles-mêmes, tiou, uue névralgie, un trouble parement fonctionnel et limité d'un tissu peuvent affecter une marche courte, régulière , et arriver à une solution heureuse sans aucun traitement. Disons même qu'il est du devoir du médecin de ne pas intervenir dans un grand nombre de cas de ce genre, à moins qu'il ne sache par l'expérience des autres et la sienne propre que cette maladie est la preuve écrite d'une autre plus grave ou plus rebelle.

Quelquefois la maladie s'arrête dès sa période d'invasion. Tous les symptômes caractéristiques devaient faire supposer qu'elle parcourrait les autres périodes , et cependant elle ne va pas plus loin , comme si la cause morbifique étant trop légère, n'avait agi qu'un temps très-court, ou avait trouvé un organisme résistant, réfractaire, déjà éprouvé par la maladie. C'est ainsi qu'on voit souvent, en temps de grande ou de petite épidémie, des malades qui en sont quittes pour les symptômes précurseurs. Dans d'autres cas la maladie avorte parce

(1) Bordeu, loccit., p. S97.

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qu'une autre affection s'oppose à son libre développement, soit qu'elle naisse en même temps qu'elle, soit qu'elle l'ait précédée dans son évolution. Faisons d'ailleurs remarquer que dans les maladies dont les périodes sont les plus régulières , dans les exanthèmes , par exemple , il n'est pas rare de voir les maladies ne présenter que les symptômes d'invasion (variole, rougeole, scarlatine sans éruption). Si les maladies générales s'arrêtent ainsi en chemin , à plus forte raison des lésions purement locales présenteront-elles cette marche courte et avorteront-elles. Il est difficile au praticien même le plus consommé dans son art de pouvoir dire à l'avance quels seront la durée exacte et le mode de terminaison de la maladie.

Quand une maladie est générale, accompagnée de Explications l'altération des humeurs ou produite par une cause in- ''J'p°^'i'^^"î"^^' terne spéciale (fièvres essentielles, maladies du sang, virulentes) , les phénomènes morbides principaux sont à peu près les mêmes , à l'intensité et à la durée près , et affectent une marche régulière dans laquelle on a cru remarquer deux périodes distinctes qui témoignent d'un travail d'élaboration, de sécrétion et d'expulsion de la matière morbifique. De là sont nées les explications hypothétiques sur le rôle de la fièvre, de l'inflammation , des flux, etc. On conçoit très-bien que les faits aient donné lieu à des interprétations diverses. Avec l'imagination , la tournure d'esprit et la doctrine dont chaque écrivain était pourvu, il lui était facile, une fois sorti du domaine des faits positifs, de risquer, suivant sa fantaisie des hypothèses tantôt sur la force vitale et son pouvoir réparateur, tantôt sur les humeurs qu'il croyait altérées, ou sur les obstacles que les conduits et les pores oppo-

saient au liquide qui devait les traverser. Nous nous garderons bien de soumettre à une révision les théories vitalistes humorales ou solidistes qui ont la prétention d'expliquer les maladies.

Dans les révolutions des maladies comme dans les fonctions naturelles , quelle que soit la torture à laquelle on soumette le phénomène observé, on ne pourra jamais y trouver que des lésions des propriétés vitales , du solide et des liquides, et l'on sera toujours embarrassé, du moins dans un grand nombre de cas , pour savoir si ces lésions sont causes ou effets des maladies.

Expulsion Un premier groupe de maladies est caractérisé par des l'un principe ^j-Qyjjies dvnamiques qui y louent le principal rôle : telles

morbifique. j i i j j r r

sont les fièvres essentielles. On ne voit pas trop pourquoi se produit ce travail morbide général dans les fièvres typhoïde, inflammatoire, puerpérale; car il n'aboutit à l'expulsion d'aucun principe , et cependant dans toutes ces affections l'altération générale est bien évidente. Dans la fièvre jaune on ne trouve pas davantage le principe morbifique à éliminer, non plus que dans la fièvre paludéenne, où il est plus facile de l'imaginer que de le montrer. Ainsi donc, sans nous affliger de la faiblesse de notre esprit, disons que, dans ce groupe de maladies, la nature affecte une marche très-régulière , qui est contenue dans des périodes d'une forme et d'une durée identiques. Avouons que nous ne saurions en pénétrer le véritable but.

On s'est imaginé qu'on y voyait plus clair dans les exanthèmes parce que certaines déterminations morbides se portent à la surface de la peau , des membranes muqueuses , pulmonaires ou intestinales.

On a également argué de la reproduction de ces mêmes

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maladies par l'inoculation des matières expulsées, et surtout du danger qu'il y a à interrompre leur marche naturelle. Sans aucun doute ces maladies nous olï'rent un exemple d'une série d'actes morbides se succédant avec régularité et se terminant d'une manière ordinairement favorable; mais on ne peut pas y trouver une preuve certaine que ces maladies sont des opérations salutaires et en quelque sorte des fonctions momentanées qui ont pour but de délivrer le corps de matières nuisibles. Nous nous sommes expliqué sur ce point en traitant de la maladie. Remarquons seulement ici, pour ce miervcnUon qui concerne la marche naturelle des maladies , que ces l'art nuisible, exanthèmes nous offrent , d'une manière tranchée , des actes pathologiques qu'on peut modérer, raccourcir jusqu'à un certain point, mais jamais arrêter. Il faut donc frapper de réprobation toutes les tentatives dangereuses et fort heureusement stériles que l'on a faites pour empêcher leur développement. La nature elle-même prend soin de nous montrer le péril dans lequel tombent les malades chez lesquels quelque complication vient enrayer l'évolution des différents actes de la maladie; à plus forte raison toute perturbation apportée par une médication active serait-elle funeste.

Les maladies à leur première origine sont mal dessinées et difficiles à distinguer les unes des autres , parce qu'elles donnent lieu d'abord à des troubles généraux qui expriment la souffrance de tout l'organisme. Bientôt on voit se le grouper les symptômes et les actes morbides plus ou moins intimement liés qui constituent la maladie.

Des différences assez nombreuses se présentent. i° Les i,o^fbiesqt7 peuactes se succèdent suivant l'ordre habituel et ont leur vem se montrer

, , .1 . . . , T dans l'étal

durée ordmaire depuis le commencement jusqu a leur ^^rbide.

fin. 2° La maladie est constituée par le premier et le second acte et s'arrête là. Ainsi dans les exanthèmes la fièvre peut paraître et l'éruption manquer; dans la pneumonie la fièvre et l'engouement exister seuls 5° Un ou plusieurs actes pathologiques paraissent tardivement , mais à leur place et dans leur ordre habituel. 4° Enfin les actes sont intervertis, et l'on dit alors que la marche.de l'affection est anormale. Ainsi dans l'accès, de la fièvre, les stades de frisson, chaleur et sueur ne se succèdent pas dans l'ordre habituel. Il peut exister encore un certain ordre dans cette irrégularité. 5° Enfin les différents actes sont mêlés , empiètent les uns sur les autres, ou se confondent tellement ensemble qu'il en résulte un désordre extrême dans la marche de la maladie (marche anormale, ataxiqae, irrégulière).

Ëlal latent. 6° Enfin un degré plus grand encore d'irrégularités dans l'évolution détermine ce qu'on appelle l'état latent de la maladie. C'est à peine si l'on arrive parfois à en soupçonner l'existence à l'aide d'un symptôme fugace , incertain et souvent commun à plusieurs affections. Cependant les actes pathologiques s'accomplissent dans l'organe absolument comme si les symptômes ordinaires en révélaient la présence. L'anatomie pathologique ne nous apprend pas toujours la cause de cette particularité. Marche 7° L'ataxic , l'irrégularité peut aussi dépendre des

anomale. symptômes qui sont modifiés dans leur forme, leur siège, quelquefois même leur nature, sans que le fond de la maladie soit pour cela changé. On voit par exemple des éruptions cutanées vésiculeuses dans la rougeole; des pétéchies , des papules dans la variole ; quelquefois un phénomène insolite, nerveux ou d'autre nature, tel que la sueur, des douleurs dans les jointures. Nous trouvons

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enfin chez quelques malades des symptômes très-différents de ceux qui appartiennent à l'affection principale, dans sa forme ordinaire , et qui cependant ne peuvent être provoqués que par elle. La pneumonie donne lieu seulement dans quelques cas au délire ; la fièvre typhoïde à des douleurs arthritiques ou à des convulsions qui peuvent en imposer à cause de l'absence ou de la faible intensité des symptômes caractéristiques.

De la régularité ou de l'ataxie des actes morbides se déduisent des signes pronostiques importants. En général, la gravité est beaucoup plus grande en de telles circonstances. Au contraire , tout fait présager une terminaison heureuse quand les actes pathologiques suivent régulièrement leurs phases naturelles.

Cherchons les causes qui perturbent la marche naturelle des maladies. Nous les trouvons : dans le sujet luimême; dans la maladie ; dans les conditions ambiantes ; dans l'action des remèdes.

Il est une vérité pratique reconnue par tous les médecins , savoir que la marche des maladies est moins réguhère chez les enfants nouveau-nés, chez les jeunes sujets et les vieillards que chez l'adulte. Cette cause rend le diagnostic plus difficile , le pronostic plus incertain et la thérapeutique souvent vacillante. La suractivité de la vie dans les premiers âges , la mobilité nerveuse, l'énergie, la prédominance de certaines fonctions, la forte sympathie de presque tous , déterminent dans les actes pathologiques des perturbations très-grandes. Alors les symptômes ont de la tendance à se transformer, à se dissimuler, d'autres à prédominer. De là résulte une physiotiomie spéciale pour la même maladie , aux différents âges. Si quelques médecins ont exagéré l'impor-

C au ses qui troublent la marche naturelle.

Maladie de l'enfance.

tance des pathologies spéciales des nouveau-nés, des enfants, des vieillards, elle ne saurait être mise en doute ; il suffit de la réduire à de justes proportions.

Nouveau-nés. Les différences dans la marche de la maladie chez le nouveau-né dépendent du mode suivant lequel s'accomplissent les fonctions d'hématose, de circulation, de calorification, d'innervation et de nutrition. Ainsi, l'accélération extrême des mouvements du pouls, delà respiration, la fréquence des convulsions, du coma, l'absence de délire, l'imperfection de l'hématose, les flux muqueux sont autant d'éléments morbides qui interviennent en proportions diverses dans les maladies de l'enfance, et qui, sans constituer des complications dont nous n'avons pas à nous occuper ici, introduisent des modifications profondes dans l'ordre des symptômes, et donnent lieu à des formes irrégulières plus communes que chez l'adulte. Plus tard, le travail de la dentition et du système osseux viennent modifier encore la marche des maladies.

Vieillesse. Daus la vieillcsse , des changements non moins notables se remarquent aussi. Considérez la marche intermittente et variable de la congestion bronchique et pulmonaire et comparez-la à la pneumonie franche de l'adulte ; mettez en parallèle le catarrhe chronique des bronches, l'emphysème, la gêne de la circulation cardiaque, chez le vieillard, et vous reconnaîtrez combien la marche des maladies est modifiée par toutes les conditions organiques et dynamiques qu'amènent les progrès de l'âge. L'irrégularité des actes morbides, leurs transformations et surtout l'absence d'un grand nombre d'entre eux, impriment aux maladies de la vieillesse une marche toute particulière. Ajoutons enfin que la plupart des sympathies s'affaiblissent, et que les troubles de la nutrition et de la circu-

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lation sont ceux qui prédominent et donnent à la maladie • une tout autre physionomie.

Les changements que nous venons de retracer d'une rubené. manière générale ne sont rien encore en comparaison de ceux que la puberté amène dans la marche des maladies qui s'emparent des jeunes filles pendant les premiers temps de la menstruation , et chez la femme pendant la grossesse et l'âge critique. Les exemples que nous venons de citer suffisent pour donner une juste idée des causes capables de modifier le cours naturel des maladies.

On dit qu'une maladie suit une marche régulière Marche régulière quand les actes morbides et les symptômes se montrent , '^^^ maladies, se succèdent , et cessent dans un ordre qui est à peu près le même pour tous les cas particuliers de la même maladie ; quand ils durent le même temps , et s'avancent ainsi vers une terminaison heureuse ou malheureuse.

La régularité est toujours une circonstance favorable parce qu'elle prouve que l'organisme fait des efforts pour mener la maladie à bonne fin, parce qu'elle permet de choisir le temps le plus favorable pour agir en même temps qu'elle indique le véritable sens dans lequel doit être dirigé le traitement.

On doit distinguer plusieurs sortes d'irrégularité dans irrùguiière. l'évolution de^ symptômes. Quelquefois la maladie est de si courte durée, qu'après avoir pris tout d'un coup son maximum de développement elle tue les sujets, ou cesse brusquement par métastase, par délitescence. Dans d'autres cas les symptômes précurseurs manquent, mais les autres i^hénomènes se montrent dans leur ordre accoutumé, ou bien les signes principaux et caractéristiques font défaut. D'autres fois enfin, le développement

prématuré ou intempestif des phénomènes perturbe l'évolution de la maladie, en altère la physionomie plus que ne le fait l'absence même des symptômes habituels. L'irrégularité se voit plus souvent dans les affections aiguës que dans les chroniques , parce que dans ces dernières les actes pathologiques se développent graduellement.

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