‹ Traité de pathologie généraleChapitre 52 sur 112 · DE LA TRANSFORMATION DES MALADIES · texte numérisé non relu

DE LA TRANSFORMATION DES MALADIES

De la mutation De la transformation des maladies. On doit désigner des maladies, p^^j, conversion d'une maladie en une autre. Ce

changement est-il possible ? Prenons quelques exemples qui montrent cette question sous son véritable jour. Demandons-nous si la pneumonie peut se convertir en tubercule; une fièvre intermittente ou gastrique bilieuse en une fièvre typhoïde ; un noyau apoplectique en un tubercule, etc. Une réponse négative sera faite promptement par le lecteur pour les maladies que nous venons de citer. Il en sera de même pour beaucoup d'autres, et surtout pour les productions morbides, soit homologues, soit hétérologues. Ce point important mérite une sérieuse attention et ne peut être éclairé qu'à l'aide des études

Elle n'e?i point . . ,

admissible pour cliniques et anatomiques.

hL^o'io"ues Broussais supposait que le tubercule naît de l'inflamet hétérologues. mation , et par conséquent que la pneumonie et la bron-

DE LA TRANSFORlVLVriOiN DES MALADIES.

chite peuvent engendrer le tubercule. Il croyait aussi que les métamorphoses continuelles que subissait l'irritation , en se propageant à des tissus différents , pouvaient suffire pour expliquer, sinon tous , du moins la plupart des états pathologiques. Les milliers de faits qui ont passé sous les yeux des meilleurs observateurs ont prouvé surabondamment que l'irritation inflammatoire ne peut jamais aboutir à de pareilles productions morbides ; que le plasma concret ou le pus déposé dans un organe ne subira jamais la transformation tuberculeuse ; que le caillot sanguin ne pourra pas non plus changer de nature ni de forme. Nous en dirons autant de tous les produits homologues, des tissus fibreux, épithéliaux ; jamais ils ne deviendront cancer, tubercule ou mélanose. Ceux-ci à leur tour ne pourront pas non plus se changer en concrétion calcaire, en tissu adipeux ou autre. Ainsi donc, il faut établir en loi qu'une lésion organique ne peut pas changer de nature ; qu'elle reste jusqu'à la fin ce qu'elle était au commencement (Voyez Produits homologue!^ et hêtêrologues).

Les métamorphoses s'observent- elles dans d'autres '^es fièvres ne «o maladies ? On a parlé de fièvres intermittentes qui , après davantage, avoir sévi pendant un certain temps, sont devenues des rémittentes et des continues. 11 n'est point rare , en effet, de rencontrer des faits de ce genre ; mais, loin de prouver la mutation des maladies, ils démontrent au contraire que le changement de type est dû à une complication viscérale intercurrente , qui , après avoir apporté avec elle ses symptômes propres , a fini par faire prédominer la rémission d'abord, et enfin la continuité de la fièvre. Il serait encore plus difficile de citer des exemples avérés de synoque , de fièvres rémittentes gastriques transformées ^

en fièvre typhoïde. Quand on entend dire que , sans un traitement énergique, la fausse pneumonie se serait changée en pneumonie vraie, la fièvre gastrique ou l'entérocolite en une fièvre typhoïde , c'est qu'il y a eu erreur de diagnostic, confusion volontaire ou involontaire opérée entre des maladies différentes les unes des autres , et qui resteront toujours telles jusqu'à la fin. Loi générale : Nous pourrions passer ainsi en revue toutes les en-

Les espèces i • i i i i • ) .

pathologiques tités morbidos du cadre nosologique , nous n en trousoni immuables, yerions pas uue seule dont on puisse admettre la transformation, nous ne disons pas, en une entité différente, mais même en une espèce pathologique très-rapprochée. Erigeons donc en loi cette proposition , à savoir : que les espèces nosologiques des maladies sont invariables et qu'elles ne peuvent se convertir en d'autres, dans aucun cas, pas plus du reste que les tissus normaux ne peuvent se transformer en d'autres tissus anormaux. La théorie de la substitution est rigoureusement applicable à l'une et à l'autre. Si les maladies paraissent changer de forme, de nature, de degré, il faut s'en prendre à ce que d'autres lésions sont venues se surajouter à la maladie principale, la défigurer, et mettre ainsi à une rude épreuve la sagacité et l'habileté du médecin. Répétons avec Bordeu que « l'espèce est immuable comme les » divers poisons et comme les plantes et leurs semen- » ces ( 1 ) • »

(1) IJordeu , Œuvres complètes, t. 11, p. 606, in-8, Paris, 1818.

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