‹ Traité de pathologie généraleChapitre 53 sur 112 · PASSAGE DE L'ÉTAT AIGU A L'ÉTAT CHRONIQUE · texte numérisé non relu

PASSAGE DE L'ÉTAT AIGU A L'ÉTAT CHRONIQUE

l^erminaison des maladies par l'état chronique. Les Des maladies maladies affectent une marche aiguë ou chronique. Cette '^'^'^oniques. division si naturelle n'est point nettement indiquée dans la collection Hippocratique. ThémivSon en est le véritable fondateur; Thessalus, Soranus (d'Éphèse) et CœliusAurelianus la reçurent de lui. Ce dernier auteur a fait des maladies chroniques le sujet de son immortel ouvrage.

Que doit -on entendre par maladie aiguë? Ce mot Dérmiiion renferme-t-il seulement l'idée du temps qui sert à en me- IrbUraire. surer la durée ou quelque chose de plus , par exemple , la nature et la gravité de l'affection , la rapidité de ses terminaisons? La durée d'une affection aiguë n'a rien de fixe et peut embrasser une période de temps , tantôt fort courte , d'une à deux semaines, ou s'étendre de quarante à soixante jours et plus encore. Dira-t-on qu'elle est aiguë quand elle est accompagnée d'une fièvre intense; chronique quand celle-ci est faible , nulle , rémittente ou périodique? Mais cette distinction , fort contestable, ne pourrait, dans tous les cas, s'appliquer qu'aux maladies fébriles. Dira-t-on qu'une maladie est aiguë lorsque les symptômes se développent avec ordre et régularité; lorsque la nature paraît tout prépaier pour une terminaison heureuse , ou enfin lorsqu'elle finit par la destruction des organes ? Il ne peut en être ainsi ; car les maladies aiguës les plus courtes ont souvent une marche irrégulière. Quant aux modes de terminaison , ils ne peu-

vent entrer en ligne de compte ; tous sont possibles dans la même maladie. On ne peut pas dire non plus que les périodes soient plus marquées dans les maladies aiguës que dans les chroniques ; cependant ce caractère différentiel ne manque pas de valeur.

Enfm , comme pour multiplier encore les difficultés , une afîéction , ordinairement aiguë , peut revêtir une forme chronique , et réciproquement les maladies les plus chroniques marchent quelquefois à la façon des plus aiguës. Nous citerons la phthisie , le cancer de l'estomac ou de l'utérus , la cirrhose, le diabète, l'affection granuleuse des reins , qui peuvent tuer en quelques semaines lorsqu'elles mettent ordinairement plusieurs mois, et souvent plusieurs années, avant d'amener cette funeste terminaison. On ne trouve pour expliquer cette marche prompte que l'énergie de la cause morbifique et la réaction trop faible des organes qui accélèrent la terminaison caracières du mal. Cependant on peut dire qu'en général les mala- *'^*alguës.'^* dies aiguës ont une invasion courte, des périodes distinctes , très-nettement accusées par des symptômes particuliers ; qu'elles provoquent rapidement la sympathie des autres viscères , des troubles fonctionnels intenses ; qu'elles lèsent les propriétés vitales plus souvent et à un plus haut degré que les autres; qu'enfin elles arrivent, après des péripéties plus courtes, à la guérison ou à la mort. Les maladies qui appartiennent à cette classe sont les phlegmasies , les fièvres , les exanthèmes , les flux , les hydropisies, les maladies virulentes. Des maladies Les maladies chroniques causées et entretenues par chroniques, lésion des propriétés physiques et chimiques du solide et des liquides , marchent en général très-lentement. Le tubercule , le cancer, la mélanose , l'hypertro-

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