CHAPITRE VlU
RECHUTE ET RÉCIDH'E.
De la rechute. RECHUTE OU RECRUDESCENCE. Lorsque la maladie est presque entièrement terminée et que le sujet entre en convalescence , on voit reparaître parfois tous les symptômes ciel' affection que l'on croyait terminée. On dit alors qu'il y a rechute. Celle-ci est donc la reproduction du mal avant qu'il soit complètement guéri. Elle a lieu Qu doit distinguer plusieurs espèces de rechutes , sui- ^ époques^^ "Vf-Ht la période de la maladie pendant laquelle elles arride la maladie, yg^^ . tantôt c'cst au momcut OÙ l'affectiou est en décroissance, tantôt lorsqu'elle est en voie de résolution , au milieu, ou môme à la fin de la convalescence. La condition indispensable poui* qu'il y ait rechute , c'est que le mal ait dépassé la période d'état et qu'il soit dans celle de déclin. Cette distinction est de la plus haute importance en clinique, parce qu'elle force le médecin à rechercher la cause de l'aggravation survenue dans les symptômes au moment même où il croyait le malade guéri. De là découlent aussi des remarques utiles sur la cause des rechutes.
Les symptômes Sans qu'ou puisse indiquer, d'une manière générale, les
caractérisliques . i , ■ i i
reparaissenl. symptomes commuus à toutes les rechutes , on peut., du moins , établir qu'ils ne diffèrent pas de ceux qui se manifestent pendant l'invasion , la période d'état, d'accroissement ou même de déclin. Souvent la maladie recommence avec les symptômes caractéristiques de l'invasion. Une rechute de pneumonie, par exemple, est marquée
RECHUTE Eï UÉCIDIVE.
par le souffle et la bronchophoiiie ; quelquefois cependant l'engouement reparaît , et avec lui le râle crépitant et le frisson initial. Si c'est une maladie générale, à détermination locale , comme le rhumatisme ou la dysenterie , la rechute entraîne avec elle la réapparition des phénomènes caractéristiques , de la douleur articulaire , des selles sanglantes, dans les affections citées.
On est souvent porté à croire qu'il existe une rechute , on peut prendre
, . pour une rechute
par cela seul qu on aperçoit une aggravation dans la ma- une complication ladie ou de nouveaux symptômes. Ils dépendent souvent
*' ^ '■ aggravation
de complications obscures ou déjà patentes qu'il faut se du mai. garder de confondre avec la rechute , ou bien encore de l'extension du mal qui , après avoir quitté son premier siège, s'est propagée plus loin, comme on le voit dans la bronchite et la pleurésie. Celles ci, d'abord partielles, s'étendent à d'autres points des bronches et de la plèvre.
Les rechutes ne sont pas également fréquentes dans Maladies qui
, I !• 11 • 11 exposent le plus
toutes les maladies. Celles qui y exposent le plus sont rechutes, certainement les maladies aiguës et locales , dans lesquelles il existe des périodes marquées. Les congestions, les flux, les phlegmasies, sur le point de se terminer, se ravivent tout d'un coup et avec une force nouvelle ; exemple : diarrhées , dysenterie , pneumonie , bronchite. Les névroses, surtout celles qui ont pour caractères la douleur et la convulsion , reparaissent avant d'être entièrement guéries. On peut observer dans la convalescence de la lièvre typhoïde ou de la variole des accidents aigus, mais ils tiennent à d'autres causes qu'à la recrudescence de ces maladies.
La rechute n'appartient pas seuleinent aux maladies De la rechute
,, .11', . 1 dans les maladies
aiguës ; elle se montre plus fréquemment encore dans chroniques, les chroniques. On pourrait considérer une maladie chro-
nique comme une maladie aiguë, dans laquelle des réchutes continuelles viennent empêcher la résolution. En effet , si l'on observe attentivement la marche d'une affection de ce genre, d'une phlegniasie, d'un ramollissement, d'une induration, par exemple, on voit les symptômes diminuer graduellement d'intensité, comme si le mal allait finir, puis reparaître de nouveau pour cesser et recommencer encore un grand nombre de fois et de la même manière. Cela est si vrai que les causes les plus légères font repasser le mal de la forme chronique à la forme aiguë, et que si l'on parvient à soustraire complètement les malades à leur action morbifique, on peut, sinon guérir, du moins amender toujours les phénomènes et prolonger pendant longtemps l'existence. Quel est le praticien qui n'a pas observé ces rechutes dans les affections de l'estomac, dans l' en té ro -colite , la bronchite chronique, les congestions du foie? Elles ne reconnaissent pas toujours pour cause une infraction aux lois de l'hygiène. 11 faut la chercher souvent dans l'affaiblissement de l'organisme qui, après avoir épuisé une partie de ses forces, est impuissant à continuer plus longtemps la lutte.
Une rechute est-elle plus grave que la première attaque delà maladie? On peut répondre affumativement pour la majorité des maladies. Le sujet, affaibli par le mal et souvent pat un traitement énergique et débilitant, ne résiste pas aussi bien à la nouvelle atteinte qu'il vient de subir. Une rechute , d'ailleurs , doit faire supposer ou que la cause morbifique n'est point épuisée , ou qu'elle a repris une nouvelle force, ou enfin que l'organisme ne réagit plus aussi bien. Dans tous les cas , la situation du malade n'est plus aussi bonne ; il est moins apte à combattre le mal.
HRCHUTE ET KKCIDIVE.
Récidive. On nomme ainsi la réapparition d'une maladie terminée entièrement et qui a dépassé la période de la convalescence. La rechute, ainsi que nous venons de le dire, suppose l'imparfaite solution de la maladie. 11 est doiic facile de les distinguer l'une de l'autre.
Une diiliculté plus grande nous arrête lorsque nous Différences entre voulons séparer la récidive des paroxysmes ou accès aœèrdeceruiiles qui caractérisent certaines maladies, comme la fièvre in- maladies, lermittente, l'épilepsie, la chorée, les convulsions, le délire et d'autres névroses. Dans une lièvre intermittente qui feparaît au bout d'un mois , faut-il voir une rechute ou une récidive? Des accès d'épilepsie, une chorée reviennent après un an ; des convulsions se manifestent tous les mois sans régularité. Y a-t-il récidive ou rechute? On ne peut pas invoquer l'intervention nouvelle des causes qui ont provoqué la première attaque , car ces maladies reparaissent lors même que le sujet est sousti'ait depuis longtemps à des influences de ce genre. ()n ne peut pas dire non plus que le malade a rechuté , j)uisque deux, trois ou quatre accès ont manqué. 11 nous semble que, pour sortir d'embarras, il faut tenir compte de la nature de la maladie ; si elle est périodique , il faut qu'un très-grand nombre d'accès aient manqué, et surtout que rien n'indique dans l'état général ou dans les Viscères tihe souffrance , quelque petite qu'elle soit. On sait qu'une épilepsie peut ne donner lieu qu'à une seule ou trois attaques par an. On n'appellera pas celles-ci des récidives ou des rechutes d'épilepsie; le mot serait impropre et introduirait une fâcheuse confusion en nosologie.
Les maladies doivent être partagées en deux groupes Maladies qui ne distincts : T celles qui ne récidivent jamais; 2" celles qui p««-
récidivent. Toutefois, il ne faut pas prendre cette distinction dans un sens trop rigoureux; car il n'existe pas une seule maladie qui ne puisse récidiver. Celles qui possèdent la propriété spéciale de ne se montrer qu'une fois dans la vie sont : i" les exanthèmes tels que la variole, la rougeole, la scarlatine, les grandes pyrexies, la fièvre typhoïde, le typhus, la peste, la fièvre jaune. Tout le monde s'accorde à déclarer qu'une certaine immunité est acquise aux hommes qui ont été atteints de ces affections, mais qu'elle n'est point indélébile. Il n'est pas un médécin qui n'ait observé des récidives de variole et même de fièvre typhoïde ; pour notre part , nous en possédons huit cas. On a vu également la peste , la fièvre jaune frapper deux et trois fois le même individu; mais ces exceptions n'infirment point la règle que nous avons posée.
Maladies La seconde catégorie se compose des maladies qui sont I récidivent, très-sujettcs à récidiver. Nous citerons entre autres le rhumatisme articulaire aigu et chronique, les fièvres intermittentes, les fièvres gastriques simples et bilieuses, toutes les névroses , les congestions encéphaliques , plusieurs phlegmasies, la pneumonie, l'angine, l'érysipèle, les maladies de la peau.
Il ne faut pas ranger dans les maladies à récidives celles qui, liées à un état général, ne se montrent qu'à des époques plus ou moins éloignées, telles que la scrofule, la goutte et peut-être le rhumatisme, qu'il faudrait alors retirer du nombre des affections à récidives. On ne doit pas non plus y faire figurer celles que des causes endémiques ou des constitutions médicales ramènent chaque année : la dysenterie, la diarrhée, la grippe, les flux bilieux, etc.
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Les récidives ont lieu quelquefois à des époques assez Nombre rapprochées (angine tonsillaire, érysipèle ) , deux ou trois fois durant la vie entière, ou à des intervalles de douze ou quinze années (rhumatisme, érysipèle, pneumonie). On ne saurait établir en loi que dans les attaques successives le même mal va en s' atténuant ou en s'aggravant. S'il est vrai que Térysipèle devient de plus en plus léger à mesure qu'il se reproduit, et qu'on puisse en dire autant de la pneumonie, cependant le contraire se remarque aussi. Il n'est pas rare de voir un malade succomber à une troisième ou quatrième attaque de pneumonie. Le rhumatisme qui se développe pour la seconde fois est souvent plus violent que le premier. Il faut cependant reconnaître que les maladies vont ordinairement en s'aiïaiblissant à mesure qu'elles récidivent.