CHAPITRE X
DE LA CONVALESCENCE
De la convalkscence. On aurait une idée fausse de la De la convalescence, si on la considérait comme un état inter- convalescence, médiaire entre la maladie et la santé. Une pareille disposition du corps n'existe pas. La convalescence est un état Définition ;
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général, diathésique, créé par la maladie, et qui en con- ou diathésique stitue la dernière période. 11 faut y examiner la marche, ^°'p*la nature, et le mode de terminaison des symptômes, absolument comme dans toutes les autres phases de la maladie Les auteurs des traités de pathologie générale et d'hygiène en font une courte mention, et ne l'étudient d'ailleurs sous aucune des faces que nous allons plus spécialement considérer. L'école grecque avait sur ce sujet des idées générales très-justes, que l'on trouve reproduites , en grande partie , dans leurs livres sur la diététique.
Quel moment La durée d'une maladie doit être mesurée par le temps de la maladie • g'^çQ^ig denuis l'invasiou jusqu'au moment où le ma-
prendre pour ^ ^ j x > -i f
point de dépari? lade a repris ses forces physiques et morales, et ou il est rendu au libre exercice de toutes ses fonctions. Si l'on ne veut pas comprendre la convalescence dans les périodes mêmes de la maladie, il faut alors spécifier nettement l'époque à laquelle ont cessé les symptômes locaux et généraux qui dépendent de la maladie, s'attacher à bien déterminer si son élément essentiel a complètement disparu, à décrire enfin les symptômes qui subsistent encore. Nous croyons que pour donner une date certaine à la convalescence, il convient de ne la calculer qu'à partir de l'instant où l'acte essentiel et constitutif de la maladie et ses symptômes caractéristiques ont disparu. Citons quelques exemples. Est-ce une phlegmasie , une hémorrhagie pulmonaire qui a existé? Le sujet ne doit être réputé convalescent qu'à la condition de ne plus présenter les phénomènes locaux , physiques et fonctionnels de l'induration et de la congestion pulmonaire. Cependant les symptômes généraux , sympathiques peuvent subsister encore pendant un certain temps. Si la maladie est générale, ou, du moins, si ses déterminations morbides localessont secondaires, les sy mptômeslocaux se dissipent, mais les généraux continuent encore , tout en s' atténuant.
La convalescence est si bien un état morbide qu'elle a ses symptômes. Ils varient dans les trois conditions morbides suivantes : maladies i" locales; 2° générales; 3° aiguës ou chroniques.
convalescence. i° La convalcscence des maladies locales est marquée '^'^loca'ie^s."^^ par la cessation complète de la lésion de structure et des phénomènes physico-chimiques qui en dépendent. On observe encore pendant quelque temps des troubles
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fonctionnels légers, qui prouvent que la fonction n'a pas récupéré toute sa force. Une fois que le souflle, l'égophonie, lamatité ont disparu dans une pleurésie la convalescence s'établit; cependant la respiration n'est pas encore vésiculaire, et l'ampliation thoracique ne se fait pas comme dans l'état normal.
2° Dans les maladies générales il faut, pour qu'on i>ans 'es maladies puisse regarder la convalescence comme terminée, que s**"^""*'"l'acte ou les actes morbides essentiels et les symptômes qui les traduisent aient cessé;' a" que les actes morbides secondaires successifs, immédiatement enchaînés aux premiers, aient h leur tour disparu; 3° enfin que les troubles généraux aient perdu la plus grande partie de leur intensité. Un typhique est convalescent lorsqu'il ne présente plus de météorisme, de diarrhée, de congestion splénique, et surtout quand il n'a plus de fièvre ni de troubles ataxo-adynamiques ; mais il n'est pas guéri puisqu'il lui reste de l'amaigrissement , de l'insomnie, une certaine fai])lesse générale et des sens spéciaux.
3° La convalescence se présente encore avec d'autres Dans les maïaJios caractères, suivant que la maladie est aiguë ou chro- chromiucs. nique. Dans le premier cas il faut absolument que la fièvre ait cessé entièrement, qu'elle ne reparaisse plus, même d'une manière erratique ou passagère, soit le jour, soit la nuit, pour qu'on puisse dire que le malade est convalescent. En général , la marche prompte des affections aiguës permet aux symptômes de la période que nous étudions de se dessiner plus nettement que dans la forme chronique , parce que les fonctions , surprises , en quelque sorte, dans un état d'intégrité parfaite, se rétablissent plus vite une fois que la lésion est dissipée : au lieu que dans la chronique , le travail lent de la maladie amène I. 17
dans les autres viscères, en connexion sympathique avec l'organe souffrant, sinon des lésions, du moins des troubles fonctionnels qui ne cessent que plus difficilement et plus lentement. Telle est la principale cause pour laquelle les signes de la convalescence des affections chroniques sont moins exactement circonscrits que ceux des maladies aiguës. L'altération concomitante du sang , sur laquelle nous allons revenir plus loin , retarde aussi beaucoup la marche de la convalescence, i.a convaicfccnce H est de la plus hauto importance de déterminer l'éfaii partie poquc cxactc do la convalescence dans les maladies , afin
de la maladie. ^ ^ , . , -, , t i n • , i i /
de pouvou' préciser la durée totale de celles-ci et le degré d'influence des médications employées. La convalescence, nous ne saurions trop le répéter, fait partie essentielle de la maladie; elle en constitue la dernière période. Un convalescent n'est pas un homme guéri.
Causes La durée d'une maladie, calculée depuis l'apparition qui la rciardcni premier svmptôme d'invasion iusqu'à la fin de la con-
ou l'allongent. ^ , J i
valescence, n'est pas la même suivant plusieurs circonstances qu'il faut spécifier. Parmi celles qui sont inhérentes à la maladie et qui en allongent la durée , il faut placer la coexistence d'une ou de plusieurs complications, Inhérentes la marche iiTégtilière , incertaine, des accidents ; les reau malade chutcs et l'actiou Spéciale de certaines causes. Les conei à la malac le. ^j-^^^-jg individuelles , comiue la force de la constitution , la jeunesse, raccourcissent cette période; les conditions inverses lui donnent plus de durée.
A la nature nature du traitement exerce aussi une grande in-
de la maladie; flueuce. Les médocius qui soumettent leurs malades à des
à son traitement. ... , , , , , ,
émissions de sang , répétées , abondantes , ou à des évacuations d'une autre nature, ceux qui abusent de la diète et du régime débilitant prolongent la convalescence ;
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la rendent parfois interminable , et alors quand ils supputent la durée des maladies qu'ils ont traitées de la sorte , ils ont soin de ne pas y faire figurer la convalescence. Nous signalons ce point important à l'attention de ceux qui veulent établir, d'une manière rigoureuse et à l'aide de la statistique , la durée d'une maladie. Les médications abortives ont un effet inverse à celui que détermine les traitements indiqués.
Symptômes de la convalescence. Il faut distinguer plusieurs cas : 1" la maladie est locale : dans ce cas , la convalescence sera marquée surtout par la cessation des symptômes locaux ; quelques symptômes généraux persistent encore; 2° la maladie est générale , mais elle provoque des lésions partielles dans le solide et les liquides ; conmie dans le cas précédent, il faut, pour que la convalescence soit terminée , que les accidents locaux se soient dissipés et que les généraux aient perdu la plus grande partie de leur intensité. On voit donc qu'il faut toujours tenir compte, pour juger si la convalescence est parfaite ou imparfaite , des signes locaux et généraux de la maladie. Seulement on accordera plus de valeur aux signes locaux qu'aux généraux, suivant que la lésion caractéristique aura été locale ou générale.
Si/mplômes. Les symptômes locaux de la convalescence signes locaux varient autant que le siège et la nature de la maladie. En ''f
^ ° ^ convalescence.
général, on doit regarder comme un critérium certain du retour à la santé le rétablissement des propriétés statiques des tissus. Quand un organe a repris son volume, sa couleur, sa densité, sa forme, sa contexture naturels, quand les liquides ont leur composition chimique normale, on peut dire que le malade est guéri. Avant que ces changements se soient effectués , les symptômes corn-
mencent à perdre de leur intensité , quelques-uns disparaissent. Il reste encore, pendant un temps variable, des troubles fonctionnels qui caractérisent la convalescence. Ces troubles sont de trois ordres; ils tiennent : i° à une surexcitation des propriétés vitales de l'organe spécialement affecté ; 2° au trouble de sa motilité ; 3» au trouble de l'absorption et des sécrétions. 11 arrive souvent qu'on ne peut plus constater la moindre lésion de texture dans les parties malades; et cependant, si c'est un réservoir, un organe sensible ou contractile, qui est le siège du mal, les mouvements s'accompagnent encore de gêne, de douleur; les sécrétions qui lubrifiaient les tissus restent taries ou diminuées , et il est facile de voir qu'un ou plusieurs actes de la fonction ne sont pas encore revenus à leur type normal. Si c'est le larynx qui a été affecté , les symptômes locaux se dissipent, mais la voix reste faible , se fatigue aisément; le malade ressent dans l'organe vocal , lorsqu'il parle pendant quelque temps, de la sécheresse, de la chaleur, de la gêne, parce que les sécrétions normales ne sont pas rétablies, et que la contraction musculaire est encore douloureuse. Un autre caractère de la convalescence consiste dans le rétablissement incomplet des actes partiels qui concourent à la fonction principale. Tantôt les sécrétions sont diminuées ou taries, tantôt un peu de sensibilité se manifeste encore. En un mot, si l'acte principal de la fonction, celui qui était spécialement lésé , est revenu à son type normal , les autres laissent encore à désirer, i.a convalescence II faut se garder de confondre avec les symptômes lodesISns ^^^^^ convalesceuce les signes qui se rattachent à consécutives une altération persistante causée par la maladie. L'abpersisiantcs. ggj^^^g j^^.^^-^ respiratoire, de vibration thoracique à la
DE I,A CONVALESCENCE