‹ Traité de pathologie généraleChapitre 58 sur 112 · GI · texte numérisé non relu

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suite d'une pleurésie adhésive, la pei'sislance d'une induration fibreuse ou autre après une inflammation , constituent des èlals consécutifs étrangers à la convalescence. On doit encore la distinguer de la rechute. On serait tenté parfois de rapporter à la convalescence les congestions , les flux, les inflammations, qui tiennent à la réapparition sinon du même état pathologique, du moins de quelques-uns de ses actes. C'est pour avoir opéré cette confusion que quelques auteurs ont admis des convalescences parfaites et d'autres imparfaites. Celles-ci ne sont autre chose que des récidives d'un ou de plusieurs phénomènes morbides.

On doit également en séparer les états morbides généraux qui dépendent de la maladie. Tous les signes de l'anémie se montrent dans la convalescence des maladies qui portent obstacle à la nutrition ou qui altèrent profondément le sang. On ne doit donc pas ranger parmi les signes de la convalescence d'une fièvre intermittente, d'une affection saturnine ou d'une gastralgie hypochondriaque , les symptômes de l'anémie qui leur est consécutive. De pareils accidents sont l'effet immédiat de ces maladies qui joue , à leur tour, le rôle de cause de maladies.

Les symptômes généraux suivent ordinairement dans Symptômes leur disparition une marche à peu près semblable à généraux .le la

^ ^ ^ convalescence.

celle qu'ils affectent dans leur mode de développement; en sorte que les symptômes de convalescence ont une grande analogie avec ceux de la maladie môme , du moins dans les affections aiguës et de courte durée. Les premiers symptômes sont ordinairement généraux , et consistent en troubles de la sensibilité, de la motilité, de la calorification , de l'intelligence. Ce sont les mêmes qui persistent pendant la convalescence. Ainsi

la diminution des forces, le malaise, la céphalalgie, la courbature, l'insomnie, la faiblesse et l'inactivité des fonctions intellectuelles , de la calorification , de la digestion , le refroidissement facile , correspondent assez exactement au brisement de forces, à la céphalalgie, à la prostration, à l'hébétude, au frisson, à la chaleur, à l'insomnie, qui marquent généralement l'invasion des maladies. En un mot , les symptômes généraux sont les premiers à paraître, et ils persistent encore après que tous les autres ont cessé. On les retrouve à différents degrés , pendant la convalescence. Les plus violents , les plus graves , ceux qui ont joué le rôle principal dans la maladie sont encore ceux qui sont le plus nettement accusés. Ils vont ensuite en s' affaiblissant jusqu'à ce que la santé soit rétablie.

La convalescence peut durer quelques jours , quelques semaines et souvent plusieurs mois , suivant la nature , l'intensité du mal et surtout son siège. A peine avousnous besoin de rappeler que les appareils qui sont incessamment en fonction et qui jouent un rôle indispensable dans la nutrition générale, comme le tube digestif, le cerveau, les poumons, ne peuvent être affectés d'une manière aiguë ou chronique sans que les forces et les liquides ne soient à leur tour profondément lésés. On conçoit dès lors qu'il se passe souvent un temps fort long avant que tout soit rentré dans l'ordre.

Les symptômes de la convalescence doivent être surtout étudiés dans les appareils de la sensation , du mouvement, de l'intelligence, de la calorification et de la nutrition. C'est là que se réfugient, en dernier lieu, les symptômes de la maladie, de la^s'entbiiité. ^cs malades conservent une excitabilité qui se traduit

UE LA CONVALESCENCE

tantôt par des hypéresthésies siégeant à la peau , clans l'épaisseur des muscles et quelquefois dans les tissus fibreux des parties profondes ; tantôt par des crampes, par la sensibilité immodérée de la vue , de l'ouïe , de l'odorat. Quelquefois, au contraire, la sensibilité générale et spéciale devient plus obtuse ; le malade trouve un goût qui n'existe pas aux substances sucrées et acides, au vin et à quelques espèces d'aliments. Trouble

Dans la convalescence des maladies graves , la con- monun). tractilité est singulièrement altérée. Les malades ne peuvent pas se soutenir ; on voit même la faiblesse portée au point d'empêcher la station verticale pendant plusieurs semaines. Dans tous les cas, la marche reste longtemps incertaine et vacillante. L'amaigrissement des masses musculaires ne suffit pas pour rendre compte d'une pareille faiblesse ; la diminution très-réelle de la contractilité en est certainement la cause. Quoique à peine lésée dans quelques cas, celte faculté l'est cependant , d'une manière si constante, qu'on doit ranger la débilité musculaire parmi les symptômes les plus caractéristiques de la convalescence. Trouble

Les facultés intellectuelles offrent également des trou- (lei'inieiiigcnci;. bles marqués. Disposé à la tristesse , aux pleurs, au rire, passant de l'un à l'autre avec une mobilité extrême, le malade jouit cependant de toutes les facultés de son esprit. Souvent il a perdu la mémoire ; il est obligé de rapprendre ce qu'il savait; il s'amuse à des jeux puérils et insignifiants ; il ne s'applique qu'avec peine, souvent sans résultat, à des pensées sérieuses. En un mot, l'intelligence est notablement amoindrie comme les autres facultés du système nerveux, mais pour un temi)s, en général, assez court. Cette inlluence exercée par le physique sur

le moral pendant la convalescence a été signalée des temps les plus anciens. Elle se montre même chez les hommes d'un esprit cultivé, même à undegré plus considérable que chez les hommes adonnés aux arts manuels. Balcntissemenl Lcs fouctions de la vio végétative restent ordinairement du pouls. troublées moins longtemps que les autres. Tantôt le pouls conserve une fréquence anormale, en même temps qu'il est petit, faible, inégal ; tantôt il se ralentit, surtout dans certaines affections telles que les fièvres , les lésions du foie. Très-rarement on y observe des intermittences. Altéralion L'altération du sang consiste dans la diminution des du sang. globules et l'accroissement des quantités d'eau du sérum. L'état anémique qui en est le résultat peut servir à expliquer la pâleur, la décoloration de la peau , le refroidissement facile des extrémités , les bruits de souffle intermittents ou continus qu'on entend sur le trajet des vaisseaux au cœur, les palpitations , et par-dessus tout la plus grande partie des phénomènes nerveux que l'on observe alors (gastralgie, névralgie, bourdonnements d'oreilles, etc.). Nous avons déjà fait remarquer que ces symptômes appartiennent à un état morbide consécutif et non à la convalescence proprement dite.

Appétit vrai. Rien u'est plus variable que les symptômes offerts par le tube digestif; tantôt la langue perd ses enduits et reprend sa netteté normale, tantôt elle reste sale , chargée d'une couche grise ou blanchâtre. L'appétit vrai est lent à revenir ; l'appétit raisonné se montre, au contraire, de bonne heure, et le médecin doit se défier des assertions du malade. Cependant la faim se manifeste ordinairement , de bonne heure, comme le signe positif de la convalescence. C'est au médecin à savoir distinguer cet appétit réel de l'autre. Du reste, la facile digestion d'aliments

DE LA CONVALESCENCE

d'abord légers, puis nourrissants et copieux, est la meilleure preuve que l'appel instinctif fait par les fonctions est dans un rapport exact avec les besoins de l'organisme. • Parfois l'appétit est vorace, continuel, et occupe sans cesse le malade; tantôt il reste languissant. Souvent la digestion gastrique est lente, pénible, jusqu'à ce que les sécrétions gastro-intestinale et biliaire se soient rétablies. Ordinairement l'élaboration digestive s'accompagne d'un peu de froid , surtout aux extrémités, bientôt après de chaleur générale, de moiteur, d'accélération du pouls, en un mot d'une fièvre de digestion qui s'explique par la faiblesse extrême de tous les systèmes. Le besoin de manger revient quelquefois à des intervalles très-rapprochés ; on se trouve bien alors de le satisfaire. Le choix des aliments mérite d'être surveillé; ils occasionnent souvent des indigestions et mettent la vie en péril. Les anciens ont traité ce sujet avec toute la supériorité qu'ils avaient dans la diététique. On observe plus souvent la constipa- Évacuations tion que la diarrhée dans la convalescence franche; ce qui s'explique à la fois par l'activité même de l'absorption intestinale qui laisse peu de résidu , par l'affaiblissement de la contractilité musculaire et par la diminution des quantités de mucus et de bile sécrétés.

On remarque des changements notables dans les quan- Kiai de rurine tités et les qualités de l'urine. Rare d'abord et par conséquent dense, chargée de sels, qu'elle laisse déposer avec le mucus et souvent une grande quantité d'épithélium, l'urine devient ensuite plus abondante, plus pâle, plus aqueuse. Quelquefois les malades ont de la difficulté à la rendre ou éprouvent une forte douleur.

Le réveil des organes génitaux n'est pas un phéno- Des fondions mène aussi fréquent que l'ont prétendu quelques auteurs.

Si l'on observe chez les jeunes gens et les sujets robustes des pollutions nocturnes et l'érection, l'atonie de ces mêmes organes s'observe chez un plus grand nombre de malades. Chez les femmes, la menstruation ne revient, d'une façon régulière ou irrégulière, qu'après plusieurs mois.

Amaigrissement, troublc de la nutritiou générale est le caractère le plus marqué de toutes convalescences. Il ne saurait y avoir de maladie un peu aiguë et d'une certaine durée sans amaigrissement général. La résorption de la matière grasse déposée dans le tissu cellulaire de tous les organes , y compris ceux de la vie végétative , détermine , lorsqu'elle est portée à un très-haut degré , un marasme tel que le corps exténué a de la peine à revenir à son poids ordinaire. Il faut souvent plusieurs mois pour que toute trace de la maladie se soit effacée. On voit quelques sujets ne sortir, qu'à grand'peine et après plusieurs mois , de l'état de marasme dans lequel ils sont tombés , comme si l'économie ne pouvait se refaire entièrement qu'à la condition de ne pas avoir dépassé une certaine limite compatible avec les lois ordinaires de la nutrition, deîï's^uiiuro ^^"^^ cheveux , la desquamation de l'épithé-

et des fondions lium sur toute la surface du corps ou dans quelques de la peau. pQj^^^g seulement , aux mains surtout , la souplesse que reprend la peau après avoir été longtemps aride, écailleuse ou baignée d'une sueur abondante , l'éruption de vésicules miliaires , quelquefois de papules , la démangeaison due uniquement à l'hypéresthésie du derme, la déformation des doigts et des ongles par suite de l'amaigrissement , tels sont les phénomènes qui complètent le tableau des symptômes propres à la convalescence. Chaque maladie , en raison de sa nature , de son siège ,

TERMINAISON PAR LA MORT

de ses sympathies spéciales , apporte de nombreuses modifications dans les symptômes que nous venons de retracer. Il nous serait impossible de les. indiquer sans faire irruption dans le domaine de la pathologie spéciale et sans présenter les caractères propres à chaque espèce de convalescence.

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