‹ Traité de pathologie généraleChapitre 6 sur 112 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

Je suis tout cela ; je suis de ceux qui jugent les autres (1). » C'est, en effet, la pensée qui règne aujourd'hui dans les sciences médicales. Il serait trop long de rechercher par quelles épreuves elle a passé avant de secouer le joug de toutes les fausses doctrines. Bornons-nous à signaler les causes principales du mouvement scientifique qui, depuis le commencement de ce siècle, emporte la médecine dans la voie du progrès.

Notre science est associée d'une manière trop intime aux autres parties des connaissances humaines, pour que toutes les fluctuations que celles-ci éprouvent ne se fassent pas immédiatement sentir sur elle. Aussi , pour bien comprendre la marche et le développement de la médecine, faut-il se placer dans le milieu ambiant qui lui communique le mouvement et la vie. Elle profite de toutes les vérités que découvre l'intelligenco humaine; elle s'arrête ou recule quand les préjugés et les fausses doctrines entravent son libre essor. Cette influence réciproque s'est montrée dans tout son jour à la fin du dernier siècle, lorsque la liberté de penser, sortie victorieuse de toutes les épreuves, eut renversé les obstacles qui l'avaient arrêtée dans son développement.

(1) Bordcu , Histoire de la médecine, œuvres complètes, t. II, p. 614, in 8. Paris, 18)8.

AVANT- PROPO.S. IX

En se reportant à la fin mémorable du dix-huitième siècle , on assiste à un des plus beaux spectacles qu'il soit donné à Thomme de voir. Le libre examen fortifié par l'étude approfondie de Thisloire, par une critique puissante qui s'exerce sur toutes les matières, replace les sciences dans le sillon que Bacon leur avait tracé. Depuis longtemps sa voix n'était plus écoutée que par un petit nombre d'adeptes. Il fallut que les fondateurs de V Encyclopédie du XV Ur siècle se missent de nouveau à l'œuvre, et qu'ils élevassent un Noviim orgap.um, où, à l'exemple de leurillustremaître, ils rassemblèrent avec une méthode, une indépendance, une clarté dont on ne saurait trop les louer, toutes les branches des connaissances humaines. La pensée qui présida à la rédaction de ce livre exerce encore aujourd'hui son influence salutaire sur toutes les sciences.

Un peu plus tard, par un de ces bonheurs auxquels la France est habituée, des hommes célèbres parurent presque en même temps et imprimèrent aux sciences naturelles une direction expérimentale dont la médecine fit son profit. Tandis que Condillac, d'Alembert, Condorcet, Bailly, Cabanis unissaient par des liens durables la philosophie et les sciences, en agrandissant ainsi leurs domaines, Lavoisier, Berthollet , Fourcroy changaient la face de

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