‹ Traité de pathologie généraleChapitre 65 sur 112 · LESIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES · texte numérisé non relu

LESIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

suivie de convulsions générales, de délire, de perte de connaissance , de trismus des mâchoires , de strabisme. On observe plus rarement ces désordres nerveux dans les affections du cœur, du foie et de la rate.

La diminution des globules du sang est une cause généralement admise aujourd'hui de tous les accidents qui caractérisent les névroses. On les retrouve à différents degrés dans la chlorose et l'anémie. Il faut donc mettre ces deux affections parmi les influences morbifiques qui président au développement d'un grand nombre de névroses. Appellera-t-on celles-ci des phénomènes nerveux syraptomatiques ou bien des névroses proprement dites. Nous pensons qu'on doit leur donner le nom de troubles nerveux symptomatiques toutes les fois que l'altération du sang en est la cause évidente. Les névralgies, les hyperesthésies, les viscéralgies des chlorotiques , tiennent à cette altération dans un grand nombre de cas. Mais ne peut elle pas aussi jouer le rôle de cause prédisposante et préparer le développement des névroses qui n'éclatent alors qu'à l'occasion d'une autre cause inconnue? Cette opinion, fondée sur l'observation des faits, ne saurait être mise en doute. L altération du sang ne fait que concourir à la production de la maladie, et n'en est pas la cause unique. On en trouve la preuve, d'une part, dans la persistance de l'affection nerveuse, lors même qu'on est parvenu à guérir la chlorose , et de l'autre , dans l'absence de toute névrose proprement dite chez le plus grand nombre de femmes atteintes des pâles couleurs. Il faut donc qu'il y ait une cause morbifique autre que l'altération du sang pour que la névrose puisse se développer. 11 est impossible, par exemple, de ne pas faire entrer en ligne de compte l'influence sympathique

DES NÉVROSES EN GÉNÉRAL

que les troubles de la menstruation ne manquent pas d'apporter dans le système nerveux. On voit donc que des causes morbiliques très-complexes agissent dans la production des troubles nerveux chloro-anémiques qu'on a déclarés, un peu trop à la légère, symptomatiques de l'altératiou du sang, et qui nous paraissent appartenir, dans bien des cas, à des causes qui restent inconnues.

L'état puerpéral dans lequel nous comprenons la gros- Etat puerpéral, sesse, l'accouchement et ses suites peut être considéré avec la chloro-anémie comme une des causes les plus ordinaires des névroses. Tous les observateurs en rapportent de nombreux exemples. On les trouve indiqués par les auteurs les plus anciens. Les troubles de la sensibilité, de la motilité , de l'intelligence, tiennent souvent au trouble de l'innervation utérine. (Voyez Êlai puerpéral.)

Les cachexies ])aludéennes , syphilitiques et l'albumi^ cachexiesi nurie, nous paraissent également agir en débilitant l'or- îiib"""^"""^ganisme, en altérant le sang, en l'appauvrissant, de la même manière qu'un cancer utérin ou gastrique. Ces maladies entrauient avec elles des modifications profondes dans le solide et dans les liquides. S'il était démontré que l'altération du sang en fût la seule cause, il faudrait ranger les névroses dont nous venons de parler parmi les accidents nerveux symptomatiques. Mais nous avons de fortes raisons de croire que ces cachexies ne font, comme les autres maladies du sang, que préparer l'apparition des névroses vraies.

Il en est de même des névroses d'origine rhumatismale. Rhumaiisme. Les convulsions , les paralysies , les hypéresthésies qui en dépendent , sont spécifiques. Nous les rangeons parmi les névroses proprement dites.

LÉSIONS Dl-S PROPRIÉTÉS VITALES.

Le Irailemcnl doit être ralionneL

Trailemenl (les névroses sympathiques.

Traitement des névroses.

Indications :

Combattre 1° l'état d'érélhismc cause par le trouble des fonctions génitales ;

2" La chlorose,

l'anémie et d'autres états diathésiques.

Indications Uih' a peu tiques. Le Iraitement des névroses doit reposer exclusivement sur la connaissance ralsonnée de leurs causes, et ce n'est que quand elle nous fait entièrement défaut qu'il doit être permis de recourir à une médication empirique.

Il faut avant tout établir si la névrose que l'on cherche à combattre est sympathique ou non. Dans le premier cas, on dirigera le traitement contre la maladie primitive, et, si elle est au-dessus des ressources de l'art, on agira alors sur les troubles nerveux , absolument comme vs'ils constituaient toute la maladie. Ces troubles nerveux sont trop pénibles, souvent même trop menaçants pour qu'on ne doive pas chercher, à tout prix, à les dissiper par le traitement ordinaire des névroses.

Les indications thérapeutiques doivent être tirées de l'étiologie même des névroses autant qu'on peut le faire.

1° 11 importe de s'enquérir, par un examen approfondi des symptômes, si la maladie du système nerveux ne tiendrait pas à une de ces névropathies sur lesquelles nous avons tant insisté; la puberté, l'établissement imparfait ou difficile de la menstruation, l'aménorrhée, l'état puerpéral, l'âge critique, requièrent une médication spéciale dont la diététique doit faire presque exclusivement tous les frais.

2° Une seconde indication est fournie par certains états morbides généraux qu'il faut, avant tout, combattre, parce qu'ils sont souvent l'unique cause des névroses. De ce nombre, sont la chloro-anémie, le rhumatisme, la syphilis et la névrosthénie , soit congénitale , soit provoquée par tous les agents capables de surexciter et de perturber le système nerveux. On trouvera surtout, dans les médicaments qui reconstituent le sang et qui fortifient tous les

DES NÉVROSES EN GÉNÉRAL

systèmes, les agents curatifs par excellence. Ils ne sauraient réussir sans un régime diététique approprié.

Des conditions éliologiques toutes spéciales conduiront aussi à employer avec succès les agents curatifs du rhumatisme, de la syphilis, de la goutte (bains de vapeurs, mercure, alcalins) . On a vu des états bilieux, des complications gastriques , entretenir des névroses qui ont cédé aux médications appropriées à la nature de ces complications.

3° En l'absence de ces états morbides généraux, on La surexcita-

j 1 1 ,., , . ^ , . lion (lu système

doit chercher s il n existe pas, quelque part, une surexci- nerveux; tation fonctionnelle qui produit , à son tour, dans le système nerveux, une irritation sympathique. C'est ainsi qu'on est appelé parfois à neutraliser les effets de la prédominance trop forte des fonctions cérébrales et génitales qui jouent un si grand rôle dans l'étiologie des névroses (folie, épilepsie, nymphomanie).

4° Quoique les névroses viscérales soient ordinairement 4» Les l'effet de quelque névrose cérébro-spinale, cependant '"^'eies. elles peuvent être l'origine de celles-ci , et alors la médication dev.ra être dirigée exclusivement contre l'irritation nerveuse du système ganglionnaire.

11 arrive souvent que le médecin ne sait plus sur quelles indication urée indications étiologiques il doit baser le traitement. Il ob- symptômes* serve une névrose qui n'est due à aucune lésion plus ou particuliers, moins éloignée , à aucune diathèse : en un mot. à aucune des causes générales que nous avons signalées. Les désordres nerveux .sont tout, il n'aperçoit rien au delà. En étudiant, avec soin, le trouble de la sensibilité, du mouvement, de l'intelligence, il sera assez heureux, dans quelques cas, pour surprendre une condition morbide toute spéciale: tantôt elle consistera dans l'intermittence , et i" De dès lors le quinquina ou un agent perturbateur lui donnera '

2» De la douleur. leS moyens de guérir ; tantôt la violence de la douleur ou 3» Du spasme, de la convulsion ayant été réprimée par l'opium ou la belladone, il verra céder tous les autres accidents de la névrose. Il faut donc s'attacher à décomposer ces maladies en leurs principaux éléments. On en aura ainsi plus facilement raison que si l'on tentait de traiter l'ensemble des symptômes et la maladie tout entière. Traiiemeni Enfin , quand nous ne pouvons plus découvrir dans les empirique, ca^ses, daus l'état diathésique du sujet , dans la forme , dans la marche des symptômes quelque source d'indications spéciales , nous sommes alors forcés de combattre la maladie d'une manière empirique. Il faut reconnaître qu'alors nous errons dans les ténèbres; que si nous y trouvons par hasard la giiérison, ordinairement notre thérapeutique échoue entièrement. Quoiqu'il ensoit, on doit alors administrer les médicaments dits antispasmodiques, la belladone, l'opium, l'oxyde de zinc, la valériane , des toniques fi.xes , ou enfin des irritants spéciaux du système nerveux, comme la strychnine, l'électricité. Malheureusement, la réputî^tion d'incurabilité faite à la plupart des névroses est justement méritée.

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