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ALTÉRATIONS DE L'IRRITABILITÉ

Irrilabilitè de Glisson; sensibilité de Boerhaave; force organique; sensibilité organique de Bichat.

L'excitabilité est une propriété vitale commune à l'homme, aux animaux et aux végétaux, inhérente à la

Synonymie.

Définition.

DE L'IRRITATION. 3H

matière organisée, lui donnant le pouvoir d'entrer en action , au contact des modificateurs , et de réagir sur eux.

Le modificateur qui met en jeu l'excitabilité s'appelle l'excitant ou le stimulant; l'action qu'il provoque dans un tissu, l'excitement ou l'excitation.

Il faut se représenter l'excitabilité comme une propriété '>c rexciiemenu générale qui existe dans la matière vivante à deux états différents : i" à fétat latent , d'inertie, de repos, prête à manifester ses elfets et n'attendant pour cela que le modificateur ; 2° à l'état dynamique, c'est-à-dire en action et réagissant sur l'excitant : l'excitement est cet état dynamique. 11 implique l'existence nécessaire de trois conditions : d'un support, qui est la matière organique; d'une force, qui est l'excitabilité ; d'un agent propre à la développer qui s'appelle l'excitant. Si une de ces trois conditions vient à être troublée , il en résulte un état de maladie. Les mots : irritabilité, irritant, irritation, doi- De rirritation. vent être employés pour désigner l'état pathologique.

Toute molécule organisée jouit de la faculté d'être vivifiée par les excitants extérieurs et intérieurs et de faire servir cette stimulation à la conservation de fexistence.

Le seul fait de l'organisation donne à la matière cette propriété générale, tandis qu'il lui faut une contexture tous les tissus toute spéciale pour sentir et se contracter. Tous les tissus «on i excitables, sont excitables, quelques-uns seulement sensibles et contractiles. L'endocarde est excitable par le sang , l'ovule par la liqueur spermatique, la réline par la lumière. A l'excitabilité se trouvent constamment réunies chez l'homme la contractilité et souvent la sensibilité. Les trois actes les plus indispensables à la vie sont l'excitation , la sensation , le mouvement. Cependant ces

LÉSIONS DES PKOPHIÉTÉS \ ITALES.

Actes dus à l'excilalion.

Sens Irès-gcnéral cl pliilosophique ii'ipigné par Ticdmanii à ce mot.

Giaromini,

Broussais.

propriétés ne dépendent pas l'une de l'autre , puisqu'on peut, à l'aide de certains agents toxiques, les anéantuséparément, et que la maladie détermine souvent le même effet.

Les phénomènes d'ordre chimique et physique ne pourraient s'accomplir si les tissus n'étaient pas excitables.

C'est aussi, en vertu de cette force, qu'ont lieu la fécondation de l'ovule par la liqueur spermatique, le nisus formativus, le mouvement d'absorption et d'élimination, la nutrition , la réparation des organes, la dissémination des influences sympathiques, l'activité organique générale mesurée par le degré de force, la résistance aux agents nuisibles et aux causes morbifiques.

Tiedmann donne à l'excitabilité ce sens général lorsqu'il la considère «comme une propriété dévolue à tous les corps vivants, animaux et végétaux, à toutes leurs parties, et même déjà à leurs germes, de se montrei* impressionnables par les agents ou influences du dehors , ainsi que par les excitations qu'eux-mêmes produisent ; et de se laisser déterminer par ces influences et excitations à des manifestations d'action et des changements continuels. » Cette manière large et philosophique de concevoir l'excitabilité est celle que nous adoptons.

Giacomini y voit une propriété spéciale en vertu de laquelle l'application des choses extérieures détermine des changements naturels ou désordonnés auxquels on attribue la santé ou la maladie.

Broussais en fait la faculté qu'ont les tissus de se mouvoir par le contact d'un corps étranger, ce qui veut dire que (des tissus ont senti le contact. » Cette définition est évidemment trop restreinte. Il est utile, en clinique, de

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pouvoir rapporter les troubles qui surviennent dans tout l'organisme ou seulement dans certains systèmes à des troubles correspondants de l'excitabilité qui se traduisent toujours par des changements anormaux du mouvement, de la sensation , de la nutrition , de la circulation, des sécrétions, de la chaleur et des forces générales. On ne pourrait pas étudier synthétiquement ces désordres, si l'on se bornait à décrire séparément les lésions de la motilité , de la sensibilité.

Divisions. Nous présenterons successivement l'histoire Division et pian de l'excitabilité et de ses quatre modalités pathologiques : 1° l'irritation ; 'a° l'asthénie ; 3° l'ataxie ; 4" la sympathie. Cette dernière est un élément morbide général qui se rattache naturellement à l'étude de l'excitabilité.

Des irritanLs. Une des plus graves erreurs que l'on Des irriums. puisse commettre en médecine, c'est de croire, avec Brown, que tout ce qui agit sur le corps vivant est stimulant ou contre-stimulant, que la maladie n'est due qu'au défaut ou à l'excès des puissances excitantes. Cette doctrine a eu, pour la pathologie, les conséquences les plus funestes, et n'a dû son étonnant succès qu'à l'état peu avancé des connaissances physiques et chimiques, et au petit nombre d'applications qu'on pouvait en faire à la médecine. Aujourd'hui l'on sait que le corps humain est le siège d'actes chimiques et physiques qui ue peuvent être expliqués ni par la propriété générale qu'on appelle l'excitabilité , ni par la sensibilité, ni par la contractilité , pas plus que, dans le monde physique , tous les phénomènes ne sont réductibles en une seule force , la pesanteur, l'électricité, ou en une seule action chimique, l'oxydation , par exemple, comme le voulait Dutrochet.

Les excitants physiologiques et les excitants patholo- de r^ruaiion.

3U LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

giques ou irritants doivent être cherchés : i" dans le cosmos ; 2° dans l'organisme sain ; 3° dans l'organisme malade; 4° dans des causes dites spécifiques; 5" dans des agents employés à titre de moyens curatifs. 1" Des 1" Exciialion causée par lea inodificaleurs cosmiques ou

modificateurs ^^^^^/g^,,-.,. Le caloriquc , la lumière , l'électricité , la pe-

cosmiques . -, .

cousidérés sautcur, l'air avec ses diverses qualités physiques et chicomme irritants, j^^^gg . ^ alimeuts ct Ics boissous agissent, en

qualité d'excitants locaux et généraux.

Pour qu'ils deviennent des irritants , il faut ou qu'ils agissent à trop forte dose , trop longtemps , ou sur des tissus mal préparés à les recevoir. Un mot d'abord sur leur action physiologique. Les uns agissent, d'une manière physique, comme le rayon lumineux sur la réline , l'onde sonore sur la membrane du tympan ; d'autres, d'une manière chimique , comme la particule odorante sur la membrane olfactive, l'air sur le sang à travers les vésicules puliis n'agissent mouaircs , OU l'aliment sur l'estomac. Il faut distinguer enTiim'uîant soigueusoment , dans les effets produits, ceux qui appartiennent réellement à l'excitabilité et ceux qui dépendent d'une action purement physique ou chimique. L'air dans le poumon agit sur le sang, en vertu de propriétés physiques et chimiques. Tout autre tissu humide et renfermant du sang deviendrait le siège du même échange entre ce liquide et les gaz. L'excitation ne commence qu'à partir de l'instant où l'action chimique s'est produite , et oii le sang modifié est allé vivifier, exciter les tissus. Il en est de même pour l'aliment , qui provoque une excitation dans la membrane gastrique , une hypérémie , la sécrétion d'un suc spécial , des mouvements. L'action chimique distincte de l'excitation la suit immédiatement. Les excitants peuvent agir par les propriétés physiques

DE L'IRRITATION. 315

dont ils sont pourvus. Les frictions , le massage , la percussion, l'échaulTement avec le calorique, le fluide électrique , exercent une excitation normale quand on les reçoit à un certain degi'é, et une irritation souvent trèsvive, à dose plus élevée. Le froid modéré excite; plus considérable , il diminue , éteint même l'irritabilité , comme on le voit chez les animaux hibernants. Les deux effets ont lieu sans que lacontexture des tissus soit altérée.

Les irritants comme les excitants sont généraux ou imianis locaux locaux , c'est-à-dire qu'ils portent l'irritation à peu près ^' ë^"^''^"''sur tous les systèmes ou plus spécialement sur quelquesuns d'entre eux. La chaleur s'adresse h toutes les fonctions : la lumière, les particules odorantes , le son à des organes spéciaux. Cependant il faut noter qu'en faisant agir un excitant sur un organe auquel il n'est pas destiné normalement, on pourra obtenir une excitation. Les irritants n existe une excimécaniques ou l'électricité , agissant sur le nerf auditif, '^^^''^^ spéciale

' ° pour cliaque

produisent des sons ; sur le nerf olfactif , des sensations organe, olfactives; la pression sur l'œil , des rayons lumineux. Il semble donc que c'est l'excitabilité propre à chaque tissu qui détermine l'excitation spéciale bien plus que l'action spéciale de l'agent lui-même , et que la nature du stimulant ne joue qu'un rôle secondaire dans la production des effets spéciaux.

2° Irrilation causée par Veœerciœ exagéré des fonctions. 20 p,, dynamisme On trouve quatre grandes sources d'irritation : 1° l'inner-

^ <=> d irritation.

vation cérébro-spinale ou divergente, à laquelle il faut rapporter les travaux excessifs de l'esprit, les émotions morales : 2" l'excitation convergente et diffuse du système nerveux sensorial et du nerf sympathique ; 3° l'excitation qui part du système musculaire; 4° l^- stimulation envoyée par les organes de la génération.

Des actions

316 LESIONS DES PKOPKIÉTÉS VITALES.

L'irritation naît , soit dans les organes eux-mêmes , sur lesquels ont agi les stimulants , soit clans d'autres organes irrités sympathiquement.

L'influence des organes, dont la fonction surexcitée joue le rôle d'irritant, s'observe fréquemment pendant la menstruation, l'imprégnation, la grossesse, l'état puerpéral. L'irritation éclate soit dans les tissus surexcités, soit dans tout l'organisme, d'où naît la névrostliénie si commune chez les femmes, soit enfin dans certains appareils, en rapport sympathique plus spécial, avec le siège primitif de l'irritation.

La dernière source d'irritation doit être cherchée dans chimiques ^ctions chimiques et phvsiques qui se passent dans

cl piiysiques ^ i ^ i l x

comme causes l'intimité des tissus, et dont l'influence envoyée, dans d'irrilalion. différentes directions , peut faire naître l'irritation.

11 faut y joindre l'excitation normale qu'entretiennent les différents liquides qui parcourent les conduits, tels que la bile, le suc pancréatique, les fèces, la liqueur spermatique. Ces stimulants doivent avoir des qualités physiques et chimiques normales sans lesquelles elles deviennent aussitôt des irritants. L'urine , la bile , le lait altérés, irritent les canaux qu'ils traversent. Ces liquides, à l'état sain, provoqueraient même de l'irritation s'ils s'engageaient dans des i-éservoirs qui ne leur sont pas destinés. L'urine enflamme vivement le péritoine; le contact du sang, de l'air est suivi des mêmes effets quand ces corps pénètrent dans la plèvre ou dans le tissu cellulaire, etc.

Le sang Le sang est un des excitants les plus actifs et* les plus général''""^ généraux que nous connaissions; on ne peut lui comparer que l'innervation du système eucéphalo-rachidien. On voit le sang altéré porter rapidement l'irritation partout, lors-

DK L'IRRITATION.

qu'il contient, en plus forte proportion, despriiicipes stimulants naturels (globules), ou accitlen tels, comme l'alcool.

.5° Irritalion causée par Vorganisme malade. On a cer- ;!■■ i.os maïadips

tainement abusé de l'idée qu'une maladie par irritation „.'°'.""''^^

. ^ ^ d irrilalion.

détermine toujours une irritation semblable dans d'autres tissus. Suivant Tommasini, une inflammation ne peut produire que la diathèse sthénique , ce qui est inexact; car tous les jours nous voyons l'irritation inflammatoire s'accompagner d'adynamie ou d'ataxie. On ne peut donc rien établir d'absolu à cet égard, et l'on doit proclamer bien haut que, de même que la vie ne s'entretient pas seulement par l'excitation, de même les maladies irritatives ne naissent pas seulement de l'irritation soit directe, soit sympathique. Dans la chlorose, l'anémie, le scorbut , les fièvres adynamiques, rien de si commun que de voir des irritatations phlegmasiques , sécrétoires , des douleurs se développer.

Bioussais avait multiplié singulièrement' le nombre on a exagéré le des irritations sympathiques. On sait avec quelle prodi- jcs^aïadics galité il faisait rayonner l'irritation d'un point dans un qui cxciiem autre. On croit généralement que les inflammations , les ' exanthèmes, les fièvres, les hémorrhagies, les maladies aiguës, celles qui s'accompagnent de douleurs vives, sont plus capables que les autres d'engendrer l'irritation dans d'autres tissus. Le fait est vrai, d'une manière générale ; mais combien d'exceptions à cette règle !

Les altérations du sang, lorsque ce liquide renferme plus de fibrine , plus de globules ou quelques produits morbides, ont, plus que les autres, le pouvoir d'irriter directement tous les systèmes.

4° Irrilants spécifiques. Nous avons eu beaucoup de 4» Des irriiania peine à élucider le sens que l'on doit attacher au mot irri- '^P'^^ifiques.

tant. Cette dimculté va devenir peut-être insurmontable pour les irritants spécifiques. Voyons d'abord ceux qui sont de provenance murbide. Le virus syphiliiique, celui de la morve , de la rage , le miasme paludéen , le tubercule , le cancer, le virus morbilleux, varioleux , voilà pour quelques personnes des irritants spécifiques qui reproduisent l'irritation d'où ils sont sortis. 11 faut singulièrement abuser des mots, et encore plus des idées, pour venir affirmer que ces agents morbifiques n'agissent qu'en produisant l'irritation. Est-ce la phlegmasique , la sécrétoire, la La nature vrai- nervouse OU la nutritive qu'ils mettent enjeu? S'il en nieniirriiativcde ^tait aiusi , Hen nc Serait plus facile que de guérir ces

ces agents est , i. ,i > , ^^ • i i

fort douteuse, maladies. 11 s est trouvé, il est vrai , des nommes qui ont conseillé de traiter la variole , la morve, la rage ou la vérole par les saignées, les émollients et les contre-irritants. Mais nous ne devons pas nous arrêter à relever de pareilles erreurs. Répétons que si nous ignorons entièrement là manière d'agir des agents spécifiques , nous pouvons , aU moins, affirmer qu'ils ne produisent rien de comparable à l'irritation, à moins qu'on ne fasse ce mot synonyme de modificateur : ce qui ne veut plus rien dire.

Le tubercule , le cancer ne naissent pas de l'irritation ; mais une fois produits par une cause que nous ignorons, agissent-ils comme irritant sur les tissus ambiants et ailleurs? 11 n'est pas permis de contester l'existence des irritations phlegmasique, hémorrhagique , sécrétoire, nutritive autour des tubercules pulmonaires; mais elles ne sont pas les seuls actes morbides qui s'y passent, et dans tous les cas l'irritation n'a aucune part à l'évolution première du produit morbide.

A côté de ces altérations pathologiques viennent se placer d'autres agents que l'on a considérés aussi comme

DE L'TRUITATION.

des irritants. Tantôt ce sont des semences morbides venues du dehors, comme celles qui engendrent les entozoaires; tantôt des agents miasmatiques, comme celui qui sort des marais ou du corps de l'homme sain ou malade. Nous répéterons que placer tous ces modificateurs parmi les irritants, c'est faire perdre à ce mot toute sa rigueur scientifique, car les effets, qui en résultent, sont tout à l'ait opposés à ceux que provoquent les véritables irritants.

5" Des irritants employés comme agents thérapeutiques. Nous devons parler ici des substances que la matîère médicale renferme et qui passent pour agir en irritant les tissus : ceux qui jouissent de cette propriété ont été distingués en généraux et en spéciaux.

Les premiers excitent à peu près tous les systèmes, quoique à différents degrés, comme la chaleur, la lumière, l'électricité, l'air, les aliments, les boissons , les substances diffusibles, les huiles essentielles, lagérofle, la muscade, la vanille, la térébenthine, le café, le thé, les crucifères ; les autres agissent de la même manière, mais leur stimulation porte d'abord sur la membrane muqueuse gastro-intestinale avant de se propager ailleurs.

Parmi les agents que la thérapeutique emploie à titre d'irritants spécifiques, il faut placer : i° ceux qui irritent la peau (rubéfiant, cantharide, calorique, suc âcre, des ci'ucifères, huile de croton) ; y° la membrane gastro-intestinale (vomitifs, purgatifs et drastiques) ; l'œil, les fosses nasales, etc., en un mot les surfaces de rapport avec lesquelles on les met en contact ; 5" le système vasculaire et le cœur (café, thé, alcool) ; 4° le tissu musculaire (strychnine, srgot de seigle) ; 5° les organes génitourinaires (emménagogues , cantharides).

Outre les excitants qui ont action spéciale sur les tissus,

5° Des irritants artificiols et employés comme agents thérapeutiques.

Irritants

généraux et spéciaux.

320 LÉSIONS DES PHOPUIÉTKS VITALES

il y en a d'autres qui passent pour produire plus particulièrement une irritation sécrétoire (diurétique, sudonfique) ou nutritive (altérants). Nul doute que la strychnine, l'électricité, l'ergot de seigle, n'irritent spécialement le tissu musculaire et nerveux et que d'autres ne soient suivis de l'excitation du système circulatoire. Ces irritants spéciaux sont plus rares qu'on ne l'a dit.

Les diurétiques, les diaphorétiques, les choléagogues, les expectorants sont des agents qui exercent , suivant quelques personnes, une irritation élective sur les reins, la peau, le foie, la membrane bronchique; mais ils sont loin d'être considérés, par tous les médecins, comme possédant ces propriétés, d'une manière incontestable. Pour notre part , sans leur refuser une action irritante , nous ne leur reconnaissons pas la faculté de produire de pareils effets,

iNous en dirons autant des médicaments qui passent , dans l'école italienne , pour stimuler le cœur (ammoniaque et ses composés) , les vaisseaux (éther) , le système nerveux encéphalique (opium et ses composés) , la moelle épinière (alcool , le vin) , les voies digestives (gérofle, muscade, etc.). Le grand écueil de la thérapeutique est la confiance illimitée d'un grand nombre de médecins dans l'action spécifique des médicaments, et l'incrédulité non moins grande des autres. Il nous répugnera toujours de déclarer qu'un médicament est un contre-irritant par cela seul qu'il a guéri une maladie réellement irritative, à plus forte raison quand la nature de l'affection est contestable ou manifestement étrangère à l'irritation.

La doctrine du contro-stimulisme tout entière est cependant fondée sur la fausse croyance que les maladies

DE L'IRRITATION

sont toutes dues à un état général sthénique ou à l'asthénie. Les fauteurs du contre-stimulisme, voyant partout la diathèse de stimulus, ont poursuivi un très grand nombre de maladies avec les médicaments qu'ils croyaient contrestimulantset qui sont loin d'avoir ces propriétés. On ne doit donc pas s'étonner des succès qu'ils ont souvent obtenus.

Brovvn voyait la sthénie où ses successeurs ont vu l'asthénie, et il guérissait comme eux. Broussais prit le contre-pied de cette opinion , et il a résumé toute la physiologie dans l'étude de l'excitation locale généralisée, toute l'étiologie dans l'irritation, toute la thérapeutique dans la débilitation locale ou générale. Au fond , tous ces systématiques, depuis Thémison, ont reproduit les mêmes erreurs et se sont volontairement renfermés dans l'étroite limite d'un système prohibitif.

L'irritabilité ne manque que dans les parties inorga- Panies

1 1 , , . , . dépourvues

niques, telles que les os, dans les concrétions calcaires, d'irriiabiiiié. tous les liquides sécrétés et le sang.

Chaque tissu a une dose d'excitabihté qui n'est pas la causes qui font même à toutes les époques de la vie. Elle s'accroît surtout dans la première enfance, à l'époque de la puberté, pendant la menstruation, la grossesse; en un mot, toutes les fois que l'activité organique est mise en jeu par des besoins de développement ou de fonction. Ces états créent l'imminence morbide et prédisposent à l'irritation.

On a dit que l'excitabilité était plus grande dans les tissus riches en fibres sensibles et motrices : cette opinion xaiure n'est pas fondée. On aurait tort de mesurer l'excitabilité ^^^^ par les troubles du mouvement et du sentiment. Les viscères, tels que le poumon , le foie, les reins, possèdent une irritabilité égale, sinon supérieure à celle des organes du mouvement et du sentiment. On peut en donner

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