‹ Traité de pathologie généraleChapitre 68 sur 112 · li:SIONS DES PKOPKIÉTÉS VITALES · texte numérisé non relu

li:SIONS DES PKOPKIÉTÉS VITALES

On a lait de la surexcitation vascnlaire , de l'accroissement de la température, de la névrosthénie, le caractère de riiypursthénie générale. A ce compte, combien de maladies seraient d'origine irritative?

On admet généralement que l'état sthénique peut être larvé par la faiblesse; on dit alors que les forces sont opprimées et qu'il y a fausse adynamie. Ce langage des écoles, dans lequel il est facile de retrouver les vestiges de la doctrine brownienne, ne doit plus prendre place dans nos livres. Si chez un malade, en proie à une pneumonie , on observe tous les signes de la débilitation , en même temps qu'une excitation vasculairc très- grande , si la saignée et les autres moyens débilitants sont suivis du retour des forces, il n'est pas nécessaire de recourir au système de l'oppression. 11 faut se contenter de dire que la violence d'une irritation ou de toute autre maladie sthénique produit l'hyposthénie, et que celle-ci n'empêche pas de saigner pour abattre l'irritation locale.

Marche de Virritalion. Il faut d'abord rappeler cette loi importante de l'excitabilité, à savoir qu'elle est essentiellement périodique ; que quand le stimulant a agi, l'activité reste suspendue , pendant un certain temps ; que l'excitabilité revient peu à peu, et qu'alors le stimulant est en état de reproduire l'excitation.

Il en est de même dans l'état pathologique. Les phénomènes de l'irritation sont plutôt intermittents ou rémitou inicrmitienis touts que coutinus. Le travail d'irritation ne provoque que

de rirritalion. , i i p • i i , . ,

des troubles fonctionnels et la structure des tissus n est pas sensiblement modifiée. L'irritation phlegmasique , à sa première période, ne s accompagnant que de lésion, de circulation , d'innervation et de sécrétion , elle peut se dissiper avec une promptitude extrême, en un petit nombre

Marche âo l'irritalioD.

f'hénomènes , essenliclîemenl rômillcnls

DE L'IiUirrATIO.N.

cV heures. Il en est, à plus forte raison, de même de l'irrita- L'irritation seule tion, qui a son siège dans un nerf, dans le cerveau. Elle "ia 'stîucturT" ne fait pas que troubler les actes, les fonctions, sans léser «"e «'est

, - t n qu'une lésion de

les tissus, lel est encore le caractère des flux muqueux, propriété vitale, d'une héinorrhagie critique ou supplémentaire, d'une congestion, d'un spasme. Les irritations peuvent alTecter une marche aiguë ou chronique, ou plutôt intermittente et rémittente,très-rarement une marcheparfaitement continue.

Toutes les irritaiion des organes du mouvement, du sentiment, de l'intelligence, tous les phénomènes sympathiques, sont rémittents ou intermittents. 11 suffit de citer la névralgie faciale, la contraction idiopathique, limitées à certains muscles, le délire nerveux, la manie , les spasmes des conduits membraneux , les flux des membranes muqueuses, salivaire, urinaire, les hyperémies irritatives. L'irritation inflammatoire peut-elle s'offrir sous la forme intermittente? On peut répondre aflirmativement puisqu'elle ne fait que provoquer la congestion. Il n'en est plus ainsi lorsque l'inflammation est arrivée à sa période d'extravasation plastique ou purulente ; mais alors d'autres actes morbides ont succédé à l'irritation.

Les irritations nutritives elles-mêmes, quoique continues, olîrent des périodes pendant lesquelles l'activité de l'assimilation augmente où se ralentit, et ce n'est qu'après une série d'oscillations pareilles qu'on trouve les altérations de texture qui constituent les hypertrophies sans autre lésion.

Des maladies irrilalives. Brown ne plaçait parmi les Des maladies maladies sthéiiiques que les phlegmasies, les pyrexies, »r"ia''onles exanthèmes qu'il rapportait à la diathèse sthénique; toutes les autres dépendaient de l'asthénie. Broussais

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

]l est difficile

attribuait presque toutes les maladies à l'irritation, et un très -petit nombre à la faiblesse. Cette vive opposition, entre les deux hommes qui ont pris , pour critérium de l'état morbide, l'irritabilité d'une part et l'état général sthénique et astliénique de l'autre, prouve jusqu'à l'évid'en déterminer clenco, OU quc Ics siguos do l'irritatiou sont si mal déle nombre, ^.^.^ qu'ils peuveut être confondus aisément avec ceux de l'aclynamie et avec d'autres états morbides tout à fait dilTérents, ou que l'irritation est un acte morbide obscur et arbitrairement délini. Si la double cause d'erreur que nous signaloris n'existait pas, comment un homme supérieur tel que troussais aurait-il pu attribuer à l'irritation la fièvre, la syphilis, les tubercules, la variole, etc.?

L'irritation se montre : i° comme élément primaire essentiel; 2" comme HémenL secondaire dans un grand nombre de maladies.

. ., ,. Des irr nations primaires. On doit considérer comme

Nature irni.ative ^

des lésions clans telles les phlcgmasics, les exanthèmes, certaines espèces les eMnThèmTs' ' d'héinorihagie , d'hydropisie , de ilux , et les névroses. La lésion locale dans l'inflammation et les exanthèmes a une origine irhtative et spécilique incontestable; ce caractère n'est pas douteux non plus dans les hémorrhagies supplémentaires, critiques, et même pléthoriques, quoique, dans ce dernier cas, un autre élément intervienne. Nous en dirons autant de certaines hyperéraies, des hydropisies, dans lesquelles on n'a pu découvrir, jusqu'à ce jour, autre chose que l'irritation séciétoire. Des irriiaiions On doit cucoro mettre au rang des irritations primiprimiiives. tïves essentielles : i" du système nerveux sensitif , l'hyperesthésie et la névralgie ; 2° du cerveau : certaine forme de folie, le délire, l'hallucination, l'épilepsie, l'hystérie, le satyriasis, et d'autres névroses encore; 5° de l'appa-

I)K [.'IRRITATION. 33fi

reil musculaire : les convulsions clonique et tonique, certaines éclampsies, l'épilepsie, le tétanos, la chorée, un grand nombre de spasmes idiopathiques des muscles de la vie organique (œsophagien, laryngien, vésical, anal etc.). L'irritation nei'veuse, quoique n'étant plus qu'un élément de la maladie, joue un rôle très-important dans la coqueluche, l'asthme, les catarrhes sullocants, dans un grand nombre de Ilux des membranes, sur lesquelles l'irritabilité accrue détermine des phénomènes morbides qu'il faut savoir rapporter à leur véritiible cause. 4" On doit aussi rattacher à Ytriitalmn du système vasculaire certaines hyperémies et hémorrhagies; b° à Yirrilaiion sècrèloire plusieurs espèces de ilux ; 6° à Virritation nuirilive quelques hypertrophies.

Irrilalions consécutives a d'autres maladies. Elles peu- Des irritations vent se développer dans le cours de toutes les maladies, à titre d'élément essentiel ou de complication purement accidentelle. 11 nous serait dillicile d'épuiser la liste des alïections internes, dans le cours desquelles l'irritation détermine des troubles variés, et des symptômes qu'il importe de rapporter à leurs véritables causes. Les irritations consécutives ont le môme siège que les primitives. Elles donnent lieu à des douleurs, à la convulsion des tissus contractiles ou à mouvements obscurs, à la rétention des matières liquides, à des flux, à des hémorrhagies, des hypertrophies, etc.Ln nombre considérable de troubles Ibnctionnels n'ont pas d'autre origine que l'irritation excitée d'abord par une maladie dénature toute dillerenie. Le tubercule, le cancer, les concrétions, les productions homologues, s'accompagne;ît , durant leur cours, de phénomènes d'irritation incontestables. Disons toutefois, qu'on a beaucoup exagéré le nombre desacci-

LÉSIONS DES PliOPUIÉÏÉS VITALES.

Leurs symplômcs.

dents qui sont en réalité sous la dépendance de l'irritation.

Les symptômes qui font reconnaître les irritations consécutives sont les mêmes que ceux des irritations primitives ; nous les avons retracés plus haut. Ils doivent être présents à l'esprit du médecin lorsqu'il veut instituer le traitement d'une maladie.

Quant aux prétendues irritations spécifiques qui produisent le tubercule , le cancer, la syphilis, les maladies virulentes, il n'est permis de les mentionner que pour déclarer formellement que c'est à l'aide d'un effort malheureux de la doctrine de Broussais, et par surprise, qu'on est parvenu à comprendre, pour un instant, ces maladies au nombre des irritations. 11 faut le répéter, l'irritation ne peut pas plus produire toutes les maladies que l'excitation ne peut rendre compte de tous les actes et de tous les phénomènes physiologiques.

Iitdicaiions ihérapeuliques. Les causes de l'irritation thérapeutiques (^^^nt bien counucs, il est facile, sinon de se rendre maître

fournies

par l'irrilalion. de cet élément morbide , du moins de poser les indications thérapeutiques, à l'aide desquelles on peut le combattre.

1° Le stimulant est dans le cosmos : il est jusqu'à un certain point sous notre empire, ou du moins nous pouvons en atténuer, en contre- balancer les eiïets , à l'aide des autres agents du cosmos ; en un mot , agir par les contraires.

2° La stimulation est le fait du dynamisme organique: c'est-à-dire que la cause de l'irritation réside dans l'exercice excessif ou perverti d'un organe ou d'un appareil. L'indication consiste à condamner l'organe à un repos complet, et s'il n'est pas possible d'arriver à ce résultat.

Indications

DE L'IRRITATION

d'en réduire de beaucoup l'activité fonctionnelle (diète, saignée).

L'hygiène doit faire d'abord tous les frais du traitement, parce qu'elle nous fournit les moyens les plus puissants d'action pour diminuer l'excitabilité. Viennent, en seconde ligne, les agents thérapeutiques, qui produisent le même ellet. Ils sont de plusieurs espèces : les uns s'adressent à l'excitabilité générale, les autres à celle qui est dévolue à certains organes. Au nombre des premiers nous trouvons d'abord : i° la soustraction du sang en diverses proportions, et aidée par la diète, les boissons aqueuses et le repos; 2° les hyposthénisants du système nerveux que nous avons déjà fait connaître. Parmi les seconds, se placent les contro-stimulants spéciaux du cœur, du foie, etc.

En entrant dans de plus grands développements, nous craindrions de reproduire quelques détails qui trouvent aussi leur place dans l'étude de l'inflammation. (Voyez ce mot.)

$U. Asthénie (adynamie , atonie, hyposthénie, fai- ue rasiiiénie. blesse).

L'asthénie est produite par le défaut ou la diminution de l'excitabilité, par l'excès du stimulus ou par des agents qui ont une action débilitante directe et spéciale. On doit distinguer plusieurs causes d'asthénie qu'il faut chercher : 1° dans le cosmos; 2° dans l'organisme en fonction; 3° dans l'état morbide: 4° dans les hyposthénisants thérapeutiques.

Causes de l'asUiétiie. 1° Hyposthénisants cosmiques. On trouve d'abord tous les agents extérieurs ou cosmiques dont la diminution d'intensité ou la cessation d'action ne tarde pas à produire la faiblesse. Il suffit de signaler: i°la

Causes de raslhénio :

4' Provenant du cosiuos.

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

2° Provenant des fonctions.

Épuisement direct de l'excitabilité.

réfrigération au delà d'un certain degré, variable un peu suivant les sujets, l'âge, le climat, l'habitude, etc. ; 2" la chaleur excessive jointe à l'humidité ; 3° les vents qui acquièrent ces mômes qualités, en traversant certaines contrées (sirocco , vent d'orage) : 4" la faible intensité de la radiation solaire ; 5° une aération insuftisante ; 6° les émanations provenant du corps de l'homme sain ou malade ; 7" les miasmes et les effluves marécageux ; S° l'usage d'aliments non réparateurs, insufflsants, la diète prolongée ; 9° l'emploi réitéré de boissons aqueuses, lactées, gommeuses, chaudes, prises en grande quantité 5 10° l'inanition enfin. Telles sont les principales causes de débilitation qui jettent rapidement , ou après un temps fort court, tout 1 organisme dans l'hyposthénie et amènent un grand nombre de maladies.

2° HyposihènisanU dynamiques. L'inactivité, l'affaiblissement d'une ou de plusieurs fonctions plongent cellesci, ou les organes avec lesquels elles sont en rapport sympathique, dans la débilité; c'est ainsi qu'on voit le sommeil des fonctions de l'intelligence , de l'innervation , de la locomotion, de la génération , imprimer une forme adynamique à toutes les maladies qui surprennent le corps ainsi disposé. La chlorose, l'aménorrhée, l'anaphrodisie, naissent de cette manière.

Le môme ellet peut avoir lieu, par une cause toute contraire, après l'exercice immodéré d'une ou de plusieurs fonctions. La surexcitation du cerveau , les plaisirs vénériens, l'épuisement nerveux , conduisent à l'atonie, soit locale , soit générale. Ne sait-on pas que l'action musculaire, si favorable à la santé , devient une source de maladies, quand elle est excessive et que les afl'ections intercurrentes, revêtent , chez les artisans, un caractère pro-

DE L'IRRITATION

noncé d'adynamie , à cause de la fatigue continuelle , à laquelle les condamne l'exercice de leurs professions. On voit les ellets terribles de cette cause chez les animaux surmenés. Toutes les fois donc qu'un appareil est privé de son stimulant normal , ou que celui-ci agit d'une manière trop répétée, l'excitabilité s'épuise et la faiblesse paraît.

L'alî'aiblissement naturel de certains organes, la suspension de leur fonction, à des époques déterminées delà vie humaine, sont suivis de l'asthénie, et parfois même de l'atrophie des tissus. L'asthénie des ovaires , de l'utérus, des testicules, se produit de cette manière.

La cessation de certaines actions physiques , chimiques et mécaniques qui se passent dans les tissus, doit être considérée comme une source très-active de l'hyposthénie. 11 sufiit qu'une liqueur cesse de couler dans un canal ou d'affluer dans son réservoir naturel pour qu'ils se rétrécissent. Ce fait général domine toutes les altérations qui surviennent dans les voies d'excrétion de la bile, de l'urine, des matières fécales.

3" Des maladies considérées comme cause d'asthénie. 11 3» Des maladies faut ranger dans deux groupes toutes les affections qui ^n'as^ihé^i^* déterminent l'asthénie : i° les maladies aiguës et chroniques qui portent atteinte au système nerveux ; 2» celles qui altèrent ïe sang et en diminuent les propriétés physiologiques stimulantes (globules, albumine, fibrine). Parmi les premières , nous trouvons toutes les pyrexies qui s'accompagnent de débilité; parmi les secondes,

Altérations

toutes les hémorrhagies , les saignées excessives et les "^"smaladies organiques qui produisent la diminution des globules (cancer, tubercule), ou de quelques autres éléments du sang (inanition, albuminurie). Suivant que la

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

Irritation.

Maladies ilu système nerveux.

Irritations spécifiques.

maladie est aiguë ou chronique, elle excite promptement ou à la longue la débilité.

D'autres maladies provoquent l'asthénie, d'une façon purement sympathique dans des organes plus ou moins éloignés. Broussais déclare , avec raison , que l'irritation d'un viscère doit être regardée comme la cause fréquente de l'asthénie générale ou partielle. En dehors du grand fait de l'inflammation , d'autres maladies , telles que les hémorrhagies , les flux immodérés , les destructions opérées par le cancer, le tubercule, la déperdition d'un principe ou d'une humeur importante , de la liqueur séminale , de l'albumine , du sang , etc. , occasionnent rapidement l'adynamie; aussi voyons-nous souvent les affections, dans le cours desquelles ce liquide s'altère, jeter les malades dans une grande adynamie.

On peut établir, d'une manière générale , que l'adynamie se montre plus profonde et plus fréquente dans les maladies qui lèsent , soit directement , soit sympathiquement , le système nerveux et le sang ; en second lieu, la nutrition générale ou celle d'un organe important (tubercule pulmonaire, cancer de l'intestin). Les maladies chroniques sont presque toutes accompagnées d'adynamie. Elle est constante dans la convalescence. (Voyez ce mot.)

Nous nous sommes expliqué déjà sur l'action de certains agents spécifiques engendrés par les organismes malades de l'homme ou des animaux (voyez Irritants spécifiques). Les virus varioleux, syphilitique, vaccinal, morveux, rabique , n'agissent ni en augmentant ni en diminuant l'excitabilité. Ils s'attaquent, et de bien des façons différentes, au solide et aux liquides, à la structure et aux propriétés vitales. Ladébilité y joue un grand rôle.

DE L'IRRITATION

4° T>e Vaction des hyposthénisants thérapeutiques. On 4» De i-aciion emploie, dans le but de guérir l'irritation, un certain /P«^ciaic

de certains

nombre d agents qui dépriment l'excitabilité, et (ju'on médicaments, appelle les hyposthénisants. Brown n'admettait pas qu'il existât des substances capables d'affaiblir ou d'enlever l'excitement. Il croyait seulement que les modificateurs de ce genre ne stimulent pas assez, qu'alors l'excitabilité s'accumule, et qu'il en résulte une faiblesse qu'il appelle directe. C'est là une erreur contre laquelle nous nous sommes déjà élevé, à plusieurs reprises. Il existe très-positivement des modificateurs qui anéantis- i>es émoiiients. sent l'excitement physiologique : tels sont les substances émollientes, le contact prolongé de l'eau chaude, le froid; l'électricité à trop forte dose, quelques poisons, celui de la vipère, du crotale ; des médicaments tels que le plomb, l'opium, l'acide prussique, la digitale, l'éther, le chloroforme. On donne , dans la médecine italienne , le nom de contro-stimulants ou hyposthénisants aux mo- Des conirodificateurs qui abattent la diathèse de stimulus et ramènent l'excitation à son degré normal. Jusqu'à ce que cet effet soit produit, on ne voit rien paraître de l'action des médicaments; on appelle tolérance cet état de l'organisme. Suivant les fauteurs de cette doctrine , les médicaments qui jouissent de la propriété de combattre le stimulus sont très-nombreux , et on n'a qu'à choisir. Chaque organe a son contro-stimulant. Le cerveau ( jusquiame , belladone , tabac) ; la moelle épinière (strychnine, plomb) ; le cœur, les vaisseaux sanguins, lymphatique, l'intestin, etc., en ont chacun plusieurs. Nous sommes loin, en France, d'attribuer de pareilles vertus aux médicaments. Les seuls qui passent , assez généralement , pour les posséder sont le froid , les émollients ,

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la digitale, et d'une matière plus douteuse, l'acide prussique , le plomb et l'antimoine.

Symptômes Symplômes de l'asthénie générale. Les traits du visage ^ïait"'*" expriment la tristesse, le découragement; le regard est . fatigué, inquiet, sans expression, languissant; la peau naturelle ou sèche ; la température normale ou abaissée (choléra, sclérème , anémie, convalescence); la résistance au froid moindre; l'intelligence présente, affaiblie; la mémoire diminuée ; les réponses sont lentes ; assoupissement; malaise indéfinissable , pénible, portant à l'indifférence ; les sensations presque toujours troublées et diminuées ; céphalalgie ; vertiges ; dilatation des pupilles ; vue brouillée ; bourdonnement d'oreille ; dureté de l'ouïe; sensibilité moindre de la peau ; faiblesse musculaire se traduisant par la lenteur , la difficulté des mouvements est portée jusqu'à la paialysie ; marche vacillante, incertaine ; tremblement de la langue , décubitus dorsal ; circulation non moins altérée que les autres fonctions; palpitations, lipothymie; syncope; anxiété précordiale; bruits du cœur sourds, lointains, affaiblis, réguliers; pouls lent, faible, dépressible, parfois fréquent, irrégulier; stase du sang dans les capillaires produisant des rougeurs partielles et des congestions; plénitude du système veineux; respiration lente , irrégulière , souvent pénible , suspirieuse, profonde; langue sale, naturelle ou pâle; bouche mauvaise, amère; inappétence; éoif nulle ; nausées; anorexie ; digestion pénible , accompagnée de production de gaz, de phénomènes de dyspepsie; météorisme; ventre tendu , un peu sensible ; selles variables , ordinairement i-ares, dures; urine abondante, décolorée, peu dense, neutre, alcaline, laissant déposer des carbonates de chaux; atonie (les fonctip^iis génératrices; spermatorrhée : leu-

DE L'IRRITATION

De quelques maladies

corrhée; diminution, irrégularité des menstrues ; hémorrhagies par diverses voies; épanchement séreux dans le tissu cellulaire général; présence de l'albumine dans l'urine.

On peut prendre pour type de l'asthénie la faiblesse congénitale et le sclérème des nouveau-nés ; dans ce cas, dans lesquelles la chaleur s'abaisse, le pouls et ia respiration se ralen- Jl^^g^néSe tissent; la vie s'éteint sans autre lésion. Nous citerons encore la faiblesse sénile et la mort qui en est le résultat ; l'inanition lente, cent fois plus cruelle que celle qui marche rapidement. On observe dans le sclérème le défaut de résistance au froid, l'abaissement de la température , la faiblesse de la respiration , l'altération du sang, la sortie de son sérum par les vaisseaux, des épanchement séreux dans le tissu cellulaire, etc. Nous donnerons enfin, comme un des exemples les plus marqués de l'anéantissement de l'excitabilité, le choléra-morbus. Toutes les grandes fonctions, l'innervation, la respiration, l'hématose, l'absorption , l'exhalation , sont suspendues. En étudiant chaque symptôme en particulier, on peut se convaincre qu'il est dû à ce que l'excitement est détruit. On ne peut proposer aux pathologistes un sujet plus digne de méditation.

Division des asthénies En les considérant à titre d'élément de maladies, on trouve que , i° les unes sont la maladie tout entière ; 2° que les autres ne sont qu'un des éléments de la maladie ; 5" que les troisièmes sont des efl'ets de la maladie.

1° Des asthénies primitives et idiopathiques. (A) Faiblesse des nouveau-nés ; (B) faiblesse sénile ; (C) mort naturelle par les progrès de l'âge; (D) choléra -morbus; (E) atrophie musculaire progressive : (F) asphyxie des nouveau-nés ; (G) inanition rapide ou graduelle ; (H) mala-

Division des asthénies.

Asthénies primitives.

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS N ITALES

Asthénies consécutives.

Asthénies partielles.

dfes par privation de l'excitant nécessaire à l'organe : i°de l'air (asphyxie négative), 2" delà chaleur (congélation , engelure) .

Dans la seconde division se trouvent les asthénies qui ne sont qu'un des éléments principaux de la maladie (pyrexies, typhus, peste , fièvre typhoïde) .

Dans un troisième groupe viennent se ranger les asthénies consèculives dues : (A) à une hémorrhagie ; (B) à la suspension de la circulation (gangrène, ramollissement, ulcération, syncope) ; (C) à toutes les maladies qui modifient la nutrition (cancer, tubercule) ; (D 1 à toutes celles qui anéantissent ou affaiblissent l'innervation générale (maladies du cerveau et de la moelle) ; l'innervation locale (maladies des nerfs , atrophie musculaire).

Symptômes des asthénies partielles. Ils changent suivant les organes et les fonctions; cependant on doit y retrouver tous les caractères que nous avons assignés précédemment à l'asthénie générale. Celle du système nerveux, par exemple, donne lieu à l'anesthésie, à la paralysie, à la démence , à l'idiotie.

On a décrit une asthénie (A) du cerveau, (B) du système ganglionnaire, et en effet certaines névroses mai-quées par la faiblesse des facultés cérébrales ou des fonctions des viscères splanchniques peuvent être rapportées à l'asthénie ; certaines atrophies et paralysies musculaires paraissent dépendre de la lésion de l'innervation locale.

Comme les irritations, les asthénies portent également : (A) sur le système vasculaire (chlorose , atiémie) ; (B) glandulaire (anaphrodisie, agalaxie) ; (C) sur le système musculaire (paralysie) ; (D) nutritif (atrophie , ulcération , ramollissement). Il appartient à la pathologie spéciale d'étudier chacune de ces espèces d'asthénies.

DE L'IRRITATION

La marche des asthénies primitives est intermittente ou continue, avec de fréquentes exacerbations. On voit reparaître tous les symptômes au moment où on les croyait dissipés. On ne peut, du reste, en écrire l'histoire d'une manière générale.

Indications Ih.èrapeuliqnes, Les asthénies exigent un indications

• Try, • 1 T .. T • 1 /. Ihérapeuliques.

traitement qui dillère suivant les cas. L indication de fortifier tous les systèmes leur est commune , mais n'est pas la seule. On rencontre encore beaucoup de médecins qui croient que tonifier, stimuler ou bien alTaiblir, contrestimuler, résume à peu près toute la thérapeutique; fausse doctrine venue des anciens, mais singulièrement exagérée par d'autres systématiques qui se sont renfer- Le Irailemenl ne més dans cette théorie, comme dans une étroite prison. Il p^'

' ^ seulement

est rare qu'un praticien éclairé n'ait à combattre la dé- à sUmuier. bilité que par des fortifiants. En même temps qu'il stimule le système nerveux , il améliore la composition chimique du sang, il donne aux organes digestifs des excitants, des toniques; il provoque des sécrétions salutaires, etc.; en un mot il s'adresse à différentes fonctions; calme un tissu, agit par sympathie sur un autre, et la stimulation n'est pas la seule action qu'il cherche à produire.

Dans l'asthénie générale, l'effet le plus utile est celui Employer

Iroii) espèces

que l'on obtient à l'aide de trois espèces de stimulants de siimuiams. que nous avons longuement étudiés en parlant des irritants; ce sont : 1° les excitants cosmiques, les plus importants et les plus actifs de tous; 2° les excitants dynamiques, plus essentiels peut-être, mais plus difficiles à manier, parce qu'il ne faut stimuler que les organes dont la sympathie peut être utilement mise en jeu; 0° les slimulanis empruntés à la matière médicale, et dans le

346 LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

choix desquels il faut se laisser conduire surtout par les indications tirées du siège, delà cause et de la marche de l'asthénie. Les plus usités sont les toniques les corroborants, comme les vins, l'alcool, le quinquina, les ferrugineux , les crucifères, les aromatiques, et quelques diffusibles comme Véther, l'ammoniaque, les bains sulfureux , de mer, l'hydrothérapie, etc.

Dans l'asthénie locale, il est nécessaire d'agir directement sur les tissus affaiblis; c'est alors que les irritants locaux, les frictions, le massage et l'électricité rendent de grands services.

Ataxie. g jji^ Ataxie. L'ataxie peut être définie un état mor- VataxTe bide, Caractérisée par le désordre de l'excitement (àxa^i? , sans ordre).

Symptômes. Eu y regardant de près, et en se plaçant au point de vue clinique , on ne tarde pas à s'apercevoir que cet état morbide est encore moins pur de tout mélange que la sthénie et l'asthénie. Si nous jetons les yeux sur l'ataxie générale qui résulte , par exemple , de la pénétration du pus dans le sang ou d'une perturbation de tout le système nerveux , telle qu'on la trouve dans la fièvre typhoïde , le typhus, nous serons frappés d'abord des variations extrêmes que présentent les symptômes ataxiques, et il sera facile de voir que la nature de chacun d'eux n'est pas la même. Les uns, comme le délire, les soubresauts de tendon , le tremblement de la langue , le trouble des sécrétions, indiquent, il est vrai, l'ataxie; mais d'autres, tels que l'accroissement de la chaleur cutanée, de l'accélération du pouls, de la respiration , se rattachent à l'hypersthénie; la chute des forces, les évacuations alvines involontaires sont l'effet de l'hyposthénie. Est-ce l'excès ou le défaut d'excitabilité qu'il faut accuser de produire

DE L'IRHITATION.

les hémorrhagies , les papules, les mortifications , la congestion bronchique, la diarrhée, le météorisme, dans une fièvre typhoïde? Disons hardiment que tous ces phénomènes ne peuvent être attribués à l'ataxie seule. Aussi en résulte-t-il une incertitude très-grande dans la pratique. Celui-ci poursuit l'ataxie, l'adynamie des fièvres par des saignées générales et locales ; celui-là par des toniques , des excitants, des purgatifs, le sulfate de quinine, etc., etc. De pareilles oppositions pourraient elles subsister si l'état ataxique était une lésion fonctionnelle bien déterminée et comparable à la sthénie des maladies inflammatoires?

Les seuls faits qui méritent d'être retenus dans l'histoire de l'ataxie sont les suivants : i° apparition souvent rapide et terminaison funeste des organopathies ; 9° aucune régularité dans le mode suivant lequel elles se développent et s'enchaînent; souvent elles intervertissent leur ordre d'évolution ; 5° durée variable, éphémère ou longue des accidents; 4° prédominance des troubles nerveux, des facultés de l'intelligence et du mouvement; 5° lésion profonde des facultés vitales; 6" de toutes les sécrétions (sueurs , urine, bile, mucus).

L'indication thérapeuiiquê est assez nettement fournie indications par l'étude des symptômes ataxiques. Nul doute que la ^''*="p^"'^^"® perversion du système nerveux n'en soit la cause. Il y a donc avantage à agir sur lui avec les agents thérapeutiques qui passent, à tort ou à raison, pour faire cesser les désordres nerveux. Il se présente trois manières de remplir cette indication : 1° tonifier le système avec les corroborants fixes dont nous avons parlé ; 2° avec des stimulants généraux . tels que les eaux distillées aromatiques, les éthers, et les substances réputées antispasmodiques (éther, musc , etc.); 5" agir avec le sulfate de qui-

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

nine qui régularise et arrête les accidents intermittents et rémittents.

De la sympathie. ^ IV. Sympathie, en greC <TU[XTrâO£ta, au|X(6tùv{a, ôfxoXoYia,

Éiymoiogie. dérlvéc dc auv avec, TiaOo; alTectlon , ou souffrance d'une partie à l'occasion de la souffrance d'une autre partie. Consensus, solidarité pathologique, action réflexe. Drfiniiion. Définition. On donne le nom de sympathie à l'influence pathogénique qu'un organe malade exerce sur un organe sain. L'excitement pathologique qui en résulte a lieu, sans la participation de la volonté, et souvent sans que le malade ait conscience des changements qui se passent en lui. Des deux maladies qui coexistent alors, l'une, primitive, joue le rôle de cause; l'autre, consécutive, celui d'effet. Le nom de maladie sympathique, c'est-àdire développée par sympathie, a été donné à la seconde affection.

Intégrité Un des caractères essentiels de la sympathie est que

des organes , . , ,. . . , ,

intermédiaires, l^s orgaues mtormédiaires, et qui servent de moyen de transmission, conservent leur texture physiologique. La sympathie morbide reconnaît les mêmes lois que la physiologique ou synergie. Tout en nous efforçant de circonscrire ce sujet dans ses applications à la pathologie, nous serons forcé de faire plus d'un emprunt aux études physiologiques récentes qui ont jeté tant de lumière sur les sympathies morbides.

Queiqoes i\ faut d'abord s'attacher à prendre une idée bien nette

cxcm pics

dei'jciion de la sympathie. Vous irritez une membrane, avec un sympathique, gtyiet , une seusation est produite; l'action nerveuse est réfléchie sur les nerfs vasculaires; les vai seaux reçoivent plus de sang; la partie devient rouge ; l'hypérémie est constituée par voie de sympathie.

Une névralgie se déclare dans la branche sus-orbi-

DE LA SYMPAT11II-

taire de la cinquième paire ; la photophobie ou l'amaurose, la convulsion des paupières, le larmoiement, la congestion de la conjonctive oculaire, sont les phénomènes sympathiques de la maladie du nerf sensitif. L'excitation s'est réfléchie sur les nerfs optiques, moteurs, et sur ceux qui émanent du grand sympathique (ganglion ophthalmique, otique).

L'utérus, contenant le produit de la conception, envoie ses sympathies les plus vives vers le cerveau , la moelle , les nerfs de l'estomac et de l'intestin. Le délire, la monomanie, les convulsions, l'éclampsie, le vomissement, les viscéralgies traduisent cette influence.

llapprochons de ces phénomènes quelques faits de l'ordre physiologique qui feront mieux saisir la véritable nature de la sympathie. On fait respirer du chloroforme à une femme qui accouche; les membres tombent dans la résolution , mais ils se roidissent avec énergie dès que les contractions expulsives de l'utérus et des muscles abdominaux commiencent. Voilà l'action réflexe de l'utérus sur les mouvements volontaires, sans que le sujet en ait conscience.

Une parcelle d'aliment s'introduit dans la trachée; aussitôt l'irritation est réfléchie sur les muscles respirateurs qui entrent en action et provoquent une toux convulsive. L'œil est menacé par le doigt qui s'en approche, la membrane du tympan excitée par un bruit subit ; aussitôt l'impression faite sur les nerfs optique et acoustique se réfléchit sur les nerfs moteurs , et les paupières se ferment instantanément. L'homme plongé dans le sommeil apoplectique, au milieu du coma, remue les membres sur La sympathie lesquels on provoque une irritation. ^ "«"s q"a

le sujet eu ail

Souvent la sympathie a lieu instinctivement et sans conscience.

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

que l'homme en ait conscience. On la retrouve sur des anencépliales, sur les animaux que Ton a décapités, et auxquels on a conservé seulement la moelle épinière, sur des malades dont le cerveau est gravement altéré. Cependant l'excitation centripète peut être aussi accompagnée de sensation comme l'ont montré Prochaska et M. Longet (i). L'excitation passe alors par le cerveau et n'en est pas moins réfléchie, malgré la volonté, sur les autres parties du système nerveux.

Du pouvoir clonné le nom de pouvoir réflexe à la propriété

réllexc ou

exciio-moieur, dont jouissent l'homme et les animaux de renvoyer à la périphérie du corps les impressions reçues dans le même point ou ailleurs, et qui sont perçues ou non par le sensorium. On appelle ejfels réflexes ou sympalhiques les phénomènes qui résultent de ce pouvoir excilo-moteur. C'est en raison de cette force qu'un organe malade agit sur un organe sain , et y provoque des phénomènes morbides. La sympathie n'est pas autre chose que le résultat de cette faculté.

Quel est le tissu investi de cette puissance si active et si étendue ? Nous ne ferons qu'indiquer les éléments principaux de cette question qui a tant occupé les physiologistes modernes. Nous rappellerons seulement, pour mémoire, l'opinion de Bordeu, qui croyait que le tissu cellulaire sert de moyen de transmission à toutes les sympathies. On a invoqué la communauté de structure ou de fonction qui existe entre l'organe incitateur et l'organe incité. Sans doute elle favorise les corrélations sympathiques, mais ne peut servir à en expliquer qu'un Les vaisseaux, petit nombre. On a aussi fait jouer le même rôle au

Son siège.

Le tissu cellulaire.

(1) Traité de physiologie^ p. 107, in-8°, Paris, 1850.

DE LA SYMPATHIE

organiques.

Le nerf grand sympathique.

système vasculaire ; mais cette opinion est encore moins soutenable qae les autres, puisque les sympathies éclatent dans des tissus qui ne reçoivent pas les mêmes vaisseaux. Bichat, dans son magnifique travail sur les diifé- Mêmes systèmes rents systèmes élémentaires, montre tout le parti qu'on peut tirer de l'identité de structure anatomique et de fonctions pour expliquer un grand nombre de sympathies. Nous ne ferons que mentionner la doctrine, ruinée aujourd'hui par les études anatomiques, qui attribuait la sympathie à l'anastomose des filets nerveux entre eux, anastomose qui n'existe pas, et qui aurait amené d'ailleurs une confusion subversive de toute coordination des phénomènes.

Les phénomènes si variés et si complexes de la sympathie ont été rapportés exclusivement soit au grand sympathique", soit au cordon cérébro-spinal , soit enfin à ces deux parties du système nerveux.

Prochaska, Legallois, et dans ces derniers temps Muller, Marshall-Hall, Henle, Longet , ont placé dans la moelle le siège du pouvoir réllexe, et partant la cause de la transmission sympathique. Quelques-uns d'entre eux ont été plus ou moins exclusifs, soit qu'ils aient rejeté, soit qu'ils aient fait intervenir la seule action du grand sympathique, comme Grainger, Clarke, Prochaska. M. Longet, tout en admettant que, c'est par ses filets de communication avec la moelle, que le trisplanchnique y puise son pouvoir réflexe, reconnaît que les troubles sympathiques, de sécrétion, de nutrition, ne peuvent être rapportés qu'aux ganglions du sympathique, qui agissent comme autant de centres d'irradiation centrifuge, isolés et indépendants, jusqu'à un certain point, de la moelle épinière.

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

Sou siège est le Si, du domaiiie de la physiologie , nous nous transporsysième nerveux ^^^^ ^^j. ^gj^- patlioloffîe , nous vovons que l'on ne

cerebrO'Spinal i o ' j i

et gangiiounaire. peut se refuser, dans un grand nombre de cas, à considérer, comme agent de réception et d'émission des sympathies, non-seulement la moelle, mais encore le cerveau, le grand sympathique et chacun d'eux, soit isolément, soit simultanément. Pourquoi le nerf viscéral ne jouiraitil pas du pouvoir excito-moteur, soit dans sa totalité, soit dans chacune de ses parties, puisqu'il a des filets sensilifs, moteurs et nutritifs? Il est vrai que le plus ordinairement les ganglions viscéraux, loin de jouer le rôle des centres nerveux et de rester isolés de l'action de la moelle et du cerveau , servent au contraire de cordon conducteur à l'action réflexe, et la rendent plus rapide et plus étendue. Le grand cercle nerveux qui renferme les actions synergiques n'en est donc pas moins complété par le grand sympathique. Le cordon cérébro-spinal n'en forme qu'une partie, quoique la plus importante de toutes.

La physiologie est parfois embarrassée pour expliquer, par l'action réflexe, toutes les sympathies qui s'ollrent à l'état pathologique, ou du moins elle varie dans ses explications. La même sympathie est interprétée différemment par Tiedmann, Arnold, Prochaska, Muller, Henle. Longet, Marshall Hall et Grainger ont admis un système à part de nerfs excito-moteurs dont l'existence est encore à démontrer. Henle est porté à croire que les fibres nerveuses sont disposées, dans la moelle et dans le cerveau, dans le même ordre qu'à la périphérie, et qu'ils peuvent en transmettre les sympathies de haut en bas et de bas en haut, dans le même cordon ; d'un côté à l'autre, dans les nerfs symétriques : enfin d'arrière en avant, c'est-àdire des nerfs sensitifs aux nerfs moteurs et réciproque-

DE LA SYMPATHIE

ment (i). Laissons de côté toutes ces hypothèses qui prouvent que la théorie vraie des sympathies reste obscure, et occupons-nous des phénomènes en eux-mêmes.

Des phmomènea si/mpalhiques. L'excitation consen- Des phénomène» suelle peut se traduire par un seul phénomène ou par un ^ï"^"^*^*"*!"^^ou plusieurs actes morbides. La douleur, la convulsion i^a sympaihie

d» 1 1 1 ,T • 1 1 peut coiieislor

un muscle, le déhre peuvent constituer les seuls trou- g,, ..de ou en

bles sympathiques appréciables. Mais presque toujours ""^ maladie.

plusieurs organes ou un appareil entrent en jeu, et de

leur trouble résulte une maladie sympathique. La fièvre,

le vomissement, la convulsion, l'ictère, la dyspnée en

sont alors les effets.

Tout un groupe nosologique , celui des maladies sym- Eiie sert

pathiques , repose sur un fait observé de tout temps : ,p déveinppment

l'action pathogénique d'un organe malade sur les autres, de maladies

• • Irès— complexes

On a agrandi ou restreint outre mesure le domaine de ces maladies sympathiques. Broussais, par exemple, faisait provenir de la seule gastro-entérite les maladies les plus complexes et les plus opposées : la peste, la fièvre jaune, le choléra- morbus Les mots sympathie et irritation, abusivement employés, avaient fini par ne plus avoir de signification rigoureuse.

Le phénomène sympathique est toujours , du moins dans le principe, un trouble d'acte vital. Celui-ci entraîne souvent après lui des lésions d'actes pliysiques, mécaniques et chimiques qui se passent dans l'appareil lésé ; mais au début le trouble est d'abord purement vital. Les phénomènes sympathiques sont donc des troubles fonctionnels qui peuvent être classés de la manière suivante : 1° troubles de la sensibililé; 'z° des mouvements;

(1) Anatomie générale, t. 11, p. 250, in-8«, Paris, im.—Pathologische Untersuchungon.

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

3" de r intelligence; 4° de la circulation; 5" de la calorification; 6° des sécrétions; 7° de la nutrition; 8° de la génération.

Plus tard , sous l'influence de l'organe incitateur des troubles fonctionnels, il peut s'établir une lésion, et alors on a une maladie, avec matière, dans un point où n'existait d'abord qu'une maladie dynamique. Nous allons étudier successivement chacun de ces groupes de sympathies, en ayant soin de placer en regard des effets les causes qui les produisent.

-1° Troubles 1° Troubles sympathiques de la sensibilité. Les phéno- ^des^oigXr mènes sympathiques consistent en hyperesthésie , en ande la sensibilité, esthésie et en troubles divers. Ils se manifestent dans les organes qui reçoivent des nerfs cérébro-spinaux ou dans ceux qu'anime le trisplanchnique.

Sympathie A. Lcs Sympathies envoyées par des organes qui reçoienvoyée : ^^^^^ Dcrfs cérébro-rachidicns peuvent se manifester

A. Par un organe

qu'animJni daus dcs appareils desservis par le même système. Voici cérébro-spinaux d'abord quelques faits physiologiques. L'excitation du mamelon chez la femme se transmet aux parties génitales externes ; le bruit aigu et strident de la scie ou d'un autre corps provoque de la douleur dans les dents ; le rayon du soleil excite l'éternuement ; la stimulation du conduit auditif , la toux, la constriction pharyngienne, etc.

Par suite de cette action sympathique , la brûlure , le panaris, les phlegmasies cutanées ou phlegmoneuses excitent des douleurs vives dans les parties voisines, dans tout le membre, et même du côté opposé. Les maladies de l'articulation coxo-fémorale ont pour symptômes sympathiques la douleur du genou; la névralgie d'une branche de la cinquième paire de nerfs se transmet à d'autres branches de la même paire et à celle du côté opposé de

DE LA SYiMPATHlE. 355

la face. La cautérisation , la vésication et d'autres irritations de la peau ne guérissent la névralgie sciatique et faciale qu en provoquant une douleur sympathique dans le voisinage du mal. On a appelé révulsion l'acte sympathique provoqué par le médecin , sur un organe , dans le but de l'aire cesser ou de diminuer un travail morbide qui se passe dans un appareil dont les connexions avec le premier sont établies par l'expérience.

B. Les svmpathiesenvoYés ansyslème nerveux cérébro-

•> ^ j j B. Par des organes

spinal par les organes de la vie de nutrition sont très- qui reçoivent nombreuses. La présence de vers intestinaux est marquée ^'^"'"^ par le prurit de l'anus , du nez , par l'amaurose, la sur- trispianchnique. dité ; les maladies du foie, par de fortes céphalalgies , des vertiges, desbluettes, des troubles de l'ouïe; l'hépatite par des douleurs s'irradiant dans l'épaule, le cou et les branches nerveuses de la paroi pectorale, par des démangeaisons à la peau ; les m.aladies de l'utérus par les douleurs les plus variées qui occupent presque toutes les branches du système nerveux cérébro-spinal (névralgie, paralysie, convulsion des membres, des muscles de la face, etc., etc.). La grossesse s'accompagne fréquemment d'hypersthésie, d'anesthésie , de convulsions.

2° Troubles du mouvement. L'irradiation sympathique 30 Troubles d'un tissu malade ne manque, presque jamais, de provo- sympathiques

^ ^ des organes

quer des troubles du mouvement qui peuvent être con- du mouvement, sidérés comme les plus fréquentes de toutes les sympathies. Il faut les étudier suivant un ordre physiologique (1).

(1) Cette division est empruntée au Traité de physiologie de M. Longet, t. II, in-S", Pans, 1850. On ne saurait trouver, dans aucun autre livre, un exposé plus complet et plus lucide de tout ce qui a été écrit jusqu'à ce jour sur les fonctions du système nerveux.

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

A. Troubles du mouvement dans les muscles animés par les nerfs céphalo-rachidiens. La lumière excite le clignement des paupières ; la froid , le claquement des dents ; le contact du bol alimentaire, la contraction du pharynx; l'attouchement du pénis, la contraction des muscles du périnée et l'éjaculation. Un bruit intense détermine l'occlusion des paupières. Il en est de même de la vue d'un objet qu'on approche rapidement de l'œil ; les mouvements synergiques sont instinctifs et s'effectuent sans l'intervention de la volonté et même malgré elle. On a cité l'exemple de personnes qui étaient prises de convulsions générales ou partielles lorsqu'elles entendaient le bruit des cloches, de la musique, de l'eau qui coulait, etc. Dans les muscles On observc dcs sympathies du même genre, dans toutes qui reçoivent des maladies qui afl'ectent soit la périphérie, soit le trajet

nerfs coplialiques ^ r l ' J

et raciiidiens. des ueifs sensitivo-motcurs. La brûlure, le moxa, l'érysipèle , la blessure d'un tronc nerveux , la carie dentaire, la sortie des dents, excitent des convulsions partielles ou générales. On voit les phlegmasies vives de la peau ou du tissu cellulaire , l'amputation des membres , amener des mouvements spasmodiques et des soubresauts de tendon. La névralgie de la cinquième paire a souvent pour symptômes la convulsion faciale. Ordinairementl'excitation des nerfs sensitifs d'une partie amène un trouble du mouvement dans les mêmes parties. La fréquence des convulsions dans rinflammation ne tient pas à une autre cause.

L'irritation leur B. Troublcs du mouvcmcnt daps les mvscles animés par

vient : 1" des , p • i i , ■ i- , , . .

systèmes nerveux ^^^1^ ccphalo-rachidiens ^it dus a l irrilalion du grand céphaiique syivpalhique. Nous trouvons dans cette classe la plupart

et racliiilien ; ^ ^ ^

2" viscéral, des symptômes occasionnés par les maladies viscérales.

Les phlegmasies du larynx , des bronches, la phthisie ,

DE LA SVMPATHIK.

sont suivies de toux, d'éternuement ; les vers intestinaux, de convulsions générales et de contraction du pharynx ; les calculs biliaires , ceux des reins et de la vessie , produisent des convulsions partielles et générales. L'éclampsie, les vomissements , se voient souvent dans la grossesse, dans les métrites et les déplacements de l'utérus, etc.

C. Troubles du mouvement dam les muscles de la vie Dans les muscles

d- 7'- -, ,• I , .11 1 .1- nui reçoivent

US a l irrilalwn des nerfs céphalo-rachidiens. ,g,jrs nerfs du

Toutes les souffrances, toutes les douleurs perçues par irispianchnique. les nerfs sensitifs de la peau ou des organes spéciaux L'irritation leur

1 i • • j i -1 vient •• 1° des

des sens, sont suivies de mouvements synergiques des „crfs céphaiiques muscles de la respiration, du cœur, des membres. La lu- rachidiens; mière fait contracter la pupille , qui reçoit ses nerfs moteurs des ganglions ciliaires. Par la stimulation du pénis les vésicules séminales sont induites à se contracter. La pression sur l'épine cervicale ou dorsale amène la constriction de l'œsophage et le sentiment de dépression du sternum.

D. Troubles du mouvement dans les muscles de la vie organique dus à une irritation du grand sympathique. Cette irradiation du système nerveux sur quelques-unes de ses parties est plus rare que la précédente. On peut citer la dilatation de la pupille dans les maladies vermineuses de l'intestin et les mouvements précipités du cœur dans les affections viscérales, du foie , des reins, etc. La fièvre n'est pas autre chose que la contraction plus rapide du cœur commandée par la phlegmasie ou la congestion d'un organe. Les maladies de la membrane muqueuse de l'intestin, des bronches, des conduits biliaires, spermatiques, ne manquent pas d'amener la convulsion des membranes contractiles dont sont pourvus ces canaux.

2" Du nerf viscéral lui-même.

358 LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

De là vient la rétention ou l'expulsion spasmodique des produits qui les traversent. L'irritation de la membrane interne du pharynx, du larynx , donne lieu à la dysphagie , à une toux spasmodique. La rétraction des muscles accompagne les phlegmasies vésicales et rénales. Il suffit de citer encore la gastralgie, les entéralgies, dont les symptômes sympathiques ordinaires sont le vomissement, une constipation toujours très-opiniâtre. Les maladies de l'utérus ont pour phénomènes sympathiques la contraction de l'œsophage, du larynx , etc. 3» Troubles 3" Troubles, de l'intelligence. Il serait difficile de n'oudeVinieiugence. aucune dcs maladies nombreuses dans lesquelles le délire , la folie , la démence , se montrent à titres de phénomènes sympathiques. Le praticien le plus consommé dans son art reste souvent embarrassé lorsqu'il est mis en demeure de dire si le trouble intellectuel qu'il a sous les yeux est sympathique ou idiopathique.

L'innervation cérébrale, si facile à mettre enjeu quand les branches nerveuses sensitivo-motrices sont irritées , se trouble presque aussi souvent dans les maladies qui portent atteinte aux viscères animés par le grand sympathique. On est frappé de la fréquence extrême des désordres cérébraux dans les maladies aiguës et chroniques de l'estomac, de l'intestin , du foie, de l'utérus. La collection de symptômes de toutes sortes que l'on a réunis sous le titre d'hypocondrie, et parmi lesquels figure , en première ligne, le trouble de l'intelligence, n'est-elle pas ordinairement l'effet sympathique d'une maladie viscérale? Le penchant au suicide, la mélancolie, la nostalgie, sont souvent sympathiques de lésions du même genre. Enfin , la grossesse , les troubles de la menstruation , les maladies de l'utérus, donnent souvent lieu à des désor-

DE LA SYMPATHIE

dres intellectuels et moraux, à des monomanies, à des hallucinations. Quelques personnes irritables ou d'une intelligence cultivée ne peuvent contracter une maladie, même légère, sans être prises de délire.

Si nous passons de ces aiïections à celles du poumon , du cœur et des gros vaisseaux , nous voyons les troubles sympathiques de l'intelligence devenir, au contraire, trèsrares. Ils sont très-communs dans les fièvres et les maladies générales où l'altération du sang et des autres liquides de l'économie joue un rôle essentiel (fièvre exanthématique, typhus).

4" Troubles de la circulation. La fièvre est de tous les 4<> Troubles actes sympathiques celui qui se montre le plus fréquem- deTdrcuSn. ment dans le cours des maladies. On sait que la transmission de l'irritation n'a pas lieu par la continuité des vaisseaux , comme le voulait Hunter dans ce qu'il appelle la sympathie de continuité. Elle résulte de l'action réflexe du cordon céphalo-rachidien et du grand sympathique sur le cœur et les nerfs qui suivent les artères. On ne saurait expliquer les mystérieux rapports qui existent entre les maladies et les troubles sympathiques du cœur ou des arières. Pourquoi le pouls est-il redoublé dans la fièvre typhoïde , large et ondulant dans la sueur, serré dans la colique saturnine , etc. ?

Les affections nerveuses, telles que l'hystérie, l'épilepsie et toutes les névroses, troublent bien moins la circulation que les maladies inflammatoires.

Dans l'état normal, nous voyons la congestion du visage suivre les émotions de l'âme. Cette même hypérémie a lieu dans le mamelon et dans le pénis lorsque les sens sont excités par le spectacle ou le souvenir d'objets érotiques. On doit encore considérer, comme phéno-

De la fièvre.

Sympathie par les nerfs vasculaires.

LESIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

mènes du même ordre, la pulsation forte des artères de la face dans la névralgie, de l'aorte dans l'hystérie et la gastralgie , des vaisseaux dans les doigts atteints de panaris et dans tous les tissus enflammés. La congestion qui fait partie intégrante des sécrétions survient plus spécialement dans la prostate, dans les vésicules séminales, la glande lacrymale, les mamelles, les glandes salivaires, etc., suivant que le cerveau est excité par des idées voluptueuses , par des chagrins , par la vue du nourrisson, d'un aLment sapide, etc.

On vient de voir que les phénomènes congestifs ne résultent pas toujours de l'action directe d'un stimulant sur une partie, mais de l'action réflexe et élective du cerveau ou de la moelle sur les vaisseaux. La conjonctive ne s'enflamme plus, l'œil n'a plus de larmes, quand on coupe le nerf trijumeau ou quand celui-ci est paralysé. Henle appelle sympathie par les nerfs vasculaires la propagation qui s'effectue ainsi par la portion du grand sympathique qui accompagne les vaisseaux (i) .

5° Troubles sympalhiques de la calorificalion. De même que l'accélération de la circulation est un acte presque calorificalion. toujours Sympathique, de même l'accroissement ou l'abaissement de la température cutanée sont des actes morbides de même ordre et dus aux mômes causes. La chaleur cutanée et l'accélération du pouls dépendent toujours de la maladie d'un organe qui reçoit ses nerfs du grand sympathique , du cerveau ou de la moelle. Les viscères splanchniques, le poumon, le cœur, le tube digestif et ses annexes ne peuvent souffrir sans qu'aussitôt la calorilication soit modifiée : souvent même c'est ce trouble

5° Troubles sympalhiques de la

)) Anulomie générale, t. II, p. 253.

DE LA SYMPATHIE

qui fait reconnaître une affection dont les autres signes restent obscurs ou latents. On ne peut expliquer la fréquence de la fièvre par la quantité de fibres nerveuses sensibles ou motrices que possèdent les tissus malades. Au contraire, tout porte à croire que l'excitation sympathique qui a lieu par les nerfs vasculaires et qui concourt à la production de la chaleur est plus forte dans les viscères splanchniques que dans les tissus qui reçoivent des nerfs cérébro-rachidiens. Une douleur sourde et prolongée amène parfois un mouvement fébrile sympathique auquel Broussais a donné le nom d'hectique, de douleur; Toutefois cette cause de trouble sympathique est beaucoup plus rare qu'il ne l'a supposé. Les hectiques de douleur sont le plus ordinairement des hectiques de résorption.

6° Troubles srimpalhiques des sécrétions. Il suffit même 6° Troubles dans l'état ])hvsiologi(fue que le système cérébro-spinal s'yn'pa'^iiiques

(les sécrétions.

soit affecté pour que des sympathies se produisent dans les divers appareils de sécrétion. Nous avons déjà parlé de la sécrétion des larmes, du lait, de la salive, de la liqueur prostatique et séminale sous l'empire de la stimulation cérébrale. La vue d'un objet repoussant, d'une odeur fétide ou d'un mets savoureux, détermine immédiatement une sécrétion abondante des glandes salivaires. Cette sympatliie ne peut avoir lieu sans l'action des nerfs sensitifs et sans l'action réflexe du cerveau sur le grand sympathique.

Quelquefois, le point le départ du phénomène réside Dans la grossesse, dans le trisplanchnique; la conception, la grossesse excitent le ptyalisme, la sécrétion lactée, des sueurs abondantes, la gastrorrhée, un flux urinaire immodéré, etc.

La pathologie nous fournit une foule d'exemples de

362 LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

Dans les maladies troubles svmpathiques de la sécrétion. Le défaut ou l'exlui'rec!,oseMu'un ^ès de la'sécrétion dans une membrane située près ou acte sympathique. Join d'uue inflammation, constituent des troubles sympathiques qui se présentent journellement dans le cours des maladies, surtout vers leur terminaison. Nous ne pouvons en citer de plus caractéristiques que ceux qui marquent la solution rapide et heureuse des maladies. La sécrétion critique de la sueur, de l'urine, du mucus, de la sérosité par différents émonctoires, traduit l'intervention heureuse de l'innervation dans la curation des maladies par crise.

La métastase La métastase, expliquée d'après les données modernes ''1ympath?q"ur^^ physiologic, u'cst pas autre chose qu'un acte morbide sympathique. Quand nous voyons, au moment de la disparition d'une ascite, un liquide couler à la surface libre de l'intestin , c'est que le nerf ganglionnaire excité, nous ne savons trop par quelle cause, détermine dans les vaisseaux sécréteurs un travail de congestion et de sécrétion. L'inflammation ou tout autre état pathologique suspend ou perturbe les sécrétions de la même manière , dans des organes qui sont très-éloignés des appareils primitivement affectés. Nous cherchons à produire des effets semblables à l'aide du vésicatoire, des rubéfiants et de tous les agents qui irritent la peau ou d'autres tissus. Tiedmann n'hésite pas à attribuer les efforts critiques au grand sympathique (i).

Des hémorrhagies Lcs hémorrhagies purement dynamiques que nous

sympathiques. . , i i i • ^ i i

voyons survenir par le mamelon, les doigts, le nez, la peau, chez les femmes dont les menstrues sont arrêtées, et qu'on appelle hémorrhagies supplémentaires, doivent

(1) F. Tiedmann: Sur lit participation du grand sympathique auxtoncv lions sensorlales, Journal des progrès, t. VI, p. 30, 1827.

DE LA SYMPATHIE

leur origine à une irradiation sympathique de l'utérus sur l'organe sain. Celle-ci se fait toujours par l'intermédiaire des systèmes nerveux trisplanchnique et cérébrospinal ; mais tantôt l'un, tantôt l'autre de ces systèmes en est le point de départ, suivant que la maladie réside dans les appareils de la vie organique ou dans ceux de la vie de relation.

7" Troubles sympathiques de la nutrition. L'excitabilité Troubles étant trop fortement mise en jeu dans un organe, dans de^TnuîrUion. le cerveau, par exemple, il peut en résulter une asthénie de l'estomac, de l'intestin et réciproquement. Il existe une singulière corrélation entre les organes génitaux et la nutrition générale. L'embonpoint est, comme on le sait, très-ordinaire après la castration. La modification que subissent la peau et le système pileux n'est pas moins remarquable. Toute espèce de souffrance suffit pour amener dans les nerfs de la nutrition un trouble qui se traduit par le changement de circulation , de sécrétion, de nutrition. Cet effet sympathique se voit dans la névralgie sus-orbitaire du trifacial. Les milieux de l'œil deviennent opaques; un glaucome survient et la cécité en est le résultat. L'amaigrissement du membre ou de la face suit souvent la névralgie sciatique et faciale très-ancienne. Il est le phénomène sympathique le plus fréquent dans toutes les maladies soit internes soit externes.

8° Troubles sympathiques des organes de la génération. 8« Troubles Ces organes, qui envoient tant de sympathie à tous les sj''"P''i'"q"es

~ ' j I (les organes

appareils de la vie de relation et végétative, en reçoivent de la génération, peu des autres organes malades. Cependant l'irrégularité, la suppression des menstrues, la leucorrhée, les avortements constituent des troubles sympathiques communs

Mi LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES.

dans les maladies aiguës et chroniques (phthisie, cancer, maladies du cœur, du foie, des reins, etc.).

Toutes les alTections internes modifient d'une manière très-marquée les fonctions génératrices. Les pollutions nocturnes, l'érection du membre viril, s'observent dans le cours et à la fin des maladies, svmpaihiedenerf 1° La sijmpalhie peiU S efj'exluer de nerf semitif à nerf sensiuf à nerf jg^j^j^jy^ Dans la névralgie la douleur se transmet :

A. Dans les branches du même nerf, comme on le voit dans la névralgie du rameau sus-orbitaire , qui peut envahir le lacrymal, le nasal, le maxillaire.

B. La sympathie peut avoir son siège dans un autre nei f de sensibilité. Ainsi, le trouble de l'olfaction s'accompagne parfois de sensation de douleur, de chatouillement, de chaleur due à la seconde branche de la cinquième paire. La névralgie de la branche sus-orbitaire de ce nerf détermine quelquefois l'amaurose. Un fait intéressant de pathologie porte à croire que les nerfs pourvus d'une sensibilité spéciale, en contiennent d'autres qui possèdent également une autre espèce de sensibilité, quoique l'anatomie normale n'ait pu encore en démontrer l'existence. Ce fait consiste dans les troubles des diverses sensations dont la peau est le siège. On voit la sensibilité au contact tellement développée que le malade ne peut supporter le poids de ses couvertures, tandis que la piqûre et le chatouillement ne sont plus perçus par lui. On irrite la peau du front avec le vésicatoire, le moxa, et on guérit l'amaurose (sympathie de la branche ophthalmique de la cinquième paire avec le nerf optique) ; on agit de même pour faire cesser la surdité (sympathie du même nerf avec le nerf acoustique).

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