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C. La sympathie peut être provoquée dans un nerf

DE LA SYMPATHIE

du sentiment par l'irritation que lui transmet un autre nerf du sentiment pourvu d'une sensibilité toute difl'érente.

D. La sympathie dépend dans quelques cas de l'irritation qui est transmise par un nerf au même nerf du côté opposé, comme dans la douleur dentaire, la névralgie sciatique, le panaris. Ce cas est assez rare; on serait cependant tenté de croire le contraire, en voyant les nei fs des deux côtés du corps s'insérer, très-près l'un de l'autre, sur les centres nerveux. La similitude de fonction et de structure des organes auxquels ils se distribuent devrait aussi amener fréquemment la répétition sympathique de la même maladie sur les deux parties similaires du corps. Cette répétition a lieu assez souvent pour les maladies de la peau ; nous reviendrons plus loin sur ce fait.

9° La sifmpallne peut s'effecluer de nerf sensilif à nerf sympathie

• de nerf sensilif

moteur. On a remarqué que l'excitation centripète déter- ^ ^g^f moteur, mine très-souvent l excitalion centrifuge dans les nerfs moteurs qui sont les plus rapprochés du siège du mal. Un doigt dont les nerfs scnsitifs sont irrités fortement est pris de convulsion plus souvent que la partie similaire du côté opposé. La sympathie passe aussi, comme nous l' avons déjà dit, du nerf céphalo-rachidien dans le nerf trisplanchnique. Un effort violent cause parfois l'éjaculation spermatique. Dans les maladies, rien n'est si commun que de rencontrer cette association mutuelle se traduisant par des convulsions des conduits membraneux, par leur paralysie, ou par les troubles variés que cet état amène dans l'écoulement des liquides qui parcourent les canaux (rétention, écoulement involontaire).

5° La sinnnathie peut $ effectuer de nerf moteur à nerf sympathie

' , T, , . 1 • 1 "crf moteur

moteur. On sait qu h 1 état physiologique les contrac- à nerf moteur.

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

tions musculaires se coordonnent entre elles, de telle manière qu'il en résulte des mouvements précis et réguliers, concourant à l'accomplissement d'actes très-complexes. 11 suffit de rappeler l'adduction de l'œil et la contraction simultanée de l'iris, des muscles intercostaux des deux côtés, de ceux du larynx, du ventre, du périnée et de tous ceux qui prennent part à l'éternuement, à la toux, à la défécation, à la parturition, à l'éjaculation spermatique.

La maladie a pour efl'et d'anéantir ou d'exagérer cette synergie des muscles congénères; de là résultent des mouvements désordonnés, la paralysie, la convulsion de certains muscles, et par suite l'impossibilité pour l'organe de produire les mouvements partiels ou d'ensemble nécessaires à l'exercice régulier de la fonction. inHuence Sympathie des organes suivant leur structure et leur

de la structure

sur les maladies fonction. On uc doit pas coiisorver le nom de sympathie sympaihiques. à l'extcnsion d un œdème, d'une ecchymose, d'un emphysème, à tout le tissu cellulaire d'une partie, ni à la propagation de certaines hydropisies, d'une cavité séreuse à une autre, ni à la répétition de l'inflammation rhumatismale sur les jointures, le péricarde, l'endocarde, l'arachnoïde la plèvre, ni à l'envahissement des tissus fibreux par le rhumatisme. La caube de ces maladies a précisément pour caractère d'être générale, et de s'attaquer à certains organes ou à certains éléments anatomiques. Personne n'admettra l'intervention de la sympathie dans la production des hydropisies albuminuriques, dans les hémorrhagies scorbutiques, et les lésions multiples qui occupent les os, les glandes, la peau, les membranes muqueuses, dans la scrofule, le rachitisme, la syphilis. Nous avons peine à comprendre comment Muller a placé , dans les sympathies des organes entre eux , l'hy-

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dropisie de poitrine par maladie du poumon, l'hydropéricarde par maladie du cœur, l'ascite par cirrhose, etc. (i).

Il faut reconnaître qu'une influence consensuelle, incontestable, se fait sentir entre les tissus de même nature et chargés des mêmes fonctions ; que les maladies ont une grande tendance à se répéter sympathiquement sur les mêmes tissus. La membrane muqueuse de la langue rougit, se sèche, se couvre d'enduits muqueux, bilieux dans la phlegmasie et les autres états morbides de l'estomac et de l'intestin (embarras gastrique, fièvre bilieuse, dysenterie, fièvre typlioïde, etc.). Nous citerons encore les maladies de peau qui sont rarement unilatérales et occupent à la fois le même point et les mêmes régions, quoique celles-ci soient séparées par des parties saines (érythème, érysipèle', herpès, psoriasis).

La sympathie des séreuses entre elles n'est pas aussi grande qu'on pourrait le croire au premier abord. La pleurésie simple s'étend aux deux côtés de la poitrine, très-rarement au péritoine, au péricarde.

Les glandes peuvent se gonfler comme dans la maladie connue sous le nom d'oreillon. A l'époque de la puberté , les glandes du cou, la parotide, les mamelles, les testicules deviennent douloureux par sympathie. L'irritation s'établit encore aisément de membrane à membrane et de parenchyme à tissu analogue.

Broussais et tous les grands maîtres de l'art ont signalé la solidarité physiologique et morbide qui existe entre la peau et la membrane muqueuse gastro-intestinale principalement. Ils ont fait ressortir toute l'action pathogénique

Sympathie :

l" Entre les séreuses ;

2» Entre les glandes;

3" La peau et l'intestin.

(1) Muller, Manuel de physiologie, t. I, p. fi56, iii-8°, Paris, 1845.

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que le tégument externe, lorsqu'il est refroidi ou fortement échaulTé, peut exercer dnns la production des dysenteries, des diarrhées, des catarrhes pulmonaires.

Les irritations de la peau sont reçues sympathiquement : i° par la membrane muqueuse (jaslro-inteslinale; les brûlures un peu étendues sont suivies d'inflammation gastro-intestinale. Suivant quelques auteurs, les maladies de la peau sont reffet sympathique très-ordinaire d'un état morbide de l'intestin ; 2° par les tuniques séreuses, ce qui n'est pas rare; 3" par les organes génitaux urinaires qui sont alors fortement excités comme chez les dartreux.

A leur tour, les maladies des différents tissus que nous venons de citer peuvent agir sympathiquement sur la peau. On cherche à obtenir cet effet en administrant de très-forts drastiques pour évacuer un liquide contenu dans le tissu cellulaire général, ou dans une cavité séreuse, pour guérir des maladies de peau et dissiper des engorgements glandulaires, innuence Influence de la maladie sur le siège et la nature de la de la maladie ^^rtipaiMe. Porsoune n'a tracé la liste exacte de toutes les

sur la nature ^ '

et le siège sympatliics pathologiques. Ce travail , sans être entièrede la sympathie. ^^^^ stérile, u' aurait pas une utilité bien grande, à cause des variations extrêmes que subissent les sympathies tantôt fortes dans un lieu où elles sont nulles ordinairement, tantôt éphémères dans des points où elles acquièrent souvent une violence extrême. Elles changent comme l'excitabilité môme dont nous avons signalé plus haut les variations nombreuses. 11 n'est donné à aucun praticien, même le plus consommé dans f-on art, de dire, en voyant débuter une pneumonie, à quelle sympathie cette inflammation donnera lieu.

DE LA SYMPATHIE

Il faut, en se mettant à ce point de vue, diviser les maladies et celles qui ont leur siège dans les organes de la vie de nutrition , et celles qui ont leur siège dans les organes de la vie de relation et de génération.

1° Organes de la vie de nulrition. Les maladies aiguës Maladies

■ des or^âncs

et chroniques du poumon envoient leurs principales sym- de la nutrition pathies aux organes de nutrition, d'où la fièvre, les comme causes

des sympathies.

sueurs , la faiblesse , la chaleur. Au contraire , le cerveau en reçoit peu.

Les afiections du cœur, des artères et des veines, à moins qu'elles n'occasionnent une altération du sang, s'accompagnent de rares sympathies dans les viscères ou ailleurs. On ne peut considérer comme tels ni les flux muqueux et séreux, ni les congestions du foie, du poumon et des parenchymes. Les seuls troubles sympathiques ont pour siège l'appareil circulatoire (palpitations, fréquence et désordre des battements du cœur, douleur cardiaque) , ou des phénomènes nerveux, tels que des douleurs dans les nerfs musculaires, dans les bras, les parois thoraciques et les membres inférieurs.

Si le cœur est le point de départ d'un très-petit nombre Maladies ducœur. d'irritations sympathiques, par contre il est l'aboutissant de toutes celles qui se passent au sein des autres tissus. Cet excitement donne lieu à la fièvre, aux palpitations, à la dyspnée. Il en est de même de la circulation dans les capillaires.

Aux maladies du foie se rattachent des troubles sym- Maladies du foie, pathiques nombreux de l'innervation (faiblesse, douleur de tête), de la motilité, des sécrétions (sécheresse de la peau, urine chargée), de la circulation (congestion, hémorrhagies nasales) , de la calorification (frisson , chaleur) .

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Maladies du tube digeslir.

De restomac.

A. côté de ces aflfectjQns doivent figurer celles dont le tube digestif est }e siège, dont Broussais a exagéré l'innervation sympathique et que l'on a trop restreinte aujourd'hui. L'estoiiqac cancéreux , ou altéré de toute autre manière, influence les fonctions cérébrales (hypocondrie, névropathie, Irascibilité), la sensibilité générale et spéciale (névralgie, migraine, hyperesthésie et anesthésie cutanée, amaurosp, etc.), le mouvement (faiblesse, paralysie partielle) , et, ce qui est digne de remarque, plus rarement et à un moindre degré, les appareils de la vie organique. Cependant la toux gastrique, la fièvre, les palpitations, la chaleur des mains, prouvent que les organes animés par le trisplanchnique participent à la souffrance de l'intestin et de l'estomac. 11 n'est pas sans intérêt de remarquer que ces maladies mettent plus particulièrement pn jeu l'excitabilité des organes de 1^ vie de relation.

Les sympathies envoyées par les maladies de l'intestin grêle et du gros intestin méritent toute l'attention du pathologiste , en raison de leur nombre et de leur importance. Elles sont à peu près les mêmes que dans les maladies de l'estomac; cependant elles excitent plus de troubles cérébro-spinaux que celui-ci. L'adynamie, l'ataxie, le délire, la fièvre, se montrent comme des effets très-ordinaires de la lésion de la partie inférieure du tube digestif (dysenterie , diarrhée, entéro-colite aiguë et chronique) .

Organes de la vie de relation. Les viscéralgies pro- *^îL°de reiîiion!'' ^uîsent aussi une action du même genre. Parmi les maladies, dont le siège est dans les organes de la vie de relation et qui excitent le plus de sympathies , il faut citer d'abord celles qui frappent le système nerveux cérébro-

De l'intestin.

Maladies

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spinal. Les névralgies de la face entraînent avec elles , après un temps assez court, des désordres nombreux dans les autres fonctions. La paralysie du nerf facial est suivie de troubles musculaires variés . de déviation delà luette, d' altération de l'ouïe, de l'affaiblissement de la vue, de l'olfaction, de la sensibilité générale et de la perversion du goût. Ces exemples suffisent pour prouver qu'il n'est pas de maladies qui excitent plus de sympathie que les névroses des nerfs sensitivo-moteurs.

Organes de la génèralion. La troisième source d'ex- Maladies citation sympathique résident dans les organes de la gé- de^irgénïratfoa nération. Nous en avons trop souvent parlé pour avoir comme sources besoin d'y revenir. Il importe seulement de rappeler au ^^'"p^^*"*^' praticien qu'il n'est pas une souffrance, soit des organes de la vie de relation , soit de la vie organique, qui ne puisse provenir d'une maladie de l'utérus (cancer, déplacement, grossesse, métrorrhagie). La suppression définitive des règles, à l'âge dit critique, est la cause de sympathies tellement nombreuses et de natures si diverses, qu'il est difficile de s'en former une idée précise, si on ne les a pas observées plusieurs fois. En un mot, il n'est pas une seule fonction depuis celle du cerveau jusqu'à celle d'un viscère splanchnique qui ne puisse être troublée sympathiquement à l'occasion d'une autre maladie. Les affections sympalhiques constituent une classe de maladies, sans lésion, qui correspondent trèsexactement aux maladies primitives avec ou sans lésion. Ainsi, la dyspnée, la convulsion, la paralysie, peuvent être purement sympathiques et simuler complètement la dyspnée, la convulsion, la paralysie symptomatique de la phthisie ou du ramollissement cérébral. On retrouve donc à côté des maladies primitives de chaque organe

LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

Influence de la nature de la

maladie sur le développemenl des sympathies.

Lésions fonclionnelles.

Lésions des aclions

physicochimiques.

Influence

des maladies générales.

Influence du support.

des troubles sympathiques qui leur ressemblent entièrement par les symptômes et par le siège. Ces troubles sont de véritables névroses sympathiques.

Nature de la maladie incilatrice de la sympalhie. Commençons d'abord par établir que les maladies constituées par des troubles fonctionnels, par des lésions d'acte, produisent souvent des sympathies beaucoup plus nombreuses, plus vives et plus constantes que les maladies qui consistent dans une altération de texture. Souvent même une profonde désorganisation amenée par le cancer, le tubercule , le ramollissement , la gangrène , ne causent pas, à beaucoup près, autant de troubles sympathiques que la névrose.

En général, les maladies dans lesquelles les actions vitales sont fortement lésées fournissent plus de sympathies que celles qui sont caractérisées par les troubles d'actes physiques et chimiques. Toutes celles qui impliquent l'intervention d'actes vitaux, soit à leur début, soit pendant leur cours , comme les inflammations , les névroses , les fièvres essentielles , les exanthèmes , les névrosthénies , ont pour accompagnement ordinaire des phénomènes sympathiques extrêmement multipliés.

Les maladies locales donnent lieu à moins de sympathies que les maladies générales. Pour en prendre une juste idée , on n'a qu'à mettre en regard, d'un côté, les fièvres, les exanthèmes , et de l'autre , les affections du cœur, du foie , des reins. Dans la première catégorie , tout l'organisme manifeste sa souffrance sur tant de points différents, qu'il est souvent impossible de découvrir le trouble fonctionnel qui s'est développé le premier.

Influence du support de la maladie sur la sympathie. Nous ne ferons que rappeler succinctement les faits

DE LA SYMPATHIE

connus de tout le monde. Certains sujets apportent en naissant un état névrosthénique que nous avons signalé Névrosihénie. ailleurs , et qui donne à l'excitabilité une prédominance telle, qu'à l'occasion des moindres symptômes et de la plus légère affection , éclatent des sympathies dans un grand nombre de tissus à la fois. Chez les femmes , elles sont plus rapides et plus nombreuses que chez l'homme. Elles revêtent la forme de névralgies, de viscéralgies, de mouvements convulsifs et désordonnés. Les sympathies ont plus de tendance à se produire et à se généraliser chez les sujets doués d'un tempérament nerveux; par contre, elles sont plus rares et moins faciles à mettre en jeu chez les lymphatiques , qui méritent , à ce point de vue , la qualification à' apathiques qu'on leur a quelquefois donné.

La disposition spéciale qu'apporte en naissant chaque Disposition individu détermine souvent , dans la manifestation des *^°"6éiutaie. sympathies , quelque chose de particulier qui est en opposition avec la règle commune. Un trouble sympathique, insolite par son siège ou par sa nature , naît à l'occasion d'une maladie qui, chez un autre, exciterait des accidents tout à fait différents.

L'âge donne à l'excitation sympathique une direction Agespéciale qui tient à l'établissement ou à la prédominance de certaines fonctions. Chez le nouveau-né, on observe communément les convulsions , le coma , le délire , le vomissement, la diarrhée sympathique; à l'époque de la puberté chez les femmes, les névralgies, la migraine, le vomissement, le trouble de l'intelligence, les viscéralgies de toute espèce , les douleurs mobiles, etc.

Les maladies qui se déclarent pendant l'âge critique Ménopause, s'accompagnent de troubles sympathiques multipliés. Les affections puerpérales se distinguent également par les

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caractères spéciaux de leurs sympathies. L'adynamie , le délire, la stupeur, les convulsions, les sueurs profuses, les paralysies partielles, les névralgies, constituent des troubles fréquents dans les maladies des femmes. (Voyez Êlat puerpéral.) inHuence Le milicu ambiant et surtout le climat donnent à la ' ambiant! Sympathie une intensité et une forme particulières. Broussais montre dans son histoire des phlegmasies chroniques la sympathie s' accroissant en intensité, en étendue, en nombre à mesure qu'on s'approche du Midi (i). Les excitations sympathiques affectent surtout la surface gastro-intestinale et le foie. Dans le Nord , les voies respiratoires , les bronches , la plèvre , le système vasculaire.

Les sympathies ont plus de peine à paraître chez les peuples des régions septentrionales, à cause de la faible excitabilité dont sont doués leurs tissus. Aussi les maladies sont-elles réduites à un petit nombre d'éléments , tandis que les sympathies se croisent dans tous les sens, ne cessent qu'avec la maladie , chez les peuples méridionaux. Ajoutons encore que les sympathies, nées dans des conditions aussi favorables à leur développement, dépassent souvent, en intensité, la maladie principale, incitatrice. Il en résulte que celle-ci peut cesser ou être entièrement effacée par la sympathie. Si l'on méconnaissait cette vérité , on courrait risque de tomber dans l'erreur et de confondre la maladie sympathique avec la lésion principale.

inHuence exercée Influence exercée sur le développement de la sympathie

par les maladies i i- • t iti.*i-xi / ^

aniécédenies maladie antérieure. La débilité causée dans un

organe par une maladie antérieure ou la surexcitation

(1) Traité des phlegmasies chroniques, t. lU.

DE LA SYMPATHIE

qu'elle y laisse, y provoque parfois le développement de la sympathie. Ce fait, très-général, révèle au médecin le point vulnérable et faible de chaque organisme, lui fait prévoir les maladies futures et lui indique les ménagements qu'il doit garder dans sa thérapeutique^ en présence des organes afTaiblis ou souffrants.

Èn résumé, la sympathie pathologique est un trouble fonctionnel dû à l'excitation d'un organe sain par un organe malade ; ce trouble se fait avec ou sans perception distincte. Cependant, comme il se manifeste, le plus ordinairement, sous forme d'une névrose du mouvement, du sentiment et de l'intelligence , parfois le malade en est averti par quelque phénomène pénible ou douloureux. Après avoir été trouble fonctionnel, la sympathie peut ensuite causer des altérations de textures.

Différence enire Ja sympathie, le symptôme, la com,pli- Différence entre cation. Il est souvent difficile de trouver une ligne de "^'vlcte^^ ^* démarcation entre ces diverses conditions de la maladie, sympathique. Si l'on admet que la sympathie ne peut s'exercer que d'un organe malade à un organe sain, ce qui nous paraît être le seul moyên d'introduire quelque clarté dans l'étude des .sympathies, il faut donner ce nom à tous les symptômes et à tous les actes morbides qui se développent ailleurs que dans l'organe lésé. Ainsi le vomissement est phénomène sympathique de la grossesse , de ïa néphrite, de l'hépatite; ïa céphalalgie, le vertige, phénomènes sympathiques de l'entéro-colite, de la diarrhée, de la pneumonie. Le vomissement sera symptôme local du cancer ou du ramollissement de l'estomac; cependant il est nécéssaire de faire remarquer que, malgré les caractères que nous avons assignés h la sympathie, on éprouve encore dé sérieuses difficultés pour la distinguer du

376 LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

symptôme local. La douleur et la rougeur qui se manifestent dans un panaris sont bien les symptômes locaux de l'inflammation , quoiqu'ils ne se développent que par sympathie, c'est-à-dire par l'action réflexe du système nerveux centrifuge sur les vaisseaux, caractères Comment appeler le vomissement qui survient dans la positifs méningite ou l'encéphalite? Il doit être regardé comme

du symptôme " ^ i i<

et (lu phénomène Sympathique, puisqu'il se montre dans 1 estomac sam. sympathique. Cependant , comme il est le résultat de l'irritation directement ti-ansmise par le cerveau et les nerfs, jusqu'à l'estomac et aux muscles de la vie animale qui agissent, dans l'acte du vomissement, on pourrait aussi le considérer comme symptôme. Il faut, pour trancher cette difficulté, établir que tout phénomène ou tout acte morbide qui se déclare dans la résidence même de la maladie primitive en est le symptôme. Le phénomène et la maladie sympathiques doivent être séparés du symptôme local par des organes sains , qui accomplissent leurs actes d'une manière physiologique. Ce caractère différentiel excellent ne peut, suivant nous, laisser aucun doute dans l'esprit, et jette une clarté extrême sur l'étude clinique des maladies sympathiques et idiopathiques.

Qu'est-ce La Sympathie peut consister en un seul phénomène que la maladie j^orbide OU constituer une maladie. La maladie sympa-

sympalliique? ^

thique est un acte morbide ou une collection de plusieurs phénomènes qui se sont développés évidemment sous La complication l'empire de la maladie primitive. Une complication est

s'en rapproche , , i t • j . c , -,

beaucoup, très-souvcnt uue maladie qui s est iormée de cette manière. On pourrait même soutenir que telle est l'origine de la plupart des complications. Une phlegmasie aiguë ou chronique de l'intestin qui paraît dans le cours de la phthisie, et qui est indépendante de tout travail local de

DE LA SYMPATHIE

tuberculisation, doit-elle être considérée comme maladie sympathique ou comme complication? On trouve de sérieuses difllcultés lorsqu'il s'agit de répondre à cette question. Telle maladie, qu'on ne voit jamais dans le cours d'une autre allection, et qu'on doit, par cela même, considérer comme une complication tout à fait accidentelle, peut cependant être une maladie sympathique, en raison de ]a suractivité ou de la débilité insolite d'un organe , chez certains sujets.

Des indicalions thérapeutiques tirées delà sympathie. Des indications

T 1. ,..1 Ti . thérapeutiques

Le médecin ne lait qu imiter la nature dans le traitement urées des maladies, quand il cherche à mettre enjeu l'excitabi- la sympathie, lité d'un tissu. Il se développe tous les jours des affections dans des organes auxquels nous ne pouvons faire parvenir nos médicaments ou que nous avons intérêt à ménager. Dans ces deux cas, nous choisissons un appareil sur lequel nous pouvons élever sans inconvénient l'irritabilité jusqu'à l'irritation. Celle-ci est tantôt purement nerveuse , tantôt vasculaire ou sécrétoire. On choisit de préférence celle qui doit imiter le mieux la maladie que l'on cherche à combattre. C'est ainsi qup. nous agissons lorsque, ayant à traiter une phlegmasie pulmonaire, nous produisons une irritation sécrétoire et douloureuse sur la paroi de la poitrine. Cette phlegmasie provoquée est une maladie nouvelle qui agit par sympathie sur la maladie primitive; si l'irritation est dirigée, avec une certaine mesure et déterminée chez un sujet qui n'est point trop excitable, elle hâte la résolution ; autrement elle ne fait que tourner au profit de la maladie primitive. Le praticien expérimenté sait choisir, parmi les agents thérapeutiques, ceux qui sont le mieux appropriés à l'effet qu'il veut produire, et, parmi les tissus, celui qui est le plus, en

378 LÉSIONS DES PROPRIÉTÉS VITALES

rapport sympathique, avec l'organe affecté. La membrane muqueuse gastro-intestinale et l'enveloppe cutanée sont les deux tissus qui se prêtent le mieux à cette excitation. Une grande partie de la médication consiste dans l'action irritative des médicaments. Toute l'habileté consiste à ne pas dépasser certaines limites et à ne faire que substituer une irritation peu dangereuse à celle qui menace l'existence ou qui suspend et altère les fonctions. Le praticien crée ainsi, à sa volonté, une source d'excitation qu'il emploie pour diminuer et éteindre ailleurs l'irritation.

Médication La substitutiou d'un travail morbide à un autre travail '^ïmpathiq"ue!'* "6 pout être obtcnuo également qu'au moyen de la sympathie, c'est-à-dire de l'action réflexe du système nerveux. Une irritation sécrétoire, un flux interminable existe dans un tissu, vous portez sur lui un agent qui produit une irritation vasculaire, une phlegmasie se déclare, et le nouveau travail morbide met fm à la maladie primitive.

Conditions qui Le praticien qui veut recourir ainsi à l'irritation symassu'rerirsuccès. pathiquo, comme moyen de traitement, ne doit pas oublier qu'il faut, pour en assurer le succès, être à peu près sûr : i° que l'organe qu'il a choisi, et sur lequel il excite un travail morbide , soit bien celui qui sympathise le mieux avec l'organe affecté ; 2" qu'il n'existe ni maladie antécédente, ni faiblesse congénitale, ni idiosyncrasie, qui puisse faire échouer la substitution sympathique qu'il se propose d'opérer; 3° que l'agent qu'il va employer ne manque pas son effet; 4° que le moment opportun de faire agir la sympathie soit réellement arrivé; 5° enfin qu'il n'y ait aucune complication qui s'oppose à ce traitemérit. S'il a rempli toutes ces conditions

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il est certain de ne point nuire, ce qui est déjà beaucoup; et il peut concevoir l'espérance légitime de guérir la maladie.

Il faut, en outre, distinguer deux faits essentiels dans l'étude de la sympathie lorsqu'on veut la faire servir au traitement : i" l'organe incitaieur qui est le point de dé- Kiai de l'organe part de la sympathie ; 2° l'organe incité, ou influencé par eiX'i'org"ane sympathie. L'irritation existe donc dans deux parties dif- irriié. férentes de l'organisme. De là découlent des indications très-nettes à remplir. La première , consiste à éteindre l'irritation, dans son foyer primitif, par tous les moyens qui sont en notre pouvoir. Si l'on ne peut y parvenir, soit parce que la maladie est trop ancienne, soit parce qu'elle est au-dessus des ressources de l'art, soit enfin parce que l'économie s'en est fait, en quelque sorte, une habitude , il faut alors s'attaquer à la maladie développée sympathiquement. On réussira quelquefois à s'en rendre maître, parce qu'elle est moins ancienne et d'une nature moins grave. On sera même assez heureux , dans quelques cas , pour parvenir à diminuer l'intensité de la maladie primitive et même pour la guérir. C'est ainsi qu'en prenant, corps à corps et successivement, les différentes maladies sympathiques qui se sont développées, on peut simplifier des états morbides très-complexes qui s'influençaient réciproquement. Pour réussir, dans une tentative de ce genre, il faut ramener les maladies à leurs éléments; établir, d'une manière distincte, l'ordre suivant lequel ils se sont développés et faire la part de l'influence due à chacun d'eux. Broussais a retracé, avec un rare talent d'observation, la marche de ces irritations successives; il en a fait une analyse très-exacte, et nous devons en tenir compte , lors même que nous refuserions à l'irri-

lation inflammatoire le rôle excessif qu'il lui a fait jouer. Révulsion jvjQ^g devons point nous occuper ici des médications

el dérivation. ^ ^

à l'aide desquelles on doit opérer le déplacement des irritations. Il nous suffira de rappeler que la révulsion et la dérivation constituent les deux grands actes pathologiques qui n'ont cessé d'être mis en usage, dès la plus haute antiquité. On excite la sympathie, tantôt en agissant sur le système nerveux , tantôt sur les vaisseaux que l'on congestionne seulement, tantôt sur les sécréteurs qu'on excite ; tantôt enfin, on provoque une maladie qui réunit à elle seule ces trois actes pathologiques. Telle est l'inflammation qui agit par la douleur, par la congestion des vaisseaux, par la sécrétion d'un liquide séreux, séro-fibrineux ou purulent. La sympathie est le lien qui rattache d'une manière intime le travail morbide dont nous venons de parler à la maladie principale qu'il s'agit de guérir. Telle est en peu de mots la vraie théorie de la révulsion et de la dérivation.

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