DE LA NÉVRALGIE
fraiice des organes, tout le traitement consiste à la combattre soit localement, soit en agissant sur le système nerveux central à l'aide des anestliésiques puissants dont la matière médicale est aujourd'hui en possession (chloroforme, éther, opium). On peut aussi substituer momen- Recourir tanément à l'excitation morbide une excitation artificielle ^ ""Vr"''îl''^'°"
arliiicielle,
que l'on produit localement dans le système nerveux sensorial, au moyen de différents agents de stimulation (acupuncture, électricité, insolation, fer rouge).
Quand la douleur aflecte une certaine périodicité, il faut chercher à y mettre fin en donnant le quinquina, ou en recourant à quelque médication perturbatrice (cautérisation, émétiques, évacuants).
Nous terminerons en rappelant que la douleur étant presque toujours le mode d'e.x pression d'une maladie viscérale qui commence à se développer, ou (jui a entraîné déjà une grave désorganisation dans les tissus, on ne peut espérer qu'adoucir le symptôme pénible, et soulager momentanément le malade.
^. — De la iiévralg^ie.
La névralgie doit être étudiée imm diatement après la dc la névralgie, douleur. Considérée d'une manière générale, celle-ci entraîne l'idée d'une souffrance dont le système nerveux est, à coup sûr, le siège, mais qui ne peut pas être exactement localisée, comme la névralgie, dans une branche nerveuse distincte.
Nous désignerons par névralgie la douleur qui a pour Définiiioa. siège un ou plusieurs nerfs du système cérébro-spinal ou trisplanchnique, et qu'on ne peut rattacher, quant cà présent, à aucune altération appréciable du système nerveux.
TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ
La névralgie est Elle il'est qu'uiie (Ics ioriTies , une des manières d'être une névrose névrose dcs organcs du sentiment ; celle-ci s'ex-
douloureuse des i • i i i>
organis prime, tantôt par 1 liyperesthésie de la peau ou d un de la seusibiiiié. ^^^^ spécial, tantôt par l'anestliésie, tantôt par un trouble dillérent, l'analgésie ou toute autre perversion de la sensibilité spéciale ; souvent même par l'abolition complète ds cette propriété vitale.
Les douleurs violentes dont les viscères sont le siège méritent à tous égards le nom de névralgie ou de viscéralgie ; telles sont les douleurs cardiaques, les coliques. Cependant comme elles existent rarement seules, et comme des troubles fonctionnels très-importants les accompagnent, nous en traiterons à part, sjmpiômes Cai aclèvcs gcnèraux de la névralgie. Douleurs, ayant un des névralgie», gi^gg déterminé, unique ou multiple, suivant un trajet qui correspond exactement à une ou plusieurs branches des nerfs cérébro-spinaux, se propageant d'ordinaire du tronc vers les rameaux (névralgie descendante), marchant parfois dans un sens inverse (névralgie ascendante), s' accroissant ordinairement par la pression, surtout quand le nerf superficiel peut-être serré contre des parties résistantes. Elle s'exaspère lorsque l'organe entre en fonction. Les mouvements spontanés ou provoqués rappellent les souilrances ou les accroissent.
La sensation douloureuse est très-variable : tantôi sourde, continue, tantôt lancinante, comparable à des raies de feu, des coups d'aiguilles, des décharges électriques , elle arrache des cris aux malades les plus courageux.
Siège Ce n'est point indifféremment et sur tout le trajet du
de la douleur. ^^^^ ^^^^ manifeste la douleur. On peut s'assurer qu'ordinairement elle est plus vive sur les points d'émer-
DE LA NEVRALGIE.
gence du tronc nerveux, lorsqu'il sort d'un muscle, d'un os, ou qu'il se rapproche de la surface cutanée. On peut alors distinguer un, deux, ou môme trois endroits, dans lesquels les malades éprouvent principalement la doideur. Cependant cette délimitation est loin d'être toujours aussi rigoureuse. Quelques sujets ne sentent pas assez distinctement la douleur pour en indiquer le siège réel ; la pression même ne peut pas toujours la provoquer, d'une manière évidente. Du reste, cette douleur vague et mal circonscrite, dans le moment où elle s'apaise, devient tellement distincte, durant les paroxysmes, que les sujets dessinent sur leur corps le trajet exact que suit le nerf dans sa distribution anatomique; souvent, à mesure que le mal fait des progrès et passe à l'état chronique, la douleur devient moins violente et plus générale.
On observe encore une particularité curieuse dans le siège, de la névralgie. La douleur existe dans le point où la branche nerveuse sort d'un os, d'un muscle ou d'une aponévrose, puis elle ne reparaît qu'en un point très-éloigné sur les brandies terminales. Elle manque tout à l'ait dans l'espace intermédiaire.
La névralgie ail'ecte une marche exacerbante ou inter- pc montre mittente. Les attaques ou accès douloureux peuvent du-
forme d'accès.
rer quelques heures, un ou même plusieurs jours; ordinairement on en compte depuis quatre, jusqu'à quarante et cinquante, dans les vingt-quatre heures.
11 arrive parfois que la douleur cesse entièrement ; il existe alors une intermittence parfaite. Le malade se trouve complètement délivré de toute soulfrance; dans l'intervalle des attaques, elle reparaît avec une régularité parfaite tous les jours, le soir ou le matin, à la même heure; toutefois ces cas sont plus rares que ceux de
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névralgie rémittente. La douleur commence graduellement et finit par acquérir une violence extrême, après quoi elle diminue de nouveau , puis cesse tout à fait.
Des symptômes assez nombreux accompagnent la névralgie. Après un temps variable, on voit paraître des troubles souvent marqués de la fonction. L'œil, l'oreille, la peau, éprouvent des sensations qui diffèrent beaucoup de celles qui appartiennent à l'état physiologique. Dans la dei'malgie, la névralgie faciale, l'oialgie, la sensation tactile et l'audition sont loin de s'exécuter normalement. Pendant quelque temps, les névralgies des nerfs sensitifs ou sensitivo-moteurs laissent la sensibilité générale et spéciale intacte. 11 n'en est plus de même lorsqu'elles sévissent, depuis longtemps ou avec une violence extrême; alors éclatent des troubles fonctionnels nombreux qui varient comme les fonctions môme de chaque appareil sensitif Troubles Pour prendre un exemple bien connu de l'influence dJhtènsib^'ué ^xsrcée par la névralgie sur l'exercice de la fonction, cl de la inotililé nous citerous la névralgie de la cinquième paire. Des faits par b névralgie, ^ombrcux prouvent quc la vision peut être fortement troublée; on a recueilli des observations d'amaurose, de photophobie , de dilatation de la pupille , qui ne reconnaissaient pas d'autres causes. Il en est de même de la congestion de la conjonctive, du larmoiement, de la convulsion des paupières (i).
Troubles Si nous passous de cette névralgie spéciale à l'étude
de la sécrétion j . , >-i i
eideianuiriiion. "6s autres, uous trouvous qu il nen est pas une seule, sans en excepter celles qui frappent les viscères , qui
(1) Voyez, sur ce sujet, un travail important de M. Notla : Mémoire sur ïcs Irnions fonctionnelles qui sont sous la dépendance des néiral'jics : in Archives fiénérales de médecine, 1854.